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#OKCinfo

Si d'aucun se demande pourquoi des articles ou des opinions sur se retrouve sur ce site web a priori dédié au décryptage de l'affaire OKC et point central d'information sur le procès Spatz-OKC c'est bien parce que en tant que partie civiles dans l'affaire Spatz-OKC, les similitudes a plusieurs niveaux sont frappantes, tant sur le plan des abus que sur la "sagesse folle" et la dérive sectaire comme forme de pédagogie que l'adepte ne peut qu'accepter au risque de se faire éjecter et d'être pointé du doigt par la "Sangha" des pratiquants trop souvent une secte dans la secte et garant de l'emprise de la dérive sectaire du "Maître" sur les adeptes.

Dans le cas OKC c'est encore plus unique et spécifique parce que les parties civiles, arrivées en tant qu'enfant et parfois bébé dans ce qui était une communauté dans les années 70-80-90 se sont retrouvés dans un système sectaire ou les garants de l'ordre social était les adultes, les parents, les responsables, les adeptes dans leur ensemble et donc il nous semble important d'attirer le regard sur les similitudes entre 2 sectes : OKC et RIGPA, toutes deux dans la tourmentes, toutes les deux répondant par le déni et le rejet total des faits, toutes deux dans un révisionisme de leur propre histoire dans un but très clair de dénigrer les victimes, les parties civiles et les faits en les présentant comme de simple rumeurs, de simple élucubration d'adolescent révolté.

Les points communs sont légions pour toute personne honnête ayant vécu dans la OKC et nous pensons qu'en parler et éclairer par le débat public ces affaires ne peuvent que rendre service à la société toute entière et mettre en garde toute personne voulant se rapprocher du Bouddhisme pour qu'elle sache faire la distinction entre un guide spirituel et un charlatan qui plus est abuseurs et dans le cas de Robert Spatz : pédophile et protecteur d'un autre cas de pédophilie sur au moins 7 jeunes filles au Monastère de .

En fait si l'ont part du principe que ces charlatans pédophile n'ont rien de Bouddhiste, il devient beaucoup plus simple d'en parler et de faire la distinction entre un brave moine bouddhiste qui n'a jamais fait de mal à une mouche et les délires sectaire de ou depuis l'inception du Bouddhisme en France et en Belgique.

#OKCinfo

Robert Spatz a réussi son tour de manipulation : faire croire à toute une communauté complètement perdue et dans la peur de tout perdre (ou de ne pas savoir payer les indemnisations des parties civiles)

1) leur faire croire que si ils vont en appel contre Spatz, la communauté va se retrouver avec toutes les indemnisations sur le dos.
2) leur faire croire que si ils ne payent pas les indemnisations aux parties civiles le mois prochains ils vont devoir vendre (Châteaux de Soleils en France) résultat ?

Même les anti-Spatz ont voté hier pour aller en appel. comment expliquer cette situation ?

L'assemblée était consultative et il n'y a pas eu de vote. La raison est due à un alinéa dans les status de l'ASBL OKC qui permet au Président ou aux Administrateurs qui le remplacent de prendre toute décision qui engage l'association dans, notamment, des actions judiciaires.

Le Conseil d'Administration de l'ASBL OKC n'a pas changé (composé de Olivier Vin, Rui Oliveira de Carvalho, Cabé et B.) cette dernière par exemple est contre l'appel, mais a très peur de perdre la seule sécurité qui lui reste: sa maison. chose tout à fait compréhensible, mais fausse, information qui devrait facilement être débusquée par un avocat décent et objectif qui n'est pas à la solde des Spatz. mais visiblement c'est trop demander.

Voila comment après un jugement très clément, envers toute la communauté surtout, via l'acquittement d'une bonne partie du clergé autour de Spatz et la décharge des "administrateurs" qui ont été reconnu "sous influence" par le Tribunal, voila comment cette communauté reste sous sons emprise totale (même si des gens considère de déguerpir définitivement à l'heure ou ces lignes sont écrites).

Il suffit d'y réfléchir 2 secondes : si tous ceux et celles qui ont été acquittés reviennent à la charge contre l'état, la justice et les parties civiles, ceux ci ne vont plus du tout se retenir et vont tous simplement appuyer sur le champignons sans plus aucune retenue considérant que tous ceux et celles qui sont embarqué aujourd'hui dans cet appel sont de fait des complices de Robert Spatz.

C'est la dernière fois que les parties civiles se préoccupent pour ces anciens, ces adultes, ces parents qui encore aujourd'hui ont l'esprit conditionné par des projections de peur qui les rendent incapable de faire les bons choix pour leur propre survie, ça vaut le coût de se poser la question :

êtes vous véritablement prêt à sacrifier votre vie pour un pédophile multi récidiviste ?

Aller en appel ne va en aucun cas laver le blâme qu'il y a sur la OKC ou Spatz, bien au contraire, ça va définitivement enterrer toute possibilité de dissociation des "adeptes sous influences" et de Spatz.
En fait ça ressemble fort à un suicide collectif.

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Du partage de la violence - #OKCinfo

6 min read

Tant d'années et de nœuds à défaire ! Je commence par le plus évidemment douloureux : la violence.

Quand j'avais autour de 7 ans, j'étais avec d'autres gamins de mon âge sous la responsabilité de [******, ******** ** *** ****], qui se trouvait être un homme aux carences affectives limpides, colérique, emporté, et qui semblait balader une rage blanche cherchant constamment un exutoire. 

Un jour, à la sortie de la longue séance de prière vespérale, alors que tous les gamins enfilaient chaussures et manteaux, il vint à l'idée de l'un d'entre eux, remarquablement peu inspiré, d'éteindre les lumières pour faire une blague. Bref, nous n'arrivions plus à trouver notre manteau et nos chaussures parmi la multitude de celles des autres enfants. Je rallumai donc la lumière depuis l’interrupteur situé en haut des marches du temple : derechef, le couillon d'en bas l'éteint à nouveau depuis l'autre interrupteur. Je réplique, il continue, et s'ensuit donc une certaine confusion dans le peuple des petits poucets en quête de leurs frusques.

[******] a surprit cette confusion, et son sang, si facile à exciter, ne fit qu'un tour, et il me balança une claque monumentale qui envoya ma tête valser contre l'angle d'un mur, remarquablement plus rigide que mon crâne. Il avait trouvé un coupable à portée de main, et l'avait surpris à l'improviste. Complètement sonné par cette soudaine explosion, j'entrepris de descendre les marches en chancelant. J'avais la tête en sang, mais je ne l'avais même pas remarqué. Il m'a jeté mon manteau sur la tête depuis le haut des marches, vu que je l'avais oublié. Et puis… ça cachait la tête. 

Je n'ai jamais oublié cet épisode. J'ai même cru déceler, sous mes doigts, la marque du coup, des années après. 

Durant les heures d'isolement dans le froid et la nuit auxquelles nous étions soumis pour des motifs risibles, j'imaginais lui planter une pioche en plein dans son crâne d’œuf luisant et lui faire exploser la cervelle. C'était défoulant, pour l'imagination, et il y avait tant de brutalité à refouler, tout le temps ! Ce sont des images d'une grande violence, qui ne contenaient aucun stratagème. Mais l'idée de son crâne explosé sous le coup d'une pioche trouvait grâce à mes yeux. C'était mieux que "mon papa lui flanquera un jour une raclée", parce que ça non plus ça n'est jamais arrivé.

Alors, la violence… La violence ressort toujours, même quand on ne t'a pas appris quoi faire.

C'est aussi ce que j'ai appris de Mû [ndlr : Humkara Dzong]. A mon arrivée, le plus jeune dans ce milieu qui puait le désespoir à plein nez, où nous comptions la valeur marchande des choses en pots de margarine, où tout était rationné, où la rudesse de la vie était un devoir de haine envers soi et les autres… à mon arrivée, donc, j'ai retrouvé tous les « grands », ceux des groupes de [*********], et de [****-*****] et [*******]. Leur humeur avait complètement changé. Il y avait une rage sans nom, inconsciente, qui traversait ce groupe d'ado hallucinés. Être le bourreau, c'était ne plus être victime, le temps d'un instant. La violence des conditions se traduisait dans la violence morale mais aussi physique des rapports interpersonnels. Jusque dans le rapport aux animaux ! Une bande de gamins bien flippés, comme des poissons qui savent qu'ils n'ont que le filet ou l’asphyxie. Je passe sur les détails : tous ceux qui l'ont vécu reconnaîtront. 

Ils allaient vers la fin des temps, en se préparant à la violence. C'était notre perspective d'avenir. C'est une perspective terrible à un âge où l'individu a besoin de sensibilité et d'espace moral pour se composer. Pourquoi étudier, pourquoi développer la moindre ambition personnelle quand la seule perspective construite était la fin des temps, cet arrière-monde fantasmé ? Et puis la Foi était censée être la panacée à tout, l'Alpha et l'Oméga du monde! Et puis, quel autre monde pouvions-nous connaître ? Ça faisait tellement peur, cet Extérieur dont on nous avait dit les pires choses. Je me souviens d'avoir été terrifié, le jour où j'ai dû prendre le train, seul à mes 16 ans – et c'était un train de campagne qui est tout sauf inquiétant. Toujours, d'une manière ou d'une autre, il fallait se défendre, et c'était un réflexe que, arrivés à l'adolescence, nous avions bien intégré. La discipline, c'était la peur et le contrôle, rarement une question pragmatique visant l'autonomie de la personne.

Quand j'avais près de 18 ans, Robert [Spatz] m'a envoyé m'occuper des enfants à Nyima-Dzong. J'avais une résolution secrète, qui était de ne jamais leur faire vivre ce qui m'avait révolté et fait haïr. Et pourtant… En termes de ressources éducatives, j'étais très démuni. Je ne connaissais que ce que j'avais vécu, et ça ne s'appliquait pas qu'à la pédagogie. J'ai beaucoup aimé ces gamins dont j'avais la charge et dans lesquels je me reconnaissais, mais vint un jour, où, pour un motif risible et par faute de ressource, j'ai envoyé une baffe monumentale à l'un d'entre eux, qui lui a laissé une marque sur le visage pendant plusieurs jours. J'avais utilisé ce qu'on m'avait appris. 

J'ai ensuite même mis du temps avant de comprendre l'inadéquation de mon acte. Je n'ai encore jamais demandé le pardon des gens auxquels j'ai transmis cette violence. Vous qui lisez, si vous êtes du nombre, je vous prie d'accepter mes sincères excuses. Mais je vous en parlerai certainement un jour.

Duncan Idaho

PS : Je n'en veux à personne

 

 

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Derrière la Porte Rouge... #OKCinfo #Témoignages

8 min read

 A nous tous qui avons vécu aux Château de Soleils…

derrière la porte rouge

contexte: Nyima-Dzong entre 1987-88 et 1991

Je me souviens…

De nos rires cristallins dans les montagnes,

Des bourrasques de vent dans les bannières

De nos joies partagées d’enfants devant si peu

Des caches-caches dans les hautes herbes à l’heure où sonne le gong

Des descentes en luges sur la neige

Des baignades sous le soleil

Du crépitement du feu qui nous réchauffe les mains

De notre appétit débordant pour un bout de pain frais

De toutes nos passions et déchirures, de l’intensité de cette vie loin dans nos souvenirs

Tous ces enfants, l’optimisme de la vie vissé au corps jouant au ballon « prisonnier » devant ce grand chêne immobile.

Alors :  « Sans balancer j’affirme… »

Prisonnier… oui, nous l’étions…tandis qu’il nous enseignait que c’était de notre égo que nous l’étions, nous découvrons que c’était bien du sien.

Mais je me souviens aussi…

« des cœurs brisés »

Dans les minibus qui nous ramenaient vers le soleil et son château, nous pleurions en silence, le visage écrasé sur les vitre regardant défilé les boutiques de la rue du bailli. 

Le cœur d’enfant meurtri par cette blessure ravivée  de nos séparations annuelles ; 

 Puis le chants sacré pour les protecteurs prenait le dessus sur nos pleurs, sur le vrombissement du moteur…nous devrons être purifié de l’influence samsarique dès notre arrivée sur la terre pure…

«  jeux d’enfants »

De ce visage si blanc, de cet enfant la main sur le bucher tenue de force à qui l’ont fait croire qu’on va la lui couper. Tout autour foule se presse, dans l’air il y a la hache suspendu et l’odeur des sapins du feu d’offrande tendu vers le haut.

 Les cœurs d’enfants battent… 

Nous avions, pour mériter ce théâtre, subtilisé un pot de miel 

Il nous avait servi pour préparer des gâteaux d’argile tartinés de nectar pour nos parents absents…

« La gourmandise »

Il y avait sur le domaine, entre quelques buissons, un arbre donnant de petites poires sauvages ;
Bravant les fourmis aux fesses rouges qui l’avaient colonisé, l’ami et moi-même avions rassasié nos 
petits ventres d’enfants de ces fruits aux gouts astringents

Damnation !  Nous avions alors, sans le savoir, au regard de prêtresse locale, désobéi !  De quoi je ne sais pas… Frère Karma à du s’en mêler car nous nous sommes tordus de douleurs tant nos ventres gargouillais. Et bêtise que nos regards appelant à l’aide, car nous avons fini la journée, l’un enfermé dans la cave à chaussure, l’autre par 108 tours de l’air sacré en courant nu pied dans les chardons.

La moral de cette histoire  pourrait-être toute trouvée, « la gourmandise est…. »

Mais je dirais plutôt  « fuyiez la bêtise » VITE !

« Le vain bavardage »

Après les chants tibétains, ou une mélodie de Paul Simon les soirs de grâce, il nous fallait dormir. 

Mais l’agitation du jour, pas encore dispersée malgré les efforts, nous poussait à bavarder, à chuchoter dans la pénombre du dortoir.

C’était sans savoir que notre vaillant responsable se tenait aux aguets…, il entrait brusquement, le silence était immédiat. Il lançait dans l’air une suite de prénoms à qui il promettait une punition.

Nous nous endormions dans l’angoisse…

5h30 du matin, en plein hiver, une main arrache la couverture, l’autre attrape ma jambe me tire du lit superposé, dégringolade…

Vêtu de notre slip de coton nous traversons le monastère dans la nuit vers les sanitaires, l’eau 
glaciale sur nos têtes provoquait des douleurs horribles, il nous retenait sous la douche en nous frappant avec la raclette de caoutchouc un après l’autre tandis que nos frères attendaient leurs tours dans l’angoisse et les pleurs.

« le froid revigore »

En ce mois de février, alors que le Lozar approchait, nous avions été pris dans la nuit par notre vaillant responsable ;  Nous étions sorti du dortoir nous balader et chahuter.

Même heure, même approche, même pleurs 5 enfants dans le givre du crépuscule. Pas de douche ce matin là, mais une longue promenade en slip de coton, nu pied à travers champs pour rejoindre les 108 bannières dans le bas du domaine. L’herbe se brisait sous nos pieds meurtris sous un son de feuilles mortes tant le givre était épais.

Du haut de son échelle, perché sur son mat de prière notre vaillant responsable ordonnait le ballet de prosternation que nous faisions sur le sol gelé. Lorsque le givre avait disparu sous nos corps : 

« décalez vous ». 

Je me souviens ce matin là d’accueillir les premiers rayons de soleil comme un réconfort absolu,

 je me souviens ses rayons éclairer peu à peu la plaine devant nous et venir sur nous…, l’ombre du brin d’herbe à côté de mes mains devenues insensibles…

« La souffrance ajoutée à la souffrance… »

Il semblait par moment, pleuvoir des punitions, tant les prétextes étaient multiples. 

Nos têtes folles d’enfants, de jeunes adolescents dans le vent, avec toute cette intensité de vie ne manquaient pas de donner à notre vaillant responsable sujet à punitions.

Souvent parce que nous dodelinions de la tête pendant la prière, bavardions pendant le repas, oublions la énième lettre de l’alphabet tibétain ou faisions preuve d’intolérance, bref tout était 

prétexte à recevoir un coup dans le dos, se faire tirer l’oreille dans laquelle on susurrait  avec un horrible accent : «  attends ce soir tu vas voir » 

Suprême stratégie que d’avertir l’enfant qu’il va en baver. Malgré notre enthousiasme de vie, nos sourires, nous ne pouvions nous empêcher de penser à ce qui nous attend là… nous étions 2 fois punis.

Là…c’était parfois chez lui parfois dans l’intendance, dans la nuit, pour ne pas être vu, son mouchoir humide dans la bouche pour ne pas être entendu, les coups sur le dos, la tête, la peur, la tristesse, les angoisses, le désespoir…

Et ce malgré le rodéo de nos ainés dehors criant « Hitler, laisse-le,… » Jetant même des pierres sur sa porte mais en vain…

Sans doute que vu par les « badauds » alentours  cela était un jeu, jeu d’enfant … sans doute…comment pourrait ‘il en être autrement ?

C’est loin et si proche, je vous embrasse tous.

 

 

#OKCinfo

Les nuits avec mon ennemi | Le Vif/L'express | 29/08/1997

10 min read

Témoignages capitaux contre Robert Spatz. Dont celui d’une jeune Américaine qui accuse le gourou de l’OKC, récemment emprisonné, d’avoir abusé d’elle durant son adolescence > Valérie Colin

LES NUITS AVEC MON ENNEMI

Le 30 mai dernier, 200 gendarmes belges et français investissaient simultanément, à Bruxelles et à Cas-tellane (près des gorges du Verdon), plusieurs demeures de la communauté d’inspiration bouddhiste tibétaine Ogyen Kunzang Chôling (OKC). Au terme d’une opération baptisée « Soleil », au punch « cow-boy » controversé, les forces de l’ordre ramenaient dans leurs filets quelques précieux poissons d’eaux troubles. Dont le Belge Robert Spatz, 53 ans, dirigeant de la secte, tôt placé sous mandat d’arrêt... Autant que l’intimidation des groupes sectaires, ce coup d’éclat visait sans doute une répercussion médiatique maximale. L’extrême publicité de l’intervention a en effet permis aux gendarmes de la capitale (cellule terrorisme section sectes) de recueillir récemment de nouveaux témoignages accablants pour Spatz. Ils lui valent aujourd’hui une nouvelle inculpation pour attentat à la pudeur, avec la circonstance aggravante que le gourou exerçait une contrainte morale sur ses victimes. La première, mère de famille installée en Belgique, était majeure au moment des faits. La seconde, jeune avocate habitant au Texas, n’était qu’une enfant.

C’est son frère, voyageant à Bruxelles, qui lui apprend l'arrestation du gourou. A Dallas, où elle vit, Claudia Frey, 27 ans, sursaute. Elle consulte immédiatement Internet. Si les nouvelles de Belgique y sont plutôt sommaires, un point la scandalise : Spatz y apparaît inculpé essentiellement pour des délits financiers. Or Claudia a subi des abus sexuels dans la secte, en France, dès ses 14 ans... Malgré la thérapie qu’elle a entreprise, les images d’un Spatz bestial n’ont cessé de la hanter. Cette fois, la jeune femme est décidée à tout raconter: les exils nocturnes dans la « tour », les attouchements forcés couverts par l’inévitable charabia spirituel, les prières et les menaces...

Le récit de Claudia commence pourtant dans l’allégresse, en Grèce, au milieu des années 70. Du magasin d’aliments naturels où elle achète ses croquettes de riz, la mère de Claudia, Barbara, directrice de théâtre à Athènes, rapporte un jour un goût marqué pour la méditation. Elle y a rencontré le « lama » Spatz. Il lui a proposé une vie pure et saine au château de Soleils, le « monastère » de Cas-tellane, lieu de villégiature des fidèles. Très vite, Barbara, divorcée, accepte. « Ma mère est partie comme ça, par la route, après avoir vendu ses biens, acheté une camionnette et entassé tout ce qui lui appartenait, dont mon frère et moi », se rappelle Claudia. Pour la petite fille âgée de 7 ans et pour son frère de 8 ans, l’aventure est exaltante. On leur promet la neige, qu’ils n’ont jamais vue. Et des chevaux. Ils déchantent : « Sur place, ceux-ci servaient uniquement aux travaux des champs. Et la mule mordait tout le monde... » Claudia va de déception en déception. Au monastère, l’absence de chauffage rend les hivers glacials ; la nourriture végétarienne et l’hygiène laissent à désirer. Mais, plus que tout, c’est la perte d’intimité, l’absence d’une vie de famille qui affligent l’enfant. « Nous dormions à trois dans une très petite pièce. Tout le reste — le travail, les repas — se passait obligatoirement en commun. »

CRISTAL ET LAMPES A HUILE

A l’époque, la secte compte très peu d’enfants. Persuadée que Claudia est « démoniaque », leur gardienne a en outre interdit à la gamine de fréquenter la seule autre fille du clan. Claudia se sent affreusement seule. Malheureuse, elle lit de la fiction anglaise ou française, des journées entières.

« Je devais m’occuper de moi-même. J’ai le sentiment d’avoir raté mon enfance. » Comme sa scolarité : lorsqu’elle atteint 14 ans, un oukase du gourou oblige la petite à abandonner ses études. Elle est affectée à une tâche autrement plus édifiante : l’entretien du temple tibétain de la secte. Chaque jour, la brunette y passe la serpillière et confectionne des mèches en coton pour 108 lampes à huile. Autour de la jeune fille, isolée du monde extérieur, l’étau se resserre. Pendant deux ans, entre 14 et 16 ans, elle ne sera pas autorisée à quitter le monastère.

Spatz lui intime alors l’ordre d’« aller dormir dans la tour » : c’est un bâtiment rond dont une cellule enferme un cristal au pouvoir prétendument magique. C’est aussi le lieu où Claudia aurait subi les assauts du maître chaque fois qu’il faisait escale à Castellane, entre ses nombreux voyages en Espagne, au Portugal, en Belgique, en France ou à Tahiti. « Sous couvert d’échanges d’énergie spirituelle, il me déshabillait et me touchait de façon sexuelle », relate Claudia. « Si tu ne dis rien à personne, tu deviendras très pure, très illuminée » : il la tient. Le « rituel » dure deux ans. Mais au fil des mois, l’abuseur devient plus agressif. Il conduit sa victime à l’hôtel, se dénude, l’oblige à le caresser. Elle se défend. Mal sans doute, comme peut le faire une adolescente sous influence, face à un adulte omnipotent : « Si tu refuses cette occasion unique, tonne-t-il, je peux contraindre ta mère- à des conditions d’existence plus difficiles... » Chantages minables, l’arme des faibles...

Le 18 juillet dernier, les gendarmes de la « section sectes » organisaient, à Bruxelles, une confrontation entre Spatz, toujours détenu, et sa victime. « Je ne l’avais plus revu depuis onze ans : cela m’a fait du bien, explique Claudia. J’avais conservé le souvenir d’une personne très grande et imposante. Devant moi, je n’ai plus trouvé qu’un petit homme vieux, nerveux, impuissant. » Au cours de l’interrogatoire, il arrive à Spatz, sourire aux lèvres, de plonger un regard sévère, concentré, au fond des yeux de la jeune femme. « Son regard de lama, se souvient-elle. Mais ça ne marchait plus... » Face aux autorités, le gourou conteste-t-il les faits qui lui sont reprochés ? Il admet, certes, les nuits dans la tour et l’imposition des mains sur le ventre de la fille. Mais il nie farouchement l’intention sexuelle. « Claudia, prétend-il, avait un problème, et je devais l’aider. » Elle a envie de le gifler. S’en abstient. L’entrevue, éprouvante, constitue somme toute, pour elle, un immense soulagement. Derrière son désir de vengeance (« La prison pour Spatz ? Il a le chauffage et des aliments corrects : ce n’est sûrement pas pis que ce que j’ai enduré ! »), elle songe à tous ceux qui continuent à subir ses manipulations.

Elle, elle connaît la chanson. Lorsque, à l’été de ses 15 ans, son père souhaite qu’elle vienne le voir, Spatz interdit cette sortie, et prie Claudia de répondre qu’elle n’a pas envie de rencontrer son papa. Elle essuiera un refus identique lorsque ses grands-parents américains l’inviteront à rejoindre définitivement les Etats-Unis. « Mon frère a pu y aller. Pour moi, Spatz avait prédit un grand malheur si je partais. J’ai accepté de rester, s’il mettait fin aux violences sexuelles et m’autorisait à retourner au lycée. Il a juré, et je l’ai cru. » Nouveau mensonge. Promptement, Barbara et sa fille sont transférées dans une annexe de la secte en Dordogne. « Lorsque je me suis renseignée sur les horaires des bus scolaires, Spatz m’a ri au nez, raconte Claudia. Et les abus ont repris... » Huit ans de servitude et de dogmatisme lui ont inculqué la vision d’un monde extérieur terrorisant.

Mais les lettres enthousiastes de son frère inoculent chez la jeune fille les ferments de la révolte. Juste avant ses 16 ans, elle déguerpit et fonce au Texas. Le processus d’affranchissement est long. Il lui faut trois ans pour oser révéler les viols à son frère. Prévenue par ce dernier, Barbara accourt. Par réelle empathie ? Parce que le gourou l’a ordonné ? Claudia l’ignore : « J’ai appris plus tard que Spatz avait raconté aux membres que je me droguais, et que ma mère avait dû partir pour me sauver... » Aujourd’hui, la mère et le frère de Claudia ont rompu les ponts avec la secte. Pas tout à fait, en vérité. L’une garde un sentiment mitigé sur les dix années passées à l’OKC. L’autre craint qu’en portant plainte contre Spatz, sa sœur mette en péril l’accueil qu’on lui réserve lorsqu’il rend visite à son jeune fils, resté dans la secte avec sa maman adepte. Claudia, elle, ne se pose plus de questions. « Ma mère était manipulée. Mon père n’a pas compris : pour lui, il s’agissait d’un groupe religieux un peu bizarre, mais inoffensif. C’est Spatz le seul responsable. » Récemment, des disciples intimidants l’ont appelée : « En témoignant, tu crois te faire du bien mais tu nourriras toute ta vie des remords... » Elle garde la tête haute, et froide. Elle a, dit-elle, la sensation très forte d’avoir fait uniquement ce qu’elle devait...

29/08/1997 | Le Vif/L'Express

Retrouvez le scan et le texte ci-dessous  :

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Critique d'un texte extrait du site d'OKC par une jeune femme ayant vécu à Château de Soleils #okcinfo

9 min read

En octobre 2015, Ogyen Kunzang Choling a mis en ligne un nouveau site internet et y a ajouté une page intitulée "Education des enfants"

Nous vous proposons ci-dessous une version de ce texte augmentée des commentaires d'une jeune femme ayant vécu son enfance à Château de Soleils :

 

Pendant une trentaine d’années, pour les parents de la communauté qui l’ont souhaité, l’éducation des enfants à partir de l’âge de cinq ou six ans a été prise en charge par la communauté à Nyima Dzong, dans un régime de pensionnat ouvert. Ce mode d’éducation, tout à fait traditionnel au Tibet, l’était encore il y a peu en Europe.  

De très nombreux aménagements y ont toutefois été apportés, tenant compte notamment des spécificités de l’apprentissage du bouddhisme, des développements de la pédagogie moderne et des possibilités offertes par le monde d’aujourd’hui. 

Dans un tel cadre, la vie quotidienne à Nyima Dzong s’est structurée autour des enfants : instruction scolaire, pratique et étude du bouddhisme et du tibétain, activités manuelles, culturelles, sportives et ludiques. Ils ont été entourés d’adultes dont les valeurs sont celles du bouddhisme, c’est à dire le développement de la compassion et de la sagesse. Ces adultes, qui étaient souvent leurs propres parents, les encadraient en tant qu’instructeurs, éducateurs et professeurs. 

Les enfants étaient en contact fréquent avec leurs parents qui, soit vivaient avec eux sur place

Pour ma part , ma mère était absente, ils avaient pour obligation si ils voulaient rester au sein de la communauté de mettre les enfants comme tout les autres parents , de nous envoyer là bas, j'avais 3 ans et demi , je pleurais parce que je voulais être avec mes copines qui avaient un an et demi de plus que moi du coup elle m'a envoyer là bas.  ce qui était le cas d’environ la moitié d’entre eux( il y avait dans les maximum une dizaine d'adultes , qui n'était pas tous parents et les autres parents dont ma mère n'avaient pas l'autorisation de nous voir , pour des raisons de « Détachement  des bien matériaux et physiques « on les voyaient une fois a deux fois par an, et certains enfants cela allait jusqu'à 4 à 6ans sans les voir , il y avait des ordres suivi à la règle et personne ou rare étaient les parents qui les enfreignaient, je me souviens d'avoir eu une année l'interdiction totale à tout parent de venir nous voir , on a du jeter dans un grand sac poubelle tout nos cadeaux qui nous connectait au monde extérieur et on a revu nos parents seulement après environ un an et demi ou deux ans. J'en ai pleuré beaucoup, on a presque oublié leur existence , seulement quelques enfants ayant des parents un peu plus riches et élites avait l'opportunité d'aller visiter la famille pour noël a cette époque.),

ou encore venaient les visiter régulièrement. Il était aussi habituel pendant les vacances scolaires que les enfants partent voir leurs parents ainsi que les autres membres de leur famille ne vivant pas dans la communauté.

Du point de vue scolaire, l’école primaire jouissait du statut d’école privée, octroyé après une enquête sociale approfondie. Le niveau secondaire s’inscrivait dans le cadre légal de l’instruction dans la famille. Les enfants étaient suivis par des enseignants qualifiés. Les méthodes d’enseignement étaient de type classique, comme dans n’importe quel établissement d’enseignement public. Les enfants en difficulté bénéficiaient d’une prise en charge personnelle, ce qui évitait les situations d’échec étude

Pour ma part , je n'avait pas droit à ce régime étant donné que le guru considérait que l'école était du lavage de cerveau du coup , à partir de 12ans la prise en charge personnelle était: on m'envoyait les cours des autres que je recopiais. Je n'ai pas d'échec mais aucune notion de cours à partir de cet age là . Je n'ai pas passé le baccalauréat.

Les situations de retard étaient rares et rattrapées rapidement. Les activités spécifiquement bouddhiques comprenaient l’apprentissage des bases du bouddhisme et de la langue tibétaine, l’étude de prières et de textes et la participation aux poujas (rituels collectifs au temple).

Depuis 2006, l’enseignement du tibétain et de la philosophie bouddhique était dispensé aux enfants comme aux adultes par Khenpo Tseten, maître d’études du monastère de Shétchen au Népal, que Rabjam Rinpotché, abbé du monastère, a envoyé à Nyima Dzong dans ce but.

Après une trentaine d’années d’expérience, on peut constater que l’apprentissage du bouddhisme a été un apport considérable dans le développement des enfants

Une sorte de dégout à devoir être forcé à rester assis pendant des journées entières assis, jeuner, traumatisé à devoir courir pieds nus dans la neige, devoir grimper la montagne avec des sacs a dos pleins de sucrerie qu'on ne pouvait pas manger pour les donner aux oiseaux, recevoir des punitions si on s'endormait au temple, être totalement défaitiste parce que de toute manière « l'impermanence « , que de toute manière tout ce qui t'arrive c'est ton karma et tu dois assumer sans broncher, je ne renie pas que j'ai appris beaucoup, je sais me débrouillée pour pleins de choses, mais ma santé en a payé, mon dos est cassé pour la vie, ma self estime aussi, et je ne serai pas où je suis maintenant pour vous dire ce que je pense si toutes les intentions qu'ils avaient ont été réalisées. Il y a eu beaucoup d' erreurs commises.

De plus, la vie du centre ayant été organisée autour d’eux, ils bénéficiaient d’une attention accrue sur tous les plans.La valeur de cette éducation se reflète dans le rapport d’enquête sociale qui avait été effectuée à l’occasion de la demande d’ouverture de l’école privée. Ce rapport souligne le niveau de scolarité, jugé au-dessus de la moyenne, les conditions de vie, considérées comme «privilégiées»

Waaaaao le grand mot, vous trouver ça normal qu'un enfant de 3 ans et demi ne voit pas sa mère tout les jours, qu'il fallait se battre pour avoir la croûte du gruau qu'on avait le matin qui parfois était truffé de crottes de souris ou de pierres étant des aliments considérés invendables en commerce, que quand on n'arrivait pas à manger notre assiette parce que la nourriture était trop infecte ou indigeste on devait la manger jusqu’à trois jours plus tard, qu'on recevait des coup de bâton ou des lattes sur les doigts,  si on avait le malheur de parler, etc.....

le grand degré d’épanouissement et de sérénité des enfants et leur ouverture vers le monde (plus d’informations sur notre page « Dossier »).

A préciser que le monde on nous le peignait comme mauvais toxique dangereux, il fallait être près à se battre contre lui, c'est sur qu'une fois avoir  réaliser que c'était des mensonges purs et que le monde n'était pas si terrible on a envie de le découvrir. Mais il y a des lacunes par rapport a l'éducation de comment se tenir en société.

Nous sommes très reconnaissants envers tous les maîtres tibétains qui nous ont visités et qui nous ont toujours encouragée dans cette voie.

Tout est impermanent,  cependant. Le temps est passé, les enfants ont grandi et ils sont progressivement partis vers d’autres lieux pour y continuer leurs études secondaires ou universitaires ou démarrer leur vie professionnelle

Il y a  des enfants totalement incapables de mettre un pied au château ou dans un des centres part dégoût et traumatisme de ce qu'ils on vécus , pour ma part les lieux je les aime mais je porte en moi beaucoup de douleurs que ce soit physiques, mentales ou émotionnelles : carence en affection, traumatisme à cause d'abus à 7ans  par un des responsables et a 13 ans part le guru en question, vertèbre cassée sans prise en charge, problèmes digestifs graves , et aucune base d'étude crédible donc difficulté pour gérer la vie administrative.

L’école de Nyima Dzong n’est pas née d’un projet, elle s’est construite progressivement pour répondre à un besoin. Ce besoin n’existant plus pour l’instant, les ressources que nous lui avions consacrées sont dirigées dorénavant à Nyima Dzong vers le développement des programmes d’étude et pratique du bouddhisme ouverts au public.

#OKCinfo

Règle d'Or de Soleils #okcinfo

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La Règle d'Or de Soleils, écrite par Robert Spatz régissait la vie dans les années 70 et 80 à Château de Soleils (aussi appelé Nyima Dzong).

Celle-ci a continué à être lue chaque jeudi lors de la scéance dite de "confession" : chaque enfant ou adulte se sentant coupable d'avoir enfrain une des règles se levait dans le temple devant tous les membres pour se confesser et lire la règle transgressée à partir du livre original trônant sur un pupitre.

Consulter tout le texte dans l'archive ci dessous :

#OKCinfo

Château de Soleils dit Nyima-Dzong #okcinfo

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"Château de Soleils ou Nyima Dzong est situé sur un plateau des Gorges du Verdon (Alpes de Haute Provence), à 800 mètres d'altitude et au centre d'un domaine de 112 hectares.

Le bâtiment principal, une ancienne ferme templière, abrite les installations communes. Il est entouré par quelques maisons d'habitation."

 Une image tirée de la page wikipedia d'Ogyen Kunzang Choling :

 Château de Soleils.JPG

« Château de Soleils » Sous licence CC BY-SA 3.0

 

Voici sa localisation :