Skip to main content

#OKCinfo

[Témoignage] Pour l'enfant qui n'a d'autre repère que son présent, la violence du quotidien devient une normalité. (updated) #secte

22 min read

derrière la porte rouge Nyima-Dzong

En lançant cet espace de publications et de suivi du procès OKC je n’avais pas encore pris le temps de coucher par écrit une histoire qui m’a tourmenté de longue années, même après les faits, qui a aussi influencé ma perception sur “les adultes”, les éducateurs, les hommes, la société et ses dérives qu’elle soit sectaire ou familiale et mine de rien, quand j'ai pu finalement parler au tribunal lors de l'ouverture des audiences en Janvier 2016, j'ai planté un décors, j'ai décris un monde et ce faisant je n'ai finalement pas véritablement parlé de mon vécu. 

En tant qu’enfant pris dans un engrenage où il n’a aucune emprise mon histoire est juste une autre parmis plus de 60 histoires d’enfants entre 1979 et 2003.

J'avais 1 an en 1981 en arrivant à Nyima-Dzong, Châteaux de Soleils France et à partir de mes 5 ans (départ de ma mère) la liturgie et sa pratique faisait partie intégrante de nos vies d'enfants. 

C'était pas une activité adaptée aux enfants, c'était le coeur de la vie dans le monastère, dont les enfants/ados étaient une partie intégrante, suivi par l'école, la participation au tâches diverses, les travaux, bref une vie de campagne figée dans le siècle passé, un peu comme une bulle suspendue dans le temps seulement interrompue par la visite attendue d'un parents (ou pas pour tout les autres), de la camionnette, de cadeaux peut être, d'une nouveauté, peut être un pot de confiture ou des biscuits ? a cette époque, pas de radio, musique, dessein animé, bd's, plutôt la nature, les cabanes et explorer le domaine.

Entre mes 5 ans et mes 13 ans je suis passé par une dizaine de "responsable" homme et femme, aucun n'était pré disposé à assumer une telle fonction, chacun suivait le modèle du précédent en l'adaptant petit à petit à ses propres notions d'éducations inadaptées à des enfants séparer de force de leur parents. 

Voler pour manger c'est probablement le truc que j'ai le plus "pratiqué" vers mes 10-12, les punitions dans ces années la étaient plus comportementale, ne pas répondre, pas même avec le corp, se tenir droit au temple (bic dans le dos discrètement sous le zé ND), pas mettre les coudes sur la tables (manger avec des serviettes sous les coudes pour garder les coudes serrés ND), s'asseoir en lotus et droit au temple, ne pas s'endormir pendant les liturgies ou les pratiques (ou devoir les recommencer(Mu), tourner les pages du livre de prière, devoir aller au temps tous les jours, matin et soirs, toute l'année, tout le temps. (Nd,Mu 16 ans)

Puis il y avait  la "pratique personnelle", la mienne m'avait été "donné" par RS en 91, j'avais 11 ans, je devais faire la pratique de Tara à l'office le matin, à 6h du mat et puis rebelote en journée et puis l'office du soir et sa série de pratique en séquence, un vrai calvaire quand ça vient pas de soi, la "pratique" devient un exercice mental vers 8-9 ans c'était Punition par la pratique, pédagogie centré sur le temple, le comportement, l'abnégation de soi, le non-individu, le groupe, l’enfant noyé dans cette masse, crée du lien et tisse une société de relation, d’amis, et de “plus mon ami” comme tous les enfants du monde. 

On vivait dans un monde peuplé de divinités, de protecteur du Dharma, d’esprit et d’énergie, de relique précieuse et de l'omniprésence et l’omniscience de sieur Robert Spatz auto proclamé Lama Kunzang.

Enfant le monde des adultes nous inculquait que celui ci était un Maître, qu’il était à la fois le père, la mère, le Maître, le tout. bref le Bouddha.

Via le code de la Règle d’Or de Soleils RS avait instauré un régime sinistre, basé sur les strictes nécessités, insuflant dans l’endroit un esprit d’austérité, de manque, de cruauté même, ou le fait de souffrir était perçu comme une manière de “brûler du mauvais ” qui avait pour seul remède plus de pratique, plus de prosternations qui ne menait nulle part et qui apportait principalement un sentiment de culpabilité, de ne pas “être à la hauteur de la quête”, d’avoir des “mauvaises pensées” envers le Maître qui se transformait en encore plus de culpabilité et le tour est bouclé. 

Les adeptes adultes comme les jeunes adolescents n’avait qu’en tête de mieux faire, de se surpasser, de supporter encore plus et d’entraîner son esprit à réagir à ses préoccupations en excluant systématiquement les actes du Maître de l'équation de la réalité. 

Je ne vais pas me lancer dans une énumérations de toutes les punitions qui avait sur place, le procès a déjà entendus ces histoires, d’aucune sont dans la et .

Par contre je vais en écrire une, celle qui m’a le plus tourmenté, marqué, celle qui enfouit toute les autres sous les décombres et c’est uniquement grâce aux amis sur place, les autres enfants de différents groupe que tout ce raffut était supportable et c’est entre l’adversité la plus sombre (vécue en silence) et les jeux dans les arbres que nous avons créé des liens plus forts que toute les tempêtes à venir: 

D'ailleurs à propos de révolutions, déjà en 93 la bande de 25 des plus agés dont je fais partie va être déportée au Portugal, sans l'accord explicite de nos parents, Spatz à un projet, celui de nous avoir tous et toutes directement sous sa direction dans un autre monastère dans le sud du Portugal.

Mais ça c'est une autre histoire qui ne fait malheureusement pas partie de ce procès ci. 

Mais revenons en à 90-91, moment le plus forts de la folie de FM sur le groupe de quelques 11 à 17 enfants qu'il avait sous sa "responsabilité" :

Quelques motifs : 

  • “T’as pas été sage au Temple” - excuse favorite d’un des éducateurs avant son expulsion en 1991. 
  • Il y avait la variante privé de repas
  • Ou encore faire 108 tours de “l’air sacré” sorte d’anneau de pierre déposée à même le sol et qui formait un grand cercle, par temps de pluie ou de neige, courir dans le froids
  • “Va au mâts Nord” ça voulait dire rester dehors la nuit dans le froid pendant un temps indéterminé en chemise de nuit et pyjama et parfois en culotte, quand ça impliquait plusieurs d’entre nous on était envoyé à différents endroits dans le domaine pour éviter qu’on se parle.
  • Et voilà t’as punis, “dans ma chambre après le temple” disait FM. discrètement en me pinçant la peau du bras ou du dos. 

Quelques punitions : 

  • Courrir par tout les temps (30 min ou 1h) 
  • Coup de baton sur les fesses (10-20) 
  • Coup de baton avec une raclette sous la douche froide 
  • Se prosterner dans le gel du matin sur l'herbe torse nu et en caleçon. (1x 1h)
  • Répéter pendant des heures des mantras
  • Dormir dehors
  • Gifle, baffe, tirer les oreilles (fort)
  • Coup de bic dans le dos (avec la pointe sortie)

Bref toutes les semaines quelqu'un y passait pour une raison ou une autre, une fois l'heure et l'endroit de la punition annoncée, c'était inévitable. 

Alors tu savais qu’il allait falloir passer par la de toute façon avant de pouvoir aller dormir et rejoindre les autres au dortoirs. Le supplice d’une journée dans l’attente de se faire battre ou qu’un de tes amis se fasse taper dessus ou privé de X ou Y, d’une manière ou d’un autre constamment contrôlé par un éducateur en pleine névrose qui n’aurait jamais dû se retrouver à cet endroit la. Se savoir constamment sous le risque d’être puni arbitrairement est très certainement une forme de torture mentale et physique pour un enfant, surtout quand après la punition, les détails exactes sur celle ci était: secret.

“Hey, ceci reste un secret entre nous” et les raisons tout aussi obscure et arbitraire. 

Comment avoir un comportement de la sorte dans un "monastère" qui plus est, "Bouddhiste" ?

Il venait te chercher alors que le reste du groupe se préparait à aller dormir ou manger ou après l’école, il ya avait toujours un creux qui lui donnait le temps de faire sa besogne et de revenir avec l’enfant comme si de rien n’était ou de l’envoyer se coucher au dortoirs. Les gens sur place avait l’habitude de laisser faire (les adeptes étant susceptible) et le “responsable” avait quasiment tout pouvoir sur son groupe d’enfant, résultat chacun s’occupait du sien et c’était beaucoup trop pour une personne, mais c’est tout comme si ces enfants de la terre sacré n’était pas une ressources suffisamment importante que pour leur donner un minimum de dignité, d’amour, d’affection, d’attention.   

Il vient me chercher à l’heure du coucher, personne ne dit mot quand je sors mais dans le fond tout le monde sait, personne ne dit rien, dans le fond de l’esprit une certaine lucidité se demande si c’est ça la normalité, le karma, comment ça marche alors, j’ai rien fait, pourquoi autant de violence ? mais elle n’a aucun point de repère pour comparer, l’enfant accepte, c’est que c’est ainsi, c’est mon karma. 

Sortir de la chambre, se demander en mettant ses chaussures si seulement cette fois ci, ça sera juste une remontrance, une mise au point peut être ? Mais à 9 ans quand on a lu le chapitre sur la sagesse de “La Marche vers l'Éveil” de Shantideva (en cachette, il ne fallait pas le lire on risquait de tomber sur du bouddhisme originale), même si on comprend rien au monde qui nous entoure, de cette normalité si violente, rien n’indiquait qu’un bouddhisme saint se vit au monastère.

Aujourd’hui je peux articuler ma pensée, mais en tant qu’enfant, même si un frémissement d’un espoir d’autre chose devrait être en théorie possible, seul l’instant présent comptait véritablement et la dans ce présent-passé je suis entrain de le suivre dans le noir, jusqu'à sa petite maison à côté du petit temple:  

Rentrer dans sa chambre, passer la porte rouge, le coeur qui bat, tout est très rangé, les bâtons de différentes tailles sont derrière la porte, il y en a un dur, en frêne, un autre en buis souple et dur à la fois, mais il y a surtout qu’il m’ordonne de me coucher sur le ventre, je veux pas, je veux discuter, savoir pourquoi...

- "tu n’a pas été sage au temple” il me tord le bras, me force à me coucher, je crie alors il me met son mouchoir sâle dans la bouche, celui avec lequel il se mouche et qu’il replie soigneusement dans sa poche, il est dans ma bouche, et mes bras sont en clinche dans mon dos, je suis sur le ventre et il s’assied sur mes jambes de tout son poid, baisse mon froc, choisi un batons, parfois le frêne, parfois le buis et me roue de coup, quand j’essaye de me lever il m'en empêche, son autre bras me plaque au sol, il me demande si j’ai bien compris... je lui demande mais comprendre quoi ? 

  •  - Je vois que tu n’a pas compris, Non tu n’as pas compris!!
  •  - Mais si j’ai compriiiiiiiis !!!!!

Et c’est repartis pour une rouée de coup, pour finir je crie que j’ai compris, que je serais sage, je ne sais pas de quoi, mais je serais sage, tout pour que ça s’arrête, alors il se calme, j’ai mal aux fesses, au dos, je pleure et il se “radoucit”, c’est passé, et je dois obtempérer,  il me dit de prendre mon livret de notes de Tibétains et de réciter en lisant le plus vite possible toute les exceptions, les règles, les accents et leur logique d’utilisation, je lisais comme toute les autres jeunes très très bien le tibétains écris, même si j’en parlais pas un mots ou était même incapable de traduire quoi que ce soit, mais les punitions à cette époque, sous FM, ça se finissait ou par des récitations de notes et de règles théorique de tibétains ou par des mantras, faire X nombre avant d’aller dormir ou des prosternations.

Après la punitions physique venait la punition mentale: il laissait toujours un temps (pour se calmer et ne pas attirer l'attention) entre le moment ou je me faisait battre et le moment ou je pouvais sortir de chez lui et rejoindre les autres. 

Je suis donc obligé de me mettre tout contre le mur de pierre blanche peinte à la chaux, assis sur les genoux, mais pas sur mes fesses ça fait mal, l’étrangeté de toute la situation, le son de ma voix qui récite des règles grammaticales en tibétains, mon tortionnaire qui fait mine de ranger ou de se changer; parfois il fallait aller vider son pot de chambre pour faire diversion, alors en sortant de cette maison à la porte rouge, il m’attrapait le bras une dernière fois et discrètement me disait : “Hey ceci reste un secret entre nous” avec un terrible accent portugais qui fesait froid dans le dos. 

Alors pour rester sage et jamais plus m’endormir à 11-12 ans je dirigeais un office ou l’autre, j’aimais bien chanter dans le micro, savoir que du début à la fin je ne m’endormirais pas parce que le Umzé, celui qui ouvre la marche dans la récitations des pratiques, suivi par toute la Sanghas éparpillée dans le temple, c’était un peu le chef d’orchestre, ça devenait un brin intéressant, ah c’est sûr, les enfants trouvent toujours un moyens de passer outre et même parfois de vivre des gros problème en les acceptants avec une étonnante simplicité.   

Alors parce que malgré la folie des hommes les enfants gagneront toujours, heureusement il y avait ces moments suspendu dans le temps parfois ou pour un instant l’insouciance reprenait le dessus, la Lumière pour quelque jours, le temps de vacances s'installe pour mieux repartir lors des séparations toujours difficile entre parents et enfants, même si soigneusement caché pour certain. 

Heureusement il y avait la nature ou s'abriter du monde des adultes sur place, il y avait des jeux et des escapades à imaginer et des livres à lire, des courses à vélo, les vacances en été où nous étions plus des enfants que le reste de l'année, ou les dimanches ou on mangeait avec des couverts, ou les concerts de Mozart le Jeudi après-midi dans le petit temple, les balades dans la nature avec ou sans l'accord des adultes, et puis 11 ans c’est quand même l’âge des bisous (chuuut c’est interdit) mais ça aussi déjà à l’époque les jeunes ont montré le ton et ont fini par faire leur expériences malgré le contrôle et l’omniprésence (même si pas physique) mais tout autant absurde et déplacé que la personne de RS et son clergé mettait en place. 

En 1991 nous passon l’été au Portugal, nous le savons pas encore à ce moment là mais Robert Spatz a des plans pour nous, entre autre de nous déporter dans un centre OKC au Portugal, loin de nos parents, loins de tout contrôle par qui que ce soit, même dans la OKC aujourd’hui 20 ans après ces faits, 90% des gens n’ont aucune idée de ce que leur enfants ont vécu entre 1993 et 1997.

Cet année la, j’ai tout juste 11 ans et JL (le “responsable” du monastère en France) à entendu dire que des jeunes garçons se faisait battre, il vient donc faire sa petite enquête et me pose quelques questions : Il n’a lui même pas vraiment l’air honnête dans sa démarche, on dirait plutôt que sa seule considération est de vérifier si ces abus ne vont pas entacher la réputation de ND ou la sienne peut être en tant que “responsable” et puis je ne luis fais pas du tout confiance, il me connait depuis 13 ans, m’a vu grandir, mais la manière dont il vient me poser ces questions n’est pas du tout rassurant pour moi, en effet nous sommes en vacances dans un autre centre OKC, au Portugal, mais FM lui est bien sur place, si je parle je ne sais pas ce qu’il va se passer, j’ai pas mes parents sur place, ni personne à qui me confier, alors je minimise, j’en dis le moins possible, j’ai peur que ça se retourne contre moi si FM apprend qui à parlé. Je ne parlerais plus jamais de ces abus à qui que ce soit jusqu’au procès 2016. 

Fin 91 FM est viré du monastère en France, un peu après les vacances, je n’ai jamais su si JL y avait été pour quelque chose, en tout cas personne n’est venu me parler à ce propos, et puis surtout tout le monde est au courant dans le monastère que FM a été expulsé parce qu’il a ouvert les douches de 2 jeunes filles (16-17 ans max) qui prenait leur douche. (Oui c'est étrange, mais dans la "normalité" qui était la nôtre nous n'avions pas la moindre idée de l'anormalité de ces actes, il n'est jamais partis pour les abus affreux commis sur le groupe de garçon de mon âge, au moins est il partis, c'est déjà une révolution en soi !)

Celle ci vont se plaintre à M, femme de JL et après l’affaire Bernard, FM se fait virer, mais pas tout à fait, OKC a eu un facheuse habitude de conserver en son sein des hommes sérieusement malade dans le but d’éviter que leur départ provoque un scandale ou que le vérité se sache et impacte l’image de la OKC en Europe (Affaire Bernard : 6 cas confirmé de pédophilie entre 87 et 90 caché par Robert Spatz aux parents, tout comme aux autorités Française) FM continuera à travailler dans le secteur de la construction à OKC Bruxelles avant de revenir à ND quelques années plus tard. Pareil pour Bernard le pédophile : de retour à ND dès les années 2000 sans jamais avoir été inquiété a propos des ces actes. 

En fait en me connectant avec mes souvenirs d’enfance et “en les reconnaissants comme de simple phénomène” justement je constate à quel point depuis toujours, nous les enfants de jeunes parents qui cherchaient un idéal, une utopie praticable avec honnêteté et parfois trop peu de discernement, nous avons toujours fait notre possible pour nous dépasser malgré trop souvent le peu de bagage pour y arriver, voir par delà les artifices, acquérir l’esprit critique dans un milieux complètement biaisé par des années de coupures avec la société et toute une conception élitiste et sectaire du concept de communauté, un schéma pollué détourné en un folklore laico-bouddhiste-vajrayana-emaho en pleine dérive, un esprit qui nous a permis de nous extirper chacun à son rythme de l’emprise de toute une enfance polluée par une doctrine qui laisse encore des traces aujourd’hui, une méthode qu’aucun enfant ni aucun parents du monde ne devrait avoir à vivre contre son gré. 

Dans cette entreprise de résilience commencée il y a des années, déclenchée par les perquisitions en 97 pour beaucoup, puis les révélations en 2007 et 2010 pour d’autre et puis le procès en 2016 et son lot d’abus affreux que la plupart d’entre nous avait peine commencé à regarder en face et à apprivoiser pour en parler, pour la résilience, pour se reconstruire, le procès et l’ouverture de parole au 23 parties civiles ont été le clou dans l’engrenage d’une affaire qui si elle n’avait pas reçue notre intervention se serait soldée avec des amendes financières et encore moins que la peine de 4 ans avec sursis, en fin de compte, tous ces épisodes auront été les moments clefs d’une histoire qui n’a pas encore craché tous ses démons. 

Affaire à suivre.

signé Ben Kungyal 

 

#OKCinfo

Procès OKC : malgré les témoignages des parties civiles, les zones d'ombres sont encore légion #OKCinfo

3 min read

Hier soir j'ai discuté jusqu'à 5h du matin avec une des premières enfants de Château de Soleils. 

Malheureusement hors de Belgique pour en témoigner de vive-voix, j'ai compris jusqu'au fond de mes tripes à quel point ce Robert Spatz contrôlait chaque parcelle de l'esprit de chaque personne vivant à Nyima-Dzong. 

J'ai écouté des choses tellement révoltantes et atroces, tellement de douleur, de souffrance et pourtant étrangement presque aucune rancœur ou haine de sa part ; au contraire, presque de la compréhension et de l'affection, et la peur de perdre des liens d'amitié avec des gens qui ont été moins bourreaux que le bourreau en Chef, des gens qui, alors même qu'ils mettaient en pratique des horreurs qu'ils n'auraient jamais fait à leurs propres enfants (ou pas?), ont malgré tout quand même été des sauveurs-bourreaux ou des complices-sauveurs malgré eux, manipulés par un être profondément malade qui se faisait passer pour un être réalisé face à toute une communauté en Quête de vérité et d'alternative. 

Je n'ai rien appris de totalement nouveau, j'ai juste écouté toutes les confirmations de ce que mon être hyper-sensible de gamin de 7-10 ans sentait autour de lui. J’ai entendu l'original des rumeurs que j'entendais depuis plus de 20 ans. Je me suis rappelé des souvenirs que j'avais préféré oublier.

Et ça fait froid dans le dos. Et ça donne encore plus de motivation pour aller jusqu'au bout. Et ça renforce encore plus la certitude qu'il n'y a rien à choisir, il n'y a pas de camp, il n'y a pas à être déchiré. 

Qui est divisé en deux à propos d'enfants maltraités par une idéologie féodale, autoritaire, machiste, qui reniait la place de l'enfant pour mieux l'abuser par la suite ? 

Il n'y a rien à choisir, à part tout faire pour y mettre un terme définitif. 

Il y a 6 mois j'avais le souhait "Que la Lumière soit". Aujourd'hui je sais qu'elle est inévitable.

 

#OKCinfo

Lettres au Gourou - Partie II #OKCinfo

23 min read

Suite aux évènements de 2010 relatés dans “Lettres au Gourou”, Tenzang - une des personnes ayant grandi au sein d’OKC puis étant parti en Inde étudier tour à tour la médecine traditionnelle tibétaine, l’astrologie tibétaine puis la philosophie tibétaine - a eu un échange avec Robert Spatz. Ces lettres seront publiées ici en intégralité et numérotées pour pouvoir facilement suivre leur ordre chronologique.

// Lettre N°1 : Tenzang à Robert Spatz

 

Le 23 Novembre 2010, Bir, Inde.

Cher Lama Kunzang,

Voilà bien longtemps que je ne vous ai pas écrit. J’ai pu lire votre réponse aux lettres anonymes qui vous ont été adressées récemment, et j’aimerais y réagir en quelques lignes. Je tiens tout d’abord à préciser que je comprends, sympathise et supporte le mouvement qu’elles ont engagé, mais je n’ai pas rédigé ces lettres.

Je me souviens encore de la dernière fois ou nous nous sommes vu. Vous habitiez alors dans votre petite maison près de Charleroi. Vous m’aviez donné quelques conseils pour le voyage : de vous écrire une fois par mois pour ne pas perdre contact, de ne pas sauter sur chaque jeune fille qui se présenterait, de suivre les conseils de Rabjam Rinpotché et bien sûr, de bien étudier.

Ces conseils m’ont beaucoup aidé pendant mes quelques premières années passées en Inde. J’aime même dire que le fait de devoir vous écrire une fois par mois a été salutaire pour le jeune homme parti à la conquête du vaste monde que j’étais. Et j’avais toutes les raisons d’être si courageux et enthousiaste: j’étais épaulé par le parfait Bouddha Lama Kunzang, et je représentais sa noble famille d’Ogyen Kunzang Choling en orient !

Après quelques années passées dans les monastères à étudier le tibétain puis la philosophie, mes courriers se firent de plus en plus rares et finirent par s’arrêter. Je commençais à saisir intellectuellement quelques concepts de base du Bouddhisme. Tout à coup, le parfait Bouddha Lama Kunzang n’était plus un Bouddha, pas plus que ne l’étaient tous les autres lamas de village. Les moines n’étaient plus des boddhisattvas, les tibétains le peuple choisi !

Et puis il y a eu mes retours en Europe, avec toutes les questions de mes amis d’enfance, la venue du Yangsi, les doutes, le Khenpo plein de dévotion pour vous, la confusion et surtout une curiosité frénétique, suivie d’un étonnement révolté, finalement transformé en tristesse impuissante.

Quand j’ai été le voir, Jigmé Khyentsé Rinpotché a essayé de me raisonner : « A part un Bouddha, aucun être sensible ne peut juger un autre être sensible ! », « Quoi que tu fasses ou dises, soit toujours certain que seule la compassion te guide. » m’a-t-il dit. Mais cela ne m’a pas suffit, et au plus fort de ma crise d’adolescence spirituelle, je ne vois ma résolution que renforcée par ces récents événements que certains jugent ‘d’inutilement lourds, trop lourds’.

Je ne contrôle pas mes émotions et suis pleinement conscient du ridicule dans lequel je m’enfonce moi-même, mais je ne pense pas pouvoir résister plus longtemps à la faim de clarté et de vérité qui me tyrannise. [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz] me disait récemment : « Lama Kunzang est un Bouddha comme nous tous, ceux qui le considèrent comme un être éveillé sont comme la vieille à la dent du Bouddha de l’histoire. ».

Je dois avouer que pendant bien des années je ne me suis adressé qu’au parfait Bouddha Lama Kunzang dans mes lettres et prières. Cette remarque avisée de [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz] me fait aujourd’hui avancer la question suivante : « Si Lama Kunzang est aussi Bouddha que la dent de l’histoire, qui est donc la dent de chien ? ». (NDLR : cliquez ici pour découvrir l'histoire de la dent de chien)

J’aimerais ainsi pour la première fois m’adresser directement à l’humain Robert Spatz et lui poser quelques questions dans l’espoir de mettre fin à cette crise spirituelle.

 

1. On a beaucoup dit et raconté au sujet de votre relation avec Kangyur Rinpotché, comme par exemple l’histoire qui dit que vous auriez été mandaté par Kangyur Rinpotché pour ouvrir un centre au nom de son monastère, ou encore qu’il vous aurait demandé de lui montrer une carte de la France où il aurait pointé du doigt l’emplacement du Château de Soleils et dit : « Allez là, ça s’appelle Nyima Dzong ! ».

Cela pour ne pas citer les enseignements personnels et autres marques de reconnaissances qu’il vous aurait accordées. Sachant que vous ne parlez pas le tibétain et que beaucoup d’entre ceux qui étaient présents en même temps que vous à OKC Monastery n’ont souvenir de ces événements, j’ai parfois difficile à croire à ces histoires. Sont-elles des légendes qui sont passées par trop de bouches ou sont-elles des récits véridiques ?

 

2. Après mes quelques années passées en Asie, j’ai eu la surprise de voir que le Bouddhisme que vous enseignez n’est pas le même que le Bouddhisme des tibétains. C’est en prenant le temps de discuter avec certains des anciens et en regroupant mes souvenirs d’enfance que j’ai pu cerner plus nettement les différences.

Je parle par exemple des initiations de Tara et de Gourou Rinpotché durant respectivement huit et dix jours, des initiations des 4 éléments, des rituels pour choisir un yidam consistant à tourner sur soi-même jusqu'à en tomber à terre, des explications de textes comme le Pema-Thang-yig sensées mener à l’éveil en deux semaines, du Karmayoga garantissant l’illumination en faisant la vaisselle ou en coupant des carottes, des rituels guérisseurs comprenant l’insertion d’objets rituels dans des orifices pas très catholiques (ou sont-ce là peut être les prémices de la gynécologie spirituelle ?), du Dzogchen tzigane du voyage, des visualisations fumantes de new-agisme enseignées aux élèves de yoga, de la terre sacrée de Nyima-Dzong où il suffit d’habiter pour être sauvé, des promesses d’éveil ô combien trop gratuites, des briseurs de samayas parce qu’ils vous remettent en question, et j’en passe.

En envisageant votre enseignement sous une nouvelle lumière, j’ai plus l’impression de voir un prof de yoga belge éclairé à souhait jouant aux apprentis sorciers tibétains qu’un Lama de la tradition Bouddhiste Nyingmapa (excusez mon choix d’expression). Je n’ai rien contre le joyeux spiritisme ou l’innovation spirituelle adventiste mais je ressens quand même un petit pincement au coeur à chaque fois que je me dis : ‘Tout cela a été présenté à mes parents comme l’enseignement du Bouddha et de Gourou Rinpotché, de surcroit celui des traditions de Dilgo Khyentsé Rinpotché et de Kangyur Rinpotché…’.

Vous qui ne juriez que par l’authenticité des lignées de Maîtres comme Kangyur Rinpotché, Dudjom Rinpotché et Dilgo Khyentse Rinpotché, de qui avez-vous donc reçu la lignée de transmission de ces enseignements aux airs prodigieux ? Je trouve assez curieux que vous sachiez donner des initiations traditionnelles sans même comprendre le tibétain ou sans savoir faire des tormas alors qu’à ce jour aucun texte d’initiation n’a été traduit du tibétain !

De quel enseignement Bouddhiste tirez-vous donc le Karmayoga, la pierre de fondation de votre noble Famille ? Que se passe-t-il dans votre esprit quand vous revoyez les parents des enfants à qui vous aviez promis l’éveil à 22 ans ? Durant toutes ces années, n’avez-vous pas un peu perdu de vue votre devoir d’exemple éthique en tant que Lama au milieu des fastes de votre train de vie quotidien ? De quels samayas parlez-vous ? Des samayas de refuge ? Etant donné que vos connaissances en tant que Lama Bouddhiste ne vous autoriseraient pas à transmettre plus que le refuge, des loungs et des sermons, à quels samayas faites-vous référence ? En essence, vous êtes-vous contenté de transmettre

l’enseignement du Bouddha ou avez-vous commencé une nouvelle lignée d’enseignements Bouddhiste ?

Si c’est le cas, permettez-moi de remarquer que dans le contexte Bouddhiste Vajrayana, une nouvelle tradition de techniques ou de pratiques doit au préalable être prouvée valable pour atteindre l’éveil, répétable par d’autres, et surtout éprouvée et approuvée par des maîtres de la lignée (éveillés ou sur les Boumis de préférence). Cela s’est-il passé pour votre enseignement ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi le présenter comme du Bouddhisme traditionnel Nyingmapa ?

 

3. Voilà dix longues années que vous souffrez d’une maladie grave qui ne vous permet pas de quitter votre lit et une ambiance de paix et de silence total. Vous n’avez même pas pu recevoir les enseignements de Kyabje Trulshik Rinpoche la dernière fois que vous l’avez invité. Certains médecins qui vous on traité disent que vous souffrez en fait d’anxiété et de problèmes nerveux dût au stress.

Etonnant pour un maître de méditation quand on pense par exemple au 16eme Karmapa qui enseignait souriant et détendu sur son lit de mort tout en assurant à ses médecins qu’il ne ressentait pas la moindre douleur. Ou encore à Ama-la qui, malgré un état de santé de loin plus grave que le votre, insistait à recevoir tous les enseignements qu’on donnait la où elle se trouvait, et recevait encore tous ceux qui voulaient la voir quelques jours avant son départ.

Quoi qu’il en soit, depuis le début de votre maladie vos disciples culpabilisent en pensant être vos tortionnaires parce qu’ils ne vont pas assez aux offices du matin et du soir. Comment se fait-il que vous ne puissiez pas, simplement par compassion pour vos fils et filles que vous visualisez tous les jours, envoyer ne fut-ce qu’une seule communication vidéo quelques fois par an ?

Vous recevez assez souvent vos proches (comme l’élite communautaire ou encore les archanges) et votre famille, serait-ce encore une fois le manque de bon karma de vos disciples qui vous empêche de le faire ? Dans un tel cas, comment pesez-vous le karma de vos disciples ?

 

4. J’ai récemment pu discuter brièvement avec votre fils Perceval Jampa qui m’a confirmé un bruit de couloir que j’avais entendu il y a bien longtemps. Perceval serait la réincarnation de Kangyur Rinpotché. En répondant à mes nombreuses questions amusées, il m’a dit qu’il enseignait le Bouddhisme sous sa forme dites ‘Dzogchen du Voyage’ à ses deux disciples en cure de désintoxication et qu’il lisait dans les pensées (le minimum requis pour commencer à avoir des disciples, vous le savez bien) grâce à son don de psychologue pour analyser les mouvements et expressions des gens.

Cette pâle caricature de Gourou en début de carrière m’a réellement profondément attristée. L’avez-vous reconnu vous même comme Yangsi de Kangyour Rinpotché pour assurer la succession à la tête de votre communauté, ou a-t-il véritablement été reconnu par les maîtres de la lignée ? Dans ce cas, pourquoi n’a-t-il pas été pris en charge au moins par la famille et les disciples de Kangyur Rinpotché ? Si vous l’avez reconnu vous-même, ne pensez-vous pas avoir suffisamment abimé sa vie ?

 

5. Je suis tout à fait conscient du fait que vous n’avez pas pensé la communauté, pas plus que vous ne l’avez crée ou même voulue, mais il se fait que vous vous êtes laissé octroyer le titre de directeur spirituel et, plus maladroitement, temporel de cette aventure. Ayant longtemps jouis des avantages que ce statut sous-entendait, qu’avez-vous prévu pour nos parents vieillissant mais sans retraite, qui vous ont littéralement donnés plus de la moitié de leur vie (ceci de façon tout à fait légitime bien entendu, je pense à mon père par exemple).

Pour vous dire les choses franchement, d’humain à humain, je respecte profondément le fait que je vous doive presque tout dans cette vie : de mon lieu de naissance à mon éducation, de mes vaches au Bouddhisme ou encore à mes études en Inde. Je parais peut-être réagir en adolescent réactionnaire en colère qui peine à s’affirmer, mais je crois sincèrement que ce n’est pas le cas. Je n’ai aucune raison de vous en vouloir et je ne vous écris maintenant que par pure incompréhension et par étonnement.

Malgré vos idées de génie, votre charisme et votre volonté sans faille, j’ai le sentiment

que comme tant d’autres Lamas en occident, vous vous êtes laissé emporter par le revers de l’effet ‘dent du Bouddha’. Quand on sait que ce qui sauvera les autres est la dévotion qu’ils pourront générer envers le support sur lequel ils projettent leur Tatagatagarbha, n’est-il pas si confortable de se laisser bercer par les quatre plaisirs d’entre les 8 dharmas mondains ?

Cette pratique ne fonctionne hélas que si nous savons nous tenir au moins aussi tranquille qu’une dent de chien ! N’étant pas Bouddha moi-même je n’oserais vous étiqueter de la sorte, mais je ne peux ignorer cette possibilité après avoir vu tant d’autres Lamas se prendre dans le piège. Cela dit, vous êtes peut-être l’unique exception qui confirme la règle.

Je ne peux m’empêcher de penser à mon ami Lama Tenpa Dargye de Kagyu Ling, qui s’est retrouvé dans une situation plus que délicate après avoir détourné de l’argent, débauché des retraites de 3 ans, ou même bu et partouzé au nom du Vajrayana. Malgré son triste palmarès c’est un des Lamas que j’admire le plus, cela pour sa sincérité et son courage à dire : ‘J’accepte. Tout est vrai. J’ai fait tout cela mais c’était sous l’emprise des émotions. Cela n’avait rien à voir avec du Bouddhisme et je vous supplie de ne pas suivre mon exemple !’.

« Ton point de vue est une version simplifiée des choses d’un jeune nouveau moine qui a étudié quelque chose dans une source mais qui n’est pas forcement la vérité ! », m’a dit [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz]. Elle a sûrement raison et même dans le pire des cas, je ne pense pas que vous soyez quelqu'un de foncièrement mauvais, mais il me semble que vous avez un peu perdu le contrôle de la situation en vous laissant dépasser par la force des événements.

J’espère que vos réponses me prouveront le contraire. Je me réjouis donc en me disant que par la présente je vous donne l’opportunité de clarifier certains des doutes qui vous tiennent dans cette position difficile. Quoi qu’il en soit, que vous soyez le parfait Bouddha Lama Kunzang ou simplement l’humain Robert Spatz, je vous prie de répondre à ces quelques premières questions au plus vite pour éclairer ces incompréhensions que certains de ceux qui ont écrit cette lettre et moi-même avons à votre sujet.

 

Bien cordialement,

Tenzang.

 

P.s.: Je tiens à préciser encore une fois que tout ce que j’ai écrit ici ne provient QUE de mon esprit malade et névrosé. Je confesse toute pensée négative qui aurait pu surgir dans mon esprit durant la rédaction de la présente. Je suis conscient de peut-être aller à l’encontre de la volonté de mes Maîtres comme Shechen Rabjam Rinpotché ou Jigmé Khyentsé Rinpotché en écrivant ces lignes mais je ne peux plus supporter l’ambiance de chaos dans laquelle sont plongés un bon nombre de mes amis de coeur et moi-même.

Je ne partagerais cette lettre qu’avec ceux qui vous ont adressé les deux mails anonymes, mais le silence étant une forme d’approbation, je n’aimerais pas devoir donner plus de peine à vos disciples proche comme mon père en rendant ce courrier public.

 

// Lettre N°2 : [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz] à Tenzang

Tenzang,

Concernant ton email du 23 courant, je voudrais t'informer que Pema Wangyal Rinpoché  va venir bientôt visiter Lama Kunzang à Dechen Chöling*,  et que c'est à ce moment-là qu'il sera donné suite à ton courriel.

[T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz]

*NDRL : Maison de Robert Spatz en Espagne où il vivait avec des disciples

// Lettre N°3 : Robert Spatz (qui signe kundor) à Tenzang, nous préservons la mise en page originale. Le lecteur attentif notera que ce qui suit la signature «kundor», formaté différemment, semble avoir été ajouté à la réponse de l’auteur de la lettre… Libre au lecteur d’interpréter la ou les raisons de cet ajout.

 

Tenzang,

J'ai reçu ton courriel, je l'ai lu avec attention ainsi que Pema Wangyal Rinpoché. Je suis heureux de constater que mes quelques conseils donnés avant ton départ ont pu t'être de quelque utilité; et aussi que tu étudies au monastère à Bir.

Cependant le ton de ta lettre n'est pas celui d'un pratiquant du Dharma. Tu dis que tout ce que tu écris ne provient que de ton esprit malade et névrosé, que tu ne contrôles pas tes émotions. Effectivement, tous les êtres ont des névroses et sont soumis aux concepts et émotions, mais la pratique du Dharma est le remède.

Tu dis aussi que consciemment tu vas à l'encontre de la volonté de tes Maîtres, que tu ne respectes pas leurs paroles et conseils à ton égard, que la faim de clarté et de vérité te tyrannisent ; ces propos ne sont pas ceux d'un pratiquant du Dharma, ni même d'un étudiant du Dharma, encore moins d'un moine bouddhiste.

Or tu as la chance de vivre dans un monastère; donc, bien que tu aies de nombreuses activités et beaucoup d'heures d'études, ton emploi du temps prévoit sans aucun doute une large part à la pratique et tes Maîtres t'y encouragent sûrement.

Il est donc inutile de te torturer, suis ton chemin, approfondis-le avec ton coeur.

J'aurais voulu te répondre de façon circonstanciée mais Pema Wangyal Rinpoché m'a dit et expliqué qu'il est vain de le faire par écrit;  de plus mon état de santé ne me le permet pas.(je souffre d'une maladie handicapante; je ne sais pas ce que ''certains médecins'' qui ne m'ont pas vu depuis des années auraient pu te dire, mais il est vrai que l'affaire judiciaire, aussi brutale qu'imprévue, l'emprisonnement, les accusations infondées,l'inquiétude vis-à-vis de ma famille et de mes étudiants, alors que j'avais déjà une santé fragile en raison d'un grave accident dans ma jeunesse, tout cela m'a profondément affecté.)

Aussi Rinpoché propose de te recevoir lui-même, dès que possible, pour, comme tu dis,''clarifier'' ton mental et t'aider à dissiper tes doutes. Moi-même,quand tu reviendras en occident, je serais très content , si tu as des questions à poser, d'y donner suite de vive voix.

Je t'engage à contacter Rinpoché pour un rendez-vous,et j'attends que tu me contactes quand tu viens en Europe.

Meilleures pensées,

kundor

D'ici là, je tiens à te préciser que je n'ai jamais été le directeur temporel de la vie communautaire,

qui a été constituée sans mon intervention, mes conseils étant d'ordre spirituel ou agissant sur demande. On est en effet souvent venu me demander un avis,que chacun restait libre de suivre ou non.J'y ai cependant mis une partie importante de ma vie, de mon patrimoine et de mes revenus.

D'autres que moi pourront te donner plus de détails si tu le veux.

Saches en tout cas que si j'avais voulu faire fortune j'aurais fait bien autre chose.

La structure des sociétés communautaires a été décidée et organisée par les membres de la communauté afin d'assurer à chacun une couverture sociale adéquate. Je crois d'ailleurs pouvoir dire qu'il s'agit de la seule communauté religieuse qui offre un tel statut.

Tu me dis que le bouddhisme en Asie ne serait pas le même que le bouddhisme que j'enseigne. Il est certain que la vie dans Ogyen Kunzang Chöling en occident ne peut pas être celle que tu as vécue dans un monastère tibétain-(Quoique tu ne serais pas satisfait de l'organisation des monastères tibétains puisque tu en as critiqués)- Il s'agit d'une communauté non monastique devant en outre subvenir à ses besoins. Cela influence considérablement l'organisation et la manière de vivre. De plus, les membres sont occidentaux et non tibétains.

Il convient donc de ne pas confondre l'enseignement et la manière de le donner.

En l'espèce, il convient de distinguer l'enseignement et les nécessités de la vie communautaire en occident et puis de considérer les liens entre les deux,qui sont uniques.

La manière d'enseigner peut prendre de multiples formes. Il convient de faire la part entre le fond et la forme.

Chogyam Trungpa Rinpoché en s'installant en occident a dû développer de nouvelles méthodes qui n'étaient pas celles qui lui avaient été enseignées en Asie.

Sans vouloir me comparer à un grand maître, j'ai tenté pour ma part, bien plus modestement, de trouver dans nos traditions européennes certains aspects qui me semblaient utiles et intéressants, plus adaptés à des pratiquants européens, et aussi avec lesquels je me sentais plus en phase.

Il s'agit de tentatives dont j'assume la responsabilité. Je n'ai pas tenté de recopier ce qui se passe dans un monastère tibétain. La discipline monastique a certaines exigences,déjà très codifiée par une longue expérience.

#OKCinfo

Derrière la Porte Rouge... #OKCinfo #Témoignages

8 min read

 A nous tous qui avons vécu aux Château de Soleils…

derrière la porte rouge

contexte: Nyima-Dzong entre 1987-88 et 1991

Je me souviens…

De nos rires cristallins dans les montagnes,

Des bourrasques de vent dans les bannières

De nos joies partagées d’enfants devant si peu

Des caches-caches dans les hautes herbes à l’heure où sonne le gong

Des descentes en luges sur la neige

Des baignades sous le soleil

Du crépitement du feu qui nous réchauffe les mains

De notre appétit débordant pour un bout de pain frais

De toutes nos passions et déchirures, de l’intensité de cette vie loin dans nos souvenirs

Tous ces enfants, l’optimisme de la vie vissé au corps jouant au ballon « prisonnier » devant ce grand chêne immobile.

Alors :  « Sans balancer j’affirme… »

Prisonnier… oui, nous l’étions…tandis qu’il nous enseignait que c’était de notre égo que nous l’étions, nous découvrons que c’était bien du sien.

Mais je me souviens aussi…

« des cœurs brisés »

Dans les minibus qui nous ramenaient vers le soleil et son château, nous pleurions en silence, le visage écrasé sur les vitre regardant défilé les boutiques de la rue du bailli. 

Le cœur d’enfant meurtri par cette blessure ravivée  de nos séparations annuelles ; 

 Puis le chants sacré pour les protecteurs prenait le dessus sur nos pleurs, sur le vrombissement du moteur…nous devrons être purifié de l’influence samsarique dès notre arrivée sur la terre pure…

«  jeux d’enfants »

De ce visage si blanc, de cet enfant la main sur le bucher tenue de force à qui l’ont fait croire qu’on va la lui couper. Tout autour foule se presse, dans l’air il y a la hache suspendu et l’odeur des sapins du feu d’offrande tendu vers le haut.

 Les cœurs d’enfants battent… 

Nous avions, pour mériter ce théâtre, subtilisé un pot de miel 

Il nous avait servi pour préparer des gâteaux d’argile tartinés de nectar pour nos parents absents…

« La gourmandise »

Il y avait sur le domaine, entre quelques buissons, un arbre donnant de petites poires sauvages ;
Bravant les fourmis aux fesses rouges qui l’avaient colonisé, l’ami et moi-même avions rassasié nos 
petits ventres d’enfants de ces fruits aux gouts astringents

Damnation !  Nous avions alors, sans le savoir, au regard de prêtresse locale, désobéi !  De quoi je ne sais pas… Frère Karma à du s’en mêler car nous nous sommes tordus de douleurs tant nos ventres gargouillais. Et bêtise que nos regards appelant à l’aide, car nous avons fini la journée, l’un enfermé dans la cave à chaussure, l’autre par 108 tours de l’air sacré en courant nu pied dans les chardons.

La moral de cette histoire  pourrait-être toute trouvée, « la gourmandise est…. »

Mais je dirais plutôt  « fuyiez la bêtise » VITE !

« Le vain bavardage »

Après les chants tibétains, ou une mélodie de Paul Simon les soirs de grâce, il nous fallait dormir. 

Mais l’agitation du jour, pas encore dispersée malgré les efforts, nous poussait à bavarder, à chuchoter dans la pénombre du dortoir.

C’était sans savoir que notre vaillant responsable se tenait aux aguets…, il entrait brusquement, le silence était immédiat. Il lançait dans l’air une suite de prénoms à qui il promettait une punition.

Nous nous endormions dans l’angoisse…

5h30 du matin, en plein hiver, une main arrache la couverture, l’autre attrape ma jambe me tire du lit superposé, dégringolade…

Vêtu de notre slip de coton nous traversons le monastère dans la nuit vers les sanitaires, l’eau 
glaciale sur nos têtes provoquait des douleurs horribles, il nous retenait sous la douche en nous frappant avec la raclette de caoutchouc un après l’autre tandis que nos frères attendaient leurs tours dans l’angoisse et les pleurs.

« le froid revigore »

En ce mois de février, alors que le Lozar approchait, nous avions été pris dans la nuit par notre vaillant responsable ;  Nous étions sorti du dortoir nous balader et chahuter.

Même heure, même approche, même pleurs 5 enfants dans le givre du crépuscule. Pas de douche ce matin là, mais une longue promenade en slip de coton, nu pied à travers champs pour rejoindre les 108 bannières dans le bas du domaine. L’herbe se brisait sous nos pieds meurtris sous un son de feuilles mortes tant le givre était épais.

Du haut de son échelle, perché sur son mat de prière notre vaillant responsable ordonnait le ballet de prosternation que nous faisions sur le sol gelé. Lorsque le givre avait disparu sous nos corps : 

« décalez vous ». 

Je me souviens ce matin là d’accueillir les premiers rayons de soleil comme un réconfort absolu,

 je me souviens ses rayons éclairer peu à peu la plaine devant nous et venir sur nous…, l’ombre du brin d’herbe à côté de mes mains devenues insensibles…

« La souffrance ajoutée à la souffrance… »

Il semblait par moment, pleuvoir des punitions, tant les prétextes étaient multiples. 

Nos têtes folles d’enfants, de jeunes adolescents dans le vent, avec toute cette intensité de vie ne manquaient pas de donner à notre vaillant responsable sujet à punitions.

Souvent parce que nous dodelinions de la tête pendant la prière, bavardions pendant le repas, oublions la énième lettre de l’alphabet tibétain ou faisions preuve d’intolérance, bref tout était 

prétexte à recevoir un coup dans le dos, se faire tirer l’oreille dans laquelle on susurrait  avec un horrible accent : «  attends ce soir tu vas voir » 

Suprême stratégie que d’avertir l’enfant qu’il va en baver. Malgré notre enthousiasme de vie, nos sourires, nous ne pouvions nous empêcher de penser à ce qui nous attend là… nous étions 2 fois punis.

Là…c’était parfois chez lui parfois dans l’intendance, dans la nuit, pour ne pas être vu, son mouchoir humide dans la bouche pour ne pas être entendu, les coups sur le dos, la tête, la peur, la tristesse, les angoisses, le désespoir…

Et ce malgré le rodéo de nos ainés dehors criant « Hitler, laisse-le,… » Jetant même des pierres sur sa porte mais en vain…

Sans doute que vu par les « badauds » alentours  cela était un jeu, jeu d’enfant … sans doute…comment pourrait ‘il en être autrement ?

C’est loin et si proche, je vous embrasse tous.

 

 

#OKCinfo

Aujourd’hui, c'est pas Jeudi, mais c'est quand même jour de confession. le matin et le soir, il y aura des faits.

Certains diront, scandale!! en tournant en rond avec leur avocats pendant que d'autre diront, ébranlé "et les bons souvenirs alors?" Rassurez vous, oui, il y en a plein, autant que nous sommes, dans chaque générations, il y a toujours des bons souvenirs, ceux ci, loin d'être niés ont toute leur place dans nos vies, mais ceux ci ne sont pas des pièces de marchandage d'un quelconque récit "objectif" de nos vécus.

D'autre encore emmuré dans la peur, le déni et l'ignorance s'accroche à un Lama Kunzang qui n'est plus, à des liens de Samaya qui n'en sont pas, à des "initiations" qui ne sont pas authentique et qui n'ont rien à voir avec le Bouddhisme, toute école ou véhicule confondus. ces fanatiques crient son innocence à grand coup de révisionnisme pour peindre le tableau d'une réalité fictive, création d'un mental sous l'emprise d'un dogme, d'un endoctrinement qui empêche le discernement de par sa nature, sa fonction et sa structure.

un exemple ? la page Wikipedia de la OKC est rédigée par Urunam (R.O.L : secrétaire générale de la OKC, suffit de voir l'historique) entre autre avec les précieux conseils d'une armée d'avocat, un habile mélange de faits omis, amoindris ou ignorer et de révisionnisme entretenu depuis 18 ans. ça en dit long sur l'objectivité et l'intégrité de ses représentants.

Alors non, la gravité de la situation ne permet tout simplement plus de rester en silence, pour la simple raison que dans ce processus de réappropriation du vécu, individuel et collectif, chaque chose à son temps. chaque personne aussi a son rythme, il y a un historique derrière nous et le temps n'est pas aux bons souvenirs, pas maintenant. le temps est à la transparence, la confession et l'usage du verbe et de tous les moyens disponible pour chanter haut et fort : le message de vérité de notre enfant intérieur.

Cet enfant multiple depuis devenu adulte, mère, femme, père, homme aujourd'hui se lève et témoigne d'un vécu, parmi tant d'autre, certainement, mais véridique.

ce vécu n'émerge pas pour entacher ou dans un esprit de vengeance, mais au contraire, malgré la violence du vécu, il émerge transmuté par l'intention et la motivation de la compassion et de la justice pour éclairer, guérir, soulager, communiquer et dénouer les nœuds pour qu'enfin la reconnaissance, la prise de responsabilité et la guérison puisse prendre toute leur place.

Alors plus que jamais, malgré la pression, malgré l'éclairage médiatique, c'est une période propice à la discussion dans un esprit de coexistence pacifique des vécus et de reconnaissance de l'autre.

l'heure est à la digestion, les bons souvenirs eux ne vont pas s'enfuir, ils sont nous, dans une tentative finale de fermer dans la dignité la porte d'un passé que trop sombre.

#OKCinfo

Suite à Lettres au Gourou - #OKCinfo

4 min read

Ce texte est une analyse a posteriori des évènements relatés dans l'article "Lettres au Gourou", il a été rédigé par une des personnes étant à la base d'Attitude Collégiale.

Cette action collective a eu plusieurs effets, et certainement pas celui qui était escompté. Chacun des concernés trouvera un echo de ce que cela lui a valu. Malgré tout, il me semble qu'il y a quelques généralités remarquables.

 Tout d'abord, l'échec. Nous n'avons pas réussi, dans notre arrogance naïve, à couper ces deux personnes de l'influence délétère de ce monsieur, que nous repudions alors grâce à cette action avec une intensité comme propitiatoire. C'était un acte symbolique éminement personnel, et au final, ces deux individus que nous cherchions à "sauver" n'avaient, selon leur entendement, nullement besoin de secours. Nous leur sommes apparus comme des privateurs de libre-arbitre, des arrogants qui avaient la prétention de choisir pour eux. Pas la meilleure des positions pour leur parler et tenter leur faire comprendre ce que nous pensions avoir compris de cette expérience commune! Ils nous ont d'ailleurs fait part, à l'occasion d'une (courte) visite subséquente, de leur indignation et de leur douleur morale. Cette visite a été le seul résultat tangible de ce coup de pied dans la fourmilière.

 Cette thématique a mis nombre d'entre-nous face à un dilemme moral, et le bel élan collectif que nous avions au départ a fait place au délitement des solidarités dans ce projet. Et puis les souvenirs que cette thématique soulevaient étaient inconfortables pour beaucoup.  La vie était à construire ailleurs, il fallait avancer. Cette lettre avait servi à refermer une porte donnant sur un passé et des échos qui pointaient vers l'abîme si personnel que nous avions dû, chacun à  notre façon, dépasser, le plus souvent dans une relative solitude. Passé ce symbole, l'acte étant consommé, nous n'y fîmes rien de plus.

 D'autre part, au sein de cette Communauté, de laquelle nous continuions à nous éloigner, cette initiative a eu pour effet de rendre visible un conflit, un discours dérangeant. Comme n'importe quelle société, elle a réagi en élaborant, en guise d'anti-corps et pour garantir son intégrité, un discours niant en bloc soit la réalité des faits que nous dénoncions dans cette lettre, soit l'interprétation que l'on pouvait en faire. L'argumentaire mélait spiritualité religieuse et arguments psychologiques, visant dans ce cas à remettre en cause la santé mentale des femmes déclarant avoir vécu ces attouchements. Le divorce se consommait ici encore, mais d'une autre façon, d'un autre côté.

 Nous n'avons rien fait de plus, malgré quelques tentatives. Il nous aurait fallu assumer un discours public, accepter d'être à nouveau définis par cette identité que nous voulions oublier. Pour certaines, cela aurait signifié accepter de relater pour l'oreille anonyme un vécu beaucoup trop personnel. Pour d'autres, cela aurait signifié s'aliéner des gens au sein de leur propre famille, ce qui aurait mené à des situations invivables. Que dire de plus?

 Peut-être que l'on se doit à la vérité, et surtout quand des semblables, des autres Soi déclarent des souffrances que l'on connait ou qui sont douloureuses rien qu'à imaginer. Et donc, c'est également ce processus que cet acte collectif a marqué, de manière plus ou moins forte, pour ceux qui s'y sont associés. La vérité est nue et pas forcément agréable à contempler. Mais tout un chacun s'y doit, et ce faisant, fait son chemin à travers les sentiers oubliés de ces souvenirs singuliers. Et ainsi, finalement, de cet espace de publication!

 Duncan Idaho



#OKCinfo

Je suis né(e) dans la Communauté et j’ai d’excellents souvenirs : la joie d’être ensemble, la nature, les oiseaux,les fous rires, des enseignements merveilleux,…

D’autres souvenirs sont beaucoup plus mitigés, ce n’était tout de même pas le monde des bisounours : se lever tôt pour prier, des engueulades, une éducation stricte, la pente, ne pas être tous les jours avec ses parents, travailler sans grande compensation financière,…

Néanmoins, je reste persuadé(e) des bonnes intentions de votre part, chers parents, vous avez certainement voulu nous donner la meilleure éducation qu’il soit.

Mais quels sacrifices vous avez fait chers Parents !

Cela devait être si déchirant de vous endormir chaque soir sans serrer votre enfant contre vous. Votre vie a certainement été si monotone sans les joies, les rires et les peines quotidiennes de votre enfant.

Et peu à peu le fossé s’est creusé, nous étions l’élite qui allait sauver le monde, et vous étiez les ratés (c’est sans doute l’opposé actuellement). J’admire votre ténacité à suivre ce chemin sans amour, sans famille, sans véritable joie.

Réveillez-vous, il est encore temps de faire un petit bout de chemin ensemble et dire je t’aime à votre enfant et sans doute à votre petit enfant déjà!

Bien sûr, il est très difficile de créer et maintenir une association qui soit entièrement juste et équitable envers tous. Mais s’il y a abus, de quelque nature qu’il soit, il est de notre devoir à chacun de le dénoncer car qui ne dit mot consent.

Que lumière soit faite et vérité dite et que ces vieux dossiers soient fermés à jamais !

(anonyme)