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Le Dalai Lama à la rencontre de victimes d'abus sexuels commis par des bouddhistes #metooguru

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Le Dalaï-Lama a rencontré vendredi à Rotterdam aux Pays-Bas quatre représentants de victimes d'abus sexuels commis par des enseignants bouddhistes. Il a clairement appelé à dénoncer publiquement ces abus pour faire ressentir le poids de la honte aux auteurs.

Un dossier livrant plus en détail les témoignages de 12 victimes de nationalités diverses lui a été remis. Le Dalaï-Lama s'est engagé à tenir une conférence sur les abus sexuels avec des psychologues et des religieux.

Parmi les quatre représentants de victimes qui se sont entretenus avec lui figurait un jeune adulte, né dans la secte bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC) du gourou belge Robert Spatz, qui parlait au nom de 23 parties civiles.

Ce sont les seules victimes mineures dénoncées à ce jour. Il questionne la possibilité de contrôler les enseignants. En effet, certains d'entre eux s'autoproclament "lamas" et utilisent même le nom du Dalaï-Lama. Parmi eux figure Robert Spatz, malgré les condamnations relatives à ses pratiques sexuelles. Celui-ci se défend en affirmant qu'elles relèvent du bouddhisme.

"Le Dalaï-Lama a été le premier à dénoncer ces abus en 1993", remarque cet ancien membre d'OKC. "Pour l'instant, les organisations bouddhistes se limitent à faire des enquêtes internes et le premier réflexe reste de faire des médiations avec les victimes. Mais ces médiations gardent ces scandales en interne et empêchent qu'ils ne finissent devant la justice." Il est pour lui important que les victimes aillent porter plainte afin d'amener ces affaires devant les tribunaux.

En Belgique, la cour d'appel de Bruxelles rendra mardi son arrêt concernant le gourou Robert Spatz. Il est notamment poursuivi pour abus sexuels et avait été condamné à quatre ans de prison en première instance.

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Le Dalaï Lama appelle à jeter l'opprobre sur les auteurs d'abus sexuels

(BELGA) = Le Dalaï-Lama a rencontré vendredi à Rotterdam aux Pays-Bas quatre représentants de victimes d'abus sexuels commis par des enseignants bouddhistes. Il a clairement appelé à dénoncer publiquement ces abus pour faire ressentir le poids de la honte aux auteurs.

Un dossier livrant plus en détail les témoignages de 12 victimes de nationalités diverses lui a été remis. Le Dalaï-Lama s'est engagé à tenir une conférence sur les abus sexuels avec des psychologues et des religieux. Parmi les quatre représentants de victimes qui se sont entretenus avec lui figurait un jeune adulte, né dans la secte bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC) du gourou belge Robert Spatz, qui parlait au nom de 23 parties civiles.

Ce sont les seules victimes mineures dénoncées à ce jour. Il questionne la possibilité de contrôler les enseignants. En effet, certains d'entre eux s'autoproclament "lamas" et utilisent même le nom du Dalaï-Lama. Parmi eux figure Robert Spatz, malgré les condamnations relatives à ses pratiques sexuelles. Celui-ci se défend en affirmant qu'elles relèvent du bouddhisme.

"Le Dalaï-Lama a été le premier à dénoncer ces abus en 1993", remarque cet ancien membre d'OKC. "Pour l'instant, les organisations bouddhistes se limitent à faire des enquêtes internes et le premier réflexe reste de faire des médiations avec les victimes. Mais ces médiations gardent ces scandales en interne et empêchent qu'ils ne finissent devant la justice." Il est pour lui important que les victimes aillent porter plainte afin d'amener ces affaires devant les tribunaux. En Belgique, la cour d'appel de Bruxelles rendra mardi son arrêt concernant le gourou Robert Spatz. Il est notamment poursuivi pour abus sexuels et avait été condamné à quatre ans de prison en première instance.

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TV : Les dérives sectaires : "Dans les griffes du gourou"
https://www.youtube.com/watch?v=vn03iTuvBho
Julie Denayer et son équipe de journalistes infiltrés nous emmènent dans un monde secret, celui des dérives sectaires. Pour affronter la fin du monde ou la société, des gourous n'hésitent pas à manipuler les hommes, les femmes et même les enfants. Au cœur de Bruxelles, un Pasteur annonce des miracles, alors que d'autres prétendent guérir les maladies les plus graves comme le cancer en excluant les médicaments. L'équipe de "Face Cachée" s'est immiscée au cœur de ces mouvements bien présents chez nous en Belgique pour y découvrir à Liège, Charleroi ou encore Bruxelles, des pratiques choquantes, dangereuses, coûteuses ou pire mortelles. Cette nouvelle enquête dévoile des pratiques insoupçonnées en Belgique mais aussi des témoignages poignants.

Sur RTL TVI Vendredi 01 déc. 2017 à 19:45 - 40min

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Testimony from an Ogyen Kunzang Choling (OKC) Survivor

I am troubled by the premise that the members of OKC should be protected because they have “nothing to do” with the wrongs perpetrated by Spatz. This is a fiction that lives on in part because, contrary to accusations, the OKC children are absurdly compassionate and forgiving. Most of the OKC disciples were complicit in one way or another in the abuse and neglect of the community’s children. Those that were not complicit are at the very least guilty of turning a blind eye in a situation where a compassionate human would ordinarily be expected to lend a hand. We (the OKC children) know that the adults were deceived and indoctrinated by Spatz and we know that he had a terrible way of twisting the truth and the religion, making acts of kindness seem like crimes, and crimes like acts of kindness. So we forgive the people who beat, neglected and mistreated us, or led us to his bedroom in the dead of night, choosing instead to focus on Spatz as the ultimate cause of the harm.

 

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in the Spatz community the first handful of us who spoke up were ignored by the rest for almost 20 years while the justice system slowly turned its wheels, and even accused of demonic possession and all sorts of nonsense.

It was painful, but I believe that most of these people were taken in by the lies that Spatz told them, and that they each told each other. During those years, many of the children grew up and left the community and began the slow struggle to clear their minds and one by one, they began to speak up. By the time we got to trial last year, there were some 30 ex-disciples who came to testify, each one with his or her own horrific story.

Multiple women testified to suffering years of sexual abuse, from as young as age 12. Parents were pressured to send their children away to another country to be raised by the community at age 2 or 3, and thereafter saw their children only once or twice a year. Small children were beaten, starved, locked overnight in rat-infested closets, and more. Disciples suffering from cancer were told not to seek medical treatment and died in horrible pain. And so forth and so on, but each person suffering from mistreatment thought his or her pain was an isolated incident, and kept the secret because of the community rule that no one ever criticizes the lama or the community.

Anyway, the trial (which went on for months) changed the hearts of many people, particularly those who came and sat in the courtroom and listened to their former friends and family members relate what they had suffered. One or two or even give or six people can be ignored, but the weight of the evidence finally snowballed to the point that it was hard for even the most persistent Buddhist to explain things away in terms of karma and wisdom and pure perception and what not. It didn’t happen overnight, some people wavered for months while the trial went on, but by the time it ended many of those who had staunchly supported Spatz for 20-40 years had pulled the wool from their eyes and were walking away.

But this process, of letting go of a lifetime’s worth of lies in which one may have inadvertently been complicit is very painful, confusing and anxiety-provoking. In the end, I believe everyone is a victim, other than the lama/cult leader and perhaps a very small circle of his most devoted lieutenants.

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Comparatif du Dossier OKC

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et Invite ses

Avant :
C’est «médusés» et «bouleversés» que nous avons suivi ce «

Devoir d’enquête

» de la RTBF diffusé ce 16 décembre 2015. Médusés par cette volonté de la RTBF et du Journal «le Soir» de se substituer à la justice. Médusés par ce procès médiatique avant l’heure. Médusés parce que nous sommes à quelques heures d’une «vrai justice» que nous attendons depuis 19 ans. Médusés enfin, par des méthodes très discutables, des témoignages infiniment contestables utilisées par les équipes de ce programme et du journal le Soir, réputé «sérieux». Mais, surtout bouleversés. Bouleversés par ces enfants que nous avons entendus aujourd’hui. Bouleversés par ces enfants qui ont grandi chez nous et avec nous! Bouleversés par leurs témoignages ……. Transpercés par leurs témoignages. Bouleversés par ce ressenti à notre encontre. C’est un choc, c’est choquant et tellement loin de notre réalité, de notre éthique de vie de Bouddhistes, de notre communauté, de notre quotidien. Ce pré-procès nous laisse sans voix! Ce pré-procès est désormais là, prégnant mais tellement loin de ce que nous avons voulu faire, faire valoir et faire savoir! Et les autres! Vous y avez pensez aux autres! A eux! Eux à qui personne n’a posé la question de savoir s’ils étaient «otages» d’un mode de vie, d’un mode de vivre, voire pire: En phase avec eux-mêmes! Ils sont où dans ce reportage? Ils sont où? Eux, pourtant, ils sont nombreux et vivent depuis 40 ans dans ce quartier Bruxellois! En toute impunité diront peut-être la RTBF et le Soir. En toute simplicité diront tous les autres. Ce mauvais Procès! C’était facile et cela fait très mal à toute une Communauté! C’était forcément le but recherché. Mais pourquoi ? A cette question, pas de réponse mais une réalité: Si nous étions aussi terrifiants, maléfiques et méprisables que décrit dans cette émission, pensez-vous un seul instant que la justice et l’état belge seraient a ce point aveugles de ne rien faire depuis 19 ans ? Pensez-vous surtout que nous pourrions vivre avec tout cela depuis 19 ans?
Après:
19 ans de procédure pour en arriver là… L’Association OKC estime que, même si aucune peine n’a été prononcée en ce qui la concerne, même si la plupart des préventions mises à sa charge ont été abandonnées et même si un bon nombre d’acquittements ont été prononcés, le verdict rendu a son encontre le 15 septembre dernier est insultant et infondé. Sur le fond de ce procès, notre Association n’a pas eu droit de parole, ou du moins d’écoute, de la part du Tribunal. L’utilisation des mots : « prise d’otages et tortures » utilisés par la Cour est infamante. A mille lieues de la volonté de « bien faire et le mieux possible » qui a toujours guidé notre Association. Nous n’avons pas eu l’occasion de l’exprimer, tellement place fut donnée à ces témoignages des premiers jours du procès. Ils ont pris le dessus sur les différents avis et jugements de l’Éducation Nationale française, de la Juge des Enfants de Digne, des nombreux contrôles et visites des services sanitaires, sociaux, de sécurité, qui étaient pourtant bien dans le dossier et qui contredisent ce verdict. Cette déferlante de témoignages accablants nous a laissé pantois, tellement c’était inscrit dans une caricature prônée par quelques-uns à une époque ! Notre Association ne peut pas laisser voler en éclats toute son action durant ces 40 ans. Action dont nous sommes fiers aujourd’hui ! Derrière cette Association, il y a des gens et des vies. Pour eux, tout cela est injuste, injustifié et révoltant ! Raison pour laquelle notre Association dans son ensemble fait appel de ce jugement.

Source Archive 2016 : https://web-beta.archive.org/web/20160205231215/http://www.okc-net.org/dossier/?page_id=149 Page modifiée 2017 : http://www.okc-net.org/dossier/?page_id=149

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Temple bouddhiste de l'Hérault : confidences de l’ancien bras droit Olivier Raurich #rigpa #sogyal #rimpoche

"Petit à petit", des "choses inacceptables" sont apparues. Olivier Raurich a recueilli des "témoignages", explicites, qui racontent "comment il utilise sa position de grand maître et ce qui relève du “sacré” pour obtenir des faveurs sexuelles". Il y a aussi cette scène étrange, au terme d'une retraite qui a rassemblé 800 étudiants en août 2014 à Roqueredonde, où Rinpoché demande "des offrandes très abondantes, en liquide, des enveloppes épaisses où il fallait marquer son nom". Plus tôt, durant l'été 2011, ce malaise lorsque Lerab Ling lui fait suivre "un entraînement pour ne pas répondre aux questions embarrassantes des journalistes", après la parution d'un article critique dans l'hebdomadaire Marianne. Il choisit pourtant encore de rester.

"Peut-être que Sogyal s'est pris à son jeu, il croit en sa propre histoire", analyse Olivier Raurich, revenu de l'organisation de "l'institution tibétaine comme une institution religieuse", avec "des gens merveilleux et des brebis galeuses, que l'institution couvre". Lui-même a-t-il été aveuglé par le concept de “folle sagesse” qui permet à des grands maîtres de "casser l'ego" des autres pour les amener à l'"éveil" spirituel ? Marion Dapsance rappelle qu'Olivier Raurich invitait les élèves à "ne pas faire preuve d'esprit critique", "accepter tout ce qui sera dit et fait par Sogyal Rinpoché comme un enseignement", intégrer qu'"un grand maître n'est pas un être humain comme les autres", mais un être "spécial", exempté des "règles du sens commun"...

Encore une fois pour les enfants devenus adultes au sein de la OKC, en analysant ce qui se passe à on constate à quel point c'est criant de similitudes avec le comportement de Robert Spatz alias Lama Kunzang. 

Par contre chez OKC contrairement à Olivier Raurich qui est capable de prendre du recul et analyser la situation dans laquelle il se trouvait, a peine 1 an après son départ du centre, le conditionnement et le cul de sac dans lequel se trouve encore aujourd'hui les membres OKC démontre de la profondeur du conditionnement et de l'impasse de leur situation économique et social, les rendants effectivements incapable de trouver ou de penser une porte de sortie. 

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[Témoignage] Pour l'enfant qui n'a d'autre repère que son présent, la violence du quotidien devient une normalité. (updated) #secte

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derrière la porte rouge Nyima-Dzong

En lançant cet espace de publications et de suivi du procès OKC je n’avais pas encore pris le temps de coucher par écrit une histoire qui m’a tourmenté de longue années, même après les faits, qui a aussi influencé ma perception sur “les adultes”, les éducateurs, les hommes, la société et ses dérives qu’elle soit sectaire ou familiale et mine de rien, quand j'ai pu finalement parler au tribunal lors de l'ouverture des audiences en Janvier 2016, j'ai planté un décors, j'ai décris un monde et ce faisant je n'ai finalement pas véritablement parlé de mon vécu. 

En tant qu’enfant pris dans un engrenage où il n’a aucune emprise mon histoire est juste une autre parmis plus de 60 histoires d’enfants entre 1979 et 2003.

J'avais 1 an en 1981 en arrivant à Nyima-Dzong, Châteaux de Soleils France et à partir de mes 5 ans (départ de ma mère) la liturgie et sa pratique faisait partie intégrante de nos vies d'enfants. 

C'était pas une activité adaptée aux enfants, c'était le coeur de la vie dans le monastère, dont les enfants/ados étaient une partie intégrante, suivi par l'école, la participation au tâches diverses, les travaux, bref une vie de campagne figée dans le siècle passé, un peu comme une bulle suspendue dans le temps seulement interrompue par la visite attendue d'un parents (ou pas pour tout les autres), de la camionnette, de cadeaux peut être, d'une nouveauté, peut être un pot de confiture ou des biscuits ? a cette époque, pas de radio, musique, dessein animé, bd's, plutôt la nature, les cabanes et explorer le domaine.

Entre mes 5 ans et mes 13 ans je suis passé par une dizaine de "responsable" homme et femme, aucun n'était pré disposé à assumer une telle fonction, chacun suivait le modèle du précédent en l'adaptant petit à petit à ses propres notions d'éducations inadaptées à des enfants séparer de force de leur parents. 

Voler pour manger c'est probablement le truc que j'ai le plus "pratiqué" vers mes 10-12, les punitions dans ces années la étaient plus comportementale, ne pas répondre, pas même avec le corp, se tenir droit au temple (bic dans le dos discrètement sous le zé ND), pas mettre les coudes sur la tables (manger avec des serviettes sous les coudes pour garder les coudes serrés ND), s'asseoir en lotus et droit au temple, ne pas s'endormir pendant les liturgies ou les pratiques (ou devoir les recommencer(Mu), tourner les pages du livre de prière, devoir aller au temps tous les jours, matin et soirs, toute l'année, tout le temps. (Nd,Mu 16 ans)

Puis il y avait  la "pratique personnelle", la mienne m'avait été "donné" par RS en 91, j'avais 11 ans, je devais faire la pratique de Tara à l'office le matin, à 6h du mat et puis rebelote en journée et puis l'office du soir et sa série de pratique en séquence, un vrai calvaire quand ça vient pas de soi, la "pratique" devient un exercice mental vers 8-9 ans c'était Punition par la pratique, pédagogie centré sur le temple, le comportement, l'abnégation de soi, le non-individu, le groupe, l’enfant noyé dans cette masse, crée du lien et tisse une société de relation, d’amis, et de “plus mon ami” comme tous les enfants du monde. 

On vivait dans un monde peuplé de divinités, de protecteur du Dharma, d’esprit et d’énergie, de relique précieuse et de l'omniprésence et l’omniscience de sieur Robert Spatz auto proclamé Lama Kunzang.

Enfant le monde des adultes nous inculquait que celui ci était un Maître, qu’il était à la fois le père, la mère, le Maître, le tout. bref le Bouddha.

Via le code de la Règle d’Or de Soleils RS avait instauré un régime sinistre, basé sur les strictes nécessités, insuflant dans l’endroit un esprit d’austérité, de manque, de cruauté même, ou le fait de souffrir était perçu comme une manière de “brûler du mauvais ” qui avait pour seul remède plus de pratique, plus de prosternations qui ne menait nulle part et qui apportait principalement un sentiment de culpabilité, de ne pas “être à la hauteur de la quête”, d’avoir des “mauvaises pensées” envers le Maître qui se transformait en encore plus de culpabilité et le tour est bouclé. 

Les adeptes adultes comme les jeunes adolescents n’avait qu’en tête de mieux faire, de se surpasser, de supporter encore plus et d’entraîner son esprit à réagir à ses préoccupations en excluant systématiquement les actes du Maître de l'équation de la réalité. 

Je ne vais pas me lancer dans une énumérations de toutes les punitions qui avait sur place, le procès a déjà entendus ces histoires, d’aucune sont dans la et .

Par contre je vais en écrire une, celle qui m’a le plus tourmenté, marqué, celle qui enfouit toute les autres sous les décombres et c’est uniquement grâce aux amis sur place, les autres enfants de différents groupe que tout ce raffut était supportable et c’est entre l’adversité la plus sombre (vécue en silence) et les jeux dans les arbres que nous avons créé des liens plus forts que toute les tempêtes à venir: 

D'ailleurs à propos de révolutions, déjà en 93 la bande de 25 des plus agés dont je fais partie va être déportée au Portugal, sans l'accord explicite de nos parents, Spatz à un projet, celui de nous avoir tous et toutes directement sous sa direction dans un autre monastère dans le sud du Portugal.

Mais ça c'est une autre histoire qui ne fait malheureusement pas partie de ce procès ci. 

Mais revenons en à 90-91, moment le plus forts de la folie de FM sur le groupe de quelques 11 à 17 enfants qu'il avait sous sa "responsabilité" :

Quelques motifs : 

  • “T’as pas été sage au Temple” - excuse favorite d’un des éducateurs avant son expulsion en 1991. 
  • Il y avait la variante privé de repas
  • Ou encore faire 108 tours de “l’air sacré” sorte d’anneau de pierre déposée à même le sol et qui formait un grand cercle, par temps de pluie ou de neige, courir dans le froids
  • “Va au mâts Nord” ça voulait dire rester dehors la nuit dans le froid pendant un temps indéterminé en chemise de nuit et pyjama et parfois en culotte, quand ça impliquait plusieurs d’entre nous on était envoyé à différents endroits dans le domaine pour éviter qu’on se parle.
  • Et voilà t’as punis, “dans ma chambre après le temple” disait FM. discrètement en me pinçant la peau du bras ou du dos. 

Quelques punitions : 

  • Courrir par tout les temps (30 min ou 1h) 
  • Coup de baton sur les fesses (10-20) 
  • Coup de baton avec une raclette sous la douche froide 
  • Se prosterner dans le gel du matin sur l'herbe torse nu et en caleçon. (1x 1h)
  • Répéter pendant des heures des mantras
  • Dormir dehors
  • Gifle, baffe, tirer les oreilles (fort)
  • Coup de bic dans le dos (avec la pointe sortie)

Bref toutes les semaines quelqu'un y passait pour une raison ou une autre, une fois l'heure et l'endroit de la punition annoncée, c'était inévitable. 

Alors tu savais qu’il allait falloir passer par la de toute façon avant de pouvoir aller dormir et rejoindre les autres au dortoirs. Le supplice d’une journée dans l’attente de se faire battre ou qu’un de tes amis se fasse taper dessus ou privé de X ou Y, d’une manière ou d’un autre constamment contrôlé par un éducateur en pleine névrose qui n’aurait jamais dû se retrouver à cet endroit la. Se savoir constamment sous le risque d’être puni arbitrairement est très certainement une forme de torture mentale et physique pour un enfant, surtout quand après la punition, les détails exactes sur celle ci était: secret.

“Hey, ceci reste un secret entre nous” et les raisons tout aussi obscure et arbitraire. 

Comment avoir un comportement de la sorte dans un "monastère" qui plus est, "Bouddhiste" ?

Il venait te chercher alors que le reste du groupe se préparait à aller dormir ou manger ou après l’école, il ya avait toujours un creux qui lui donnait le temps de faire sa besogne et de revenir avec l’enfant comme si de rien n’était ou de l’envoyer se coucher au dortoirs. Les gens sur place avait l’habitude de laisser faire (les adeptes étant susceptible) et le “responsable” avait quasiment tout pouvoir sur son groupe d’enfant, résultat chacun s’occupait du sien et c’était beaucoup trop pour une personne, mais c’est tout comme si ces enfants de la terre sacré n’était pas une ressources suffisamment importante que pour leur donner un minimum de dignité, d’amour, d’affection, d’attention.   

Il vient me chercher à l’heure du coucher, personne ne dit mot quand je sors mais dans le fond tout le monde sait, personne ne dit rien, dans le fond de l’esprit une certaine lucidité se demande si c’est ça la normalité, le karma, comment ça marche alors, j’ai rien fait, pourquoi autant de violence ? mais elle n’a aucun point de repère pour comparer, l’enfant accepte, c’est que c’est ainsi, c’est mon karma. 

Sortir de la chambre, se demander en mettant ses chaussures si seulement cette fois ci, ça sera juste une remontrance, une mise au point peut être ? Mais à 9 ans quand on a lu le chapitre sur la sagesse de “La Marche vers l'Éveil” de Shantideva (en cachette, il ne fallait pas le lire on risquait de tomber sur du bouddhisme originale), même si on comprend rien au monde qui nous entoure, de cette normalité si violente, rien n’indiquait qu’un bouddhisme saint se vit au monastère.

Aujourd’hui je peux articuler ma pensée, mais en tant qu’enfant, même si un frémissement d’un espoir d’autre chose devrait être en théorie possible, seul l’instant présent comptait véritablement et la dans ce présent-passé je suis entrain de le suivre dans le noir, jusqu'à sa petite maison à côté du petit temple:  

Rentrer dans sa chambre, passer la porte rouge, le coeur qui bat, tout est très rangé, les bâtons de différentes tailles sont derrière la porte, il y en a un dur, en frêne, un autre en buis souple et dur à la fois, mais il y a surtout qu’il m’ordonne de me coucher sur le ventre, je veux pas, je veux discuter, savoir pourquoi...

- "tu n’a pas été sage au temple” il me tord le bras, me force à me coucher, je crie alors il me met son mouchoir sâle dans la bouche, celui avec lequel il se mouche et qu’il replie soigneusement dans sa poche, il est dans ma bouche, et mes bras sont en clinche dans mon dos, je suis sur le ventre et il s’assied sur mes jambes de tout son poid, baisse mon froc, choisi un batons, parfois le frêne, parfois le buis et me roue de coup, quand j’essaye de me lever il m'en empêche, son autre bras me plaque au sol, il me demande si j’ai bien compris... je lui demande mais comprendre quoi ? 

  •  - Je vois que tu n’a pas compris, Non tu n’as pas compris!!
  •  - Mais si j’ai compriiiiiiiis !!!!!

Et c’est repartis pour une rouée de coup, pour finir je crie que j’ai compris, que je serais sage, je ne sais pas de quoi, mais je serais sage, tout pour que ça s’arrête, alors il se calme, j’ai mal aux fesses, au dos, je pleure et il se “radoucit”, c’est passé, et je dois obtempérer,  il me dit de prendre mon livret de notes de Tibétains et de réciter en lisant le plus vite possible toute les exceptions, les règles, les accents et leur logique d’utilisation, je lisais comme toute les autres jeunes très très bien le tibétains écris, même si j’en parlais pas un mots ou était même incapable de traduire quoi que ce soit, mais les punitions à cette époque, sous FM, ça se finissait ou par des récitations de notes et de règles théorique de tibétains ou par des mantras, faire X nombre avant d’aller dormir ou des prosternations.

Après la punitions physique venait la punition mentale: il laissait toujours un temps (pour se calmer et ne pas attirer l'attention) entre le moment ou je me faisait battre et le moment ou je pouvais sortir de chez lui et rejoindre les autres. 

Je suis donc obligé de me mettre tout contre le mur de pierre blanche peinte à la chaux, assis sur les genoux, mais pas sur mes fesses ça fait mal, l’étrangeté de toute la situation, le son de ma voix qui récite des règles grammaticales en tibétains, mon tortionnaire qui fait mine de ranger ou de se changer; parfois il fallait aller vider son pot de chambre pour faire diversion, alors en sortant de cette maison à la porte rouge, il m’attrapait le bras une dernière fois et discrètement me disait : “Hey ceci reste un secret entre nous” avec un terrible accent portugais qui fesait froid dans le dos. 

Alors pour rester sage et jamais plus m’endormir à 11-12 ans je dirigeais un office ou l’autre, j’aimais bien chanter dans le micro, savoir que du début à la fin je ne m’endormirais pas parce que le Umzé, celui qui ouvre la marche dans la récitations des pratiques, suivi par toute la Sanghas éparpillée dans le temple, c’était un peu le chef d’orchestre, ça devenait un brin intéressant, ah c’est sûr, les enfants trouvent toujours un moyens de passer outre et même parfois de vivre des gros problème en les acceptants avec une étonnante simplicité.   

Alors parce que malgré la folie des hommes les enfants gagneront toujours, heureusement il y avait ces moments suspendu dans le temps parfois ou pour un instant l’insouciance reprenait le dessus, la Lumière pour quelque jours, le temps de vacances s'installe pour mieux repartir lors des séparations toujours difficile entre parents et enfants, même si soigneusement caché pour certain. 

Heureusement il y avait la nature ou s'abriter du monde des adultes sur place, il y avait des jeux et des escapades à imaginer et des livres à lire, des courses à vélo, les vacances en été où nous étions plus des enfants que le reste de l'année, ou les dimanches ou on mangeait avec des couverts, ou les concerts de Mozart le Jeudi après-midi dans le petit temple, les balades dans la nature avec ou sans l'accord des adultes, et puis 11 ans c’est quand même l’âge des bisous (chuuut c’est interdit) mais ça aussi déjà à l’époque les jeunes ont montré le ton et ont fini par faire leur expériences malgré le contrôle et l’omniprésence (même si pas physique) mais tout autant absurde et déplacé que la personne de RS et son clergé mettait en place. 

En 1991 nous passon l’été au Portugal, nous le savons pas encore à ce moment là mais Robert Spatz a des plans pour nous, entre autre de nous déporter dans un centre OKC au Portugal, loin de nos parents, loins de tout contrôle par qui que ce soit, même dans la OKC aujourd’hui 20 ans après ces faits, 90% des gens n’ont aucune idée de ce que leur enfants ont vécu entre 1993 et 1997.

Cet année la, j’ai tout juste 11 ans et JL (le “responsable” du monastère en France) à entendu dire que des jeunes garçons se faisait battre, il vient donc faire sa petite enquête et me pose quelques questions : Il n’a lui même pas vraiment l’air honnête dans sa démarche, on dirait plutôt que sa seule considération est de vérifier si ces abus ne vont pas entacher la réputation de ND ou la sienne peut être en tant que “responsable” et puis je ne luis fais pas du tout confiance, il me connait depuis 13 ans, m’a vu grandir, mais la manière dont il vient me poser ces questions n’est pas du tout rassurant pour moi, en effet nous sommes en vacances dans un autre centre OKC, au Portugal, mais FM lui est bien sur place, si je parle je ne sais pas ce qu’il va se passer, j’ai pas mes parents sur place, ni personne à qui me confier, alors je minimise, j’en dis le moins possible, j’ai peur que ça se retourne contre moi si FM apprend qui à parlé. Je ne parlerais plus jamais de ces abus à qui que ce soit jusqu’au procès 2016. 

Fin 91 FM est viré du monastère en France, un peu après les vacances, je n’ai jamais su si JL y avait été pour quelque chose, en tout cas personne n’est venu me parler à ce propos, et puis surtout tout le monde est au courant dans le monastère que FM a été expulsé parce qu’il a ouvert les douches de 2 jeunes filles (16-17 ans max) qui prenait leur douche. (Oui c'est étrange, mais dans la "normalité" qui était la nôtre nous n'avions pas la moindre idée de l'anormalité de ces actes, il n'est jamais partis pour les abus affreux commis sur le groupe de garçon de mon âge, au moins est il partis, c'est déjà une révolution en soi !)

Celle ci vont se plaintre à M, femme de JL et après l’affaire Bernard, FM se fait virer, mais pas tout à fait, OKC a eu un facheuse habitude de conserver en son sein des hommes sérieusement malade dans le but d’éviter que leur départ provoque un scandale ou que le vérité se sache et impacte l’image de la OKC en Europe (Affaire Bernard : 6 cas confirmé de pédophilie entre 87 et 90 caché par Robert Spatz aux parents, tout comme aux autorités Française) FM continuera à travailler dans le secteur de la construction à OKC Bruxelles avant de revenir à ND quelques années plus tard. Pareil pour Bernard le pédophile : de retour à ND dès les années 2000 sans jamais avoir été inquiété a propos des ces actes. 

En fait en me connectant avec mes souvenirs d’enfance et “en les reconnaissants comme de simple phénomène” justement je constate à quel point depuis toujours, nous les enfants de jeunes parents qui cherchaient un idéal, une utopie praticable avec honnêteté et parfois trop peu de discernement, nous avons toujours fait notre possible pour nous dépasser malgré trop souvent le peu de bagage pour y arriver, voir par delà les artifices, acquérir l’esprit critique dans un milieux complètement biaisé par des années de coupures avec la société et toute une conception élitiste et sectaire du concept de communauté, un schéma pollué détourné en un folklore laico-bouddhiste-vajrayana-emaho en pleine dérive, un esprit qui nous a permis de nous extirper chacun à son rythme de l’emprise de toute une enfance polluée par une doctrine qui laisse encore des traces aujourd’hui, une méthode qu’aucun enfant ni aucun parents du monde ne devrait avoir à vivre contre son gré. 

Dans cette entreprise de résilience commencée il y a des années, déclenchée par les perquisitions en 97 pour beaucoup, puis les révélations en 2007 et 2010 pour d’autre et puis le procès en 2016 et son lot d’abus affreux que la plupart d’entre nous avait peine commencé à regarder en face et à apprivoiser pour en parler, pour la résilience, pour se reconstruire, le procès et l’ouverture de parole au 23 parties civiles ont été le clou dans l’engrenage d’une affaire qui si elle n’avait pas reçue notre intervention se serait soldée avec des amendes financières et encore moins que la peine de 4 ans avec sursis, en fin de compte, tous ces épisodes auront été les moments clefs d’une histoire qui n’a pas encore craché tous ses démons. 

Affaire à suivre.

signé Ben Kungyal 

 

#OKCinfo

Secte OKC: nouvelle enquête en #France et suspicions en #Espagne #okcproces

5 min read

Après 18 ans d’enquête et 8 mois de procès, le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu jeudi son jugement dans l’affaire de la communauté bouddhiste OKC (Ogyen Kunzang Chöling) fondée en Belgique. Le gourou Robert Spatz (72 ans) est reconnu coupable pour la majeure partie des préventions : faits de mœurs, prise d’otages d’enfants avec la circonstance aggravante de torture, endoctrinement, faux et usage de faux, blanchiment et infractions aux lois sociales. Une condamnation pleine et entière qui a donné lieu rappelons-le à une peine de 4 ans de prison avec sursis, assortie d’une période d’épreuve de 5 ans. Elle s’accompagne d’une saisie d’un million d’euros sur ses biens, 4 millions en cas de récidive.

«  La reconnaissance du tribunal est importante pour nous, mais j’ai du mal à comprendre comment des abus sur mineures peuvent être si faiblement punis  », a commenté une des victimes lors du prononcé. Plusieurs d’entre elles suspectent Robert Spatz de continuer à mener des activités similaires en Espagne. A leur connaissance, aucun mineur n’est aujourd’hui sous son influence. Ils s’inquiètent cependant de l’incidence de son endoctrinement sur les jeunes femmes qui vivent dans sa maison personnelle et sur les adeptes qui fréquentent son centre communautaire implanté non loin de son domicile.

Une partie civile née dans la communauté avance avoir été récemment contactée par la police française en recherche de témoignages, dans le cadre d’une enquête rouverte en 2015. Elle cible des éducateurs pour des faits de maltraitance et des attouchements sur mineures au château de Soleils à Castellane (voir article du 16/12/2015). Pour rappel, faute de preuves et en défaut de plaignants, les poursuites antérieures en France liées à la nécessité d’assistance éducative, aux privations de soins sur mineurs ou à l’exploitation par le travail s’étaient soldées par des non-lieux (1999- 2001).

Appel en suspens à Bruxelles

Les parties civiles espéraient une peine de prison ferme à effet immédiat. Me Quentin Wauters visait l’acquittement de son client : «  C’est un peu un jugement à la Pyrrhus, pour satisfaire les parties civiles et éviter que le procureur ou Robert Spatz ne fasse appel.  » Absent au procès, Robert Spatz a 30 jours pour s’élever contre ce jugement que d’aucuns jugent favorable en dépit de la peine de prison prononcée. Si l’engorgement de la Cour d’appel peut faire gagner plusieurs années, c’est aussi risquer une condamnation plus lourde. Un pari à prendre.

Les victimes élevées par OKC recevront 2.500 euros par année de détention et les filles ayant dénoncé des abus sexuels dans les temps de l’instruction 12.000 euros. Unicité d’intention reconnue dans les rituels tantriques pratiqués, conditions d’éducation considérées comme relevant de la torture, travail dans les restaurants comparé à une forme d’esclavage, la justice belge ne s’est pas montrée avare. «  Je défendais une génération entière qui s’est fait voler son enfance et son adolescence et elle se voit enfin aujourd’hui reconnue comme victime  », se réjouit Me Dimitri de Beco. «  J’espère que cela ouvrira les yeux de ceux qui mettaient encore en doute les accusations  ».

Aux adeptes qui ne voulaient voir que gage de confiance dans la caution spirituelle de maîtres tibétains et du Dalaï-lama et volonté d’accabler leur communauté entière via «  l’épouvantail de la justice  », le juge a envoyé un message compatissant. Les parents et les prête-noms dans les associations connexes ont reçu des dédommagements de principe. Les préventions d’association de malfaiteurs et d’organisation criminelle ont été abandonnées. Parmi les administrateurs poursuivis, seuls la femme de Robert Spatz et son fils appelé à lui succéder ont hérité d’une simple déclaration de culpabilité pour faux et usage de faux, considérant entre autres l’aisance de vie découlant de leurs rétributions. La responsabilité de l’asbl OKC a uniquement été engagée dans la prévention de prise d’otages afin qu’elle participe au dédommagement des victimes. Robert Spatz est seul face à la justice.

Source LeSoir

Procès OKC Spatz

 

#OKCinfo

There is no greater violence than to deny the dreams of our children, no greater violence than to deny childhood to children, even to just one of them.
Ultimately if robbing childhood of children is already a crime, sexually abusing children or imposing physical harsh treatments is the summum of human ignorance.
The price for these human drift onto children is still, even if in silence, still imposing countless suffering.
There is no excuses to be made, only recognition and acknowledgement that, even if there was good ideas, good memories and good people, the very fact that these drifts happened in silence for 40 years should be enough to think about ones life and really ponder these facts and integrate them with the larger story.

There is no escape to this and until this recognition of the facts are denied to oneself AND for the victims of such abuses there will be no joy to share, no remembering to do and no peace for the mind.

#OKCinfo

Utiliser des témoignages d'enfants de 10 ans pour qualifier un lieu de privilégié en évitant soigneusement d'aller au fond du problème, au cœur de la l'injustice la plus totale : les abus sexuels, les maltraitances physiques et la privation de nourriture comme méthode pédagogique en 1980 et 1997 et au delà.
sans parler de l'abus d'autorité, morale et spirituel sur des enfants qui n'ont à l'époque des perquisitions jamais rien connu d'autre de leur vie. Il fallait osez !

#OKCinfo

14h15 les prévenus vont passer une vidéo dans le tribunal. Dommage que les parties civiles n'ont pas de "preuves vidéo" à part leur témoignages !

#OKCinfo

Enfants maltraités et abusés: deux ex-membres de la secte OKC témoignent. #okcproces

22 min read

Les enfants perdus.

Début janvier a commencé à Bruxelles au tribunal correctionnel le procès contre le belge Robert Spatz, leader de la secte OKC. Depuis 1972 le gourou auto-proclamé a attiré des centaines de disciples dans sa communauté reposant sur des règles de vie vaguement bouddhiste.

Trois générations plus tard les ravages humains sont énormes. Deux ex-membres témoignent d’un système d’endoctrinement, de manipulation et d’abus. “Le fil rouge de son enseignement était l’élimination de notre égo.” Le prévenu principal, Robert Spatz (71) doit répondre de plus de 170 chefs d'accusations , qui vont de la fraude sociale au faux en écriture en passant par la torture, l’enfermement et les abus sexuels sur mineurs.

L’ enquête de justice , qui a trainée 19 ans, met à nu le parcours égocentrique déconcertant d’un maître en manipulation.

Après un séjour en Inde, le réparateur de télévision a fondé la branche bruxelloise de Ogyen Kunzang Chöling (OKC), littéralement “le Domaine de la Claire Lumière”. Suivant les statuts c’était un centre d’études et d’expériences Nyingmapa, la plus ancienne de 4 traditions bouddhistes tibétaines les plus importantes. Au centre de la doctrine sont la quête de la pureté intérieure et le rejet du matérialisme. Spatz, qui se fait appeler Lama Kunzang, n'a pas suivi de très près ses propres principes éclairés.

OKC était plutôt 'un réseau d'entreprises commerciales à Bruxelles: un centre de yoga et de séminaires, un magasin de produits bio Le Paradoxe à la chaussée d’Ixelles et un restaurant végétarien la Tsampa à la rue de Livourne. Ses disciples y travaillaient jour et nuit, en échange de la nourriture et du logement. Les bénéfices servait à l’achat personnel de yacht, des voitures et des villas en Espagne, au Portugal, Tahiti et la Côte d'Azur. Pour la communauté, il a acheté en France “Chateau de Soleils”, un château délabré à Castellane, Alpes-de-Haute-Provence.

C’est là que commence l'histoire de Sophie Peten (38) et Ben Borges (35), qui y ont passé la majeure partie de leur enfance.

Peten: Mes parents étaient de fidèles visiteurs des séminaires à Bruxelles. Ils trouvaient en Spatz un enseignants charismatique avec une vision différente sur la vie et la société. Peu à peu, il a commencé à les enjouer. Il a proposé à ma mère un emploi à la Tsampa. Lorsque cela a été moins bien dans leur mariage, il a conseillé mon père de se ressourcer pendant quelques mois en Inde. Peu de temps après son départ ma mère, mon frère et moi avons déménagé de notre maison à Tervuren vers un petit appartement dans le centre OKC au-dessus du restaurant. Ma mère travaillait constamment. Elle a mis mon éducation dans les mains des autres adultes, mais ils n’étaient pas les personnalités les plus stables.

En janvier 1985 Spatz a organisé un séminaire à Château de Soleils. Ce fut une révélation. D’un appartement dans les Bruxelles gris, pleins d'adultes hystériques vers un petit paradis dans les montagnes! Spatz ainsi que les enfants déjà sur place m'ont conseillé de rester. Bien sûr, j’ai dis oui. Quelques jours plus tard, ma mère est retourné à Bruxelles, sans moi. Il est absurde qu'un enfant de sept ans peut faire de tels choix. Je me souviens de courir derrière sa voiture, parce que je me suis soudain rendu compte de l’étendue de ma décision. Un an plus tard mon petit frère de 5 ans venait dans les mêmes circonstances.

Durant l'été 1979, la jeune fille portugaise Catarina de 16 ans a atterri à Castellane. La fille enfuie de sa maison à un jeune âge, a été immédiatement séduit par l'utopie d'une communauté bouddhiste. Elle a fait la connaissance d'un jeune Portugais et a déménagé à Bruxelles pour y travailler dans le réseau OKC. Quelques mois plus tard, elle était enceinte.

Borges: ma naissance a créé des tensions au sein de la petite communauté. Spatz nous a renvoyé en France. Comme j’était un enfant craintif ma mère a reçue l’autorisation exceptionnelle de pouvoir rester avec moi. Cela n’a vraiment pas été apprécié par les autres qui étaient obligés de se défaire de leurs enfants. A la fin elle n’a pas résisté à la pression du groupe et en 1986 elle est repartie à Bruxelles.

Vos parents ne pouvaient venir vous visiter qu’une fois par an. Pourquoi deviez vous vivre séparément?

Borges: Spatz considérait les parents comme des être imparfaits par nature. Il croyait qu’ils empoisonneraient leurs enfants au niveau génétique. Il fallait donc créer une distance physique et mentale pour nous “désintoxiquer”. Il les humiliaient en notre présence tandis qu’il nous encensaient. Il disait que nous faisions partie d’une élite. Nous étions destinés à un avenir exceptionnel. Je me sentait en tant qu’enfant supérieur par rapport à ces pauvres gens imparfaits. A 8 ans j’ai remplacé ma mère par celle d’un autre. J’ai oublié à quoi elle ressemblait.

Peten: J’ai longtemps eu honte de la mienne. Je ne la voulait plus. Elle ne correspondait pas à l’image idéale que j’avais d’un adulte: une personne pure et sur-intelligente. Je me demandait même si je ne pouvait pas avoir une autre mère.

Est ce que la vie dans un château en France était aussi idyllique que cela puisse paraitre?

Peten: Le château était tout à fait inadapté pour y héberger des enfants. Il n’y avait pas de chaises ou de tables, nous vivions pratiquement sur le sol. Nous avions peu de vêtements. Les premières années il n’y avait pas de chauffage ni d’eau chaude. En hiver la température descendait à -17. Il était interdit de mettre ses mains dans ses poches ou de mettre des gants. Nous avions des engelures aux pieds. Nous vivions des cultures de notre potager. En hiver, nous devions nous contenter de la farine d'avoine moisie ou de la soupe avec un bout de pain. Ou nous avions les excédents des magasins à Bruxelles, mais ils étaient souvent périmés. Les plus petits recevaient sur place l’éducation de base d’une institutrice diplômée, membre de la communauté.

L’enseignement secondaire se faisait par le CNED, un système français d’enseignement à distance. “Mais uniquement parce que c’était obligatoire,” explique Borges, “Spatz considérait l’éducation classique comme une absurdité. Il trouvait les travaux manuels plus utiles, peindre, cuire du pain, couper du bois, faire de la construction. Il y avait 4 éducateurs adultes mais en fait c´était les enfants qui s’occupaient de l’entretien de ce château en ruines.”

Peten: Nous nous levions tous les jours à 5 heures pour prier et apprendre par cœur des centaines de pages de textes sacrés tibétains. Nous étions éduqués du matin au soir, 7 jours sur 7, pendant toute l’année. Dans son règlement interne “La Règle d’Or de Soleils” Spatz définissait toutes les facettes de la vie journalière. Tous les disciples devaient la signer. Le fil rouge du Spatsizme était la destruction de l’égo. La souffrance y prenait une grande place. C’était un moyen de bruler du mauvais karma. 

Borges: Les éducateurs nous élevaient avec des punitions. Ceux qui questionnaient leur autorité ou émettaient un avis étaient punis. C’était d’ailleurs très égoïste de développer une personnalité.

Peten: Tous les jours nous devions 108 fois tomber de tout notre long sur notre ventre et nous relever devant Spatz ou devant sa photo s’il était absent. Qui allait trop lentement ne recevait pas à manger le soir. Souvent on ne nous disait même pas pourquoi nous étions punis. Nous devions rester pieds nus dans la neige pendant une heure, nous recevions des coups de battons sur nos cuisses nues avec un chiffon dans la bouche dans la chambre de l’éducateur ou nous étions enfermés dans un sombre local à chaussures dans le château.

Parfois c’était tout le groupe qui était puni. Alors nous devions tous nous jeter au sol 108 fois au même rythme, à la moindre erreur notre groupe devait recommencer.

Borges: A mes 10 ans on m’a envoyé tout seul avec un sac de couchage dans la forêt à des kilomètres. Il y avait des sangliers sauvages. En hauteur. J’ai grimpé à un arbre et j’ai passé la nuit sur une branche.

Peten: Ou ils obligeaient un petit groupe de garçons à se lever pendant des mois à 4 heures du matin pour aller se laver dans une cascade dans la vallée. Même en hiver. Devenirs purs et durs, c’était la devise.

Une des 170 inculpations contre Roberts Spatz est l’abus sexuel.

Des 11 cas confirmés entre 1979 et 2016, 10 étaient sur mineurs. Une victime qui avait à l’époque 11 ans témoigne au tribunal comment Spatz commençait d’abord par lui partager des secrets ridicules pour tester si elle savait se taire. Dans une phase suivante elle déménageait avec sa mère dans son appartement privé dans le château pour cuisiner pour lui et faire son ménage. Spatz, hypocondriaque, qui souffre d’une peur extrême des maladies , les mettaient en confiance en leur parlant de ses vies passées et futures. Il prenait le contrôle physique et mental total, jusqu’au point de leur demander d'accomplir des actes sexuels sous le couvert de rituels religieux.

Borges: Il considérait le sexe comme un échange d'énergie. Par le contact physique, il pensait pouvoir prendre l'énergie de la jeune fille pour lui. La pénétration n’était pas nécessaire pour cela. Sa peur de la contamination était si présente qu’elle lui empêchait d’aller beaucoup plus loin. Il utilisait un Ðorđje (petit sceptre tibétain, ndlr), des petits fouets ou un instrument qui donnait des petits chocs électriques. Ceci est cohérent avec la théorie sadomasochiste de la souffrance. En transformant le plaisir sexuel en souffrance de l’énergie se libérait. Énergie qu’il prenait à sa victime.

Peten: Une des prévenues du procès était présente à quelques attouchements et y a même participé. Des témoins déclarent aussi qu’il y avait un inconnu qui observait d’un coin obscur dans une chambre.

Sophie, à un certain moment tu as aussi été choisie , mais un rhume t’as sauvée?

Peten: A un certain moment Spatz allait s’occuper de moi spécifiquement. J’avais à ce moment beaucoup de crises d’angoisses. Il voulait s’en occuper avec moi. Lors d’un voyage en groupe vers la Dordogne il m’a appelée à sa caravane. J’était justement grippée ce jour là. Apparemment son état hypocondriaque a fait que mon traitement spécial s’est arrêté là.

Comment avez vous découvert en tant adolescents votre propre sexualité dans u environnement si rude et fermé?

Peten: Nous étions incroyablement prudes. Une robe ne pouvait pas descendre 5 cm plus pas que les clavicules et une jupe pas plus haute que les chevilles. Les filles ne pouvaient pas dénouer leur cheveux . Nous nous épilions secrètement avec la flamme d'une bougie.

Borges: Il n’y avait pas de place pour l’amour ce qui est bizarre pour une communauté bouddhiste. Nous ne recevions jamais de bisous ou de câlins. Il n’y avait pas de contacts physiques ou de tendresse.

Peten: Nous apprenions l’amour dans les livres. Quand nous étions plus vieux nous pouvions aller en vacances à Bruxelles pour voir nos parents . C’est là que nous voyions pour la première fois un film ou que nous lisions des livres qui nous étaient interdits en France. La Bicyclette Blue (roman historique de Régine Deforges, où une jeune fille découvre l’amour pendant l’occupation en France, ndlr.) m’a ouvert les yeux. Q«Ainsi que “Au bonheur des dames” d’Emile Zola, à 14 ans je lisait sur des sentiments dont je n’avait jamais entendu parler.

L'une des caractéristiques d'une secte est l'omniprésence du chef spirituel. Était-ce le cas Robert Spatz?

Borges: Absolument! Nous croyions qu’il était omniprésent et omniscient. C’était vraiment ainsi puisque tout le monde venait tout lui raconter. Il était en fait un excellent acteur et manipulateur. Du haut de son trône il nous regardait littéralement de haut. Il jurait pouvoir lire nos pensées. Il nous inculquait que de terribles choses qui se passerait si nous osions remettre en question son autorité. De cette façon, nous avons développé une docilité incroyable. J'étais toujours paranoïaque. Après une mauvaise idée, je craignais d'être puni.

Peten: Sa photo était partout: dans toutes les chambres, dans la cuisine, même dans les salles de bains. Nous étions obligés de penser à lui immédiatement au réveil. Il pervertit les rituels bouddhistes en les reliant à son culte de la personnalité. Selon le profil du FBI un chef de secte est un pervers narcissique, il se considère comme exceptionnel ou d'une autre planète, il a la sagesse pour résoudre les problèmes mondiaux et il exige une loyauté totale de ses adeptes. Quand vous alliez quelque part avec lui vous ne pouviez jamais marcher à sa hauteur, mais toujours derrière lui en biais. Nous ne pouvions pas projeter notre ombre sur lui ni marcher sur son ombre. Nous ne pouvions jamais le regarder dans les yeux. Si nous lui donnions quelque chose il fallait le tenir au dessus de nos têtes afin de ne pas le contaminer avec nos microbes. Nous ne pouvions lui adresser la parole qu’avec la main ou un tissus devant la bouche.

En 1993 un groupe de 25 enfants, dont Ben, Sophie et sont frère, ont été déplacés du Château de Soleils vers le monastère de OKC à Mû, au Portugal. Les enfants y travaillaient journalièrement au restaurant, au temple et au centre de yoga. En même temps ils y étaient éduqués pour la fin du monde, qui d’après Spatz, était imminente.

“Nous n’avions pas de télévision, ni de radio , ni d’ordinateur et ne savions rien du monde extérieur,” dit Peten. “Il était notre seule source d’information et contrôlait tout cela. Il mélangeait toutes sortes de nouvelles avec ses propres fantaisies maladives. L’humanité allait périr du sida et les survivants allaient s’entre tuer.”

Borges: Spatz avait créé au Portugal une ambiance très violente. Les enfants s’y sont fait beaucoup de mal les uns aux autres, de toutes les manières possibles. Nous y étions éduqués dans une culture injuste, sexiste, machiste et misogyne.

Peten: Il nous apprenait a nous défendre avec un couteau et comment couper la langue ou le nez à quelqu’un. Il prenait les filles à part et nous racontait une vision ou nous serions toutes violées. Il insistait tout le temps que nous devions rester vierges, au cas contraire nous devrions quitter la communauté.Nous étions poussés à bout mentalement. A l'époque, nous étions dans un mode de survie très agressif. Quand des années plus tard je me suis inscrit dans un club d’arts martiaux à Bruxelles je faisais peur aux hommes. “Es-tu folle?” criaient ils. “Tu veux tuer quelqu’un? On n’est pas en guerre!” Je n’y comprenait rien.

Borges: Chaque enfant a reçu une formation en karaté. Nous avons pratiqué dans la neige, la pluie et le soleil. A chacun de nos anniversaires nous avions droit à la “moulinette” et on devait se battre tout à tour avec les 24 autres. Selon Spatz nous devions nous défendre contre le monde extérieur. Il mettait tous les soirs quelqu'un pour faire la garde avec un pistolet à air comprimé.

Le monastère Mu ressemblait à un camp d'entraînement militaire. Plutôt que de travailler tous ensemble contre lui, nous avons été manipulés et mis les uns contre les autres.

Peten: Quand les tensions étaient trop élevés, il organisait une fête avec des flots d'alcool pour détendre l'atmosphère. Tous les enfants entre 12 et 24 ans recevaient une grande coupe avec du Jack Daniels ou de la vodka. Chaque fois que Spatz criait “à la familia, a la nostra " nous devions boire cul sec.

Cela durait toute la nuit. Le matin les adultes mettaient les enfants ivres morts dans un tracteur et les ont transportaient au dortoir.

Personne ne s’est jamais révolté?

Peten: C’était impensable. Tout le monde était libre de partir, mais pour aller où? La distance avec le monde réel été tout simplement trop grande.

Borges: C’est comme si tu étais né sur Mars et que quelqu’un te dit: “Voilà la planète terre. Tu peux aller y habiter.” En 1997 la première bombe a explosé. Pendant l’opération Soleil 130 agents belges et 300 agents français ont perquisitionnés dans les diverses communautés OKC. Robert Spatz et certains de ses acolytes ont passé six mois en prison.

Peten: Ce fut un choc énorme. En même temps, nous étions prêts parce Spatz nous avait toujours prédit que le monde extérieur ne nous attaquer.

Borges: La police pensait trouver de la drogues et des armes, mais ils ont étés accueillis avec du thé. Lors des interrogatoires ils ont reçus des dizaines de fois la même réponse: nous sommes heureux, OKC est un endroit agréable.

Plus tard une commission d’enquête en France a établi que OKC était une institution louable. Mais les conclusions de l’inspection au Château de Soleils étaient basées sur les déclarations des enfants endoctrinés. J’ai relu tous les témoignages de cette époque.Tout le monde déclarait exactement la même chose!

Quand avez vous soupçonné que quelque chose clochait dans OKC?

Peten: Après l'opération Soleil je suis allé travailler à Bruxelles. L'organisation y avait été durement touchée. Le nombre d'adeptes avait considérablement diminué, mais les entreprises ont dû continuer à fonctionner. Pendant huit ans, je travaillais 16 heures par jour pour 125 euros par mois. En même temps je découvrait la vie nocturne de Bruxelles. La confrontation entre ces deux mondes extrêmes m'a chamboulée. Tous les principes qui m’avaient été inculqués dès mon âge précoce, semblaient sans valeurs. Je n'avais aucune personnalité et devait toujours agir dans l'intérêt de l'autre. Je ne savais pas comment me comporter en public, comment marcher dans la rue, où regarder. Naïve et inconsciente des dangers dans le monde normal, j’était une proie facile pour toutes sortes de profiteurs.

Borges: J'ai vécu quelques mois avec ma grand-mère à Lisbonne, ai ouvert un restaurant végétarien en l'Algarve pour OKC et finalement je suis retourné à Bruxelles pour connaître ma mère, que je n'avais plus vu depuis huit ans. Les difficultés sociales étaient énormes: J’était incapable de parler avec personne de sujets comme la musique, la politique ou le sport. Prendre les transports en commun, acheter un billet ou d'ouvrir un compte bancaire: je ne savais pas faire ces choses là. Grâce à mon premier ordinateur et ma connexion Internet j’ai appris à connaître le monde réel.

Je commençais à m’intéresser beaucoup aux droits de l'homme et de l'activisme social. Je me suis aperçu que je ne pouvais continuer ma vie, que quand j’aurais fermé le chapitre OKC . J’ai cherché un avocat et j’ai contacté les anciens membres comme Sophie pour nous organiser contre Spatz. La réponse a été énorme. Des ex-disciples de tous les coins d'Europe étaient disposés à coopérer. L’état Belge se concentrait principalement sur la partie financière de l'enquête. Nous avons ajouté un dossier moeurs considérable, et avons réunis 21 parties civiles.

Robert Spatz suit le procès de l’Espagne suite à des problèmes de santé. Comment pensez-vous qu’il vive cette période?

Peten: Il se sent toujours intouchable. Un de ses trente disciples restants nous a dit qu'il est en bonne santé et donne encore des séminaires. Le procureur a indiqué lors de sa plaidoirie le grand risque que, aujourd'hui, il peut abuser des enfants en Espagne.

Borges: Il essaie de manipuler le procès, comme d’habitude. Il fait payer ses avocats couteux par ses victimes, c’est à dire la communauté OKC. Je peux juste espérer que justice soit faite. Il faut stopper Robert Spatz.

Une interview signé TVS

Source NL


#OKCinfo

- qu'est ce qu'un vrai maître ?
le bouddha répond : c'est quelqu'un qui ne pense pas un seul instant à lui même.
- alors qu'est ce qu'un vrai disciple ?
bouddha répond : c'est quelqu'un qui sait reconnaître un vrai maître.

#OKCinfo

TC Bruxelles - Les dirigeants d'OKC contestent avoir fait partie d'une organisation criminelle

6 min read

Les prévenus ont eu la parole en dernier lieu, lundi, dans le procès de la communauté bouddhiste Ogyen Kunzang Choling (OKC) qui se déroule devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Ceux-ci ont contesté les préventions mises à leur charge, en particulier celle d'avoir fait partie d'une organisation criminelle. Une dizaine de personnes physiques et morales liées à l'OKC sont prévenues devant le tribunal entre autres d'escroqueries, de faux, de prise d'otages, d'association de malfaiteurs et d'organisation criminelle.

"On charge, on charge... Tout le monde se rebelle, on ne dit que le négatif... Je pense qu'il faut attendre que cette petite énergie négative soit passée", a déclaré l'une des prévenues, l'épouse de Robert S., celui que l'accusation qualifie de "gourou" de l'OKC, en parlant des témoignages des nombreuses personnes qui se sont constituées partie civile contre son mari et contre l'OKC.

De nombreux anciens adeptes ont en effet vivement dénoncé certaines pratiques au sein de cette communauté, et notamment des abus sexuels sur mineurs, dont la plupart ne font néanmoins pas partie des préventions visées.

Robert S., fondateur de l'OKC en Belgique, aurait été l'un des auteurs de ces abus, selon plusieurs personnes de la partie civile.

"Je n'avais jamais entendu jusqu'à ce procès de rumeurs d'abus sexuels au sein de notre communauté", a encore déclaré lundi l'un des anciens dirigeants de l'ASBL OKC.

"Concernant les comptes, tout était transparent", a dit un autre ancien responsable. "La comptabilité était disponible en tout temps et ce, depuis le début. L'OKC n'est pas une organisation criminelle. On va trop loin! ", a-t-il dit.

"A propos des dons, c'est vrai que certaines personnes ont été particulièrement généreuses. Et alors? Par ailleurs, tous les membres ont profité de ces dons, pas seulement Robert S.", a-t-il encore ajouté.

Dans cette affaire, onze personnes physiques et morales liées à l'OKC sont soupçonnées d'avoir escroqué de nombreuses personnes et d'avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

Selon l'enquête, Robert S. entre autres, aurait poussé certains membres à faire des dons importants à la communauté, des dons qui auraient surtout servi à son enrichissement personnel.

Le dossier compte 117 préventions telles que faux, usage de faux, fraude fiscale, escroqueries, extorsions, blanchiment, abus de confiance, infraction aux lois sociales, port public de faux nom, prise d'otages, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Robert S., qui fait défaut, devra également répondre de certains faits de viol.

De nombreux autres faits d'abus sexuels ont été révélés, parfois pour la première fois, au cours de l'instruction d'audience de ce procès, par d'anciens membres de l'OKC qui se sont constitués partie civile. Mais ces dénonciations-là ne font pas l'objet des préventions et le tribunal n'en est donc pas saisi.

"Il appartiendra au ministère public d'effectuer de nouveaux devoirs", a simplement déclaré le président, lundi soir, à l'issue de son instruction d'audience.

Mais les avocats de la défense ont montré leur mécontentement à cet égard. Ils ont fortement critiqué le fait que le tribunal ait laissé les personnes constituées partie civile s'exprimer sur ces faits dont le tribunal n'aura pas à trancher.

Le procès se poursuivra vendredi avec le réquisitoire et lundi avec les plaidoiries de la partie civile.

Source

 

Les prévenus contestent les rémunérations fictives dans les sociétés de l'OKC

Le président de la 89e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a commencé, jeudi, à interroger les prévenus sur les préventions auxquelles ils doivent répondre concernant les activités illicites supposées de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC). Deux anciens dirigeants d'une société dénommée Tara, qui gérait des magasins et des restaurants, proche de l'OKC, ont démenti avoir commis des faux de manière à faire croire que les associés de celle-ci étaient rémunérés alors qu'ils ne l'étaient pas.

Le juge a interrogé certains prévenus, jeudi, concernant la prévention de faux. Il est reproché à certains anciens gestionnaires d'une société dénommée Tara, proche de l'OKC, d'avoir commis des faux dans des actes de société, des faux dans des contrats et des faux en écriture comptable. Il est particulièrement reproché à deux prévenus, Paulo C. et Guillaume V., d'avoir déclaré des rémunérations dans le cadre des activités de cette société, gestionnaire de magasins et de restaurants à Bruxelles, sans avoir versé ces rémunérations. Les deux concernés ont contesté.

Dans cette affaire, onze personnes physiques et morales liées à l'OKC sont soupçonnées d'avoir escroqué des dizaines de personnes et d'avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

Le dossier compte cent-dix-sept préventions telles que faux, usage de faux, fraude fiscale, escroqueries, extorsions, blanchiment, abus de confiance, infraction aux lois sociales, port public de faux nom, prise d'otages, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Le fondateur de l'OKC, Robert S., devra également répondre de faits de viol.

Belga

 

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Témoignage d'une partie civile #okcproces #okcinfo

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Ceci est le texte de préparation que j'ai utilisé pour apporter mon témoignage au tribunal, lors des audiences en janvier 2016. Il parle de la manière dont j'ai vécu mon enfance dans Ogyen Kunzang Choling(OKC) et de comment j'ai décidé de partir de ce que je qualifie actuellement comme une secte, même si je n'ai pas utilisé ce mot ci-dessous.

Si pour parler de mon texte, ou pour toute autre raison vous souhaitiez me contacter, je vous invite à envoyer un email à okcinfor@gmail.com qui me fera parvenir votre message.

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Ce que je retiens principalement de mon enfance, au-delà de la violence et de la maltraitance certaines (on a déjà parlé des punitions comme être mis dans le noir dans la "chambre à chaussures" parfois pendant des heures, au Mât Nord pied nu dans le gel et dans la nuit, des coups de bâtons, des oreilles en sang, des privations des repas, entre autres), c'est l'environnement totalement sous l'emprise d'une personne, Robert Spatz (RS), que je souhaite montrer avec mon témoignage. Je vais donc illustrer avec quelques éléments de mon enfance la manipulation et l'emprise psychologique dont on faisait l'objet.

RS était présent dans notre vie à chaque étape de la journée. Avant les cours ou avant toute activité (aller chercher du bois en forêt, avant un voyage, etc.) on récitait un mantra qui lui était dédié et qu'il avait composé lui-même. OM SAMANTABHADRA DHARMA VAJRA HUNG. Ayant fréquenté d'autres maîtres bouddhistes, je ne me souviens pas d'une telle pratique ailleurs.

De la même façon, à chaque fois qu'on faisait une session de prières, il y avait toujours à la fin une récitation de sa prière de longue vie à 3 reprises, là où par exemple la prière de longue vie du Dalai Lama et d'autres maîtres de la lignée n'était récité qu'une unique fois. Quelque part, lorsque RS nous disait être omniprésent, je pense que c'était une réalité, mais pas dans le sens où il l’entendait. Je me souviens également que RS disait que lorsqu'on était dans un moment difficile ou avant de s'endormir, il fallait l'imaginer comme une énergie lumineuse, une boule de lumière qui nous entourait de sa compassion.

Notre vie était rythmée par l’aspect religieux, et de ce fait, l’ensemble de notre vie était régie par RS : c’est lui qui décidait des prières, de leur fréquence et de leur nombre. Dans mon cas, à partir de 10 ans j’ai dû aller au temple le matin à 6h, à grand renfort de prières et de prosternations, souvent comme punition. Un éducateur a par exemple décidé à un moment que pour chaque minute de retard, on ferait 108 prosternations. A plusieurs reprises, RS a amendé, remplacé et allongé les prières à faire le matin et soir, parfois de 20 minutes, ce qui ne faisait qu’empirer les problèmes de sommeil, et donc la quantité de punitions qui en découlaient.

C’est aussi RS qui a fait venir un professeur de tibétain du Népal, longtemps promis et attendu comme le messie et finalement arrivé quelques temps après les perquisitions, ce qui fait que je connais des rudiments de tibétain, mais pas un traître mot de la langue maternelle de ma mère qui ne trouvait pas grâce aux yeux de RS. RS disait même que cette langue, le néerlandais, déformait le visage de ceux qui la parlaient. Je ne suis pas objectif, mais je peux vous assurer que ma maman est très belle.

Cette ingérence dans la vie de ses adeptes, on la retrouvait partout, jusque dans les détails les plus intimes de la vie familiale. C’est RS qui a décidé de mon nom tibétain et lui a donné comme traduction “essence du coeur”. Or un maître tibétain lui-même m’a confirmé que ce n’était pas un nom tibétain, et que ça n’avait aucun sens en tibétain. En cherchant sur Google, j’ai découvert que c’était le nom d’un village au Tibet. Par ailleurs, c’est aussi RS qui m’a donné un prénom portugais; à ce sujet, ma mère m’a rapporté que RS comptait m’appeler Joao à la base, et qu’à ce moment-là, quelqu’un avec un autre prénom est passé dans son champ de vision et qu’il a dit qu’en fait, j’allais porter ce prénom-là.

 

RS décide également de qui habite où et quand, mes parents ont régulièrement déménagé entre la France, le Portugal où je suis né et la Belgique, avant ma naissance et ce pour toute mon enfance. Je sais que ça a été le cas pour d’autres membres de OKC. Dans la Règle d’Or de Soleils (ROS), on voit bien que c’est uniquement lui qui décide qui peut vivre ou non à Nyima Dzong (ND), puisque finalement tout le monde enfreint fatalement  une des règles, édictées je vous le rappelle sur base de ce que les bouddhistes appellent les “10 actes nuisibles”, qui est en fait une liste exhaustive des actes entraînant un mauvais karma. Étant humain, tout le monde finit forcément par en commettre, et ça me fait penser au vieil adage qui dit que tout le monde est coupable de quelque chose, pour peu qu’on creuse suffisamment.

Non content de faire vivre enfants et adultes dans le péché, RS culpabilise tout le monde de simplement vivre. Je voudrais préciser que dans le bouddhisme, les 10 actes négatifs sont toujours accompagnés des 10 actes positifs dont on ne trouve nulle trace dans le texte : la seule solution proposée par RS pour absoudre ces péchés, ce sont des jeûnes, des retraites isolées, des pratiques intensives qu’il choisit, ainsi qu’une confession publique qui rappelle plus une humiliation publique.

Je me souviens entendre RS se moquer souvent du point de vue “judéo-chrétien” et pourtant son système est basé sur la culpabilité, pas celle de faire souffrir Jésus, mais celle de chaque disciple envers sa personne, lui qui se démenait tant pour ses enfants qu’il appelait à souhait ses “fils et filles de noble famille”. C’est encore avec la culpabilité, que je me souviens enfant de passer des heures à prier pour lui, son éternelle mauvaise santé trouvant évidemment sa source dans le fait que nous ne priions pas assez.

Je voudrais revenir sur la manière dont je percevais enfant la ROS : tous les enfants ensemble, tous groupes d’âges confondus, devions nous lever à chaque fois que nous nous reconnaissions dans un des dix actes nuisibles. On se levait, on se prosternait devant le livre et finalement on se rasseyait devant tous pour réciter à haute voix le chapitre en question. On se jugeait tous, on était punis mais on se surveillait également, “untel a fait ceci et ne s’est pas levé” et ce qui revenait souvent, c’était le vol. Plus précisément le vol de nourriture. Je me souviens que pour ne pas me faire attraper par un responsable, je me levais pour le mensonge et pas pour le vol ! Évidemment aucun enfant ne se levait pour l’inconduite sexuelle ou les vues fausses -douter de RS et de ses enseignements- car c’était des choses que nous ne comprenions pas. 

Mais il y a des exemples bien plus extrêmes d’application de cette ROS directement par RS : un jour, 3 des enfants les plus âgés à ND ont fait une fugue qui a duré plusieurs jours, et lorsqu’ils ont été retrouvés dans le village voisin, RS a demandé qu’ils fassent 1000 prosternations par jour pendant près d’un mois. En plus de cela ils devaient jeûner la plupart du temps et se sont aussi fait raser le crâne.

 

Quand je parle d’humiliation publique, j’en ai aussi été victime moi-même, lorsque par exemple à 10 ans, j’ai été exclu du groupe et mis à l’écart dans une tente pendant plusieurs semaines car mon éducateur, se retrouvant face à ses limites pédagogiques, a refusé de continuer de s’occuper de moi dans son groupe. J’y étais avec mon seul livre de prières, hors de la vue du monastère, ayant peur du noir et simplement d’être seul en forêt, avec un seul repas apporté quotidiennement à l’orée du bois. Les autres enfants ne pouvaient pas s’approcher de moi sous peine d’être punis. C’est en fait mon père qui avait pris cette initiative et il y a eu des échos de ceci jusqu’à Bruxelles où ma soeur s’en est offusquée, je suppose donc que tout le monde était au courant.

On a déjà parlé de la manière dont RS a géré le fait qu’une flèche ait été tirée sur un sanglier. Chaque jeudi durant près d’un an à ND, on devait se servir son repas puis le jeter dans des seaux qui étaient ensuite apportés aux sangliers, ce qui a eu pour effet pervers d’attirer encore plus les sangliers près des habitations et des enfants.

RS avait également écrit ce qui était appelé la “Prière au Guru Racine”, que je qualifierais d’ode narcissique à lui-même, puisqu’il était le seul lama racine, imposé à tous. Ce qui entre en contradiction avec la définition même d’un lama racine. En effet c’est quelque chose qui demande l’analyse du maître par le disciple et réciproquement, ceci sur une longue période. Ce qui devient alors un non-sens pour nous, enfants, loin de pouvoir réaliser quoique ce soit. On récitait ce texte en alternant chaque jour de la semaine avec d’autres textes de son cru. On peut dès lors dire qu’en sus du culte de la personnalité, il y avait un lavage cerveau quotidien avec ses prières dédiées à lui-même, la ROS et ses autres textes.

Je voudrais revenir sur un extrait de cette “Prière au Guru Racine” où RS met en scène un disciple qui s’adresse à son guru, donc à RS lui-même.

ô Guru fils des vainqueurs
Regarde ma blessure millénaire
chaque jour nourrie du fiel malin
jamais elle ne se referme
et nos propres liquides purulents
sont boissons qui désaltèrent nos enfants

Je tiens à rappeler que c'est extrait d'un texte qu'on lisait chaque semaine, depuis notre arrivée à ND jusqu'à ce qu'on en parte. Ce qu'il écrit dans ce texte sur le rapport parent/enfant correspond entièrement à ce qu'il a depuis le départ instauré : une déresponsabilisation totale des parents sur l'éducation de leurs enfants, une infantilisation de ceux-ci et une démonisation de la structure familiale à son propre profit.

RS commençait systématiquement ses enseignements par "fils et filles de noble famille", famille dont il était le patriarche incontestable pour chacun de ses membres. RS était Dieu le père de sa "familia", il décidait qui entrait et qui était éjecté, stigmatisait ceux qui n'en faisaient pas ou plus partie, de cette "famille", l'extérieur et ses ignorants, et ce faisant nous coupait de toute possibilité de comparer. Il ne restait plus que sa parole pour faire loi.

C'est comme ça que, à onze ans, j'ai eu ma première gueule de bois, je me souviens qu'il y avait une de ces nombreuses fêtes de la Familia Rue de Dublin, 13, RS servait indistinctement et sans aucune mesure aux parents et enfants son vin espagnol favori, la manzanilla. C'est apparemment ma soeur qui l'a supplié d'arrêter de me servir, m'évitant probablement ainsi un coma éthylique, mais pas mon premier trou noir.

 

Pour en revenir à la séparation des enfants de leurs parents, et finalement des parents de leurs enfants, je dois parler de ce qui me fait encore le plus mal. RS a mis ma mère en retraite pendant 6 mois dans le cabanon de gardiennage de sa résidence secondaire pas loin de ND. Je me souviens de devoir aller la voir les dimanches, je ne sais pas pourquoi c’était quelque chose que je devais faire, mais je le ressentais comme une obligation. C’était ambigu pour moi, parce que même si j’étais content de la voir, je ratais systématiquement les projections de film qui avaient lieu parfois le dimanche après-midi. 

Avec le recul, ça me paraît risible, mais pour moi c’était autant une souffrance, car je pense que déjà à ce moment-là, et comme beaucoup d’enfants, j’avais de manière forcée, accepté et intégré tant bien que mal l’absence parentale. J’ai toujours le souvenir des larmes versées à chaque séparation gravé dans ma mémoire et mon coeur.

Et puis soudainement après ces 6 mois, j’avais 9 ans, ma mère est partie en retraite de 3 ans sur suggestion de RS. RS lui a intimé l'ordre de se décider en un jour et je ne l’ai plus revue pendant 4 ans. Je le soupçonne d’avoir voulu l’écarter de la OKC, car elle ne supportait plus la souffrance de la séparation de ses enfants, et même si elle se sentait impuissante face à cette situation, elle devait sûrement être de plus en plus vocale.

Le fait qu’à cet âge ma mère soit partie a causé dans notre relation des déchirures dont on commence à peine à guérir. Lorsque ma mère est sortie de sa retraite, chacune de nos rencontres étaient difficile, emplie de cris et de larmes : je la rejetais, et disais n’avoir plus besoin de mère. Encore aujourd’hui, je considère ma soeur comme étant plus ma mère à certains égards que ma mère elle-même. 

En éclatant ma famille, et le concept même de famille, RS a créé une distance qui ne sera jamais comblée. Je suis également coupé de ma famille élargie, que je n’ai connue que par obligation et il n’y a plus vraiment de lien entre nous. Suite à la lettre menaçant RS s’il ne renvoyait pas les filles habitant dans sa maison dans leur famille en 2010, mon père a choisi entre sa foi et ses enfants. Il habite actuellement auprès de lui en Espagne, je n’ai plus aucune nouvelle de lui depuis 2 ans.

 

J’ai oublié de dire que RS a emprunté à l’idéologie “judéo-chrétienne” -qu’il aimait rabaisser- les péchés et leur absolution. RS parlait de brûler son mauvais karma et détruire l’égo. S’absoudre, c’était s’infliger de la douleur et accepter des mauvais traitements. C’était ici une reformulation de l’idée de châtier le corps, flétrir la chair pour élever l’âme.

C’est ainsi que RS conseille dans la ROS de chercher en hiver les cellules froides et humides, et en été les cellules chaudes et sèches. RS nous disait qu’il fallait toujours mettre les autres avant soi, de considérer toutes mes envies comme l’expression de mon égo et tout ce qui était difficile comme l’expiation de notre mauvais karma.

J’ai pensé vers mes 16 ans que j’avais vaincu mes émotions car j’avais l’impression de ne plus rien ressentir, en fait je m’étais fermé émotionnellement pour surmonter toute cette souffrance. Il m’a fallu des années (et un passage en call center) ne serait-ce que pour passer un coup de fil sans angoisser ou comprendre comment faire des démarches administratives. A mon arrivée à Bruxelles vers mes 20 ans, une fois les humanités/baccalauréat terminés, je n’avais plus l’impression d’exister. Tout me semblait égal et je me sentais à la dérive, nulle part à ma place. Je voyais autour de moi les gens prendre leur vie en main, et j’ai essayé pendant 3 années d’étudier à l’université, dans 3 domaines différents sans réussite aucune. Je me sentais être un échec.

C’est seulement maintenant que je me rends compte que je n’avais alors aucune capacité à rêver, à me projeter dans ma vie et que j’étais en fait en dépression.

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Procès OKC : malgré les témoignages des parties civiles, les zones d'ombres sont encore légion #OKCinfo

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Hier soir j'ai discuté jusqu'à 5h du matin avec une des premières enfants de Château de Soleils. 

Malheureusement hors de Belgique pour en témoigner de vive-voix, j'ai compris jusqu'au fond de mes tripes à quel point ce Robert Spatz contrôlait chaque parcelle de l'esprit de chaque personne vivant à Nyima-Dzong. 

J'ai écouté des choses tellement révoltantes et atroces, tellement de douleur, de souffrance et pourtant étrangement presque aucune rancœur ou haine de sa part ; au contraire, presque de la compréhension et de l'affection, et la peur de perdre des liens d'amitié avec des gens qui ont été moins bourreaux que le bourreau en Chef, des gens qui, alors même qu'ils mettaient en pratique des horreurs qu'ils n'auraient jamais fait à leurs propres enfants (ou pas?), ont malgré tout quand même été des sauveurs-bourreaux ou des complices-sauveurs malgré eux, manipulés par un être profondément malade qui se faisait passer pour un être réalisé face à toute une communauté en Quête de vérité et d'alternative. 

Je n'ai rien appris de totalement nouveau, j'ai juste écouté toutes les confirmations de ce que mon être hyper-sensible de gamin de 7-10 ans sentait autour de lui. J’ai entendu l'original des rumeurs que j'entendais depuis plus de 20 ans. Je me suis rappelé des souvenirs que j'avais préféré oublier.

Et ça fait froid dans le dos. Et ça donne encore plus de motivation pour aller jusqu'au bout. Et ça renforce encore plus la certitude qu'il n'y a rien à choisir, il n'y a pas de camp, il n'y a pas à être déchiré. 

Qui est divisé en deux à propos d'enfants maltraités par une idéologie féodale, autoritaire, machiste, qui reniait la place de l'enfant pour mieux l'abuser par la suite ? 

Il n'y a rien à choisir, à part tout faire pour y mettre un terme définitif. 

Il y a 6 mois j'avais le souhait "Que la Lumière soit". Aujourd'hui je sais qu'elle est inévitable.

 

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Lettre à ceux qui nous comprennent un peu… mais pas tout à fait #OKCinfo

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Lettre à ceux qui nous comprennent un peu... mais pas tout à fait

J’aimerais m’adresser ici à ceux qui trouvent que la démarche des parties civiles est trop violente et qui aimeraient que cela « fasse moins de remous ». 

 

A ceux qui pensent que oui, Robert Spatz a probablement abusé de certaines filles, mais bon. 

A ceux qui pensent que OKC est une des belles choses arrivées dans leur vie. 

A ceux qui pensent qu’à Nyima-Dzong le retour à la nature était si bien. 

A ceux qui pensent que nous formions une si belle et grande Famille et que c’est triste la trahison de tous ces frères et soeurs

 

Réfléchissons justement à ces termes : si nous sommes tous frères et soeurs, c’est que nous avons un géniteur en commun, au hasard un père. Qui est donc ce père ?

Celui qui aurait commis tant de délits sexuels ?

Celui qui aurait commis tant de délits sexuels sur mineures ?

Celui qui avait pour habitude de séparer des couples ?

Celui qui a enseigné que les tous parents étaient toxiques pour leurs propres enfants ?

Celui qui a appris a tant d’adolescents et de jeunes adultes à boire sans réserve ?

Celui qui pensait que la formation professionnelle ne sert à rien ?

Celui qui savait les sévices physiques sur les enfants et n’est pas intervenu ?

Celui qui n’a pas eu de scrupules quand les enfants avaient faim, froid et étaient mal soignés ?

Celui qui a coupé des enfants de leur famille de sang élargie ?

 

En tous cas, je n’ai pas de frère ni de soeur dont le père est ainsi.

J’ai par contre pleins d’amis très chers à mon coeur, qui ont été dans la même vie que la mienne pendant plus de vingt ans. Certains, perdus de vue et d’autres avec lesquels je garde un contact.

Auprès de ces gens, j’ai grandi, j’ai appris beaucoup de choses et me suis construite. J’ai été humiliée, j’ai souffert (tant de tristesse enfouie qui remonte d’une enfance trop dure et incomprise) mais j’ai aussi été aimée, accompagnée, encouragée. J’y ai aimé, accompagné, encouragé quelques-uns je l’espère. J’ai appris à travailler (ça on sait faire dans OKC !), à travailler en groupe, à être réactive, à être autonome et à me battre. 

 

Et tout ça nous appartient. Quelles que soient les charges retenues contre Robert Spatz, ce que nous sommes nous appartient. Et nous pourrons redémarrer quelque chose même sans ce Robert Spatz. Aucun d’entre nous n’a envie d’enfoncer ceux qui sont restés « dans la communauté ». 

Seulement certaines personnes ont besoin de la reconnaissance de leur souffrance et pourquoi pas d’excuses : pour n’importe qui ayant un peu de savoir-vivre, s’excuser quand on a fait du mal est le minimum requis.

Si je dis haut et fort non aux dérives d’un homme, je ne dis pas non à ce passé-là.

Ma porte est grande ouverte à qui veut et j’aiderai comme je peux ceux qui me le demanderaient. 

Mais je ne pourrai pas être hypocrite avec les personnes qui refusent de voir en face la réalité humaine et morale de Robert Spatz. 

Les délits sexuels sur mineurs sont inadmissibles et intolérables.

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Les ex-adeptes de la secte OKC racontent leur calvaire #OKCinfo

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Les audiences du procès de l’OKC (Ogyen Kunzang Chöling) ont été consacrées, vendredi, aux 25 parties civiles à ce jour constituées.

Les deux premiers témoignages ont évoqué l’atmosphère du monde d’enfants enlevés à leurs parents pour intégrer la secte de Robert Spatz : punitions, violences, privations alimentaires. Des journées de jeûne et de prières pour le bien-être du gourou étaient imposées collectivement aux enfants.

Face au tribunal, vendredi, une jeune fille a fait la démonstration d’une prosternation pour illustrer la difficulté de l’exercice. Les enfants devaient répéter à l’excès cette pratique religieuse tournant au supplice. Une punition. La cour s’en était inquiétée les jours précédents.

La déclaration méthodique d’une jeune femme, aujourd’hui avocate, a ensuite vu l’assemblée confrontée à une histoire d’une extrême pesanteur. Elle a décrit ses nuits isolées dans une pièce communicant avec la chambre du lama. Une chambre où il a fait fréquemment irruption pendant plusieurs années, espérant qu’elle accède à de véritables relations sexuelles.

Une autre femme a détaillé des séances prétendument destinées à soigner ses maux de tête, séances durant lesquelles elle devait frapper frénétiquement le sexe du gourou.

Tour à tour, trois jeunes femmes ont décrit des rituels énergétiques, présentés comme des soins ou comme un privilège destiné à élever la puissance particulière de leur aura. Elles ont évoqué des attouchements et une participation sexuelle active sur injonction du gourou.

La reconnaissance de l’unicité d’intention au travers des neuf plaintes pour abus sera déterminante pour la suite du procès. Elle pourrait rendre recevables les dénonciations déposées tardivement, ainsi que celles qui tombent sous les délais de prescription.

Dès le début du procès, la question des pratiques sexuelles dans le bouddhisme a monopolisé l’attention. D’après Carlo Luyckx, échevin des cultes à Saint-Gilles et président de l’Union bouddhique belge (UBB), elles sont rares et réservées à des adultes qui ont atteint de très hauts niveaux de réalisation. En référence à une plainte, ce témoin de la défense a assuré que la bénédiction des chakras avec un dorje était dépourvue de connotation sexuelle et ne justifiait ni la nudité du disciple ni l’isolement du groupe.

Carlo Luyckx a également pu attester de l’ancienneté de la lignée de Kangyur et Dudjom Rinpoché, dont Spatz se réclame. Cet enracinement dans le bouddhisme tibétain est un gage de crédibilité pour ses adeptes.

Certains enfants biberonnés au « spatzisme », qui ont poursuivi un enseignement bouddhiste, remettent aujourd’hui en cause la légitimité de ce professeur de yoga autoproclamé lama. Ils déconstruisent ses concepts fondateurs, comme le karmayoga (offrande de son travail à son lama, tout en exigeant une vie très simple de la part des disciples). « Il transgresse le bouddhisme quand il parle d’une imminente fin du monde ou diabolise le monde extérieur. Il travestit l’engagement au bouddhisme en un culte autour de sa personnalité de lama », a estimé l’un d’eux.

Source : LeSoir

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Pour comprendre la manipulation il faut imaginer un arbre, ou chaque branche est persuadé d'avoir eu son vécu, chaque branche persuadé d'avoir vécu LA vie de l'arbre. l'unique. la seule qui se raconte.

Hors dans cet histoire qui est la nôtre, l'arbre est multiples, il a même plusieurs troncs, plusieurs réalités en simultané.

tout comme le parcours du fleuve et ses branches qui se déversent dans d'autre petite rivières, l'histoire de la OKC est une multitude de branches et d'expériences.

C'est ce qui donne cette impression, non cette certitude pardon, d'avoir vécu quelques chose de totalement et radicalement différents de tout ce qui est exposé depuis le début du procès, mais aussi depuis 2010 et les lettres à Spatz et même encore avant pour les anciens.

Entretenir un système qui permet une multitude de réalité similaires, parallèles, simultanément est forcément être et vivre dans un mensonge grandeur nature.

et pourtant, tout paraît normal.. chaque expérience est persuadé d'avoir été légitime.. tant que le secret n'est pas déversé sur d'autre branche. tant que les secrets ne sortent pas de la boîte de pandore pour contagier tout l'arbre, la manipulation est possible.

pour continuer l'exemple de l'arbre.. aujourd'hui des branches, des vécus, se dispute la réalité de l'arbre.. et disent mais non c'était pas comme ça.. Ou bien c'était plutôt comme ça.. et chacun tire d'un côté ou de l'autre.. s'assoit sur un banc à gauche ou à droite.. tout en voulant être assis au milieu : comme si l'on pouvait être neutre face à un viol.

neutre face à la violence systémique et systématique. comme ci il s'agissait d'avoir raison ou tord.. On en vient presque à se demander quel est la nature de l'arbre...

Mais ce faisant c'est toute la réalité qui se remet en question.. chaque branche se demandant : est ce que j'ai vraiment vécu dans le même arbre que les autres? ces branches qui crient leur non-reconnaissance ont elle vraiment vécu une autre réalité alors que nous étions tous dans le même arbre ?

comment est ce possible ?

d'après mes observations le jour où les secrets se partage, ou l'information reprend le dessus sur les croyances et les rumeurs et les dogmes, alors la manipulation s'effrite pour inexorablement s'effondrer.

l'arbre alors à la chance unique de pouvoir prendre conscience du vécu de chacune de ses branches et intégrer ses multiples vies de branches à son tronc tout entier et alors le mythe s'effondre définitivement.

« La vérité n'a qu'une couleur, le mensonge en a plusieurs. »
Proverbe sanskrit