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Sometimes winning a battle is about knowing when to let it go ! #okcinfo #okcspatz #metooguru #metoo

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Thanks to all your donations both offline and online, we now reached 4.538€ we still have to top-up with 2000€ to reach the first step of being able to pay the lawyers.

If you can still share this campaign via email, social media or word of mouth please Know that each of these little things help us tremendously reach our general goal.

The Judgement day is approaching soon, many people from different countries will join and be present to the final of this 20 year long trial, the date is 18th of September, Justice Palace of Brussels. Check our out facebook event via the OKCinfo page to make sure to get the latest updates.

For many of us this is the end of a journey that started in 2016 with the first trial where OKC-Spatz got themselves a nice 4 year suspended sentence that they appealed 10 days after the sentence resulting in an appeal court trial in 2018. if there was one image representative enough to speak about the appeal is : Facebook comments & images where the only arguments beside openly lying under oath to counter our arguments and our multi faceted but converging stories depicting the reality inside OKC.

The cult could not do better than what they did to serve our objective : most of the testimonies from cult insiders to counter our arguments displayed either lies, cult conditioning, severe lack of discernment, absurd perjury and the use of Tibetan Buddhist figures to justify the legitimacy of their so called Buddhist center. We hope the Belgian Justice will be able to cut through the bullshit and see OKC and Spatz and the 7 direct accomplice as what they are : criminals that need to face their actions and their utter lack of integrity.

History will always remember the version of the survivors and we'll make sure it stays that way for eons to come: Ogyen Kunzang Choling is dead, Robert Spatz aka Lama Kunzang is just a shadow of psychopathy maintained alive by his utter fear of death and his belief that death is so important moment of life where one's actions are scrutinized, felt and seen by oneself and that on that moment, every pain, every abuse, every torture will be felt thousands of times stronger and for eternity.

That's what await the circle of jerks around RS and that's what await RS/LK and that's what they will get. Karma is a bitch they say, Human Justice may be flawed (flaws used and abused by OKC to last this trial for 20 years is one of their feats certainly) but in the end, even before the judgement day, we already won, we spoke up, we united to fight the only battle worth battling for : ourselves and that along with handling our lives and healing is the best way to celebrate winning with or without a matching human justice system sentence.

May the Light always be !

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Guru et disciple dans le vajrayana - Par Dzongsar Jamyang Khyentse

76 min read

OKCinfo does not endorse, support or agree with this article, it is the sole opinion of DJKR, we are rather ignoring the Vajrayana word-salad & instead reproduce this text here so that everyone can make his own opinion on how so called Buddhist "masters" manage their crisis communication by protecting the abuser and blaming the victims.


source : Dzongsar Jamyang Khyentse
traduction : MC

J’ai écrit le texte suivant en réponse à nombre de sollicitations, incluant celles de la presse, de mon opinion sur la situation actuelle de la sangha de Rigpa à propos de la conduite de Sogyal Rinpoche.

Je n’ai répondu à aucune des questions posées par la presse jusqu’à maintenant, car ce que je veux dire ne peut être publié ou altéré de quelque façon que ce soit. Malheureusement les journalistes coupent toujours les textes, puis sélectionnent et choisissent des bouts qui s’intègrent à leurs idées préconçues. Si vous ne me croyez pas, passez juste 5 minutes à regarder CNN, Fox News, Al-Jazeera, le New York Times, le Guardian ou le Breitbart News network. Vous découvrirez rapidement la nature de la « liberté d’expression » dans notre société moderne. Malheureusement, la plupart des magazines et bulletins bouddhistes ne sont guère différents.

Donc, voici ce que je veux dire, non coupé et inédit.

Veuillez SVP, vous munir de patience et lire le texte en entier du début à la fin ; ce texte doit être lu dans son intégralité et non par morceaux.

En premier lieu, cependant, je sens que je me dois de signaler que ce que je veux vous dire concerne la relation, entre un guru et un élève, spécifique au vajrayana. Car cette sorte de relation est un phénomène vajrayana, j’aimerais pouvoir dire que si vous n’êtes pas un élève du vajrayana, vous n’avez pas à vous préoccuper ni à vous soucier de ce qui suit. Mais je ne le peux. Pourquoi ? Parce que, que vous le vouliez ou pas, le vajrayana est associé au bouddhisme, et en abordant une situation du vajrayana, je ne peux éviter de parler du bouddhisme et de son futur.

Ceci étant dit, je suis sûr que les bouddhistes du Theravada et du Mahayana qui ont été entrainés dans ce débat public par simple association, doivent s’arracher les cheveux de frustration. Je ressens de l’empathie, à votre place, je ressentirais la même chose.

Mais il ya- une chose sur laquelle nous devons être clairs. Il y-a une claire différence entre le rôle de Sogyal Rinpoche en qualité de maître vajrayana et son rôle en tant qu’enseignant bouddhiste public et dirigeant d’une organisation à but non lucratif. Les maîtres vajrayana ne sont pas forcément des personnages publics. Beaucoup ne sont même pas connus comme étant des enseignants bouddhistes- dans le passé, certains maîtres vajrayana gagnaient leur vie comme prostitués ou pêcheurs. Mais à la différence de la relation maitre-disciple d’autres traditions, dans le vajrayana, la connexion entre le guru et l’élève est quelquefois plus personnelle et constante qu’une relation familiale.

Le plus souvent, le contraire est vrai pour les enseignants qui présentent le bouddhisme de manière plus générale. Ces enseignants sont souvent des personnages publics. Dans la plupart des cas, ils ont beaucoup de disciples, et ils sont ainsi que leurs enseignements largement disponibles. Ils peuvent aussi être à la tête de nombre de monastères et d’organisations non lucratives.

Ainsi guru vajrayana et enseignant bouddhiste sont en fait des rôles totalement différents- même quand ces rôles sont tenus par une seule personne. Le sujet de cette discussion est le rôle du maître vajrayana et le rôle de Sogyal Rinpoche en tant que maitre vajrayana et non le rôle de SR directeur spirituel de Rigpa et enseignant bouddhiste public.

La distinction est importante car beaucoup de bouddhistes se demandent comment expliquer ce genre de scandales à leurs amis et proches. Comment parler de ça avec votre petite sœur qui va dans un collège chrétien ? ou avec votre nouveau petit ami non bouddhiste, à qui vous voulez vraiment faire bonne impression mais qui pense déjà que votre ardeur à faire tout ce que ce guru vous demande est étrange. Donc c’est un problème qui devrait être considéré et traité séparément, spécialement à la lumière de la couverture médiatique croissante que la conduite de SR va susciter.

Rien de ce que je vais dire sur le vajrayana en particulier n’est facile à expliquer. En fait, je suis un peu préoccupé par le fait que je vais soulever plus de questions que je n’apporterai de réponses. Et je suis également certain que mes mots seront mal interprétés. Mais j’ai décidé d’essayer d’écrire ceci de toute façon, car il y-a beaucoup de pratiquants du vajrayana qui luttent pour savoir comment considérer la situation actuelle et qui aimeraient examiner les questions que je souhaite soulever.

La relation Maître-disciple

L’université de Nalanda en Inde était une des plus anciennes universités du monde. C’est à Nalanda que, il y-a 1400 ans, les savants confirmèrent qu’il n’existe pas une chose telle que l’atome, ou une particule la plus petite, ou un dieu qui aurait une existence inhérente ; et ces savants auraient éclaté de rire devant les théories actuelles du Big Bang et de la démocratie. Ce que je veux mettre en évidence c’est qu’à l’Université de Nalanda il n’y avait pas de place pour le sentiment ou la dévotion aveugle ou la croyance aveugle.

Narpa était le doyen de cette grande université. Ses accomplissements académiques étaient remarquables mais le laissaient insatisfait. Alors il renonça à son poste prestigieux et se mit en quête d’un maître dont la sagesse outrepasserait sa propre érudition et tout ce qu’il connaissait. Finalement, il rencontra Tilopa, un pêcheur, et cette rencontre marque le début d’un voyage risqué et extrêmement imprévisible.

Parmi maintes tâches inexplicables, Tilopa demanda à Naropa de pincer les fesses d’une princesse en public et de voler de la soupe, ce qui eut pour résultat que Naropa fut passé à tabac. Et pourtant Naropa- bien entraîné au scepticisme- fit de bon cœur tout ce que Tilopa lui demanda sans poser une seule question. Sa récompense fut l’enseignement du Mahamudra, qu’il transmit à ses propres disciples, qui eux-mêmes le transmirent. A travers les siècles, les enseignements du Mahamoudra de la lignée de Naropa ont continué à libérer d’innombrables êtres humains.

Les gens qui chérissent le mahamoudra ne sont pas stupides, ils ne sont ni des flagorneurs, ni sujets à l’idolâtrie.  La lignée Mahamudra de Naropa s’est largement répandue- pas juste auprès de hippies sans emploi, marginaux, asociaux et rebelles, mais aussi à quelques uns des plus grands empereurs du monde. Et le récit de la manière dont Tilopa a donné son enseignement à Naropa a été conté et re-conté. Non comme quelque sorte de légende, mais comme un enseignement et un exemple-un exemple que la plupart des pratiquants vajrayana en herbe désirent imiter. 

La lignée mahamudra de Naropa continue jusqu’à nos jours grâce à de grands marchands Mahamudra de l’extrême Orient, comme Chogyam Trungpa Rinpoche, qui l’a même transporté dans l’Ouest sauvage de l’Amérique.

Il y-a plus de 30 ans, Trungpa Rinpoche ordonnait à ses élèves, incluant d’éminents avocats et dentistes de Boulder, Colorado, de déménager pour l’endroit le plus lugubre de la planète : Halifax, Nova Scotia. Et ils le firent. Dans les temps modernes, un tel ordre équivaut à ordonner à Tilopa de voler de la soupe. Incroyablement, des décades après le décès de Trungpa Rinpoche, ces dentistes et avocats obéissants vivent toujours à Halifax et ont réussi à produire une troisième génération de pratiquants.

Au fait, si jamais vous vous trouvéz entourés de quelques uns de ces pratiquants, ils vous parleront des splendeurs de Trungpa Rinpoche à vous en rabattre les oreilles.

Ce genre de récit- du temps de Naropa à Trungpa Rinpoche au 20ème siècle- est un exemple de la relation guru-disciple dont dépend entièrement la transmission du Mahamudra.

Sogyal Rinpoche a-t-il « mal » agi ?

Récemment, certains élèves de SR, qui se considèrent eux-mêmes comme des pratiquants de la tradition vajrayana, ont prétendu que SR considérait les comportements injurieux comme « moyens habiles » ou « compassion courroucée » dans la tradition de la « folle sagesse ».

De quelque manière que l’on décrive le style d’enseignement de SR, le point clé est que si ses élèves avaient reçu une initiation vajrayana, si au moment où ils l’ont reçue ils étaient complètement conscients que c’était une initiation vajrayana, et si SR s’était assuré qu’ils avaient accompli et adhéraient aux pré-requis nécessaires, alors du point de vue du vajrayana, il n’y-a rien de mal dans les actions ultérieures de SR. (Au fait, initiation comprend l’instruction de pointing out (introduction à la nature de l’esprit) qui est l’initiation vajrayana la plus haute, connue sous le nom de quatrième abisheka)

Franchement, pour un élève de SR qui a reçu abisheka en toute conscience et donc est entré et a cheminé sur la voie du vajrayana, penser à étiqueter les actions de SR comme injurieuses ou critiquer un maitre vajrayana même en privé, sans parler de publiquement et dans la presse, ou simplement révéler que de telles méthodes existent, est une rupture de samaya.

Cela ne veut pas dire, comme cela a été suggéré, que le tantra fournit aux maitres une liste des manières dont les maitres peuvent circonvenir leurs élèves, sexuellement, émotionnellement et financièrement- vous ne trouverez une telle liste dans aucun des tantras. En même temps, un maitre vajrayana utilisera tout moyen pour défier et aller contre l’ego, l’orgueil, l’auto-chérissement et l’esprit dualistique de chaque élève, et pourrait bien terminer par dire à un homme vicieux et obsédé sexuel de se faire moine.

Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas contourner les règles sur ce point. Quand à la fois le donneur et le receveur d’une initiation vajrayana sont totalement conscients et clairs sur ce qui se passe, ils doivent tous les deux accepter que la perception pure est la vue et la pratique principale de la voie du vajrayana. Il n’y-a pas la moindre place pour même une once de perception impure.

Mais qu’est ce que la perception pure ? En fin de compte selon le vajrayana, la pratique de la perception pure ne signifie pas seulement voir le guru comme un dieu, ni même comme une déité tantrique. Bien que le vajrayana comprenne notoirement des techniques de visualisation non seulement du guru mais de chaque être sur cette planète et de l’univers comme une déité, le point clé de la perception pure est d’aller totalement au-delà de la perception dualistique et de réaliser l’union de la vacuité et de l’apparence.

Pour dire les choses simplement, la perception pure est la forme la plus élevée de l’entrainement de l’esprit-dag nam byang en tibétain. Dag signifies pur, nang perception et byang entrainer ou s’habituer à.

Ainsi comment fonctionne la perception pure ? En tant qu’élève du vajrayana, si vous regardez SR et pensez qu’il est en surpoids, c’est de la perception impure. Pour essayer de corriger votre perception impure, vous pourriez alors essayer de le visualiser avec le corps de Tom Cruise, mais c’est toujours de la perception impure. Une méthode parmi l’infinité des « méthodes habiles » du vajrayana qui sont utilisées pour déconstruire et démanteler la perception impure, est de visualiser SR avec une tête de cheval, mille bras et 4 jambes. Mais même cette technique doit en fin de compte être transcendée afin de réaliser la perception pure.

En gros, tandis que la perception des élèves demeure impure, le guru qu’ils voient sera une projection basée sur leur projections impures, et donc elle ne peut être qu’imparfaite. La seule manière de changer notre perception impure et de voir le guru comme un être éveillé est par l’entrainement de nos esprits, en utilisant les pratiques de visualisation fournies par la voie du vajrayana.

Aucun enseignement vajrayana ou maitre vajrayana qualifié ne s’attend à ce que les perceptions d’un élève soient complètement pures au moment de son entrée dans la voie du vajrayana. C’est pourquoi les techniques utilisées s’appellent entrainement-et même le mot anglais « entrainement » implique que les erreurs sont inévitables. Mais il ya- un moyen très simple de vérifier vos progrès dans cette pratique. Dans le vajrayana, vous êtes supposé voir non seulement le guru mais vous-mêmes comme une déité. Donc, si, juste après avoir été instruit de votre état de déité, vous sautez le déjeuner et avez faim, cela signifie que votre entrainement est incomplet. Vous serez parfaitement accompli dans votre entrainement à la perception pure une fois que vous aurez réalisé l’union de l’apparence et de la vacuité.

Donc si un élève de SR devait le voir flottant au milieu d’un lac et sur la base de sa perception impure, projeter l’idée qu’il semble se noyer, ce ne serait probablement pas une bonne idée pour cet élève de penser : « Rinpoche est un être éveillé et devrait pouvoir marcher sur l’eau ». Une meilleure pensée serait : « Ceci est ma perception impure ! Rinpoche se manifeste en personne se noyant pour que je puisse accumuler le mérite de le secourir ».

Au fur et à mesure que votre pratique s’améliore, votre perception du guru ne sera plus liée ou limitée par les causes, conditions et résultats qui vous ont fait penser une fois qu’il se noyait. Ceci est l’étape de votre développement spirituel quand vous verrez véritablement le guru extérieur comme le Buddha et serez aussi capable de voir votre propre guru intérieur.

Jusque là, quand votre guru préside un conseil d’administration et qu’il devient évident qu’il n’a aucune information sur un problème, vous ne devriez pas hésiter an tant que membre prudent de ce conseil à lui fournir toutes les informations dont il a besoin. En même temps, en tant qu’élève du vajrayana, vous devez habilement vous rappeler que le guru ne parait inconscient à vos yeux que du fait de votre perception impure, et que en  paraissant nécessiter votre assistance, le guru est en réalité en train de vous donner une opportunité d’accumuler des mérites.

Nous avons tous des habitudes, et c’est l’habitude qui rend inévitable la perception impure. Dès le moment où nous entrons sur le chemin du vajrayana, nous commençons à rompre les samayas-qui sont nos vœux de maintenir une perception pure. C’est pourquoi l’hypothèse que tous les pratiquants vajrayana feront des erreurs fait partie intégrante du chemin du vajrayana. La voie du pratiquant est alors de se confesser immédiatement, exposer et réparer toute perception impure au moment où elle s’élève, et de continuellement aspirer à faire de moins en moins d’erreurs.

C’est cela que signifie garder les vœux de samaya. En fait la pratique du vajrayana ne peut être séparée de garder le samaya/ Il n’y-a pas une chose telle que « gardons nos vœux de samaya et pratiquons donc ».

En fin de compte, une fois  transcendées les possibilités de faire des erreurs et de rompre le samaya, même penser que quelque chose est à confesser ou qu’il existe un confesseur est une rupture de samaya. Dans le Buddhadharma, pas juste le vajrayana, le seul moyen pour chacun de nous de garder tous les samayas, est par la réalisation d’une compréhension parfaite de shunyata.

Si une perception impure-telle que la critique de son guru- est faite de manière délibérée et consciemment, et si cela devient une discussion publique bien organisée et chorégraphiée avec aucune place pour le changement ou la correction, cela constitue une rupture totale de samaya.

Une fois qu’une initiation a été donnée et reçue, ni le guru ni l’élève ne peut continuer à s’analyser réciproquement,- le guru ne peut analyser l’élève et l’élève ne peut analyser le guru. Une fois l’initiation donnée, le guru doit accepter cette personne comme son élève et s’en occuper comme de son propre enfant-même plus (que son propre enfant), en fait, peu importe combien l’élève est énervant, têtu, névrosé ou même criminel. Je sais que vous ne voulez pas entendre ça mais c’est la vue du vajrayana et c’est ce qui est enseigné dans les tantras.

C’est une grosse erreur de spéculer sur la possibilité de continuer à analyser et critiquer le guru après avoir reçu une initiation majeure-en fait c’est une totale erreur. Nous ne pouvons changer la vue fondamentale du vajrayana juste parce que cela ne convient pas aux esprits de quelques activistes libéraux, abrahamiques puritains ou individualistes.

Si vous trouvez que cette vision ne vous convient pas, mais que vous voulez quand même suivre le chemin du Bouddha, vous pouvez essayer plutôt les chemins du Mahayana ou du Sravakayana. Si aucune de ces voies ne marchent pour vous-si vous n’êtes pas confortables avec l’absence de fondement non duelle du bouddhisme-vous feriez aussi bien de suivre une des religions abrahamiques. Ce sont les religions qui suivent un chemin avec une base clairement dualiste et qui disent des choses comme « ne mangez pas de porc, mangez du poisson, et les femmes portent des burqas ». Si l’étiquette « religion » est vraiment trop embarrassante pour vos esprits élitistes et dits progressistes, vous pourriez essayer un genre de sécularisme quasi athéiste, habillé d’éthiques moralistes et gonflé de pharisianisme dogmatique libéral. Ou vous pourriez aveuglément vous autoriser à être avalé par l’angoisse existentialiste, et ensuite être agacé par ceux qui sont égarés par l’espoir.

Et encore, il y en a peut-être parmi vous qui désirent ardemment des enseignements tantriques parce que vous voulez obtenir toutes les réalisations possibles, mais sans souffrir aucune douleur ; ou parce que vous êtes le genre de personne qui a un sens fort de vos prérogatives et aimez éviter les pratiques préliminaires. Ou vous pourriez être très intelligent et vouloir suivre le chemin le plus simple qui amène les résultats les plus rapidement, donc vous essayerez peut-être de contourner le système en coupant dans les virages pour arriver aux plus hauts niveaux d’enseignement du Dzogchen et du Mahamudra plus vite. Ou vous pourriez être un de ceux qui gémissent amèrement quand le guru dit que ce n’est pas le bon moment pour de tels enseignements et alors utilisent le chantage émotionnel intense pour obtenir ce que vous voulez. Si vous tombez dans une de ces catégories, la relation maitre-disciple tout ou rien est ce que vous obtiendrez. Je suis désolé, mais c’est comme ça que les choses sont et je n’y peux rien.

Nous ne pouvons pas modifier la vue du vajrayana ou en inventer une version « modérée » juste pour convenir aux mentalités du 21ème siècle. Si nous le faisions, ce serait comme affirmer qu’en ces temps modernes, nous devrions dire que certains phénomènes composés sont permanents et certains phénomènes ont une existence inhérente- mais nous ne le pouvons pas non plus. La vue est fondamentale au Bouddhadharma et donc à la voie du vajrayana.

Dans le bouddhisme, l’idée générale est que nous entraînons nos esprits pour réaliser la non dualité. Le tantra nous offre la voie la plus profonde pour réaliser la non-dualité à travers la pratique de la pure perception, et dans le vajrayana nous essentialisons ( def : donner une essence) cette pratique en maintenant une perception pure du guru.

En fin de compte, en tant que pratiquants du vajrayana, nous devons exercer la perception pure envers tous les êtres sans exception, ce qui signifie que nous devons l’exercer également à l’égard de Donald Trump et même Hitler. Mais nous ne serons en mesure d’exercer une pure perception de chacun et chaque chose que si nous pouvons d’abord maintenir une pure perception de notre guru. Si vous essayez de conserver l’option de remettre en question, critiquer et analyser-en d’autres mots si vous conservez un peu de perception impure sélective comme une police d’assurance qui vous permet de mettre en doute votre voie même- alors comment réaliserez-vous la cessation de l’esprit dualiste ? Comment sera réalisé le « goût unique » ? Comment réaliserez-vous l’union du samsara et du nirvana ?

Une des pratiques fondamentales du Bouddhisme est de travailler avec nos propres projections. C’est une pratique sur laquelle l’accent est particulièrement mis dans le vajrayana. Je sais que nombre d’entre vous vont faire des yeux ronds et m’accuser de me défiler quand je dis ça, mais tout ce dont ses étudiants critiques accusent Sogyal Rinpoche est basé sur leurs projections. Je sais que c’est difficile à accepter, je sais que cela semble très réel, et même si ce l’est, c’est une projection.

Le point essentiel est ceci : si à la fois disciple et guru sont en toute connaissance conscients de la théorie et pratique du vajrayana, je ne vois rien de mal dans ce que SR a fait à ses soi-disant disciples du vajrayana- spécialement ceux qui sont restés avec lui de nombreuses années. Ces étudiants sont entrés dans la voir du vajrayana volontairement, c’est un périple qu’ils ont choisi d’entreprendre. Du moins, je présume que c’est le cas.

Est ce que des aspects de ce périple vont à l’encontre de règles communément acceptées ? C’est possible. Sont-ils en contradiction avec la manière de penser des humains modernes du 21ème siècle ? Oui. D’un point de vue mondain, une grosse partie du vajrayana est inenvisageable, peut être même criminelle. Si Tilopa vivait de nos jours, il aurait été enfermé depuis belle lurette. Quand on y pense, quelle nation ou culture occidentale se vanterait dans sa littérature de Marpa rossant Milarepa ?  Pourtant, les Tibétains glorifient cette histoire, la tenant pour un des plus glorieux exemples d’une vraie relation de guru à disciple.

Je suppose aussi que ces étudiants critiques de SR ne sont pas allés vers lui en quête de conseils pour atteindre des succès mondains ou pour des thérapies, mais pour trouver comment transcender le monde ordinaire-ce qui implique nécessairement d’aller au-delà de toutes sortes de valeurs mondaines telles que la moralité, le joug de la loi, la responsabilité, la transparence et ainsi de suite. Vous ne pouvez pas laisser un pied fermement ancré dans vos ambitions et zones de confort mondain et vous attendre à être capable de les transcender.

Voici la véritable raison pour laquelle il est dit que le vajrayana est exclusivement pour les disciples de « facultés supérieures »-ce qui dans le contexte, n’a rien à voir avec l’intelligence requise pour obtenir une bourse de Rhodes ou pour être diplômé de Stanford. Une personne avec des « facultés supérieures » est totalement dégouté de la dualité du samsara et du nirvana, rejette les idées de fondamentalisme et de modération, est révolté par l’anarchisme et la moralité, et résolu et sincère dans sa dévotion et la transcendance de la dualité. Et c’est pourquoi les élèves reçoivent tant d’avertissements avant de recevoir des enseignements du vajrayana.

Les disciples de SR étaient-ils avertis ? Les bases nécessaires à l’entrée dans le vajrayana avaient-elles été posées ?

Quiconque avec une once de bon sens sait qu’un avertissement doit être donné avant, et non après l’incident. C’est donc le devoir d’un maitre vajrayana d’avertir les aspirants disciples  de manière répétée et bien en amont de ce dans quoi ils s’engagent. Les élèves doivent être informés de ce qu’ils sont en train d’entreprendre- le schéma complet, pas juste les points forts.

Si SR avait donné ces avertissements, si il avait posé convenablement les bases en enseignant les fondamentaux du bouddhisme, s’il s’était assuré que ses élèves avaient construit une base solide par leurs études et pratiques, et si, avant qu’ils reçoivent leur initiation et enseignement, il les avait informé de la nature du sentier du vajrayana et des conséquences en cas de rupture du samaya, il y-a des chances que cette situation actuelle ne se serait jamais présentée.

Mais je suspecte que ce n’est pas tout à fait ce qui s’est passé. Sur quoi est ce que je fonde mes soupçons ? En partie sur ma connaissance des habitudes tibétaines d’enseignement et aussi sur le peu que je connais des méthodes d’enseignement de SR.

Tout d’abord, de nombreux enseignants tibétains ont encore coutume d’enseigner à des non-tibétains comme s’ils s’adressaient à des tibétains. Au Tibet, le vajrayana n’est pas enseigné de manière aussi secrète qu’en Inde, où l’on insistait de manière répétée sur la nécessité de conserver le secret absolu sur les enseignements et même l’identité du maitre. Même les initiations étaient données en secret, souvent dans des lieux inhabitables comme des cimetières ou des sommets montagneux. C’est tout à fait à l’opposé de la manière dont les lamas tibétains-qui habituellement s’assoient sur d’immenses trônes en face de milliers de personnes- donnent des initiations. 

En Inde, nos prédécesseurs tantriques étaient déjà extrêmement bien informés-Naropa par exemple, savait exactement ce dans quoi il s’engageait. Ce n’était pas le cas la plupart du temps dans l’histoire bouddhiste tibétaine.

L’ironie de l’histoire, c’est que de nos jours les étudiants occidentaux soient si désireux d’imiter les façons de faire tibétaines-habitudes qui, de toute façon ne valent vraiment pas le coût d’être prisées. Deux millénaires avant que la Renaissance européenne amène une nouvelle culture de  questionnement et d’investigation dans le monde moderne, le Bouddha avait déjà mis l’accent et insisté sur le rôle vital que joue l’analyse dans la découverte de la nature de l’esprit. Plus de deux millénaires avant la chute de l’autoritarisme en occident, le Bouddha enseignait : « Vous êtes votre propre maître. Nul n’est votre maître ». Aucun de ces conseils n’a jamais été pris au sérieux au Tibet. Ne pas prendre de tels enseignements au sérieux est une très mauvaise coutume et il n’y-a certainement pas de quoi en être fier.

Les lamas tibétains utilisent souvent des rituels tantriques comme part de manifestations publiques locales, ce qui signifie que les initiations vajrayana côtoient les levages de drapeaux et coupures de rubans (inaugurations). Chez les prédécesseurs du bouddhisme tibétain en Inde, on n’a jamais entendu parler de cette utilisation du tantra ; là-bas, aucune trace de transmission ou de rituel ne pouvait être entrevue avant, pendant ou après leur discrète exécution. Les lamas tibétains se vantent aussi publiquement de leurs gurus, comme s’ils dévoilaient une plaque commémorative. Mais je serais extrêmement surpris d’apprendre que Naropa ait pris quelque effort pour élaborer son CV, ou qu’il ait jamais annoncé publiquement que son guru tantrique était Tilopa.

Il peut être possible de donner des initiations et enseignements vajrayana ouvertement et publiquement en des lieux où les initiés sont totalement dévots, largement analphabètes et n’ont aucune formation académique ou usage de l’analyse. Mais c’est difficile de trouver ce genre de personne dans un monde rempli voire débordant de petits malins. Aussi de nos jours, quand les lamas tibétains pratiquent leur habitude de donner ouvertement des enseignements vajrayana à des non tibétains-en particulier aux occidentaux- mais oublient qu’ils offrent ces disciplines à des lecteurs du New York Times, élevés dans l’analyse critique, entrainés à chérir l’analyse et l’observation, et acclamés pour leur rébellion contre les conventions, il est inévitable que les choses s’effondrent.

En contraste absolu avec les caractéristiques qui marquent les étudiants modernes occidentaux du Dharma, la majorité des disciples tibétains sont culturellement forcés de recevoir des initiations et enseignements comme part de leur mode de vie traditionnel. Peu de tibétains approchent le vajrayana avec la moindre idée de mettre en pratique les analyses correctes et recommandées, et au lieu de cela, s’en remettent à la dévotion aveugle. A ce jour, beaucoup d’entre nous, pas juste SR, nous en tenons à nos usages traditionnels et par conséquent consacrons très peu de temps à donner aux étudiants les avertissements appropriés et à poser les bases nécessaires avant de leur donner initiations et enseignements.

Je connais un peu SR car j’ai visité des centres Rigpa et ai été témoin de leur première installation. Pour être franc, je n’ai vu aucun signe me permettant de penser que les avertissements appropriés aient été donnés, ou que les bases adéquates aient été posées, ou que les enseignements de base aient été donnés convenablement. A plusieurs occasions, il m’a semblé que certains étudiants étaient chrétiens jusqu’à peut-être la veille du jour où ils ont assisté à l’enseignement puis soudain 24 heures après, ils entendaient parler de la dévotion au guru, recevaient des instructions précises et pratiquaient le yoga du guru- c’était aussi extrême que cela.

Si c’est comme cela que cela se passait – si aucun avertissement et aucun entrainement de base n’étaient donnés avant l’enseignement du vajrayana- alors SR est encore plus dans le faux que ses étudiants critiques. Pourquoi ? Parce qu’il est de sa responsabilité de préparer le terrain en accord avec les enseignements et la pratique de base prescrits et bien établis du Vajrayana. Il n’y-a aucun doute que la personne qui a le plus de connaissance, pouvoir et donc responsabilité est aussi la plus coupable quand les obligations ne sont pas respectées.

Comment réagissent les élèves occidentaux

Mais il y-a une chose dans tout cela qui m’interpelle. Les étudiants qui critiquent SR semblent être supérieurement intelligents. Pourquoi donc, n’étaient-ils pas assez intelligents pour examiner et analyser le maître avant de s’engager ? Comment se sont-ils laisser emporter par l’expérience Rigpa, ces brochures en papier glacé et bien élaborées et tout ce tralala ? Et je ne comprends vraiment pas pourquoi ils ont attendu 10 ou même 30 ans avant de dire quoi que ce soit ? Comment se fait-il qu’ils n’aient pas entrevu ces problèmes leur première ou seconde année avec SR ?

Je devrais dire que mon étonnement est mélangé à de la sympathie, car nous humains ne sommes pas seulement sujets de nos intellects, nous sommes remués par nos sentiments. Je peux seulement supposer que ces étudiants étaient peut-être émus et même impressionnés par tout ce qu’ils voyaient à Rigpa ? Peut-être que les brochures en papier glacé, l’encens, les trônes et les chants ont fait leur boulot ? Et bien sur, Rigpa a accueilli de nombreux lamas grandement respectés et illustres, y compris le plus grand d’entre eux, ce qui a scellé la vénération et le respect que ces étudiants ressentaient non seulement pour la tradition globalement, mais pour SR lui-même. En conséquence de l’explosion de sentiments pieux qu’ils ont expérimentée, il a du y avoir peu de place dans leurs esprits pour plus d’analyse, car émotionnellement, ils voulaient juste « faire le saut ». A partir de ce que j’ai vu dans Rigpa, cela pourrait bien être ce qui s’est passé.

Hélas le karma joue aussi un rôle dans tout ceci, n’est ce pas ? Et maintenant que j’ai parlé de karma, je suis sur que certains d’entre vous vont m’accuser de me défiler à nouveau. Néanmoins, la réalité est que tomber amoureux de brochures de papier glacé et du bazar tibétain, être inspiré et touché par l’exotisme tibétain et les espèces en voie de disparition tibétaines, et tout autre chose qui surgit de nos esprits, tout survient des causes et conditions qui sont l’essence du karma.

C’est ainsi et tout ce que je peux faire est de vous encourager à accumuler plus de bon karma pour que nous n’ayons plus à faire face à ce genre de situation dans nos vies. Les sentiments sont karmiques. Et je crains que cette situation ne soit pas réglée tant que le karma n’est pas épuisé.

Si un maitre ou un disciple vajrayana chute, quelles sont les conséquences ?

Si le maître et l’élève ont atteint une réelle compréhension de la voie pratiquée et si les bases nécessaires et appropriées ont été posées et qu’une claire idée des conséquences possibles a été transmise, mais l’élève a toujours une vue erronée et agit en disant du mal et critiquant le maitre, alors, selon le tantra, l’élève subira des conséquences graves et inimaginables.

Mais les mêmes conséquences s’appliquent au maitre. En fait, si le maitre n’a pas posé les bases convenables, si le maitre profite de l’élève physiquement, émotionnellement ou financièrement, et si le maitre donne les plus hauts enseignement du yoga tantrique à ceux qui n’ont pas acquis les bases appropriées et que le résultat est qu’un élève immature rompe les racines du samaya les plus fondamentales, alors le maitre souffrira des conséquences extrêmement graves-conséquences même plus graves et terribles que celles de l’élève.

Si les bases appropriées ont été posées mais que les actions du guru-physiques, verbales, émotionnelles, etc.- n’amènent pas l’élève un chouya plus près de l’éveil, et si les actions du  maitre sont orientées vers le profit personnel, sexe, pouvoir ou la complaisance envers lui-même, il est clair qu’il ne sait pas ce qu’il fait. Il n’est en conséquence et de manière évidente pas un maitre vajrayana, ni même un mahasiddha. Et il devra en subir les graves conséquences.

Quand je dis conséquences graves, Je ne veux pas dire l’étalement dans les médias, ou d’avoir son image ruinée par le scandale, ni même d’être arrêté ou emprisonné. Ce n’est rien ! Les conséquences pour le maître sont bien pires qu’une simple humiliation au sens propre : il terminera dans les enfers vajra. Qu’est ce que l’enfer vajra ?  Il ne s’agit pas simplement d’être ébouillanté avec du fer fondu ou frit par les gardiens de l’enfer- ce qui en fait apparait plutôt confortable en comparaison. Le caractère insupportablement horrible de l’enfer vajra est qu’une fois là, vous  n’entendrez jamais parler des enseignements sur la cause et les conditions interdépendantes, shunyata et le reste, pendant des éons, des éons et des éons. Un millier de Bouddhas pourront apparaitre et disparaitre, mais dans l’enfer vajra, vous n’en entendrez jamais parler, ni de leurs enseignements.

Si l’action d’un maître abime l’image du Buddhadharma, ou gâche l’appétit de dharma d’un étudiant débutant, ou si la graine de l’aspiration qui guide juste une personne à suivre le dharma est irrévocablement détruite, les conséquences en sont si terribles qu’elles sont inexprimables.

Peu de gens semblent savoir comme il est difficile d’être un disciple du vajrayana, mais presque personne ne sait qu’il est encore plus difficile d’être un maitre du vajrayana. Je pense que l’ignorance affligeante et largement répandue de ces conséquences est la raison pour laquelle tant de gens se lancent dans le job de guru-même les sécularistes non-religieux. Mais quand l’occasion se présente, ces soi-disant gurus servent l’indignité de la même manière que les personnes ordinaires. Si les gens savaient à quel point le job de guru est précaire et dangereux en réalité, je doute que quiconque en voudrait. 

Le prestige même d’un guru et tous les avantages dont il jouit apparemment, sont à la mesure du grand nombre d’occasions pour le guru de tromper et d’être trompé en comparaison de celles des élèves. Comme Parul Rinpoche le dit dans « The words of my perfect teacher », quand un élève offre un simple centime ou fait n’importe quel effort, aussi petit soit-il, pour montrer du respect au maitre-en se levant quand le maitre entre dans une pièce, ou en s’inclinant devant lui, ou en le laissant passer-il y-a des résultats ; et si le soi-disant maitre vajrayana n’est pas éveillé, il ou elle n’est pas au-dessus des dettes karmiques que ces offrandes créent.

Bien sur, idéalement, un maitre vajrayana devrait être un être éveillé. Mais la réalité est que de nombreux  maitres vajrayana pourraient ne pas l’être, et cependant pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le profit personnel, la célébrité et le pouvoir, ils prennent ce rôle. Certains l’assument par nécessité. Ou quand les enseignements doivent être maintenus sinon la lignée risque d’être interrompue, ils acceptent  le rôle de maitre vajrayana par amour pour les enseignements eux-mêmes. A la base, s’ils se trouvent sans autre choix que de transmettre ces précieux enseignements, alors avec une réelle réticence, ils deviennent maitres vajrayana.

Donc un maitre éveillé devrait être libre d’illusions. Il doit savoir en lui-même qu’il n’est pas éveillé, et il ne devrait jamais se mentir en clamant qu’il l’est. En tant qu’élève cependant, vous devez voir votre maitre vajrayana comme un être éveillé. Ceci est le choix que vous devez faire. Mais cela ne contredit-il pas les paroles du Bouddha quand il dit : «  Vous êtes votre propre maître ; Nul autre n’est votre maître » ? Non, car vous êtes celui qui fait ce choix.

Un maitre vajrayana n’est absolument pas un mahasiddha s’il est touché par le scandale, s’il craint la honte publique et a peur d’être jeté en prison. Il n’est pas non plus un mahasiddha s’il craint de perdre des disciples. Un véritable mahasiddha, comme Marpa ou Tilopa, ne s’en préoccuperait pas le moins du monde, ni n’accorderait une pensée à l’idée d’être jeté en prison. Et un mahasiddha n’éprouverait certainement jamais le besoin de s’excuser pour aucune de ses actions, car tout ce qu’il fait l’est par compassion.

D’un autre côté, si votre maitre vajrayana n’est pas un mahasiddha et non seulement il bat ses propres élèves mais aussi des personnes au hasard dans la rue, préfère la merde à la nourriture gastronomique, déchire les billets de 100$, porte une valise pleine de ballons de foot ou de sable, est allumé aussi bien par un mec ou une femme rock et sexy, parle charabia, et ne vous guide pas sur une voie qui possède une vue, méditation et action ou une base, voie et accomplissement, alors il est tout simplement fou à lier.

Mais que faire si un maitre vajrayana n’est ni un mahasidddha ni un fou, que devrait-il faire ? Il devrait se comporter « de manière décente ».

Eveillé ou pas, un maitre vajrayana aura étudié de nombreux enseignements et techniques, précieux et profonds. A présent enseignant, il peut partager ce qu’il a appris avec des élèves sincères et dévots. Il sait qu’en utilisant ces enseignements et techniques transmises par ses maitres, il y-a toute possibilité que ses disciples atteignent l’éveil avant lui. Donc il a de bonnes raisons de se comporter décemment et de ne pas profiter de ceux qui ont tout remis entre ses mains. Quoique ses élèves aient sacrifié et offert -temps, argent, offrandes, respect, peu importe- il doit l’utiliser pour les aider. S’il allume une lampe en face d’une statue d’un Bouddha avec de réelles aspirations pour ses élèves, cela fera l’affaire.

Être décent signifie aussi que le maitre vajrayana doit connaitre les limites de ses étudiants – ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas supporter. Pour ce faire, il doit simplement utiliser son bon sens et se demander quelles sont ses propres limites. Que lui aurait demandé par exemple son propre maitre vajrayana de faire ? Si le maitre vajrayana de SR lui avait demandé de prendre des vœux de célibat, l’aurait-il fait ?

Toujours obéir aux ordres du guru est difficile. Par chance, aucun de mes maitres vajrayana ne m’a jamais demandé de faire quelque chose que j’aurais trouvé difficile à réaliser – je suis pratiquement certain qu’ils savaient qu’il me manquait la capacité de faire absolument tout ce qu’ils me demandaient.

Tout au moins, un maitre vajrayana doit toujours évaluer les conséquences de ses actions. En particulier, il devrait se demander si ses actions pourraient détourner des personnes du Bouddadharma en général et du vajrayana en particulier. Et un maitre vajrayana éveillé mais décent doit toujours se rappeler de faire la différence entre l’absence de peur de la « folle sagesse » et la stupidité de « on ne m’attrapera jamais » !

Perdu dans les traductions : Mauvaise interprétation des signes culturels

De mon propre point de vue limité, et d’après mon expérience de la proximité d’amis occidentaux depuis plusieurs décades, je dirais qu’un seul lama a vraiment compris la culture occidentale et agi sur elle de manière appropriée, Chogyam Trungpa Rinpoche.

La plupart des lamas tibétains, comme je l’ai dit plus tôt, enseignent aux non-tibétains de la même manière qu’ils le feraient avec des tibétains. Dans ce processus, ils essaient de faire l’impossible en transformant des élèves occidentaux en tibétains. Croyez le ou pas, j’ai rencontré des gens qui croient véritablement que la seule manière d’étudier et pratiquer le dharma est en apprenant le tibétain, en chantant à la manière tibétaine, en disant les prières en tibétain, et même en portant des habits traditionnels tibétains.

J’ai aussi remarqué que des lamas tibétains passaient beaucoup de temps à apprendre à leurs élèves des traditions tibétaines qui n’ont rien à voir avec le dharma. Je ne serais pas surpris si, ce faisant, certains lamas avaient conduit leurs élèves occidentaux à croire qu’ils ne pouvaient atteindre l’éveil qu’en étant tibétain.

Si le bouddhadharma en général et le vajrayana en particulier doivent être transmis et enseignés à des non-tibétains, il est important qu’il y-ait une compréhension culturelle appropriée entre l’enseignant et l’élève qui permette une transmission exacte et précise du véritable dharma. Ceci est difficile mais absolument nécessaire.

La culture après tout, ce n’est qu’une habitude et les habitudes sont la manifestation fondamentale de l’ignorance. Il est donc totalement injuste de blâmer le système vajrayana lorsque lamas et étudiants ne suivent pas les procédures vajrayana, parce qu’ils préfèrent s’appuyer sur leurs présomptions et habitudes culturelles- ce qui je le crains, est le cas de la plupart des lamas.

Le système Vajrayana lui-même établit très clairement toutes les procédures nécessaires. Presque toutes les initiations importantes- même la première des 4 initiations habituelles- sont précédées d’au moins 6 avertissements. Ces avertissements comprennent des instructions à à-propos du lama montrant le vajra, donnant l’eau du serment, et plus. Mais lequel d’entre nous lamas soulignons ces avertissements ?

Quand les lamas tibétains donnent des initiations aux tibétains et bhoutanais, la plupart des récipiendaires n’ont aucune idée de ce qui se passe, et très peu s’en préoccupent. Dans l’ensemble, les lamas tibétains considèrent comme acquis que les étudiants occidentaux ont la même attitude. Ces lamas donnent quelquefois des initiations à des milliers d’élèves en même temps, mais trop souvent les élèves ne savent pas ce qu’ils reçoivent, encore moins ce que le rituel signifie, car les avertissements vajrayana sont simplement lus à voix haute et laissés sans explication.

Pour être honnête, une part de responsabilité en revient aux élèves occidentaux, qui sont quelquefois plus intéressés à paraitre et parler comme des tibétains qu’à pratiquer le dharma. S’ils sont tibétologistes, activistes qui aspirent à être les sauveurs de la culture tibétaine, alors c’est la façon de faire- et je suppose qu’il peut y avoir un intérêt.

Mais nous parlons ici de Bouddhadharma, et le Bouddhadharma est au-delà de la « culture » et du « pays ». Par conséquent si vous vous intéressez à atteindre le soi-disant éveil, si vous voulez être « réveillé » et libéré de toutes les souillures et des effets des souillures, alors il est évident que vous devez aller complètement au-delà de la culture- même les cultures de manger du curry, mâcher de la tsampa et boire du café.

Si nous devons démêler les confusions-qui, comme je l’ai dit, perdureront probablement un moment, des distinctions claires entre Dharma et culture doivent être faites. Quand je considère la génération future de lamas et comment ils se manifestent actuellement, je dois le dire, je ne vois pas la moindre lueur de prise de conscience de ce problème parmi eux.

On m’a dit que Chogyam Trungpa Rinpoche faisait faire des pratiques de méditation assise- shamatha-  pendant plusieurs années Il leur faisait aussi étudier les enseignements du Sravakayana et du Mahayana en détail, les passant des années en préparation avant qu’il leur soit accordé initiations ou instructions précises. Trungpa Rinpoche est allé jusqu’à créer le phénomène Shambhala- enseignement et pratique Shambhala- pour s’assurer que ses étudiants étaient vraiment bien préparés au Bouddhadharma.

Toutes les procédures préparatoires prescrites sont importantes. Rappelez-vous, Naropa était déjà le doyen de l’université Nalanda avant qu’il essaie de trouver son guru- en d’autres mots, il était pleinement préparé.

Avertissements directs qui ont été mal interprétés

Un autre facteur qui rajoute de la complexité à la situation actuelle est que, si familiers que soient les étudiants au conseil qu’ils doivent analyser et tester le guru avant d’être son élève- et même quand les avertissements directs leur sont donnés- une part de l’être humain est que nous ne voulons pas entendre, spécialement quand nous avons été atteints par la flèche de l’inspiration. Cela signifie qu’en pratique, dans les rares occasions où les avertissements convenables sont donnés, la plupart des gens n’écoutent pas. Quelques uns n’entendent même pas  les mots d’avertissement. Pour la plupart d’entre nous, humains, la capacité d’écouter et d’entendre véritablement n’est pas facile à acquérir.

Malheureusement, avertir les personnes de danger ou trouble potentiel  peut aboutir à créer encore plus de problèmes. J’ai été très franc avec une jeune femme fraichement débarquée dans le dharma et suggéré qu’elle évite un jeune lama en particulier à cause du peu que je savais de lui. Mon conseil était sincère et désintéressé. Je n’étais pas seulement préoccupé pour elle mais aussi pour le jeune Rinpoche et pour le Bouddhadharma. Mais elle ne prit pas bien mon conseil- en fait, elle le prit très mal. A ses yeux, j’étais dominateur, possessif et jaloux. Bien sur, beaucoup de jeunes gens ont une nature rebelle et souvent font le contraire  de ce que vous leur suggérez. Mais dans ce cas-ci, elle  répéta tout au jeune lama, et le résultat fut la rupture des relations entre le lama et moi. Ceci est très regrettable.

Quelque chose de similaire m’est arrivé quand un élève s’est plaint auprès de mi de la manière dont son guru lui demandait constamment de lui acheter des choses – montres Rolex très chères, voitures, antiquités etc. Au moment où elle est venue me voir, elle lui avait déjà acheté plein de choses, mais maintenant, disait-elle, elle ne pouvait tenir le coup à cause de ses obligations financières envers sa famille. Je répondis, que de manière générale, si en sa qualité d’étudiant, elle voulait vraiment offrir des cadeaux onéreux à son maitre, elle devrait en faire autant qu’elle pouvait, aussi longtemps que possible. Mais que si elle ressentait le moindre embarras dans ce qu’elle faisait, elle devrait s’adresser directement à son guru pour lui faire part de son souci plutôt qu’à moi. Ainsi elle en parla à son maitre. Malheureusement, elle mentionna aussi que j’étais celui qui lui avait conseillé de s’adresser directement à lui et depuis ce jour, on ne s’est plus adressé la parole. Donner des conseils est risqué.

Qu’en serait-il si, des années de cela, j’avais averti les étudiants de Rigpa à l’origine de la lettre critiquant SR, d’examiner et d’analyser soigneusement leur maitre avant de devenir ses disciples. M’auraient-ils écouté ? J’en doute. Au pire, un avertissement franc aurait abouti à des incompréhensions majeures  et de graves conflits-  ce qu’en tant qu’être humain, je désire surement éviter. Je me rappelle aussi de réactions très sur la défensive d’élèves Rigpa après une plaisanterie que j’ai faite sur  l’attirail tibétain excessif que j’ai vu dans les centres Rigpa.

Mais qu’en serait-il si je m’étais fait l’avocat du diable ? Si j’avais non seulement conseillé à ces étudiants  de tester et analyser leur guru, mais si j’étais allé plus loin et dit : « SR vous a présenté tant de véritables grands maitres du Vajrayana. Pourquoi avez-vous  choisi de continuer à le suivre  plutôt qu’un de ces grands maitres ? »

Qu’en serait-il si j’avais posé la question : « A part ce que SR vous en a dit, quelle preuve avez-vous qu’il soit totalement et convenablement qualifié ? Il n’était qu’un enfant quand il a reçu des enseignements de Jamyang Khyentse Chökyi Lodro- le saviez-vous ? Saviez-vous qu’il n’avait que 10 ou 12 ans quand Jamyang Khyentse Chökyi Lodro est décédé ? Saviez-vous qu’il est allé dans une école catholique à Kalimpong et ensuite à l’université de Delhi ? Alors quand a t-il réalisé sa formation ?

Et si j’avais demandé : « Avez-vous vu des tibétains s’agglutiner aux enseignements de SR ? Les Tibétains sont toujours très polis en face mais savez-vous ce qu’ils pensent réellement ? Peut-être qu’en dépit du fait qu’ils savent que SR n’a pas été convenablement qualifié, ils sont polis avec SR parce qu’ils suivent les coutumes tibétaines »

Et si j’avais soulevé de telles questions ? Les étudiants présentement si critiques à l’égard de SR m’auraient-ils écouté ? Je ne parle pas que de SR. Et si j’avais soulevé de telles questions à propos d’autres lamas, rinpoches et khenpos ?

Le karma fait si souvent que l’on sape l’analyse et néglige les avertissements. Et bien sur, les liens et dettes karmiques jouent leur rôle, incluant les  erreurs d’interprétations continuelles des signes culturels- par exemple, quoique les tibétains pensent les uns des autres, ils se comportent toujours publiquement poliment, ce que de nombreux occidentaux confondent avec une confirmation de grande considération.

Les Tibétains et les Bhoutanais – et moi-même je suis un hybride tibétain-bouthanais- ont complètement mariné dans beaucoup d’habitudes culturelles. Je dois admettre, que le plus souvent, quand il s’agit de discuter franchement et honnêtement de ces importants problèmes, ces habitudes  sont vraiment gênantes. Les gens comme moi pensent que nous devons agir de manière humble et ne faisons pas souvent la différence entre être humble et ne pas être franc. Mais l’habitude de l’humilité sert souvent un but et peut, par exemple éviter des disputes inutiles. Personnellement, je conserverais cette approche, en partie par habitude et en partie pour éviter les ennuis- et en tant qu’êtres humains, la plupart d’entre nous essaieraient d’éviter les ennuis si nous le pouvons.

Bien sur, les lamas souvent ne disent pas ouvertement certaines choses car leurs mots ont été dans le passé mal rapportés, mal cités et coupés et publiés pour signifier totalement autre chose- les lamas sont souvent mal présentés de différents manières. Donc pouvoir dire réellement ce qu’ils pensent peut être problématique.

Fondamentalement, comme je l’ai dit plus haut, prévenir les gens de la manière de choisir leur guru est une des choses  les plus difficiles qu’un lama puisse faire. Mais si nous nous retenons d’avertir ouvertement les étudiants, comment en éviter les conséquences ?

A périodes différents, défis différents

J’ai reçu les abishekas d’environ 30 lamas, mais je ne peux pas me vanter de les avoir tous complètement analysés. Pour être totalement honnête, je suis un de ces tibétains qui sautent sur les initiations sans prendre le temps de bien examiner l’instructeur. Mais avant que de me décider à recevoir une initiation ou enseignement particulier d’un lama, je me rappelle fermement d’utiliser mon bon sens.

Une méthode que vous pouvez utiliser pour choisir de quels lamas recevoir les initiations est très semblable à la manière que vous utilisez, par exemple, pour trouver des bonnes pâtes en Italie. Nous supposons que les endroits où mangent les autochtones italiens sont bons, puisque les italiens connaissent les pâtes. Sur la base de ce bons sens, j’évite les enseignements de certains lamas.

Orgyen Tobgyal Rinpoche m’a jadis dit que lorsque Kyabje Dilgo Khyentse Rinpoche visita la France pour la première fois, presque personne n’allait à ses enseignements, mais aussitôt que les gens entendaient parler d’enseignements par Sogyal Rinpoche, tous allaient l’écouter. Bien sur je comprends que les gens s’attroupent pour écouter SR, il parle anglais et a de l’humour, les étudiants peuvent se lier à lui – ils se sentent connectés. Nous êtres humains, avons tendance à choisir la facilité quand nous pouvons, donc cela peut être un facteur.

Je dois dire qu’aucun des maitres dont j’ai reçu des initiations et enseignements n’a profité de moi, financièrement, sexuellement, physiquement ou émotionnellement. Mais je dois admettre, et je suppose aussi, qu’ils ne feraient jamais une telle chose- ce qui est une erreur de ma part. Une fois que vous avez décidé de prendre un enseignant comme votre guru, vous n’êtes pas supposé faire des hypothèses sur s’il vous traitera bien ou pas, car l’important est d’avoir le courage de tout lâcher avant de s’embarquer dans ce voyage inconnu et imprévisible du vajrayana. Et en tant qu’étudiant du vajrayana, j’aime émettre le vœu que dans mes futures vies, je pourrai maintenir une perception pure de mon guru et avoir la capacité de faire tout ce qu’il me demande, sans poser de questions.

Toutefois, la méthode de bon sens dont j’ai parlé pour choisir son guru comme les pâtes a ses limites. Je suis pratiquement sûr que beaucoup s’entichent d’un guru parce qu’il ou elle est l’élève d’un grand maitre, ou parce qu’il a été publiquement traité de manière affectueuse par de nombreux  grands gurus. Ma propre expérience m’a appris que cette approche ne marche pas toujours.

Kyabje Dilgo Khyentse Rinpoche vénérait et respectait tellement Jamyang Khyentse Chökyi Lodrö, Shechen Gyaltsab et Khandro Tsering Chödrön que quiconque lié à eux devenait très précieux pour lui- même leurs chiens. Je ne pouvais pas voir de grandeur particulière dans plusieurs des personnes à qui Kyabje Dilgo Khyentse Rinpoche montrait une telle affection. Quand j’en ai touché un mot à mon précepteur personnel, il me répondit que Kyabje Dilgo Khyentse Rinpoche avait la perception pure parfaite de chacun et de tout, spécialement ceux liés à son propre guru. Il me gronda : « C’est une chose que tu as besoin d’apprendre ». Maintenant je me rends compte combien ce conseil était précieux.

En un mot, pour ceux d’entre nous qui s’engagent dans un voyage spirituel, juger un guru par son CV et les maitres illustres qu’il connait n’est pas toujours une méthode fiable. En fait sur cette voie, l’existence même d’un CV est louche. Naropa n’est pas allé vers Tilopa pour son super CV. Au contraire, Naropa a du le chercher. Personne ne connaissait Tilopa car c’était un pêcheur ordinaire, donc juste le trouver était très difficile.

Test et équilibre (jeu de mot : check and balance - chèque et résultat/solde du compte d’exploitation)

Mettre en place des vérifications et des équilibres dans le monde spirituel n’est pas facile. Comme le Bouddha l’a dit lui-même quelques millénaires avant que la constitution américaine soit adoptée, aucun système n’est parfait. Le Bouddhisme est malgré tout, un système, mais un système qui en fait, ne croit pas au système, et ses vérifications et résultats ultimes sont les causes et conditions karmiques. Le Bouddhisme reconnait aussi que seul un être éveille peut dire si une autre personne est parfaite ou pas.

Certains d’entre vous sont actuellement en train d’essayer de tout faire pour vous assurer que les lamas qui se sont mal comportés ne soient pas laissés impunis. Votre motivation est peut-être bonne : vous voulez peut-être épargner à d’autres êtres innocents la souffrance causée par ce genre de comportement, et vous ne voudriez pas voir d’autres personnes détournées du Dharma à cause de cela.

Mon sentiment personnel est que de nos jours, il y-a très peu d’êtres humains dans le monde qui soient honnêtes, compassionnés, aimables, attentionnés et non corrompus- le genre de personnes pour lesquelles nous ressentons instantanément une crainte révérencielle quand nous les rencontrons. Et comme la mentalité « chacun pour soi » grandit de jour en jour, les rares personnes honnêtes qui restent sur cette planète disparaissent rapidement. Peut-être qu’en montrant publiquement les fautes comme ceci, dans les réseaux sociaux et ailleurs, dissuadera les autres d’agir mal ? Peut-être est ce le mieux que nous puissions faire en cette époque et âge dégénérés. Au moins, quelques lamas, particulièrement la jeune génération, recevront le puissant message qu’ils ne peuvent pas s’en sortir avec ce genre de comportement. Donc dans une période où le pouvoir et le prestige sont si enivrants que certains lamas se considèrent intouchables et oublient qu’on pourrait leur demander des comptes, peut-être est ce nécessaire ? Mais je ne crois vraiment pas que l’humiliation publique ou les sanctions légales soient la réponse, ou que cela résoudra le problème.

Beaucoup semblent être si désillusionnés par la situation actuelle qu’ils pensent avoir atteint un moment décisif qui signifie le début du déclin et la disparition finale du Bouddhadharma. Malheureusement, certains pourraient être si désillusionnés qu’il n’ya plus pour eux de retour en arrière.

J’ai peur qu’il n’y ait aucun doute là-dessus : le Bouddhisme est en déclin dans ce monde. Je suis certain que les doutes que les gens ont sur les dépositaires principaux du Bouddhadharma- comme les Rinpoche tibétains qui devraient être investis de l’intérêt de la survie du Bouddhisme- est une des raisons pour lesquelles tant de personnes se sentent découragées.

Alors que le Bouddhisme a toujours affronté des obstacles extérieurs – comme les invasions, conversion forcée par l’Islam, conversion sournoise par le christianisme, assimilation condescendante par l’hindouisme, etc ;- son principal obstacle est interne et les germes d’attitudes sectaires. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous en sommes à peine conscients, alors même que c’est l’une des plus grandes menaces auxquelles le Bouddhisme doit faire face.

Il y-a beaucoup de facteurs contributifs à la dégénérescence du Bouddhadharma. Sous la bannière de l’objectivité rationnelle par opposition à la superstition, et habillés de libéralisme soi-disant non dogmatique, nombreux parmi l’élite Bouddhiste européenne et américaine font la promotion d’une version du bouddhisme qui fait disparaitre la réincarnation. Leur campagne a le potentiel de détruire le bouddhisme bien plus surement que n’importe quel scandale interne. Après tout, le scandale actuel ne concerne qu’une seule personne, alors que la tendance pernicieuse et apparemment contagieuse de mal présenter le dharma- ce qui est en train d’être effectué par beaucoup et en affecte même plus- se répand si vite que c’est beaucoup plus insidieux et destructeur.

De plus, il y-a un grand groupe d’enseignants respectables d’art de vivre qui collectent et plagient les idées Bouddhistes sans scrupule. Ils vendent leur approche sous l’étiquette « pleine conscience » et « éthiques laïques », mais prennent soin de mettre de côté tout terme, expression ou jargon qui paraitrait le moins du monde religieux, au prétexte de rendre les idées du Bouddha accessibles aux gens modernes. Ils n’ont même pas l’honnêteté de reconnaitre l’auteur initial des idées et pratiques dont ils font commerce, et au lieu de cela essaient souvent d’insinuer qu’ils les ont découvertes par eux-mêmes. Pour moi, c’est du vol pur et simple. J’aurais pensé que les occidentaux, qui chérissent les notions de propriété intellectuelle et dont les pays imposent des règles de copyright strictes pour la protection des écrivains et institutions, se conduiraient mieux.

Encore plus dangereux sont les self-made gurus qui utilisent la pleine conscience et d’autres pratiques bouddhistes pour transformer l’essence de la voie bouddhiste en techniques pour accroitre notre amour du samsara. Ce faisant, ils détruisent complètement le but même du Bouddhadharma, qui est de libérer les êtres de la souffrance du samsara. Si la perversion des enseignements du Bouddha n’est pas démoniaque – le diable incarné, comme diraient les chrétiens- qu’est ce qui l’est ?

A l’autre extrême, le Bouddhisme est aussi miné par la tendance envahissante au Sikkim, Népal et Bhoutan de préserver la soi-disant précieuse culture et tradition antique à tout prix. En essayant d’embaumer leurs traditions, ils détournent le Bouddhisme et le dépouillent de toute signification et pertinence pour cet âge moderne.

La conduite de SR est peut-être sa ruine et malheureusement, peut-être celle de ses disciples. Mais les tendances de loin plus destructives à l‘intérieur du Bouddhadharma ont le pouvoir d’affecter des millions et en fin de compte détruire le Bouddhisme bien plus totalement que ce scandale actuel. Franchement, elles sont plus mortelles que la décimation perpétrée sur le Bouddhisme par la révolution culturelle et autres forces externes.

Et maintenant ?

La situation actuelle est difficile et malheureuse, il n’y-a aucun doute. En même temps ce n’est rien de nouveau. Dans le cours de l’histoire Bouddhiste de nombreux scandales similaires ont éclaté- et certains bien pires. Je pense que cette situation particulière nous donne l’opportunité de montrer notre résilience. C’est aussi notre chance de penser le Bouddhisme de manière plus large que par le petit bout de la lorgnette.

Pour les disciples du Bouddha, en particulier les étudiants du vajrayana et spécialement ceux de SR et ceux qui posent les questions très dures, je crois fermement que la discussion actuelle sur le comportement des gurus est ancrée dans un désir sincère de trier les choses et d’aider le sangha Rigpa et plus largement le monde bouddhiste. C’est l’aspect positif du questionnement que nous observons aujourd’hui, et c’est un côté qui doit être reconnu et apprécié.

Que vous le vouliez ou non, en tant que membres du sangha bouddhiste élargi, et spécialement en tant que frères et sœurs vajra, nous avons créé un lien entre nous qui est bien plus important que  la famille. Mais dans nos relations proches, nous autres être humains souffrons souvent du fait de la mauvaise communication. Quel est l’antidote de la mauvaise communication ? La communication ! Donc c’est le moment de libérer un espace où la communication véritable sans réserve peut prendre place. En fait, j’ai déjà lu un certain nombre de lettres et de posts en ligne par des personnes qui font un grand effort pour trouver une bonne solution.

Avant tout, cependant, nous devons avoir une vision d’ensemble- c’est le plus important. Ni le sangha de Rigpa ni aucun de ses membres individuels ne doit être transformé en proscrit. Il est aussi vital que nous nous souvenions et reconnaissions le bien que SR a amené en Europe et en Amérique. Le fait qu’il ait présenté tant de personnes à de si grands maitres est déjà en soi une contribution au Dharma qui ne peut être payée en retour, car ces maitres exceptionnels n’étaient pas juste des enseignants du Dharma, ils étaient quelques uns des plus grands êtres vivants du siècle.

Dans la balance, je soutiendrais que SR a fait beaucoup plus de bien que de mal à ce monde et au Bouddhadharma. Nous devons nous en souvenir. C’est trop facile de regarder cette situation de manière simpliste, de prendre parti et se liguer contre ceux qui ont des points de vue contraires- en particulier quand la dévotion est impliquée.

Pour moi, ce qui est arrivé récemment dans le sangha Rigpa a vraiment renforcé mon estime de nombre d’élèves de Rigpa- ceux que certains pourraient étiqueter de flagorneurs aveugles. J’en connais personnellement qui sont assidus, aimables, désireux d’apprendre, et qui se soucient vraiment de la continuité du Bouddhadharma et de la lignée- ce qui est rare en ce monde. Par les temps qui courent, le simple fait d’essayer de pratiquer la perception pure et de maintenir une dévotion pour son maitre et l’enseignement est véritablement admirable. C’est si encourageant de voir tant de pratiquants bouddhistes –de première ou seconde génération- se dédier à la pratique bouddhiste de cette manière. Tandis qu’il est tentant de se focaliser entièrement sur le scandale et la honte, ce que nous devrions surtout essayer de faire est de voir ça à travers un objectif beaucoup plus large et positif. De ce que je vois, la plupart des élèves Rigpa reconnaissent qu’il y-a quelque chose d’incroyablement bon dans les enseignements qu’ils ont reçus et dans leur lignage. Et de tous les étudiants du vajrayana, les élèves Rigpa sont parmi les meilleurs et les plus humbles.

Les tibétains devraient aussi reconnaitre que ces occidentaux, à la différence des tibétains eux-mêmes, sont nés et ont grandi dans des pays où manque toute forme d’influence du Dharma. Et pourtant, beaucoup de ces étudiants occidentaux voyagent sur de grandes distances pour trouver des enseignements bouddhistes. Sans aucune racine historique bouddhiste et absolument aucune culture bouddhiste dans leurs pays, ils ont néanmoins essayé de faire tout ce que les tibétains, qui étaient leurs maitres, leur ont demandé. Ils ont toujours essayé de faire de leur mieux. Beaucoup ont transformé leur salon en lieux de réunion où les gens peuvent pratiquer. Et la plupart ne sont pas riches- beaucoup n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Dans cet âge fanatique extrême, quand tant de gens sont perdus et cherchent désespérément un sens à leur vie, la recherche du Bouddhadharma de ces occidentaux est remarquable et digne d’éloges. Cela l’est d’autant plus à une époque où tant de personnes dans le monde choisissent volontairement de suivre les vues et voies les plus extrémistes qui glorifient de nuire aux autres et à soi-même. Pourtant notre société soi-disant libérale, libre, intellectuelle met tant d’efforts à essayer de justifier ce genre de vision et d’action extrêmes. Certains qualifient même cela de « modération », blâmant quelques dévoyés, plutôt que de reconnaitre que c’est la vue et la voie qui sont fausses.

J’irais jusqu’à dire qu’il semble y avoir une tendance parmi les libéraux et intellectuels- tous ceux qui se glorifient d’être objectifs et aiment critiquer- à chercher les fautes dans les choses qui sont de toute évidence bonnes, et chercher le bon dans tout ce qui est évidemment très mal. En fin de compte, ils consacrent un temps et une énergie incroyables à railler une voie basée sur l’amour et la compassion qui n’a pratiquement aucun antécédent historique de violence, et qui enseigne la plus profonde sagesse de l’origination interdépendante. Et ils consacrent encore plus de temps et d’énergie à justifier une voie qui glorifie la violence et le dualisme.

Le bouleversement actuel causé par les critiques publiques même de SR est pénible pour de nombreux  pratiquants bouddhistes authentiques, spécialement maintenant que les medias occidentaux s’en sont saisi avec tant d’enthousiasme. Je soupçonne que beaucoup de libéraux, athéistes et la plupart des medias occidentaux seraient enchantés si des nouvelles d’un kamikaze Jaïn faisaient les gros titres, car cela prouverait leur point de vue que toutes les religions ont leur côté sombre et abrite des extrémistes. Comment ne serions nous pas découragés quand le quotidien à plus gros tirage d’Allemagne, le Süddeutsche Zeitung avec plus d’un million de lecteurs quotidiens, publie un article principal sur le scandale de SR sous le titre « Bouddhisme » et intitulé « outrage ». Imaginez le tollé si la presse occidentale rapportait chaque attentat à la bombe et massacre sous le titre « Islam ».

Ainsi, dans cet âge d’hypocrisie, les disciples du Bouddha doivent être plus braves et courageux que jamais. Dans une époque où il n’y-a presqu’aucun soutien à ceux qui suivent une voie authentique, et quand le doute s’installe à chaque tournant, il est plus important que jamais que- en tant que pratiquants individuels et sangha- nous ne soyons pas engloutis par le scandale et les conflits entre factions. Dans une ère où les vues fausses et les actions meurtrières non seulement prévalent, mais sont aussi glorifiées et même justifiées par de respectables intellectuels libéraux, nous devons redoubler d’efforts pour étudier la voie authentique du Bouddhadharma. En nous concentrant sur le schéma d’ensemble et le futur à long terme du Bouddhisme, la crise actuelle pourrait bien être l’occasion parfaite pour nous tous de renouveler, pour le bien de tous les êtres, nos engagements et notre consécration à l’étude et la pratique de la voie authentique du Bouddha qui mène à l’éveil.

#OKCinfo

The untold short story of #OKC and Robert Spatz aka Ogyen Kunzang Chöling #Buddhism #SexualAbuse #Cult

3 min read

 

 

At some point NOT taking a position is equal to being complice to criminals so in the aftermath of the brave 8 students that found the courage to speak, we at have some advice :

- Do not make the same mistake we did by not speaking earlier and by not going to the Police/Justice with a formal complaints.

- Do not equate going to the Police/Justice to "harming the Dharma", this is a false argument used by so called Buddhist & Sangha all across the globe to keep hiding the unspeakable acts from their Guru's, with the excuse to protect Buddhism reputation, Buddhism reputation is suffering BECAUSE of these so called guru's behaviours todwards their students, not the other way around. Samaya is NOT broken by making a formal complaints to force a serial abuser to face his own action, quite on the contrary ! Samaya IS BROKEN by the guru's by breaking the trust, the relation, the confidence of students by abusing them, let's not use Buddhist logics AGAINST victims of sexual abuse.

- Buddhism does NOT replace the Laws of Men and the Judiciary. Sometimes Karma need a little bit of Help to play his role and staying in silence over grave abuse of power, sex, money etc..

- "Buddhism does not have a hierarchy" stated by countless Buddhist observers, practicioners or even Dalai-Lama translator Matthieu Ricard is a false argument : of course Buddhism have a hierarchy, just ask anyone in any Sangha all over the world how complicated it is to place different Teachers,Lama, Guru's in the same Temple : who should be higher ? who should sit next to whom ? who will speak ? who will be teaching ?

All these questions and all this diplomacy is a living proof there is a hierarchy, there is a lineage, there is an order, there is different schools with different leaders, all together they form the different schools of thought inside the big Buddhist familly. Of course the hierarchy in Buddhism is different in each country but in the West, there is different schools dominating in different countries and each of them have their own structure and autonomy, but that is not per se an argument to affirm there is no hierarchy in Buddhism.

There is a hierarchy of Importance, of Lineage, of experience, and IF this is not enough to take a position in the case of RIGPA or OKC, then perhaps Buddhism need some serious mutation to abide to some basic Human Laws such as : Integrity, Transparency, Ethics since it seems Buddhism is not enough to provide for such basic protection for students that should not be alone facing the responsibility of meeting with a predator guru under the disguise of the Perfect Teacher.

#OKCinfo

40 Years of abuse in the Name of #Dharma : the story of @OgyenKun Ogyen Kunzang Choling #Buddhism

8 min read

Recently and while we wait for the appeal to take place (2 years) we noticed that members travelled to Asia to meet with Rabjam Rimpoché (the so called Tibetan head of OKC since RS "retired" a vain illusion to try to salvage a so called Buddhist center that should be dismantled. 

We noticed that other "Tibetan teachers" are invited to OKC's Brussels center but also to Nyima-Dzong (where part of the sexual/physical abuses took place)

We also noticed that the "masters" page in OKC website is gone, it's probably a bug since this page stayed online during the whole trial in 2016 and is a proud element used by OKC to legitimate the organisation. 

We noticed OKC new publication in their "judicial dossier" trying to explain their reason to go to appeal (against the will of most of the remaining community parents) and we noticed that the Buddhist Hierarchy in Europe is not listening to a real drift in Buddhism regarding fake "masters" and their behavior against their disciples but worst in the case of OKC : sexual & physical abuse on Children's & adults. (not even going to mention fraud, tax evasion & other accusations)


RS profile is a defacto serial-sexual-abuser-narcissist-pervert.

Because if you study the date of each sexual abuse the reality is that RS never stopped abusing woman or teeangers/young-adults in the last 40 years. RS may be still doing it, the so called "initiations" and discret kinky-drunk conversations of the honor to be desired or touched by the Master, all time flanked by Yana, his disciple/master, leading the recruiting methodology back into the inner circle.


Even the police raid in 1997 didn't impeach RS from abusing girls the moment he got out of Jail early 1998, the same happened in 2003 in Charleroi and another variant to a under-age girl in 2004 at his house in Spain.

Some of  these facts are not part of the instruction thanks to the not-so great Belgian Justice system and also the fact that the whole inquiry completely missed the story. its very distributed european dimmension allowed RS to defuse the ticking bomb over the years and the very fact that we, civil parties, were all busy constructing lives these last 2 decades Out of this Mess was the best weapon used against the whole case by RS/OKC : Managing Time and Information. that's how 19 years go by with the State Justice loosing its track and civil parties too busy to rebuild from scratch to just have the time to think : what should we do ? 

We feel it is time to go full frontal with the Buddhist "masters", it is time to confront their support to OKC (or to by the way) and we will not let time go by & allow the Buddhists to NOT take a stand, a position regarding their inconditional support up to this day, to a serial-pedo-rapist-abuser that literrally avoided his own trial for being fake-sick while perhaps still abusing other girls (major of age as of now, like if this was a good reason).

We will not stay silent and we will use the means we have : Public Shaming (as advised by Dalai-Lama regarding sexual abuse & fake "master") we will use the tools available to us : Social Media, Search Engine Optimization, everything will be done to disrupt their communication and STOP the Tibetan Buddhist Hierarchy to keep giving its official support to a toxic & dangerous criminal that destroyed the lives of so many people while creating an out of control utopia under Buddhist disguise. 


Demands: 

- Move the events in Brussels to any other legitimate Buddhist center in Belgium.
- Move the events in France to any other legitimate (not RIGPA) Buddhist center in France. 
- Cancel any plans to teach at OKC "centers" while there is a trial and appeal ongoing.


We will not hesitate going to the International and local Media to make sure this horrific story don't fade out while RS is busy preparing his defense for the incoming court appeal.

If needed we will intervene legally and peacefully in the Public Space to denounce, confront in the open and make sure plenty of journalists & media are present while doing so.

Ogyen Kunzang Choling legal existence should be dismantled, then only a plan to save the Temples and all the Work and Dedication of hundreds of people can be restored to all the members.

But OKC back-leaded by Robert Spatz decided to Appeal after a VERY clement sentence. Not the victims, not the civil parties in this story. neither the remaining of desperate OKC members, glued to a structure that only benefited the master puppet and his familly. this has to stop. Tibetan Buddhist lineage should take their responsibility : do not legitimize OKC by visiting it, it doesn't help Buddhism, it doesn't Help the victims, it doesn't help anyone.  
Cancel or move the events !

Prior to this, since 2015 we did everything in our power (with very close contact to the tibetan buddhist hierarchy) to alert them, explain them, with this very presentation, about the reality of OKC. it's like they live in isolated bubbles were the very actions of their peers go unchecked, un-balanced, or like in our case completely out of control if not mad. 


We get in return long explanations about the difference between our culture and theirs, we hear false arguments used to justify their silence and we hear the same old tibetan buddhist political excuses to avoid facing their own responsibility : mainly giving by their presence the authority to Robert Spatz aka Lama Kunzang to claim to be a Buddhist Master since 1972.

In 2017 the Tibetan Lineage is guiding OKC out of this mess but unable to publicly denounce and take a stand?
There is plenty of articles, blog post and what not regarding Buddhism, sexuality but also communities, cults, sectarian drifts and all the thinking that got out of the 60's and 70's but one cannot but ask the question:

Why is there so much sexual assaults attached to Buddhist centers, teachers and so on without a bigger impact in the mainstream everyday noise?

Buddhism is so nice, nobody wants to hear: sexual abuses & Buddhism together. right?

But it's there because no action was taken when it was still time, today OKC is nothing but a Name, the only reason its still afloat is because OKC is sold:present itself as the bedrock of Buddhism in Europe. it's an empty shell.

OKC cannot claim to dissociate from the actions of Robert Spatz and at the same time welcome Tibetan Buddhist teachers under its roof like if 2 decades of inquiry and the civil parties enlightened testimonies at the trial is invisible. 

OKC wants to/should dissociate from Spatz ? this boat also sailed months ago, when the very google slide above
was sent to high-level Buddhist teachers in different centers across Europe and the US.

You cannot dissociate from Robert Spatz while having the same Lawyers, the same piloted-defense only in the interests of RS and his name/brand OKC.

Dissociation is about turning upside down this trial and actually tell the truth. stop protecting individuals, structures or relations to avoid facing the effects of one's actions or inactions.  

Sexual abuse, harsh treatments: it's also present in other religions, cultures, countries etc...it's systemic if you look around it's like powerfull men either in Religious, Politicians, Economic areas can shield their egotic interests from the repercussion of such acts but are indeed only sitting on a time-bomb & from complete obliteration when the public radar cross the issue. Non-Violent Public Shaming. because by NOT taking any stance, any action, you choose a brand over your values, you choose the shame of western Buddhism as your ultimate associate. 

Let's clarify a few things: 

Sexual abuses, Physical harsh treatments are not a cultural option, its not meant to be this way even if increasingly common, harsh treatments are not something Tibetans or anyone are "culturally" used too, the argument "it's a different culture in the West or Asia", in both cases ANY sexual abuses on ANYONE is against the very logic of Buddhism and Human nature, there is no cultural axis that can be used to legitimate or explain or minimize abuses on Children's. no matter their social context, their religion, their race or any other "difference". Period. 

Nobody cares if in Tibet or Nepal or India a case like OKC would be given less or no importance, OKC is based in Europe, in Belgium, in Spain, France, left Portugal in 2012 after members deserted the boat.

Nobody is asking Rabjam Rimpoché his opinion on sexual abuse or the illegitimate abuse of his cultural heritage and name to manipulate and legitimize the whole OKC endeavour. this boat sailed long ago. 

The case here is about saying : I (tibetan teacher present in the OKC website) fully reject any associations, use of the image, name, branding used by OKC with the teachers of the Nygima-pa Tibetan School (association RS aka Lama Kunzang claim to be a direct recipient) and pledge to stop any activities with OKC at least until the trial/appeal has gone through.

If the Tibetan Buddhist Hierarchy in Europe is unable to take a stand, we will ! 

we have nothing to lose at this point. 

This joke has been going long enough, now comes the time to face the facts and clean the House of Buddha !



#OKCinfo

[Témoignage] Pour l'enfant qui n'a d'autre repère que son présent, la violence du quotidien devient une normalité. (updated) #secte

22 min read

derrière la porte rouge Nyima-Dzong

En lançant cet espace de publications et de suivi du procès OKC je n’avais pas encore pris le temps de coucher par écrit une histoire qui m’a tourmenté de longue années, même après les faits, qui a aussi influencé ma perception sur “les adultes”, les éducateurs, les hommes, la société et ses dérives qu’elle soit sectaire ou familiale et mine de rien, quand j'ai pu finalement parler au tribunal lors de l'ouverture des audiences en Janvier 2016, j'ai planté un décors, j'ai décris un monde et ce faisant je n'ai finalement pas véritablement parlé de mon vécu. 

En tant qu’enfant pris dans un engrenage où il n’a aucune emprise mon histoire est juste une autre parmis plus de 60 histoires d’enfants entre 1979 et 2003.

J'avais 1 an en 1981 en arrivant à Nyima-Dzong, Châteaux de Soleils France et à partir de mes 5 ans (départ de ma mère) la liturgie et sa pratique faisait partie intégrante de nos vies d'enfants. 

C'était pas une activité adaptée aux enfants, c'était le coeur de la vie dans le monastère, dont les enfants/ados étaient une partie intégrante, suivi par l'école, la participation au tâches diverses, les travaux, bref une vie de campagne figée dans le siècle passé, un peu comme une bulle suspendue dans le temps seulement interrompue par la visite attendue d'un parents (ou pas pour tout les autres), de la camionnette, de cadeaux peut être, d'une nouveauté, peut être un pot de confiture ou des biscuits ? a cette époque, pas de radio, musique, dessein animé, bd's, plutôt la nature, les cabanes et explorer le domaine.

Entre mes 5 ans et mes 13 ans je suis passé par une dizaine de "responsable" homme et femme, aucun n'était pré disposé à assumer une telle fonction, chacun suivait le modèle du précédent en l'adaptant petit à petit à ses propres notions d'éducations inadaptées à des enfants séparer de force de leur parents. 

Voler pour manger c'est probablement le truc que j'ai le plus "pratiqué" vers mes 10-12, les punitions dans ces années la étaient plus comportementale, ne pas répondre, pas même avec le corp, se tenir droit au temple (bic dans le dos discrètement sous le zé ND), pas mettre les coudes sur la tables (manger avec des serviettes sous les coudes pour garder les coudes serrés ND), s'asseoir en lotus et droit au temple, ne pas s'endormir pendant les liturgies ou les pratiques (ou devoir les recommencer(Mu), tourner les pages du livre de prière, devoir aller au temps tous les jours, matin et soirs, toute l'année, tout le temps. (Nd,Mu 16 ans)

Puis il y avait  la "pratique personnelle", la mienne m'avait été "donné" par RS en 91, j'avais 11 ans, je devais faire la pratique de Tara à l'office le matin, à 6h du mat et puis rebelote en journée et puis l'office du soir et sa série de pratique en séquence, un vrai calvaire quand ça vient pas de soi, la "pratique" devient un exercice mental vers 8-9 ans c'était Punition par la pratique, pédagogie centré sur le temple, le comportement, l'abnégation de soi, le non-individu, le groupe, l’enfant noyé dans cette masse, crée du lien et tisse une société de relation, d’amis, et de “plus mon ami” comme tous les enfants du monde. 

On vivait dans un monde peuplé de divinités, de protecteur du Dharma, d’esprit et d’énergie, de relique précieuse et de l'omniprésence et l’omniscience de sieur Robert Spatz auto proclamé Lama Kunzang.

Enfant le monde des adultes nous inculquait que celui ci était un Maître, qu’il était à la fois le père, la mère, le Maître, le tout. bref le Bouddha.

Via le code de la Règle d’Or de Soleils RS avait instauré un régime sinistre, basé sur les strictes nécessités, insuflant dans l’endroit un esprit d’austérité, de manque, de cruauté même, ou le fait de souffrir était perçu comme une manière de “brûler du mauvais ” qui avait pour seul remède plus de pratique, plus de prosternations qui ne menait nulle part et qui apportait principalement un sentiment de culpabilité, de ne pas “être à la hauteur de la quête”, d’avoir des “mauvaises pensées” envers le Maître qui se transformait en encore plus de culpabilité et le tour est bouclé. 

Les adeptes adultes comme les jeunes adolescents n’avait qu’en tête de mieux faire, de se surpasser, de supporter encore plus et d’entraîner son esprit à réagir à ses préoccupations en excluant systématiquement les actes du Maître de l'équation de la réalité. 

Je ne vais pas me lancer dans une énumérations de toutes les punitions qui avait sur place, le procès a déjà entendus ces histoires, d’aucune sont dans la et .

Par contre je vais en écrire une, celle qui m’a le plus tourmenté, marqué, celle qui enfouit toute les autres sous les décombres et c’est uniquement grâce aux amis sur place, les autres enfants de différents groupe que tout ce raffut était supportable et c’est entre l’adversité la plus sombre (vécue en silence) et les jeux dans les arbres que nous avons créé des liens plus forts que toute les tempêtes à venir: 

D'ailleurs à propos de révolutions, déjà en 93 la bande de 25 des plus agés dont je fais partie va être déportée au Portugal, sans l'accord explicite de nos parents, Spatz à un projet, celui de nous avoir tous et toutes directement sous sa direction dans un autre monastère dans le sud du Portugal.

Mais ça c'est une autre histoire qui ne fait malheureusement pas partie de ce procès ci. 

Mais revenons en à 90-91, moment le plus forts de la folie de FM sur le groupe de quelques 11 à 17 enfants qu'il avait sous sa "responsabilité" :

Quelques motifs : 

  • “T’as pas été sage au Temple” - excuse favorite d’un des éducateurs avant son expulsion en 1991. 
  • Il y avait la variante privé de repas
  • Ou encore faire 108 tours de “l’air sacré” sorte d’anneau de pierre déposée à même le sol et qui formait un grand cercle, par temps de pluie ou de neige, courir dans le froids
  • “Va au mâts Nord” ça voulait dire rester dehors la nuit dans le froid pendant un temps indéterminé en chemise de nuit et pyjama et parfois en culotte, quand ça impliquait plusieurs d’entre nous on était envoyé à différents endroits dans le domaine pour éviter qu’on se parle.
  • Et voilà t’as punis, “dans ma chambre après le temple” disait FM. discrètement en me pinçant la peau du bras ou du dos. 

Quelques punitions : 

  • Courrir par tout les temps (30 min ou 1h) 
  • Coup de baton sur les fesses (10-20) 
  • Coup de baton avec une raclette sous la douche froide 
  • Se prosterner dans le gel du matin sur l'herbe torse nu et en caleçon. (1x 1h)
  • Répéter pendant des heures des mantras
  • Dormir dehors
  • Gifle, baffe, tirer les oreilles (fort)
  • Coup de bic dans le dos (avec la pointe sortie)

Bref toutes les semaines quelqu'un y passait pour une raison ou une autre, une fois l'heure et l'endroit de la punition annoncée, c'était inévitable. 

Alors tu savais qu’il allait falloir passer par la de toute façon avant de pouvoir aller dormir et rejoindre les autres au dortoirs. Le supplice d’une journée dans l’attente de se faire battre ou qu’un de tes amis se fasse taper dessus ou privé de X ou Y, d’une manière ou d’un autre constamment contrôlé par un éducateur en pleine névrose qui n’aurait jamais dû se retrouver à cet endroit la. Se savoir constamment sous le risque d’être puni arbitrairement est très certainement une forme de torture mentale et physique pour un enfant, surtout quand après la punition, les détails exactes sur celle ci était: secret.

“Hey, ceci reste un secret entre nous” et les raisons tout aussi obscure et arbitraire. 

Comment avoir un comportement de la sorte dans un "monastère" qui plus est, "Bouddhiste" ?

Il venait te chercher alors que le reste du groupe se préparait à aller dormir ou manger ou après l’école, il ya avait toujours un creux qui lui donnait le temps de faire sa besogne et de revenir avec l’enfant comme si de rien n’était ou de l’envoyer se coucher au dortoirs. Les gens sur place avait l’habitude de laisser faire (les adeptes étant susceptible) et le “responsable” avait quasiment tout pouvoir sur son groupe d’enfant, résultat chacun s’occupait du sien et c’était beaucoup trop pour une personne, mais c’est tout comme si ces enfants de la terre sacré n’était pas une ressources suffisamment importante que pour leur donner un minimum de dignité, d’amour, d’affection, d’attention.   

Il vient me chercher à l’heure du coucher, personne ne dit mot quand je sors mais dans le fond tout le monde sait, personne ne dit rien, dans le fond de l’esprit une certaine lucidité se demande si c’est ça la normalité, le karma, comment ça marche alors, j’ai rien fait, pourquoi autant de violence ? mais elle n’a aucun point de repère pour comparer, l’enfant accepte, c’est que c’est ainsi, c’est mon karma. 

Sortir de la chambre, se demander en mettant ses chaussures si seulement cette fois ci, ça sera juste une remontrance, une mise au point peut être ? Mais à 9 ans quand on a lu le chapitre sur la sagesse de “La Marche vers l'Éveil” de Shantideva (en cachette, il ne fallait pas le lire on risquait de tomber sur du bouddhisme originale), même si on comprend rien au monde qui nous entoure, de cette normalité si violente, rien n’indiquait qu’un bouddhisme saint se vit au monastère.

Aujourd’hui je peux articuler ma pensée, mais en tant qu’enfant, même si un frémissement d’un espoir d’autre chose devrait être en théorie possible, seul l’instant présent comptait véritablement et la dans ce présent-passé je suis entrain de le suivre dans le noir, jusqu'à sa petite maison à côté du petit temple:  

Rentrer dans sa chambre, passer la porte rouge, le coeur qui bat, tout est très rangé, les bâtons de différentes tailles sont derrière la porte, il y en a un dur, en frêne, un autre en buis souple et dur à la fois, mais il y a surtout qu’il m’ordonne de me coucher sur le ventre, je veux pas, je veux discuter, savoir pourquoi...

- "tu n’a pas été sage au temple” il me tord le bras, me force à me coucher, je crie alors il me met son mouchoir sâle dans la bouche, celui avec lequel il se mouche et qu’il replie soigneusement dans sa poche, il est dans ma bouche, et mes bras sont en clinche dans mon dos, je suis sur le ventre et il s’assied sur mes jambes de tout son poid, baisse mon froc, choisi un batons, parfois le frêne, parfois le buis et me roue de coup, quand j’essaye de me lever il m'en empêche, son autre bras me plaque au sol, il me demande si j’ai bien compris... je lui demande mais comprendre quoi ? 

  •  - Je vois que tu n’a pas compris, Non tu n’as pas compris!!
  •  - Mais si j’ai compriiiiiiiis !!!!!

Et c’est repartis pour une rouée de coup, pour finir je crie que j’ai compris, que je serais sage, je ne sais pas de quoi, mais je serais sage, tout pour que ça s’arrête, alors il se calme, j’ai mal aux fesses, au dos, je pleure et il se “radoucit”, c’est passé, et je dois obtempérer,  il me dit de prendre mon livret de notes de Tibétains et de réciter en lisant le plus vite possible toute les exceptions, les règles, les accents et leur logique d’utilisation, je lisais comme toute les autres jeunes très très bien le tibétains écris, même si j’en parlais pas un mots ou était même incapable de traduire quoi que ce soit, mais les punitions à cette époque, sous FM, ça se finissait ou par des récitations de notes et de règles théorique de tibétains ou par des mantras, faire X nombre avant d’aller dormir ou des prosternations.

Après la punitions physique venait la punition mentale: il laissait toujours un temps (pour se calmer et ne pas attirer l'attention) entre le moment ou je me faisait battre et le moment ou je pouvais sortir de chez lui et rejoindre les autres. 

Je suis donc obligé de me mettre tout contre le mur de pierre blanche peinte à la chaux, assis sur les genoux, mais pas sur mes fesses ça fait mal, l’étrangeté de toute la situation, le son de ma voix qui récite des règles grammaticales en tibétains, mon tortionnaire qui fait mine de ranger ou de se changer; parfois il fallait aller vider son pot de chambre pour faire diversion, alors en sortant de cette maison à la porte rouge, il m’attrapait le bras une dernière fois et discrètement me disait : “Hey ceci reste un secret entre nous” avec un terrible accent portugais qui fesait froid dans le dos. 

Alors pour rester sage et jamais plus m’endormir à 11-12 ans je dirigeais un office ou l’autre, j’aimais bien chanter dans le micro, savoir que du début à la fin je ne m’endormirais pas parce que le Umzé, celui qui ouvre la marche dans la récitations des pratiques, suivi par toute la Sanghas éparpillée dans le temple, c’était un peu le chef d’orchestre, ça devenait un brin intéressant, ah c’est sûr, les enfants trouvent toujours un moyens de passer outre et même parfois de vivre des gros problème en les acceptants avec une étonnante simplicité.   

Alors parce que malgré la folie des hommes les enfants gagneront toujours, heureusement il y avait ces moments suspendu dans le temps parfois ou pour un instant l’insouciance reprenait le dessus, la Lumière pour quelque jours, le temps de vacances s'installe pour mieux repartir lors des séparations toujours difficile entre parents et enfants, même si soigneusement caché pour certain. 

Heureusement il y avait la nature ou s'abriter du monde des adultes sur place, il y avait des jeux et des escapades à imaginer et des livres à lire, des courses à vélo, les vacances en été où nous étions plus des enfants que le reste de l'année, ou les dimanches ou on mangeait avec des couverts, ou les concerts de Mozart le Jeudi après-midi dans le petit temple, les balades dans la nature avec ou sans l'accord des adultes, et puis 11 ans c’est quand même l’âge des bisous (chuuut c’est interdit) mais ça aussi déjà à l’époque les jeunes ont montré le ton et ont fini par faire leur expériences malgré le contrôle et l’omniprésence (même si pas physique) mais tout autant absurde et déplacé que la personne de RS et son clergé mettait en place. 

En 1991 nous passon l’été au Portugal, nous le savons pas encore à ce moment là mais Robert Spatz a des plans pour nous, entre autre de nous déporter dans un centre OKC au Portugal, loin de nos parents, loins de tout contrôle par qui que ce soit, même dans la OKC aujourd’hui 20 ans après ces faits, 90% des gens n’ont aucune idée de ce que leur enfants ont vécu entre 1993 et 1997.

Cet année la, j’ai tout juste 11 ans et JL (le “responsable” du monastère en France) à entendu dire que des jeunes garçons se faisait battre, il vient donc faire sa petite enquête et me pose quelques questions : Il n’a lui même pas vraiment l’air honnête dans sa démarche, on dirait plutôt que sa seule considération est de vérifier si ces abus ne vont pas entacher la réputation de ND ou la sienne peut être en tant que “responsable” et puis je ne luis fais pas du tout confiance, il me connait depuis 13 ans, m’a vu grandir, mais la manière dont il vient me poser ces questions n’est pas du tout rassurant pour moi, en effet nous sommes en vacances dans un autre centre OKC, au Portugal, mais FM lui est bien sur place, si je parle je ne sais pas ce qu’il va se passer, j’ai pas mes parents sur place, ni personne à qui me confier, alors je minimise, j’en dis le moins possible, j’ai peur que ça se retourne contre moi si FM apprend qui à parlé. Je ne parlerais plus jamais de ces abus à qui que ce soit jusqu’au procès 2016. 

Fin 91 FM est viré du monastère en France, un peu après les vacances, je n’ai jamais su si JL y avait été pour quelque chose, en tout cas personne n’est venu me parler à ce propos, et puis surtout tout le monde est au courant dans le monastère que FM a été expulsé parce qu’il a ouvert les douches de 2 jeunes filles (16-17 ans max) qui prenait leur douche. (Oui c'est étrange, mais dans la "normalité" qui était la nôtre nous n'avions pas la moindre idée de l'anormalité de ces actes, il n'est jamais partis pour les abus affreux commis sur le groupe de garçon de mon âge, au moins est il partis, c'est déjà une révolution en soi !)

Celle ci vont se plaintre à M, femme de JL et après l’affaire Bernard, FM se fait virer, mais pas tout à fait, OKC a eu un facheuse habitude de conserver en son sein des hommes sérieusement malade dans le but d’éviter que leur départ provoque un scandale ou que le vérité se sache et impacte l’image de la OKC en Europe (Affaire Bernard : 6 cas confirmé de pédophilie entre 87 et 90 caché par Robert Spatz aux parents, tout comme aux autorités Française) FM continuera à travailler dans le secteur de la construction à OKC Bruxelles avant de revenir à ND quelques années plus tard. Pareil pour Bernard le pédophile : de retour à ND dès les années 2000 sans jamais avoir été inquiété a propos des ces actes. 

En fait en me connectant avec mes souvenirs d’enfance et “en les reconnaissants comme de simple phénomène” justement je constate à quel point depuis toujours, nous les enfants de jeunes parents qui cherchaient un idéal, une utopie praticable avec honnêteté et parfois trop peu de discernement, nous avons toujours fait notre possible pour nous dépasser malgré trop souvent le peu de bagage pour y arriver, voir par delà les artifices, acquérir l’esprit critique dans un milieux complètement biaisé par des années de coupures avec la société et toute une conception élitiste et sectaire du concept de communauté, un schéma pollué détourné en un folklore laico-bouddhiste-vajrayana-emaho en pleine dérive, un esprit qui nous a permis de nous extirper chacun à son rythme de l’emprise de toute une enfance polluée par une doctrine qui laisse encore des traces aujourd’hui, une méthode qu’aucun enfant ni aucun parents du monde ne devrait avoir à vivre contre son gré. 

Dans cette entreprise de résilience commencée il y a des années, déclenchée par les perquisitions en 97 pour beaucoup, puis les révélations en 2007 et 2010 pour d’autre et puis le procès en 2016 et son lot d’abus affreux que la plupart d’entre nous avait peine commencé à regarder en face et à apprivoiser pour en parler, pour la résilience, pour se reconstruire, le procès et l’ouverture de parole au 23 parties civiles ont été le clou dans l’engrenage d’une affaire qui si elle n’avait pas reçue notre intervention se serait soldée avec des amendes financières et encore moins que la peine de 4 ans avec sursis, en fin de compte, tous ces épisodes auront été les moments clefs d’une histoire qui n’a pas encore craché tous ses démons. 

Affaire à suivre.

signé Ben Kungyal 

 

#OKCinfo

Lettre ouverte à Robert Spatz

4 min read

Cher Robert,

Tu dois te demander pourquoi une lettre ouverte plutôt qu’un courrier privé : c’est simplement parce que je pense que son contenu pourra peut-être profiter aussi à d’autres.

Comme tout bouddhiste le sait – et comme toutes les religions l’enseignent – notre devenir posthume dépend de nos actions ici-bas, de leurs intentions, de nos pensées, de nos paroles et, particulièrement, de notre état psychique et spirituel au moment de la mort, en ce sens qu’un repentir sincère suivi d’une réparation des dommages causés peut effacer bien des péchés et déraciner des vices cachés. Nous nous connaissons depuis plus de 50 ans et pourtant je ne sais pas si tu as commis ou non ce qu’on te reproche.

Tout ce que je sais, c’est qu’il n’y a aucune commune mesure entre l’épreuve de la prison, même à vie, et le supplice des états infernaux. Aussi, si tu es coupable d’une partie ou de tout de ce dont on t’accuse, je ne puis que te presser de l’avouer, de reconnaître que tu mérites la prison, de t’excuser sincèrement auprès de chaque personne lésée en lui offrant un dédommagement pécuniaire. Et si ton avenir dans l’autre monde ne te préoccupe pas – bien que nul n’échappe à la loi du karma –, fais-le au moins pour l’amour de la vérité et la compassion de ceux dont tu aurais abusé, si abus il y a eu ; ces deux motifs devraient même venir en premier.

Mais, comme tu le sais, la réparation d’un mal ne constitue qu’une demi-mesure si elle n’est pas accompagnée de l’extirpation des racines du mal, c’est-à- dire si nous ne prenons pas conscience de nos défauts de caractère et de nos vices. Certains parlent à ton sujet d’ambition, de mégalomanie, de mythomanie, de manipulation, d’égocentrisme, d’amoralité, d’immoralité sexuelle, etc. Si on me reprochait tous ces défauts, je n’aurais d’autre choix que de les examiner un à un – de préférence avec l’aide d’autrui –, en me demandant le plus objectivement possible, au plus profond de moi-même, sans aucune complaisance vis-à- vis d’un ego toujours prêt à s’auto-pardonner si, d’une part, je possédais bien tels vices au moment des faits et si, d’autre part, je les possède toujours ; ensuite, si la réponse est « oui », du fond de ma détresse et de ma conscience d’être un moins que rien, je m’appliquerais à me rapprocher, jour après jour et dans la mesure de mes moyens, des vertus qui leur sont opposées. 

Cette tentative de conversion serait un premier pas vers une possible guérison et vers une renaissance moins redoutable que celle que je mériterais si les accusations étaient fondées et les vices effectifs. A moins d’être très déséquilibré, il est impossible que nous n’ayons pas le sens du bien et du mal ; sur le plan humain, ce ne sont pas des notions relatives, n’est-ce pas ?

Que Dieu te vienne en aide (ce n’est pas très bouddhiste mais tu comprends...), soit pour te défendre si tu es innocent, soit pour avouer si tu ne l’es pas.

Thierry

2 mai 2016

#OKCinfo

Réponse à "Tsodron" de la OKC #okcinfo

8 min read

Info!

Attention! Réponse (en gras) entre les lignes au commentaire de "Tsodron": Commentaire d'origine sous cet article

Je vis dans cette communauté depuis 33 ans, ce n'est pas agréable d’être insulté tout le temps, qu'on me dise que je n'ai rien à dire, (dans le procès 2016 les juges ne nous ont même pas laissé nous exprimer...), que je suis nul, manipulé, avec foi aveugle.. etc etc.

 

J'ai vécu dans cette communauté 30 ans, ce n'était pas agréable de se faire battre par un "éducateur" militaire qui passait plus de temps à surveiller comment des enfants en bas âge se comportait dans un temple que de s'occuper de sa pratique et de son esprit. Et pour ne pas figer sur un élément, les enfants dans la OKC ont eu des dizaines d'éducateurs, dont certains sortent du lot de par leur folie, leur aveuglement mais surtout leur brutalité sur des enfants. ah mais c'était pour nous endurcir ? vivre à Mu aussi c'était pour nous "endurcir" bhé oui après tout c'était censé être "la fin du monde" ! on se demande comment des adultes ont pu laisser une communauté, leur communauté partir à la dérive et à la botte d'un seul homme , mais l'esprit dans la OKC c'est pas une spécialité, encore moins le discernement. 

On vous a pas laissé parlé au tribunal ? je croyais que vous n'aviez rien à changer par rapport à a vos déclaration de 97 ou est ce que tout d'un coup vous avez des choses à compléter ? pour cela il y a eu une enquête et une instruction pendant 19 ans...vous étiez ou si vous étiez dans cette communauté au moment des perquisitions en 97. Depuis quand une communauté qui n'est majoritairement pas présente à son propre procès devrait avoir un accès a parler dans ce procès ? n'avez vous pas eu le temps pendant 19 ans de peaufiner une stratégie ?

vous êtes qui Tsodron?  

C'est peut être le vécu de celui qui lance tous ces articles, et qui c'est arrêté dans le passé . 

"le vécu de celui qui lance" - il y a plus de 23 parties civiles derrière ce site, alors il va falloir faire un effort, s'informer et comprendre les raisons qui poussent les ex-enfants d'une secte que leur parents ont cru construire à dénoncer des abus physique, sexuels, mentale et spirituel. oui il faut se poser ces questions. 

On n'a pas tous vécu ainsi, et la communauté a fait son chemin, On a été libres de venir et aussi de partir. 

nous sommes plus de 40 enfants (aujourd'hui adulte) qui n'ont pas été libre de venir ou de partir, qui ont été séparé par idéologie et la direction de Robert Spatz de leur parent, pendant que ceux ci trimait comme des esclaves alors que leur guru abusait leur enfants ? mais vous vous êtiez libre ? c'est qui ce "ON" que vous utilisé pour définir des gens qui même aujourd'hui évite de regarder un passé qu'ils n'ont pas vécu dans les yeux ?

Libres de se sentir manipulés ou de ne pas le sentir. 

on ne se sent pas manipulé, ou bien on l'est ou bien on l'est pas. la manipulation n'est en générale pas quelque chose que les humains sains d'esprit recherche absolument à expérimenter. encore moins quand des enfants sont soumis au même absurdité dû au manque de discernement totale de leur parents et toute la communauté sous la direction de RS.

Non je ne me sens pas manipulé, j'ai eu la liberté de choix de vivre dans cette communauté qui m'a proportionné des moments uniques. 

Vous y alliez souvent dans cette communauté ? parce que la c'est tout juste si je vous classifie pas comme un touriste qui venait au temple le dimanche s'inspirer de la merveilleuse énergie qui transpirait de partout. de quel communauté parlez vous ? vous êtes consciente qu'il y a eu 40 ans d'histoire?
et que si vous êtes un parents dans la OKC il y a 90% de chance que vous n'avez aucune idée de la vie que votre enfant a vécu ? et que si vous n'êtes pas parents et que vous n'avez pas vécu à ND, vos 33 ans dans la communauté ne veulent rien dire. pas dans l'affaire qui nous concerne. vous êtiez libre à Bruxelles ? oui sans aucun doute beaucoup plus qu'a ND. une réalité quelque part n'est pas forcémment la même ailleurs et très certainement, que ce soit à ND, à Mu ou en Espagne ou à la Sap il y a eu des abus sexuels sur mineurs, même après les perquisitions. moments uniques ?

Culte de la personnalité? 

je vous parle de culte de la personalité et vous me parlé d'autre lama tibétains que vous avez eu la chance de voir. si vous avez réellement vécu dans cette communauté vous savez à quel point la photo de Spatz était partout et à quel point son empreinte était partout. rien ne se faisait sans son accord sûrement pas à ND. 

Si vous arrivez à lire ces "diamant coupeurs" sans y détecter le moindre culte de la personalité, nous n'avons pas d'autre choix que de vous considérer, encore à l'heure actuelle, comme profondémment conditionnée. 

Il nous a proportionné d’être tout prés tout prés des plus grands Maîtres du Bouddhisme tibétain: Dilgo Khyéntsé Rinpoché et de son yangsi (les paroles n'exprimeront jamais le vécu), du Dalai Lama à la rue de Livourne whau, Rabjam Rinpoché quelle force et simplicité , Myngyur Rinpoché (quelle clarté) , Trulshik Rinpoché quelles bénédictions, ,Khenshen Paema Shérab quel ami de coeur,Amala, et ses enfants:Toulkou Paema Wangyal Rinpoché, Jigmé Khéntsé Rinpoché,Randrol Rinpoché,Ringsinla, Dawala,...quelle famille! Dzongsar Khéntsé j'ai adoré,Tengar Rinpoché quelle présence, Ringu Toulkou si proche de nous autres, Khandro Rinpoché la Dakini qui enseigne tous les ans à Nyima Dzong depuis 6 ou 7 ans, Kalou Rinpoché , Bérou Kyéntsé ,Tsogyal Rinpoché,Taklung Matrul Rinpoche qui nous enseigne tous les ans, Tendsin Choedrack qui était le médecin de S.S Dalai Lama,,Ogyen Topgyal Rinpoché, Chokling Rinpoché, encore et encore .et Khenpo Tseten et Lopeun Durpur de Séchen Monastery qui sont au quotidien avec nous. Je remercie vos préoccupations, mais je vous en suplie, ..ouvrez votre cœur et envolez vous plus haut! Merci.

 

C'est bien vous avez eu la chance de voir une liste de lama tibétains qui ont le mérite de ne pas être impliqué dans des scandales de fraudes et d'abus sexuels. mais vous avez raté l'essentiel de ces visites : 

Ces lama tibétains venaient chez OKC dans le but de laisser émerger dans l'esprit des vaillants adeptes du Spatzisme la différence entre ce dernier et le Bouddhisme. malheureusement, en plus de 40 ans d'enseignements à des adeptes qui jouaient au Dzogchen avec "Papa" le dimanche, le manque total de discernement de ceux ci et leur aveuglément n'a que su apporter une chose à la OKC :

la certitude qu'eux même était dans le bon, puisse que tout ces lama venaient les visiter, c'est forcémment que tout vas bien chez OKC. a aucun moment, quelqu'un dans OKC remarque que Spatzisme prêché par le Robert est une vaste blague qui mélange Hindouisme, Chamanisme, Catholicisme et autre "savoirs" glâné sur sa TV au fil d'une vie par le Robert. 

Non, chez OKC l'orgueil est tellement omniprésent que si un lama tibétain vient les visiter, ce n'est sûrement pas pour leur expliquer "comment reconnaître un véritable maître spirituel" - ils n'y ont vu que du feu : un enseignement de bas niveau, probablement pour les nouveaux au fond du temple ? 

quel arrogance, quel aveuglement. heureusement la douche froide arrive.

Karma is a bitch. 

bien à toi,

Kungyal

#OKCinfo

Enfants maltraités et abusés: deux ex-membres de la secte OKC témoignent. #okcproces

22 min read

Les enfants perdus.

Début janvier a commencé à Bruxelles au tribunal correctionnel le procès contre le belge Robert Spatz, leader de la secte OKC. Depuis 1972 le gourou auto-proclamé a attiré des centaines de disciples dans sa communauté reposant sur des règles de vie vaguement bouddhiste.

Trois générations plus tard les ravages humains sont énormes. Deux ex-membres témoignent d’un système d’endoctrinement, de manipulation et d’abus. “Le fil rouge de son enseignement était l’élimination de notre égo.” Le prévenu principal, Robert Spatz (71) doit répondre de plus de 170 chefs d'accusations , qui vont de la fraude sociale au faux en écriture en passant par la torture, l’enfermement et les abus sexuels sur mineurs.

L’ enquête de justice , qui a trainée 19 ans, met à nu le parcours égocentrique déconcertant d’un maître en manipulation.

Après un séjour en Inde, le réparateur de télévision a fondé la branche bruxelloise de Ogyen Kunzang Chöling (OKC), littéralement “le Domaine de la Claire Lumière”. Suivant les statuts c’était un centre d’études et d’expériences Nyingmapa, la plus ancienne de 4 traditions bouddhistes tibétaines les plus importantes. Au centre de la doctrine sont la quête de la pureté intérieure et le rejet du matérialisme. Spatz, qui se fait appeler Lama Kunzang, n'a pas suivi de très près ses propres principes éclairés.

OKC était plutôt 'un réseau d'entreprises commerciales à Bruxelles: un centre de yoga et de séminaires, un magasin de produits bio Le Paradoxe à la chaussée d’Ixelles et un restaurant végétarien la Tsampa à la rue de Livourne. Ses disciples y travaillaient jour et nuit, en échange de la nourriture et du logement. Les bénéfices servait à l’achat personnel de yacht, des voitures et des villas en Espagne, au Portugal, Tahiti et la Côte d'Azur. Pour la communauté, il a acheté en France “Chateau de Soleils”, un château délabré à Castellane, Alpes-de-Haute-Provence.

C’est là que commence l'histoire de Sophie Peten (38) et Ben Borges (35), qui y ont passé la majeure partie de leur enfance.

Peten: Mes parents étaient de fidèles visiteurs des séminaires à Bruxelles. Ils trouvaient en Spatz un enseignants charismatique avec une vision différente sur la vie et la société. Peu à peu, il a commencé à les enjouer. Il a proposé à ma mère un emploi à la Tsampa. Lorsque cela a été moins bien dans leur mariage, il a conseillé mon père de se ressourcer pendant quelques mois en Inde. Peu de temps après son départ ma mère, mon frère et moi avons déménagé de notre maison à Tervuren vers un petit appartement dans le centre OKC au-dessus du restaurant. Ma mère travaillait constamment. Elle a mis mon éducation dans les mains des autres adultes, mais ils n’étaient pas les personnalités les plus stables.

En janvier 1985 Spatz a organisé un séminaire à Château de Soleils. Ce fut une révélation. D’un appartement dans les Bruxelles gris, pleins d'adultes hystériques vers un petit paradis dans les montagnes! Spatz ainsi que les enfants déjà sur place m'ont conseillé de rester. Bien sûr, j’ai dis oui. Quelques jours plus tard, ma mère est retourné à Bruxelles, sans moi. Il est absurde qu'un enfant de sept ans peut faire de tels choix. Je me souviens de courir derrière sa voiture, parce que je me suis soudain rendu compte de l’étendue de ma décision. Un an plus tard mon petit frère de 5 ans venait dans les mêmes circonstances.

Durant l'été 1979, la jeune fille portugaise Catarina de 16 ans a atterri à Castellane. La fille enfuie de sa maison à un jeune âge, a été immédiatement séduit par l'utopie d'une communauté bouddhiste. Elle a fait la connaissance d'un jeune Portugais et a déménagé à Bruxelles pour y travailler dans le réseau OKC. Quelques mois plus tard, elle était enceinte.

Borges: ma naissance a créé des tensions au sein de la petite communauté. Spatz nous a renvoyé en France. Comme j’était un enfant craintif ma mère a reçue l’autorisation exceptionnelle de pouvoir rester avec moi. Cela n’a vraiment pas été apprécié par les autres qui étaient obligés de se défaire de leurs enfants. A la fin elle n’a pas résisté à la pression du groupe et en 1986 elle est repartie à Bruxelles.

Vos parents ne pouvaient venir vous visiter qu’une fois par an. Pourquoi deviez vous vivre séparément?

Borges: Spatz considérait les parents comme des être imparfaits par nature. Il croyait qu’ils empoisonneraient leurs enfants au niveau génétique. Il fallait donc créer une distance physique et mentale pour nous “désintoxiquer”. Il les humiliaient en notre présence tandis qu’il nous encensaient. Il disait que nous faisions partie d’une élite. Nous étions destinés à un avenir exceptionnel. Je me sentait en tant qu’enfant supérieur par rapport à ces pauvres gens imparfaits. A 8 ans j’ai remplacé ma mère par celle d’un autre. J’ai oublié à quoi elle ressemblait.

Peten: J’ai longtemps eu honte de la mienne. Je ne la voulait plus. Elle ne correspondait pas à l’image idéale que j’avais d’un adulte: une personne pure et sur-intelligente. Je me demandait même si je ne pouvait pas avoir une autre mère.

Est ce que la vie dans un château en France était aussi idyllique que cela puisse paraitre?

Peten: Le château était tout à fait inadapté pour y héberger des enfants. Il n’y avait pas de chaises ou de tables, nous vivions pratiquement sur le sol. Nous avions peu de vêtements. Les premières années il n’y avait pas de chauffage ni d’eau chaude. En hiver la température descendait à -17. Il était interdit de mettre ses mains dans ses poches ou de mettre des gants. Nous avions des engelures aux pieds. Nous vivions des cultures de notre potager. En hiver, nous devions nous contenter de la farine d'avoine moisie ou de la soupe avec un bout de pain. Ou nous avions les excédents des magasins à Bruxelles, mais ils étaient souvent périmés. Les plus petits recevaient sur place l’éducation de base d’une institutrice diplômée, membre de la communauté.

L’enseignement secondaire se faisait par le CNED, un système français d’enseignement à distance. “Mais uniquement parce que c’était obligatoire,” explique Borges, “Spatz considérait l’éducation classique comme une absurdité. Il trouvait les travaux manuels plus utiles, peindre, cuire du pain, couper du bois, faire de la construction. Il y avait 4 éducateurs adultes mais en fait c´était les enfants qui s’occupaient de l’entretien de ce château en ruines.”

Peten: Nous nous levions tous les jours à 5 heures pour prier et apprendre par cœur des centaines de pages de textes sacrés tibétains. Nous étions éduqués du matin au soir, 7 jours sur 7, pendant toute l’année. Dans son règlement interne “La Règle d’Or de Soleils” Spatz définissait toutes les facettes de la vie journalière. Tous les disciples devaient la signer. Le fil rouge du Spatsizme était la destruction de l’égo. La souffrance y prenait une grande place. C’était un moyen de bruler du mauvais karma. 

Borges: Les éducateurs nous élevaient avec des punitions. Ceux qui questionnaient leur autorité ou émettaient un avis étaient punis. C’était d’ailleurs très égoïste de développer une personnalité.

Peten: Tous les jours nous devions 108 fois tomber de tout notre long sur notre ventre et nous relever devant Spatz ou devant sa photo s’il était absent. Qui allait trop lentement ne recevait pas à manger le soir. Souvent on ne nous disait même pas pourquoi nous étions punis. Nous devions rester pieds nus dans la neige pendant une heure, nous recevions des coups de battons sur nos cuisses nues avec un chiffon dans la bouche dans la chambre de l’éducateur ou nous étions enfermés dans un sombre local à chaussures dans le château.

Parfois c’était tout le groupe qui était puni. Alors nous devions tous nous jeter au sol 108 fois au même rythme, à la moindre erreur notre groupe devait recommencer.

Borges: A mes 10 ans on m’a envoyé tout seul avec un sac de couchage dans la forêt à des kilomètres. Il y avait des sangliers sauvages. En hauteur. J’ai grimpé à un arbre et j’ai passé la nuit sur une branche.

Peten: Ou ils obligeaient un petit groupe de garçons à se lever pendant des mois à 4 heures du matin pour aller se laver dans une cascade dans la vallée. Même en hiver. Devenirs purs et durs, c’était la devise.

Une des 170 inculpations contre Roberts Spatz est l’abus sexuel.

Des 11 cas confirmés entre 1979 et 2016, 10 étaient sur mineurs. Une victime qui avait à l’époque 11 ans témoigne au tribunal comment Spatz commençait d’abord par lui partager des secrets ridicules pour tester si elle savait se taire. Dans une phase suivante elle déménageait avec sa mère dans son appartement privé dans le château pour cuisiner pour lui et faire son ménage. Spatz, hypocondriaque, qui souffre d’une peur extrême des maladies , les mettaient en confiance en leur parlant de ses vies passées et futures. Il prenait le contrôle physique et mental total, jusqu’au point de leur demander d'accomplir des actes sexuels sous le couvert de rituels religieux.

Borges: Il considérait le sexe comme un échange d'énergie. Par le contact physique, il pensait pouvoir prendre l'énergie de la jeune fille pour lui. La pénétration n’était pas nécessaire pour cela. Sa peur de la contamination était si présente qu’elle lui empêchait d’aller beaucoup plus loin. Il utilisait un Ðorđje (petit sceptre tibétain, ndlr), des petits fouets ou un instrument qui donnait des petits chocs électriques. Ceci est cohérent avec la théorie sadomasochiste de la souffrance. En transformant le plaisir sexuel en souffrance de l’énergie se libérait. Énergie qu’il prenait à sa victime.

Peten: Une des prévenues du procès était présente à quelques attouchements et y a même participé. Des témoins déclarent aussi qu’il y avait un inconnu qui observait d’un coin obscur dans une chambre.

Sophie, à un certain moment tu as aussi été choisie , mais un rhume t’as sauvée?

Peten: A un certain moment Spatz allait s’occuper de moi spécifiquement. J’avais à ce moment beaucoup de crises d’angoisses. Il voulait s’en occuper avec moi. Lors d’un voyage en groupe vers la Dordogne il m’a appelée à sa caravane. J’était justement grippée ce jour là. Apparemment son état hypocondriaque a fait que mon traitement spécial s’est arrêté là.

Comment avez vous découvert en tant adolescents votre propre sexualité dans u environnement si rude et fermé?

Peten: Nous étions incroyablement prudes. Une robe ne pouvait pas descendre 5 cm plus pas que les clavicules et une jupe pas plus haute que les chevilles. Les filles ne pouvaient pas dénouer leur cheveux . Nous nous épilions secrètement avec la flamme d'une bougie.

Borges: Il n’y avait pas de place pour l’amour ce qui est bizarre pour une communauté bouddhiste. Nous ne recevions jamais de bisous ou de câlins. Il n’y avait pas de contacts physiques ou de tendresse.

Peten: Nous apprenions l’amour dans les livres. Quand nous étions plus vieux nous pouvions aller en vacances à Bruxelles pour voir nos parents . C’est là que nous voyions pour la première fois un film ou que nous lisions des livres qui nous étaient interdits en France. La Bicyclette Blue (roman historique de Régine Deforges, où une jeune fille découvre l’amour pendant l’occupation en France, ndlr.) m’a ouvert les yeux. Q«Ainsi que “Au bonheur des dames” d’Emile Zola, à 14 ans je lisait sur des sentiments dont je n’avait jamais entendu parler.

L'une des caractéristiques d'une secte est l'omniprésence du chef spirituel. Était-ce le cas Robert Spatz?

Borges: Absolument! Nous croyions qu’il était omniprésent et omniscient. C’était vraiment ainsi puisque tout le monde venait tout lui raconter. Il était en fait un excellent acteur et manipulateur. Du haut de son trône il nous regardait littéralement de haut. Il jurait pouvoir lire nos pensées. Il nous inculquait que de terribles choses qui se passerait si nous osions remettre en question son autorité. De cette façon, nous avons développé une docilité incroyable. J'étais toujours paranoïaque. Après une mauvaise idée, je craignais d'être puni.

Peten: Sa photo était partout: dans toutes les chambres, dans la cuisine, même dans les salles de bains. Nous étions obligés de penser à lui immédiatement au réveil. Il pervertit les rituels bouddhistes en les reliant à son culte de la personnalité. Selon le profil du FBI un chef de secte est un pervers narcissique, il se considère comme exceptionnel ou d'une autre planète, il a la sagesse pour résoudre les problèmes mondiaux et il exige une loyauté totale de ses adeptes. Quand vous alliez quelque part avec lui vous ne pouviez jamais marcher à sa hauteur, mais toujours derrière lui en biais. Nous ne pouvions pas projeter notre ombre sur lui ni marcher sur son ombre. Nous ne pouvions jamais le regarder dans les yeux. Si nous lui donnions quelque chose il fallait le tenir au dessus de nos têtes afin de ne pas le contaminer avec nos microbes. Nous ne pouvions lui adresser la parole qu’avec la main ou un tissus devant la bouche.

En 1993 un groupe de 25 enfants, dont Ben, Sophie et sont frère, ont été déplacés du Château de Soleils vers le monastère de OKC à Mû, au Portugal. Les enfants y travaillaient journalièrement au restaurant, au temple et au centre de yoga. En même temps ils y étaient éduqués pour la fin du monde, qui d’après Spatz, était imminente.

“Nous n’avions pas de télévision, ni de radio , ni d’ordinateur et ne savions rien du monde extérieur,” dit Peten. “Il était notre seule source d’information et contrôlait tout cela. Il mélangeait toutes sortes de nouvelles avec ses propres fantaisies maladives. L’humanité allait périr du sida et les survivants allaient s’entre tuer.”

Borges: Spatz avait créé au Portugal une ambiance très violente. Les enfants s’y sont fait beaucoup de mal les uns aux autres, de toutes les manières possibles. Nous y étions éduqués dans une culture injuste, sexiste, machiste et misogyne.

Peten: Il nous apprenait a nous défendre avec un couteau et comment couper la langue ou le nez à quelqu’un. Il prenait les filles à part et nous racontait une vision ou nous serions toutes violées. Il insistait tout le temps que nous devions rester vierges, au cas contraire nous devrions quitter la communauté.Nous étions poussés à bout mentalement. A l'époque, nous étions dans un mode de survie très agressif. Quand des années plus tard je me suis inscrit dans un club d’arts martiaux à Bruxelles je faisais peur aux hommes. “Es-tu folle?” criaient ils. “Tu veux tuer quelqu’un? On n’est pas en guerre!” Je n’y comprenait rien.

Borges: Chaque enfant a reçu une formation en karaté. Nous avons pratiqué dans la neige, la pluie et le soleil. A chacun de nos anniversaires nous avions droit à la “moulinette” et on devait se battre tout à tour avec les 24 autres. Selon Spatz nous devions nous défendre contre le monde extérieur. Il mettait tous les soirs quelqu'un pour faire la garde avec un pistolet à air comprimé.

Le monastère Mu ressemblait à un camp d'entraînement militaire. Plutôt que de travailler tous ensemble contre lui, nous avons été manipulés et mis les uns contre les autres.

Peten: Quand les tensions étaient trop élevés, il organisait une fête avec des flots d'alcool pour détendre l'atmosphère. Tous les enfants entre 12 et 24 ans recevaient une grande coupe avec du Jack Daniels ou de la vodka. Chaque fois que Spatz criait “à la familia, a la nostra " nous devions boire cul sec.

Cela durait toute la nuit. Le matin les adultes mettaient les enfants ivres morts dans un tracteur et les ont transportaient au dortoir.

Personne ne s’est jamais révolté?

Peten: C’était impensable. Tout le monde était libre de partir, mais pour aller où? La distance avec le monde réel été tout simplement trop grande.

Borges: C’est comme si tu étais né sur Mars et que quelqu’un te dit: “Voilà la planète terre. Tu peux aller y habiter.” En 1997 la première bombe a explosé. Pendant l’opération Soleil 130 agents belges et 300 agents français ont perquisitionnés dans les diverses communautés OKC. Robert Spatz et certains de ses acolytes ont passé six mois en prison.

Peten: Ce fut un choc énorme. En même temps, nous étions prêts parce Spatz nous avait toujours prédit que le monde extérieur ne nous attaquer.

Borges: La police pensait trouver de la drogues et des armes, mais ils ont étés accueillis avec du thé. Lors des interrogatoires ils ont reçus des dizaines de fois la même réponse: nous sommes heureux, OKC est un endroit agréable.

Plus tard une commission d’enquête en France a établi que OKC était une institution louable. Mais les conclusions de l’inspection au Château de Soleils étaient basées sur les déclarations des enfants endoctrinés. J’ai relu tous les témoignages de cette époque.Tout le monde déclarait exactement la même chose!

Quand avez vous soupçonné que quelque chose clochait dans OKC?

Peten: Après l'opération Soleil je suis allé travailler à Bruxelles. L'organisation y avait été durement touchée. Le nombre d'adeptes avait considérablement diminué, mais les entreprises ont dû continuer à fonctionner. Pendant huit ans, je travaillais 16 heures par jour pour 125 euros par mois. En même temps je découvrait la vie nocturne de Bruxelles. La confrontation entre ces deux mondes extrêmes m'a chamboulée. Tous les principes qui m’avaient été inculqués dès mon âge précoce, semblaient sans valeurs. Je n'avais aucune personnalité et devait toujours agir dans l'intérêt de l'autre. Je ne savais pas comment me comporter en public, comment marcher dans la rue, où regarder. Naïve et inconsciente des dangers dans le monde normal, j’était une proie facile pour toutes sortes de profiteurs.

Borges: J'ai vécu quelques mois avec ma grand-mère à Lisbonne, ai ouvert un restaurant végétarien en l'Algarve pour OKC et finalement je suis retourné à Bruxelles pour connaître ma mère, que je n'avais plus vu depuis huit ans. Les difficultés sociales étaient énormes: J’était incapable de parler avec personne de sujets comme la musique, la politique ou le sport. Prendre les transports en commun, acheter un billet ou d'ouvrir un compte bancaire: je ne savais pas faire ces choses là. Grâce à mon premier ordinateur et ma connexion Internet j’ai appris à connaître le monde réel.

Je commençais à m’intéresser beaucoup aux droits de l'homme et de l'activisme social. Je me suis aperçu que je ne pouvais continuer ma vie, que quand j’aurais fermé le chapitre OKC . J’ai cherché un avocat et j’ai contacté les anciens membres comme Sophie pour nous organiser contre Spatz. La réponse a été énorme. Des ex-disciples de tous les coins d'Europe étaient disposés à coopérer. L’état Belge se concentrait principalement sur la partie financière de l'enquête. Nous avons ajouté un dossier moeurs considérable, et avons réunis 21 parties civiles.

Robert Spatz suit le procès de l’Espagne suite à des problèmes de santé. Comment pensez-vous qu’il vive cette période?

Peten: Il se sent toujours intouchable. Un de ses trente disciples restants nous a dit qu'il est en bonne santé et donne encore des séminaires. Le procureur a indiqué lors de sa plaidoirie le grand risque que, aujourd'hui, il peut abuser des enfants en Espagne.

Borges: Il essaie de manipuler le procès, comme d’habitude. Il fait payer ses avocats couteux par ses victimes, c’est à dire la communauté OKC. Je peux juste espérer que justice soit faite. Il faut stopper Robert Spatz.

Une interview signé TVS

Source NL


#OKCinfo

Mishandelde en misbruikte kinderen: twee ontsnapte ex-leden van de OKC-sekte getuigen #okcproces

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sekte

 

'Leider Robert Spatz zag seks met hem als een uitwisseling van energie'

 

Robert Spatz (71), een Brusselaar die in Zuid-Spanje verblijft, moet zich verantwoorden voor meer dan 170 klachten, gaande van sociale fraude en valsheid in geschrifte tot marteling, opsluiting en seksueel misbruik van minderjarigen. Het gerechtelijk onderzoek, dat liefst achttien jaar heeft aangesleept, legt de verbijsterende egotrip van een meester-manipulator bloot.

Na een reis door India richtte Spatz, een televisiehersteller van opleiding, in 1972 de Brusselse afdeling van Ogyen Kunzang Chöling (OKC) op, letterlijk Domein van Klaar Licht. Volgens de statuten was het een studie- en belevingscentrum van nyingma, de oudste van de vijf Tibetaanse boeddhistische tradities. Centraal in de leer staan het streven naar innerlijke zuiverheid en de verwerping van het materialisme. Maar Spatz, die zich als Lama Kunzang liet aanspreken, nam het niet al te nauw met zijn eigen verlichte principes. OKC was meer een netwerk van commerciële ondernemingen in Brussel: het omvatte een centrum voor yoga en seminaries, biowinkel Le Paradox langs de Elsensesteenweg en vegetarisch restaurant La Tsampa in de Livornostraat. Zijn volgelingen werkten er dag en nacht, in ruil voor kost en inwoon. De inkomsten dienden voor de aankoop van plezierjachten, wagens en villa’s in Spanje, Portugal, Tahiti en aan de Côte d’Azur. De opvallendste aankoop was Château de Soleils, een bouwvallig kasteel in het Franse Castellane, in het departement Alpes-de-Haute-Provence. Daar begint ook het verhaal van Sophie Peten (38) en Ben Borges (35), die er het grootste deel van hun jeugd hebben doorgebracht.

Sophie Peten «Mijn ouders waren trouwe bezoekers van de seminaries in Brussel. Ze zagen in Spatz een charismatische verteller met een aparte visie op leven en maatschappij. Gaandeweg begon hij hen te bewerken. Hij bood mijn moeder een job in La Tsampa aan. Toen het wat minder ging in hun huwelijk, raadde hij mijn vader aan om enkele maanden te herbronnen in India. Kort na zijn vertrek verhuisden mijn moeder, mijn broertje en ik van ons huis in Tervuren naar een klein appartement in het OKC-centrum boven het restaurant. Mijn moeder werkte dag in, dag uit. Ze liet mijn opvoeding over aan andere volwassenen, maar dat waren niet de meest stabiele persoonlijkheden.

»In januari 1985 organiseerde Spatz een seminarie in het Château de Soleils. Dat was een openbaring. Van een appartement in het grijze Brussel vol hysterische volwassenen naar een klein paradijs in de bergen! Zowel Spatz als de al aanwezige kinderen drongen erop aan dat ik zou blijven. Natuurlijk zei ik ja. Enkele dagen later keerde mijn moeder terug naar Brussel, zonder mij.

»Het is absurd dat een kind van 7 jaar zulke keuzes mag maken. Ik weet nog dat ik achter haar auto aanrende, omdat ik plots besefte wat mijn beslissing inhield. Een jaar later kwam mijn 5-jarige broertje ook naar het château, in dezelfde omstandigheden.»

'Robert Spatz beantwoordt aan het klassieke FBI-profiel van een sekteleider: een perverse narcist die zichzelf buitenaards vindt en alle mondiale problemen kan oplossen'

Kind kwijt

In de zomer van 1979 belandde de 16-jarige Portugese Catarina in Castellane. Het meisje was van huis weggelopen en raakte meteen gecharmeerd door de utopie van een boeddhistische commune. Ze leerde er een jonge Belg kennen en verhuisde naar Brussel om er in de OKC-gemeenschap te werken. Enkele maanden later was ze zwanger.

Ben Borges «Mijn geboorte zorgde voor spanningen in die kleine groep, daarom stuurde Spatz ons terug naar Frankrijk. Omdat ik angstig van aard was, kreeg mijn moeder de uitzonderlijke toestemming om bij mij te blijven. Dat werd niet echt geapprecieerd door de anderen, die hun kind wél hadden moeten afstaan. Uiteindelijk kon ze de groepsdruk niet langer aan, en in 1986 keerde ze terug naar Brussel.»

HUMO Jullie ouders mochten slechts één keer per jaar op bezoek komen. Waarom moesten jullie gescheiden leven?

Borges «Spatz vond dat ouders van nature gebrekkige wezens zijn. Hij geloofde dat ze hun kinderen op genetisch niveau vergiftigen. Er moest dus een fysieke en mentale afstand gecreëerd worden om ons te ontgiften. Hij vernederde hen in ons bijzijn en tegelijk hemelde hij ons op. Wij maakten deel uit van een elite, zei hij, we waren voorbestemd voor een uitzonderlijke toekomst. Ik voelde me als kind dan ook superieur tegenover die arme, gebrekkige mensen. Toen ik 8 jaar was, hield ik zelfs de moeder van iemand anders voor de mijne. Ik was gewoon vergeten hoe ze eruitzag.»

Peten «Ik heb me heel lang geschaamd voor mijn moeder. Ik wilde haar niet meer. Ze beantwoordde niet aan het ideaalbeeld dat ik van een volwassene had: iemand die zuiver en bovengemiddeld intelligent is. Ik vroeg me zelfs af of ik geen andere moeder kon krijgen.»

HUMO Was het leven in een Frans kasteel in de bergen zo idyllisch als het klinkt?

Peten «Het château was totaal ongeschikt om kinderen in te huisvesten. Er waren geen stoelen of tafels, we leefden eigenlijk op de grond. De eerste jaren was er ook geen verwarming of warm water. In de winter daalde de temperatuur er makkelijk tot min 17 graden. We hadden bovendien weinig kleren, en het was verboden om de handen in de zakken te steken of om handschoenen te dragen. In geen tijd hadden we blauwe, etterende wintervoeten.

»We leefden van gewassen uit de omgeving. In de winter moesten we het stellen met beschimmelde havermout of soep met een stukje brood. Of we kregen de overschotten van de winkels in Brussel, maar die waren vaak over datum.»

Ego moet dood

De kleinste kinderen kregen ter plaatse les van een gediplomeerde onderwijzeres, die ook lid van de commune was. Voor het voortgezet onderwijs deed de sekte een beroep op het Centre National d’Enseignement à Distance (CNED), een Frans systeem van afstandsonderwijs. ‘Maar dat was enkel vanwege de schoolplicht,’ zegt Borges. ‘Spatz beschouwde het klassieke onderwijs als onzinnig. Hij vond handenarbeid veel nuttiger, zoals brood bakken, hout hakken, schilderen en metselen. Er waren vier volwassen begeleiders, maar feitelijk stonden de kinderen in voor het onderhoud van dat kasteel.’

Peten «Tegelijk stonden we elke dag om vijf uur op om te bidden en honderden pagina’s heilige Tibetaanse teksten uit het hoofd te leren. Van ’s ochtends tot ’s avonds werden we gedrild, zeven dagen per week, jaar in, jaar uit. In zijn interne reglement, La Règle d’Or de Soleils, legde Spatz alle facetten van het dagelijkse leven vast, en alle leden moesten dat ondertekenen. De rode draad in het spatzisme was de vernietiging van het ego. Het lijden nam een belangrijke plaats in: het was een middel om het slechte karma te verbranden. Een goede daad die het eigenbelang diende, moest bestraft worden.»

 

'Toen ik 8 was, hield ik iemand anders voor mijn moeder: ik was gewoon vergeten hoe ze eruitzag'

 

Borges «De begeleiders voedden ons op door middel van bestraffing. Wie hun autoriteit ter discussie stelde of een mening uitte, werd gestraft. Het was immers heel egoïstisch om een persoonlijkheid te ontwikkelen.»

Peten «Elke dag moesten we 108 keer languit op de buik vallen en weer opstaan voor Spatz. Of voor zijn foto, als hij afwezig was. Wie het te traag deed, kreeg ’s avonds geen eten. Maar vaak wísten we niet eens waarom we straf kregen.

»Die straffen konden allerlei vormen aannemen: we moesten een uur op onze blote voeten in de sneeuw staan, bijvoorbeeld. Of we kregen in de kamer van de begeleider een prop in de mond, waarna hij met een stok op onze blote billen sloeg. Of we werden opgesloten in een donkere kamer in het kasteel. Soms werd de hele groep gestraft: dan moesten we ons 108 keer in hetzelfde ritme op de grond gooien, en bij de minste fout moesten we alle vijftig opnieuw beginnen.»

Borges «Toen ik 10 jaar was, stuurden ze mij eens ’s nachts met een slaapzak een bos in, kilometers verderop. Er zaten wilde everzwijnen, dus klom ik in een boom en bracht ik de nacht door op een tak, hoog boven de grond.»

Peten «Of ze verplichtten een groepje jongens om zich maandenlang om vier uur ’s ochtends in een beek in het dal te wassen. Ook in de winter. Hard en zuiver worden, dat was het levensmotto.»

Uitspatzingen

Op het proces dat nu in Brussel loopt, wordt Robert Spatz ook beschuldigd van seksueel misbruik. Van de elf bevestigde gevallen tussen 1979 en 2015 waren er tien slachtoffers minderjarig. Een meisje dat op het moment van de feiten 11 jaar was, getuigde in de rechtbank hoe Spatz begon met het vertellen van onnozele geheimpjes om te testen of ze kon zwijgen. In een volgende fase verhuisde ze met haar moeder naar zijn privéappartement in het kasteel om voor hem te koken en te wassen. Spatz, een hypochonder die lijdt aan extreme smetvrees, nam hen in vertrouwen door over zijn vorige en zijn toekomstige levens te vertellen. Hij nam de volledige fysieke en mentale controle over, tot op het punt dat hij hen vroeg om seksuele handelingen uit te voeren onder het mom van religieuze rituelen.

 

'Wie een mening uitte, werd gestraft. Het was heel egoïstisch om een persoonlijkheid te ontwikkelen'

 

Borges «Hij zag seks als een uitwisseling van energie. Door fysiek contact kon hij de energie van het meisje overnemen. Penetratie hoorde daar niet noodzakelijk bij. Zijn smetvrees was zo groot dat hij nooit veel verder ging. Hij gebruikte wel een dordje(kleine Tibetaanse scepter, red.), zweepjes of een instrument dat elektrische schokjes gaf. Dat sluit aan bij zijn sadomasochistische theorie over het lijden. Door van seksueel plezier lijden te maken, kwam er energie vrij. Die nam hij over van zijn slachtoffer.»

Peten «Eén van de medebeklaagden op het proces was bij enkele aanrandingen aanwezig en nam er zelfs aan deel. Getuigen verklaarden ook dat er een onbekende toekeek vanuit een verduisterde hoek in de kamer.»

HUMO Sophie, ook jij was uitverkoren, maar een verkoudheid heeft je gered?

Peten «Op een bepaald moment ging Spatz zich met mij bezighouden. Ik had in die periode veel angstaanvallen, en hij wilde er samen met mij aan werken. Tijdens een groepsuitstap in de Dordogne riep hij me naar zijn caravan. Net die dag had ik griep. Blijkbaar moet dat de hypochonder in hem afgeschrikt hebben, want dat was het einde van mijn speciale behandeling.»

 

'Elk kind was getraind in karate. We oefenden zelfs in de regen of de sneeuw. Volgens Spatz moesten we ons kunnen beschermen tegen de buitenwereld'

 

HUMO Hoe ontdekten jullie als tieners je eigen seksualiteit in zo’n gesloten omgeving?

Peten «Het ging er ongelofelijk preuts aan toe. Meisjes mochten het haar niet los dragen, en een rok mocht niet hoger dan de kuit komen. We epileerden stiekem het haar op onze benen met de vlam van een kaars.»

Borges «Er was geen plaats voor liefde, wat eigenaardig is in een boeddhistische commune. We kregen nooit een kus of een aai, er was geen enkel liefdevol fysiek contact.»

Peten «We leerden over liefde in boeken. Op latere leeftijd mochten we op vakantie naar Brussel om onze ouders te bezoeken. Daar zagen we voor het eerst films of lazen we boeken die we in Frankrijk niet mochten lezen. ‘La bicyclette bleue’ (historische roman van Régine Deforges, waarin een meisje in bezet Frankrijk de liefde ontdekt, red.) heeft mij de ogen geopend. Ook in ‘Au bonheur des dames’ vanEmile Zola las ik als 14-jarige over gevoelens waarover ik nog nooit had gehoord.»

HUMO Eén van de karakteristieken van een sekte is de alomtegenwoordigheid van de spirituele leider. Was dat ook bij Robert Spatz het geval?

Borges «Absoluut. We geloofden dat hij omnipresent en alleswetend was. Dat was ook zo, want iedereen kwam hem de hele tijd alles vertellen. Hij was een uitstekend acteur en manipulator. Vanop zijn troon in de tempel keek hij letterlijk op ons neer. Hij beweerde dat hij onze gedachten kon lezen, en hij prentte ons in dat ons vreselijke dingen zouden overkomen als we aan zijn gezag durfden te twijfelen. Op die manier ontwikkelden we een ongelofelijke volgzaamheid. Ik was zelfs paranoïde: na elke slechte gedachte was ik bang dat ik ervoor gestraft zou worden.»

Peten «Zijn foto hing overal: in alle kamers, in de keuken, zelfs in de badkamers. We werden verplicht om bij het ontwaken meteen aan hem te denken. Hij perverteerde de boeddhistische rituelen door ze te linken aan zijn personencultus.»

HUMO Volgens het FBI-profiel is een sekteleider pervers narcistisch, beschouwt hij zichzelf als uitzonderlijk of afkomstig van een andere planeet, beschikt hij over de wijsheid om mondiale problemen op te lossen en eist hij totale loyauteit van zijn volgelingen.

 

Peten «Klopt helemaal. Wanneer je met hem ergens naartoe ging, mocht je nooit naast hem lopen. Je moest altijd schuin achter hem blijven, want je mocht geen schaduw op hem werpen of in zijn schaduw stappen. We mochten hem evenmin in de ogen kijken. Als we hem iets aanreikten, dan moesten we het boven ons hoofd houden, zodat we het niet met onze microben konden besmetten. En je mocht alleen tegen hem praten met een hand of een doek voor je mond.»

'Het domein Château de Soleils in Frankrijk' 

Tong en neus eraf

In 1993 werd een groep van 25 kinderen, onder wie Ben, Sophie en haar broer, van Château de Soleils overgeplaatst naar een klooster in Portugal. De kinderen werkten er elke dag in het restaurant, de tempel en het yogacentrum. Ze werden er tegelijk voorbereid op het einde van de wereld, dat volgens Spatz zeer nabij was. ‘Wij hadden geen televisie, radio of computer en wisten niets over het leven in de buitenwereld,’ zegt Peten. ‘Hij controleerde alle informatie die binnenkwam en vermengde allerlei nieuwsfeiten met zijn ziekelijke fantasieën. De mensheid zou ten onder gaan aan aids, of anders zouden ze elkaar wel uitmoorden.’

Borges «Spatz creëerde in Portugal een heel gewelddadige sfeer in de groep. De kinderen hebben er elkaar veel pijn gedaan, op alle mogelijke manieren. We werden er grootgebracht in een onrechtvaardige, seksistische, vrouwonvriendelijke machismocultuur.»

Peten «Hij leerde ons hoe we ons met een mes konden verdedigen en hoe we iemand de tong of de neus moesten afsnijden. Hij nam de meisjes apart en vertelde ons over een visioen dat hij had gehad, waarin we allemaal verkracht werden. Hij drong er voortdurend op aan dat we maagd moesten blijven, anders zouden we uit de commune verwijderd worden. Mentaal werden we tot het uiterste gedreven. Op den duur zaten we in een heel agressieve overlevingsmodus. Toen ik me jaren later in een vechtsportclub in Brussel inschreef, joeg ik er de mannen schrik aan. ‘Ben je gek?’ riepen ze. ‘Wil je iemand vermoorden? Het is geen oorlog, hè!’ Ik begreep er niets van.»

 

'Het stond iedereen vrij om te vertrekken, maar waar moest je dan naartoe? Alsof je geboren bent op Mars en iemand zegt: 'Daar is de aarde. Je mag daar gaan wonen''

Borges «Elk kind was getraind in karate. We oefenden zelfs in de regen of de sneeuw. Elke verjaardag werd gevierd met een moulinette, waarbij de jarige het in een gevecht diende op te nemen tegen de 24 anderen. Volgens Spatz moesten we ons beschermen tegen de buitenwereld. Hij zette elke nacht iemand op wacht met een luchtdrukpistool. Het klooster deed denken aan een militair trainingskamp: in plaats van allemaal samen te werken, werden we gemanipuleerd en tegen elkaar opgezet.»

Peten «Wanneer de spanningen te hoog opliepen, organiseerde hij een feest met sloten alcohol. Alle kinderen tussen 12 en 24 jaar kregen dan een grote beker met whisky of wodka erin, en telkens als Spatz ‘A la familia, a la nostra!’ riep, dronken we ad fundum. Dat ging zo de hele nacht door. ’s Ochtends legden de volwassenen de stomdronken kinderen in een tractor en brachten ze hen naar de slaapzaal.»

HUMO Is er nooit iemand in opstand gekomen?

Peten «Dat was ondenkbaar. Het stond iedereen vrij om te vertrekken, maar waar moest je dan naartoe? De afstand naar de gewone wereld was simpelweg te groot.»

Borges «Het is alsof je geboren bent op Mars en iemand zegt: ‘Daar is de planeet aarde. Je mag daar gaan wonen.’»

Ten prooi aan profiteurs

In 1997 barstte een eerste bom. Tijdens Operatie Soleil voerden 130 Belgische en 300 Franse agenten een hele reeks huiszoekingen uit in de diverse centra en kloosters van Ogyen Kunzang Chöling. Robert Spatz en enkele trawanten brachten zes maanden in de gevangenis door.

Peten «Dat was een enorme schok. Tegelijk waren we voorbereid, want Spatz had ons voorspeld dat de buitenwereld ons zou aanvallen.»

Borges «De politie dacht wapens en drugs bij ons aan te treffen, maar ze werd ontvangen met thee. Bij de ondervragingen kreeg ze tientallen soortgelijke antwoorden te horen: ‘We zijn gelukkig, OKC is een fijne plaats.’ In Frankrijk stelde een onderzoekscommissie later zelfs vast dat OKC een lovenswaardige beweging was. Maar ze had de conclusies van haar inspectie in Château de Soleils gebaseerd op de verhoren van geïndoctrineerde kinderen. Ik heb alle getuigenissen uit die periode gelezen: iedereen diste exact hetzelfde verhaaltje op!»

HUMO Wanneer begon het jullie te dagen dat er iets niet klopte aan OKC?

Peten «Na Operatie Soleil ging ik in Brussel werken. De organisatie was hard getroffen: het aantal volgelingen was flink gedaald, maar de ondernemingen moesten blijven draaien. Acht jaar lang werkte ik er 16 uur per dag voor 125 euro per maand. Tegelijk ontdekte ik het Brusselse nachtleven. De confrontatie tussen die twee werelden haalde me helemaal onderuit. Alle principes die mij van jongs af waren ingelepeld, bleken waardeloos. Ik had geen persoonlijkheid, ik wist niet hoe ik me in gezelschap of in het openbaar moest gedragen. Ik was naïef en me niet bewust van de gevaren in de normale wereld, kortom: een gemakkelijke prooi voor allerlei profiteurs.»

Borges «Ik heb een tijdje bij mijn grootmoeder in Lissabon gewoond. Ik heb voor OKC zelfs nog een vegetarisch restaurant geopend in de Algarve, maar uiteindelijk ben ik toch teruggekeerd naar Brussel. Daar wilde ik mijn moeder, die ik al acht jaar niet meer had gezien, beter leren kennen. Maar ik was vreselijk sociaal gehandicapt: ik kon met niemand meepraten over muziek, politiek of sport. Het openbaar vervoer nemen, een krant kopen of een bankrekening openen: dat kon ik allemaal niet. Dankzij het internet leerde ik de echte wereld kennen. Ik begon me erg te interesseren voor mensenrechten en sociaal activisme, en ik besefte dat ik pas verder kon met mijn leven als ik het OKC-hoofdstuk afsloot. Ik zocht een advocaat en nam contact op met ex-leden zoals Sophie om ons te organiseren tegen Spatz. De respons was enorm. Vanuit alle hoeken van de wereld toonden ex-volgelingen zich bereid om mee te werken. De Belgische staat concentreerde zich vooral op het financiële deel van het onderzoek. Wij voegden er een aanzienlijk zedendossier aan toe en brachten 21 burgerlijke partijen samen.»

HUMO Robert Spatz volgt het proces omwille van gezondheidsredenen vanuit Spanje. Enig idee hoe het met hem gaat?

 

Peten «Hij voelt zich nog altijd onaantastbaar. Eén van zijn dertig overgebleven volgelingen vertelde ons dat hij in goede gezondheid is en nog steeds seminaries geeft. De procureur wees tijdens zijn pleidooi op het risico dat Spatz vandaag in Spanje nog steeds kinderen misbruikt.»

Borges «Hij probeert het proces te manipuleren, zoals gewoonlijk. Hij laat zijn dure advocaten zelfs betalen door zijn slachtoffers, zijnde de OKC-gemeenschap. Ik kan alleen maar hopen dat rechtvaardigheid geschiedt. Robert Spatz moet gestopt worden.»

Geschreven door TVS

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#OKCinfo

Témoignage d'une partie civile #okcproces #okcinfo

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Ceci est le texte de préparation que j'ai utilisé pour apporter mon témoignage au tribunal, lors des audiences en janvier 2016. Il parle de la manière dont j'ai vécu mon enfance dans Ogyen Kunzang Choling(OKC) et de comment j'ai décidé de partir de ce que je qualifie actuellement comme une secte, même si je n'ai pas utilisé ce mot ci-dessous.

Si pour parler de mon texte, ou pour toute autre raison vous souhaitiez me contacter, je vous invite à envoyer un email à okcinfor@gmail.com qui me fera parvenir votre message.

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Ce que je retiens principalement de mon enfance, au-delà de la violence et de la maltraitance certaines (on a déjà parlé des punitions comme être mis dans le noir dans la "chambre à chaussures" parfois pendant des heures, au Mât Nord pied nu dans le gel et dans la nuit, des coups de bâtons, des oreilles en sang, des privations des repas, entre autres), c'est l'environnement totalement sous l'emprise d'une personne, Robert Spatz (RS), que je souhaite montrer avec mon témoignage. Je vais donc illustrer avec quelques éléments de mon enfance la manipulation et l'emprise psychologique dont on faisait l'objet.

RS était présent dans notre vie à chaque étape de la journée. Avant les cours ou avant toute activité (aller chercher du bois en forêt, avant un voyage, etc.) on récitait un mantra qui lui était dédié et qu'il avait composé lui-même. OM SAMANTABHADRA DHARMA VAJRA HUNG. Ayant fréquenté d'autres maîtres bouddhistes, je ne me souviens pas d'une telle pratique ailleurs.

De la même façon, à chaque fois qu'on faisait une session de prières, il y avait toujours à la fin une récitation de sa prière de longue vie à 3 reprises, là où par exemple la prière de longue vie du Dalai Lama et d'autres maîtres de la lignée n'était récité qu'une unique fois. Quelque part, lorsque RS nous disait être omniprésent, je pense que c'était une réalité, mais pas dans le sens où il l’entendait. Je me souviens également que RS disait que lorsqu'on était dans un moment difficile ou avant de s'endormir, il fallait l'imaginer comme une énergie lumineuse, une boule de lumière qui nous entourait de sa compassion.

Notre vie était rythmée par l’aspect religieux, et de ce fait, l’ensemble de notre vie était régie par RS : c’est lui qui décidait des prières, de leur fréquence et de leur nombre. Dans mon cas, à partir de 10 ans j’ai dû aller au temple le matin à 6h, à grand renfort de prières et de prosternations, souvent comme punition. Un éducateur a par exemple décidé à un moment que pour chaque minute de retard, on ferait 108 prosternations. A plusieurs reprises, RS a amendé, remplacé et allongé les prières à faire le matin et soir, parfois de 20 minutes, ce qui ne faisait qu’empirer les problèmes de sommeil, et donc la quantité de punitions qui en découlaient.

C’est aussi RS qui a fait venir un professeur de tibétain du Népal, longtemps promis et attendu comme le messie et finalement arrivé quelques temps après les perquisitions, ce qui fait que je connais des rudiments de tibétain, mais pas un traître mot de la langue maternelle de ma mère qui ne trouvait pas grâce aux yeux de RS. RS disait même que cette langue, le néerlandais, déformait le visage de ceux qui la parlaient. Je ne suis pas objectif, mais je peux vous assurer que ma maman est très belle.

Cette ingérence dans la vie de ses adeptes, on la retrouvait partout, jusque dans les détails les plus intimes de la vie familiale. C’est RS qui a décidé de mon nom tibétain et lui a donné comme traduction “essence du coeur”. Or un maître tibétain lui-même m’a confirmé que ce n’était pas un nom tibétain, et que ça n’avait aucun sens en tibétain. En cherchant sur Google, j’ai découvert que c’était le nom d’un village au Tibet. Par ailleurs, c’est aussi RS qui m’a donné un prénom portugais; à ce sujet, ma mère m’a rapporté que RS comptait m’appeler Joao à la base, et qu’à ce moment-là, quelqu’un avec un autre prénom est passé dans son champ de vision et qu’il a dit qu’en fait, j’allais porter ce prénom-là.

 

RS décide également de qui habite où et quand, mes parents ont régulièrement déménagé entre la France, le Portugal où je suis né et la Belgique, avant ma naissance et ce pour toute mon enfance. Je sais que ça a été le cas pour d’autres membres de OKC. Dans la Règle d’Or de Soleils (ROS), on voit bien que c’est uniquement lui qui décide qui peut vivre ou non à Nyima Dzong (ND), puisque finalement tout le monde enfreint fatalement  une des règles, édictées je vous le rappelle sur base de ce que les bouddhistes appellent les “10 actes nuisibles”, qui est en fait une liste exhaustive des actes entraînant un mauvais karma. Étant humain, tout le monde finit forcément par en commettre, et ça me fait penser au vieil adage qui dit que tout le monde est coupable de quelque chose, pour peu qu’on creuse suffisamment.

Non content de faire vivre enfants et adultes dans le péché, RS culpabilise tout le monde de simplement vivre. Je voudrais préciser que dans le bouddhisme, les 10 actes négatifs sont toujours accompagnés des 10 actes positifs dont on ne trouve nulle trace dans le texte : la seule solution proposée par RS pour absoudre ces péchés, ce sont des jeûnes, des retraites isolées, des pratiques intensives qu’il choisit, ainsi qu’une confession publique qui rappelle plus une humiliation publique.

Je me souviens entendre RS se moquer souvent du point de vue “judéo-chrétien” et pourtant son système est basé sur la culpabilité, pas celle de faire souffrir Jésus, mais celle de chaque disciple envers sa personne, lui qui se démenait tant pour ses enfants qu’il appelait à souhait ses “fils et filles de noble famille”. C’est encore avec la culpabilité, que je me souviens enfant de passer des heures à prier pour lui, son éternelle mauvaise santé trouvant évidemment sa source dans le fait que nous ne priions pas assez.

Je voudrais revenir sur la manière dont je percevais enfant la ROS : tous les enfants ensemble, tous groupes d’âges confondus, devions nous lever à chaque fois que nous nous reconnaissions dans un des dix actes nuisibles. On se levait, on se prosternait devant le livre et finalement on se rasseyait devant tous pour réciter à haute voix le chapitre en question. On se jugeait tous, on était punis mais on se surveillait également, “untel a fait ceci et ne s’est pas levé” et ce qui revenait souvent, c’était le vol. Plus précisément le vol de nourriture. Je me souviens que pour ne pas me faire attraper par un responsable, je me levais pour le mensonge et pas pour le vol ! Évidemment aucun enfant ne se levait pour l’inconduite sexuelle ou les vues fausses -douter de RS et de ses enseignements- car c’était des choses que nous ne comprenions pas. 

Mais il y a des exemples bien plus extrêmes d’application de cette ROS directement par RS : un jour, 3 des enfants les plus âgés à ND ont fait une fugue qui a duré plusieurs jours, et lorsqu’ils ont été retrouvés dans le village voisin, RS a demandé qu’ils fassent 1000 prosternations par jour pendant près d’un mois. En plus de cela ils devaient jeûner la plupart du temps et se sont aussi fait raser le crâne.

 

Quand je parle d’humiliation publique, j’en ai aussi été victime moi-même, lorsque par exemple à 10 ans, j’ai été exclu du groupe et mis à l’écart dans une tente pendant plusieurs semaines car mon éducateur, se retrouvant face à ses limites pédagogiques, a refusé de continuer de s’occuper de moi dans son groupe. J’y étais avec mon seul livre de prières, hors de la vue du monastère, ayant peur du noir et simplement d’être seul en forêt, avec un seul repas apporté quotidiennement à l’orée du bois. Les autres enfants ne pouvaient pas s’approcher de moi sous peine d’être punis. C’est en fait mon père qui avait pris cette initiative et il y a eu des échos de ceci jusqu’à Bruxelles où ma soeur s’en est offusquée, je suppose donc que tout le monde était au courant.

On a déjà parlé de la manière dont RS a géré le fait qu’une flèche ait été tirée sur un sanglier. Chaque jeudi durant près d’un an à ND, on devait se servir son repas puis le jeter dans des seaux qui étaient ensuite apportés aux sangliers, ce qui a eu pour effet pervers d’attirer encore plus les sangliers près des habitations et des enfants.

RS avait également écrit ce qui était appelé la “Prière au Guru Racine”, que je qualifierais d’ode narcissique à lui-même, puisqu’il était le seul lama racine, imposé à tous. Ce qui entre en contradiction avec la définition même d’un lama racine. En effet c’est quelque chose qui demande l’analyse du maître par le disciple et réciproquement, ceci sur une longue période. Ce qui devient alors un non-sens pour nous, enfants, loin de pouvoir réaliser quoique ce soit. On récitait ce texte en alternant chaque jour de la semaine avec d’autres textes de son cru. On peut dès lors dire qu’en sus du culte de la personnalité, il y avait un lavage cerveau quotidien avec ses prières dédiées à lui-même, la ROS et ses autres textes.

Je voudrais revenir sur un extrait de cette “Prière au Guru Racine” où RS met en scène un disciple qui s’adresse à son guru, donc à RS lui-même.

ô Guru fils des vainqueurs
Regarde ma blessure millénaire
chaque jour nourrie du fiel malin
jamais elle ne se referme
et nos propres liquides purulents
sont boissons qui désaltèrent nos enfants

Je tiens à rappeler que c'est extrait d'un texte qu'on lisait chaque semaine, depuis notre arrivée à ND jusqu'à ce qu'on en parte. Ce qu'il écrit dans ce texte sur le rapport parent/enfant correspond entièrement à ce qu'il a depuis le départ instauré : une déresponsabilisation totale des parents sur l'éducation de leurs enfants, une infantilisation de ceux-ci et une démonisation de la structure familiale à son propre profit.

RS commençait systématiquement ses enseignements par "fils et filles de noble famille", famille dont il était le patriarche incontestable pour chacun de ses membres. RS était Dieu le père de sa "familia", il décidait qui entrait et qui était éjecté, stigmatisait ceux qui n'en faisaient pas ou plus partie, de cette "famille", l'extérieur et ses ignorants, et ce faisant nous coupait de toute possibilité de comparer. Il ne restait plus que sa parole pour faire loi.

C'est comme ça que, à onze ans, j'ai eu ma première gueule de bois, je me souviens qu'il y avait une de ces nombreuses fêtes de la Familia Rue de Dublin, 13, RS servait indistinctement et sans aucune mesure aux parents et enfants son vin espagnol favori, la manzanilla. C'est apparemment ma soeur qui l'a supplié d'arrêter de me servir, m'évitant probablement ainsi un coma éthylique, mais pas mon premier trou noir.

 

Pour en revenir à la séparation des enfants de leurs parents, et finalement des parents de leurs enfants, je dois parler de ce qui me fait encore le plus mal. RS a mis ma mère en retraite pendant 6 mois dans le cabanon de gardiennage de sa résidence secondaire pas loin de ND. Je me souviens de devoir aller la voir les dimanches, je ne sais pas pourquoi c’était quelque chose que je devais faire, mais je le ressentais comme une obligation. C’était ambigu pour moi, parce que même si j’étais content de la voir, je ratais systématiquement les projections de film qui avaient lieu parfois le dimanche après-midi. 

Avec le recul, ça me paraît risible, mais pour moi c’était autant une souffrance, car je pense que déjà à ce moment-là, et comme beaucoup d’enfants, j’avais de manière forcée, accepté et intégré tant bien que mal l’absence parentale. J’ai toujours le souvenir des larmes versées à chaque séparation gravé dans ma mémoire et mon coeur.

Et puis soudainement après ces 6 mois, j’avais 9 ans, ma mère est partie en retraite de 3 ans sur suggestion de RS. RS lui a intimé l'ordre de se décider en un jour et je ne l’ai plus revue pendant 4 ans. Je le soupçonne d’avoir voulu l’écarter de la OKC, car elle ne supportait plus la souffrance de la séparation de ses enfants, et même si elle se sentait impuissante face à cette situation, elle devait sûrement être de plus en plus vocale.

Le fait qu’à cet âge ma mère soit partie a causé dans notre relation des déchirures dont on commence à peine à guérir. Lorsque ma mère est sortie de sa retraite, chacune de nos rencontres étaient difficile, emplie de cris et de larmes : je la rejetais, et disais n’avoir plus besoin de mère. Encore aujourd’hui, je considère ma soeur comme étant plus ma mère à certains égards que ma mère elle-même. 

En éclatant ma famille, et le concept même de famille, RS a créé une distance qui ne sera jamais comblée. Je suis également coupé de ma famille élargie, que je n’ai connue que par obligation et il n’y a plus vraiment de lien entre nous. Suite à la lettre menaçant RS s’il ne renvoyait pas les filles habitant dans sa maison dans leur famille en 2010, mon père a choisi entre sa foi et ses enfants. Il habite actuellement auprès de lui en Espagne, je n’ai plus aucune nouvelle de lui depuis 2 ans.

 

J’ai oublié de dire que RS a emprunté à l’idéologie “judéo-chrétienne” -qu’il aimait rabaisser- les péchés et leur absolution. RS parlait de brûler son mauvais karma et détruire l’égo. S’absoudre, c’était s’infliger de la douleur et accepter des mauvais traitements. C’était ici une reformulation de l’idée de châtier le corps, flétrir la chair pour élever l’âme.

C’est ainsi que RS conseille dans la ROS de chercher en hiver les cellules froides et humides, et en été les cellules chaudes et sèches. RS nous disait qu’il fallait toujours mettre les autres avant soi, de considérer toutes mes envies comme l’expression de mon égo et tout ce qui était difficile comme l’expiation de notre mauvais karma.

J’ai pensé vers mes 16 ans que j’avais vaincu mes émotions car j’avais l’impression de ne plus rien ressentir, en fait je m’étais fermé émotionnellement pour surmonter toute cette souffrance. Il m’a fallu des années (et un passage en call center) ne serait-ce que pour passer un coup de fil sans angoisser ou comprendre comment faire des démarches administratives. A mon arrivée à Bruxelles vers mes 20 ans, une fois les humanités/baccalauréat terminés, je n’avais plus l’impression d’exister. Tout me semblait égal et je me sentais à la dérive, nulle part à ma place. Je voyais autour de moi les gens prendre leur vie en main, et j’ai essayé pendant 3 années d’étudier à l’université, dans 3 domaines différents sans réussite aucune. Je me sentais être un échec.

C’est seulement maintenant que je me rends compte que je n’avais alors aucune capacité à rêver, à me projeter dans ma vie et que j’étais en fait en dépression.

#OKCinfo

Lettres au Gourou - Partie II #OKCinfo

23 min read

Suite aux évènements de 2010 relatés dans “Lettres au Gourou”, Tenzang - une des personnes ayant grandi au sein d’OKC puis étant parti en Inde étudier tour à tour la médecine traditionnelle tibétaine, l’astrologie tibétaine puis la philosophie tibétaine - a eu un échange avec Robert Spatz. Ces lettres seront publiées ici en intégralité et numérotées pour pouvoir facilement suivre leur ordre chronologique.

// Lettre N°1 : Tenzang à Robert Spatz

 

Le 23 Novembre 2010, Bir, Inde.

Cher Lama Kunzang,

Voilà bien longtemps que je ne vous ai pas écrit. J’ai pu lire votre réponse aux lettres anonymes qui vous ont été adressées récemment, et j’aimerais y réagir en quelques lignes. Je tiens tout d’abord à préciser que je comprends, sympathise et supporte le mouvement qu’elles ont engagé, mais je n’ai pas rédigé ces lettres.

Je me souviens encore de la dernière fois ou nous nous sommes vu. Vous habitiez alors dans votre petite maison près de Charleroi. Vous m’aviez donné quelques conseils pour le voyage : de vous écrire une fois par mois pour ne pas perdre contact, de ne pas sauter sur chaque jeune fille qui se présenterait, de suivre les conseils de Rabjam Rinpotché et bien sûr, de bien étudier.

Ces conseils m’ont beaucoup aidé pendant mes quelques premières années passées en Inde. J’aime même dire que le fait de devoir vous écrire une fois par mois a été salutaire pour le jeune homme parti à la conquête du vaste monde que j’étais. Et j’avais toutes les raisons d’être si courageux et enthousiaste: j’étais épaulé par le parfait Bouddha Lama Kunzang, et je représentais sa noble famille d’Ogyen Kunzang Choling en orient !

Après quelques années passées dans les monastères à étudier le tibétain puis la philosophie, mes courriers se firent de plus en plus rares et finirent par s’arrêter. Je commençais à saisir intellectuellement quelques concepts de base du Bouddhisme. Tout à coup, le parfait Bouddha Lama Kunzang n’était plus un Bouddha, pas plus que ne l’étaient tous les autres lamas de village. Les moines n’étaient plus des boddhisattvas, les tibétains le peuple choisi !

Et puis il y a eu mes retours en Europe, avec toutes les questions de mes amis d’enfance, la venue du Yangsi, les doutes, le Khenpo plein de dévotion pour vous, la confusion et surtout une curiosité frénétique, suivie d’un étonnement révolté, finalement transformé en tristesse impuissante.

Quand j’ai été le voir, Jigmé Khyentsé Rinpotché a essayé de me raisonner : « A part un Bouddha, aucun être sensible ne peut juger un autre être sensible ! », « Quoi que tu fasses ou dises, soit toujours certain que seule la compassion te guide. » m’a-t-il dit. Mais cela ne m’a pas suffit, et au plus fort de ma crise d’adolescence spirituelle, je ne vois ma résolution que renforcée par ces récents événements que certains jugent ‘d’inutilement lourds, trop lourds’.

Je ne contrôle pas mes émotions et suis pleinement conscient du ridicule dans lequel je m’enfonce moi-même, mais je ne pense pas pouvoir résister plus longtemps à la faim de clarté et de vérité qui me tyrannise. [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz] me disait récemment : « Lama Kunzang est un Bouddha comme nous tous, ceux qui le considèrent comme un être éveillé sont comme la vieille à la dent du Bouddha de l’histoire. ».

Je dois avouer que pendant bien des années je ne me suis adressé qu’au parfait Bouddha Lama Kunzang dans mes lettres et prières. Cette remarque avisée de [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz] me fait aujourd’hui avancer la question suivante : « Si Lama Kunzang est aussi Bouddha que la dent de l’histoire, qui est donc la dent de chien ? ». (NDLR : cliquez ici pour découvrir l'histoire de la dent de chien)

J’aimerais ainsi pour la première fois m’adresser directement à l’humain Robert Spatz et lui poser quelques questions dans l’espoir de mettre fin à cette crise spirituelle.

 

1. On a beaucoup dit et raconté au sujet de votre relation avec Kangyur Rinpotché, comme par exemple l’histoire qui dit que vous auriez été mandaté par Kangyur Rinpotché pour ouvrir un centre au nom de son monastère, ou encore qu’il vous aurait demandé de lui montrer une carte de la France où il aurait pointé du doigt l’emplacement du Château de Soleils et dit : « Allez là, ça s’appelle Nyima Dzong ! ».

Cela pour ne pas citer les enseignements personnels et autres marques de reconnaissances qu’il vous aurait accordées. Sachant que vous ne parlez pas le tibétain et que beaucoup d’entre ceux qui étaient présents en même temps que vous à OKC Monastery n’ont souvenir de ces événements, j’ai parfois difficile à croire à ces histoires. Sont-elles des légendes qui sont passées par trop de bouches ou sont-elles des récits véridiques ?

 

2. Après mes quelques années passées en Asie, j’ai eu la surprise de voir que le Bouddhisme que vous enseignez n’est pas le même que le Bouddhisme des tibétains. C’est en prenant le temps de discuter avec certains des anciens et en regroupant mes souvenirs d’enfance que j’ai pu cerner plus nettement les différences.

Je parle par exemple des initiations de Tara et de Gourou Rinpotché durant respectivement huit et dix jours, des initiations des 4 éléments, des rituels pour choisir un yidam consistant à tourner sur soi-même jusqu'à en tomber à terre, des explications de textes comme le Pema-Thang-yig sensées mener à l’éveil en deux semaines, du Karmayoga garantissant l’illumination en faisant la vaisselle ou en coupant des carottes, des rituels guérisseurs comprenant l’insertion d’objets rituels dans des orifices pas très catholiques (ou sont-ce là peut être les prémices de la gynécologie spirituelle ?), du Dzogchen tzigane du voyage, des visualisations fumantes de new-agisme enseignées aux élèves de yoga, de la terre sacrée de Nyima-Dzong où il suffit d’habiter pour être sauvé, des promesses d’éveil ô combien trop gratuites, des briseurs de samayas parce qu’ils vous remettent en question, et j’en passe.

En envisageant votre enseignement sous une nouvelle lumière, j’ai plus l’impression de voir un prof de yoga belge éclairé à souhait jouant aux apprentis sorciers tibétains qu’un Lama de la tradition Bouddhiste Nyingmapa (excusez mon choix d’expression). Je n’ai rien contre le joyeux spiritisme ou l’innovation spirituelle adventiste mais je ressens quand même un petit pincement au coeur à chaque fois que je me dis : ‘Tout cela a été présenté à mes parents comme l’enseignement du Bouddha et de Gourou Rinpotché, de surcroit celui des traditions de Dilgo Khyentsé Rinpotché et de Kangyur Rinpotché…’.

Vous qui ne juriez que par l’authenticité des lignées de Maîtres comme Kangyur Rinpotché, Dudjom Rinpotché et Dilgo Khyentse Rinpotché, de qui avez-vous donc reçu la lignée de transmission de ces enseignements aux airs prodigieux ? Je trouve assez curieux que vous sachiez donner des initiations traditionnelles sans même comprendre le tibétain ou sans savoir faire des tormas alors qu’à ce jour aucun texte d’initiation n’a été traduit du tibétain !

De quel enseignement Bouddhiste tirez-vous donc le Karmayoga, la pierre de fondation de votre noble Famille ? Que se passe-t-il dans votre esprit quand vous revoyez les parents des enfants à qui vous aviez promis l’éveil à 22 ans ? Durant toutes ces années, n’avez-vous pas un peu perdu de vue votre devoir d’exemple éthique en tant que Lama au milieu des fastes de votre train de vie quotidien ? De quels samayas parlez-vous ? Des samayas de refuge ? Etant donné que vos connaissances en tant que Lama Bouddhiste ne vous autoriseraient pas à transmettre plus que le refuge, des loungs et des sermons, à quels samayas faites-vous référence ? En essence, vous êtes-vous contenté de transmettre

l’enseignement du Bouddha ou avez-vous commencé une nouvelle lignée d’enseignements Bouddhiste ?

Si c’est le cas, permettez-moi de remarquer que dans le contexte Bouddhiste Vajrayana, une nouvelle tradition de techniques ou de pratiques doit au préalable être prouvée valable pour atteindre l’éveil, répétable par d’autres, et surtout éprouvée et approuvée par des maîtres de la lignée (éveillés ou sur les Boumis de préférence). Cela s’est-il passé pour votre enseignement ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi le présenter comme du Bouddhisme traditionnel Nyingmapa ?

 

3. Voilà dix longues années que vous souffrez d’une maladie grave qui ne vous permet pas de quitter votre lit et une ambiance de paix et de silence total. Vous n’avez même pas pu recevoir les enseignements de Kyabje Trulshik Rinpoche la dernière fois que vous l’avez invité. Certains médecins qui vous on traité disent que vous souffrez en fait d’anxiété et de problèmes nerveux dût au stress.

Etonnant pour un maître de méditation quand on pense par exemple au 16eme Karmapa qui enseignait souriant et détendu sur son lit de mort tout en assurant à ses médecins qu’il ne ressentait pas la moindre douleur. Ou encore à Ama-la qui, malgré un état de santé de loin plus grave que le votre, insistait à recevoir tous les enseignements qu’on donnait la où elle se trouvait, et recevait encore tous ceux qui voulaient la voir quelques jours avant son départ.

Quoi qu’il en soit, depuis le début de votre maladie vos disciples culpabilisent en pensant être vos tortionnaires parce qu’ils ne vont pas assez aux offices du matin et du soir. Comment se fait-il que vous ne puissiez pas, simplement par compassion pour vos fils et filles que vous visualisez tous les jours, envoyer ne fut-ce qu’une seule communication vidéo quelques fois par an ?

Vous recevez assez souvent vos proches (comme l’élite communautaire ou encore les archanges) et votre famille, serait-ce encore une fois le manque de bon karma de vos disciples qui vous empêche de le faire ? Dans un tel cas, comment pesez-vous le karma de vos disciples ?

 

4. J’ai récemment pu discuter brièvement avec votre fils Perceval Jampa qui m’a confirmé un bruit de couloir que j’avais entendu il y a bien longtemps. Perceval serait la réincarnation de Kangyur Rinpotché. En répondant à mes nombreuses questions amusées, il m’a dit qu’il enseignait le Bouddhisme sous sa forme dites ‘Dzogchen du Voyage’ à ses deux disciples en cure de désintoxication et qu’il lisait dans les pensées (le minimum requis pour commencer à avoir des disciples, vous le savez bien) grâce à son don de psychologue pour analyser les mouvements et expressions des gens.

Cette pâle caricature de Gourou en début de carrière m’a réellement profondément attristée. L’avez-vous reconnu vous même comme Yangsi de Kangyour Rinpotché pour assurer la succession à la tête de votre communauté, ou a-t-il véritablement été reconnu par les maîtres de la lignée ? Dans ce cas, pourquoi n’a-t-il pas été pris en charge au moins par la famille et les disciples de Kangyur Rinpotché ? Si vous l’avez reconnu vous-même, ne pensez-vous pas avoir suffisamment abimé sa vie ?

 

5. Je suis tout à fait conscient du fait que vous n’avez pas pensé la communauté, pas plus que vous ne l’avez crée ou même voulue, mais il se fait que vous vous êtes laissé octroyer le titre de directeur spirituel et, plus maladroitement, temporel de cette aventure. Ayant longtemps jouis des avantages que ce statut sous-entendait, qu’avez-vous prévu pour nos parents vieillissant mais sans retraite, qui vous ont littéralement donnés plus de la moitié de leur vie (ceci de façon tout à fait légitime bien entendu, je pense à mon père par exemple).

Pour vous dire les choses franchement, d’humain à humain, je respecte profondément le fait que je vous doive presque tout dans cette vie : de mon lieu de naissance à mon éducation, de mes vaches au Bouddhisme ou encore à mes études en Inde. Je parais peut-être réagir en adolescent réactionnaire en colère qui peine à s’affirmer, mais je crois sincèrement que ce n’est pas le cas. Je n’ai aucune raison de vous en vouloir et je ne vous écris maintenant que par pure incompréhension et par étonnement.

Malgré vos idées de génie, votre charisme et votre volonté sans faille, j’ai le sentiment

que comme tant d’autres Lamas en occident, vous vous êtes laissé emporter par le revers de l’effet ‘dent du Bouddha’. Quand on sait que ce qui sauvera les autres est la dévotion qu’ils pourront générer envers le support sur lequel ils projettent leur Tatagatagarbha, n’est-il pas si confortable de se laisser bercer par les quatre plaisirs d’entre les 8 dharmas mondains ?

Cette pratique ne fonctionne hélas que si nous savons nous tenir au moins aussi tranquille qu’une dent de chien ! N’étant pas Bouddha moi-même je n’oserais vous étiqueter de la sorte, mais je ne peux ignorer cette possibilité après avoir vu tant d’autres Lamas se prendre dans le piège. Cela dit, vous êtes peut-être l’unique exception qui confirme la règle.

Je ne peux m’empêcher de penser à mon ami Lama Tenpa Dargye de Kagyu Ling, qui s’est retrouvé dans une situation plus que délicate après avoir détourné de l’argent, débauché des retraites de 3 ans, ou même bu et partouzé au nom du Vajrayana. Malgré son triste palmarès c’est un des Lamas que j’admire le plus, cela pour sa sincérité et son courage à dire : ‘J’accepte. Tout est vrai. J’ai fait tout cela mais c’était sous l’emprise des émotions. Cela n’avait rien à voir avec du Bouddhisme et je vous supplie de ne pas suivre mon exemple !’.

« Ton point de vue est une version simplifiée des choses d’un jeune nouveau moine qui a étudié quelque chose dans une source mais qui n’est pas forcement la vérité ! », m’a dit [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz]. Elle a sûrement raison et même dans le pire des cas, je ne pense pas que vous soyez quelqu'un de foncièrement mauvais, mais il me semble que vous avez un peu perdu le contrôle de la situation en vous laissant dépasser par la force des événements.

J’espère que vos réponses me prouveront le contraire. Je me réjouis donc en me disant que par la présente je vous donne l’opportunité de clarifier certains des doutes qui vous tiennent dans cette position difficile. Quoi qu’il en soit, que vous soyez le parfait Bouddha Lama Kunzang ou simplement l’humain Robert Spatz, je vous prie de répondre à ces quelques premières questions au plus vite pour éclairer ces incompréhensions que certains de ceux qui ont écrit cette lettre et moi-même avons à votre sujet.

 

Bien cordialement,

Tenzang.

 

P.s.: Je tiens à préciser encore une fois que tout ce que j’ai écrit ici ne provient QUE de mon esprit malade et névrosé. Je confesse toute pensée négative qui aurait pu surgir dans mon esprit durant la rédaction de la présente. Je suis conscient de peut-être aller à l’encontre de la volonté de mes Maîtres comme Shechen Rabjam Rinpotché ou Jigmé Khyentsé Rinpotché en écrivant ces lignes mais je ne peux plus supporter l’ambiance de chaos dans laquelle sont plongés un bon nombre de mes amis de coeur et moi-même.

Je ne partagerais cette lettre qu’avec ceux qui vous ont adressé les deux mails anonymes, mais le silence étant une forme d’approbation, je n’aimerais pas devoir donner plus de peine à vos disciples proche comme mon père en rendant ce courrier public.

 

// Lettre N°2 : [T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz] à Tenzang

Tenzang,

Concernant ton email du 23 courant, je voudrais t'informer que Pema Wangyal Rinpoché  va venir bientôt visiter Lama Kunzang à Dechen Chöling*,  et que c'est à ce moment-là qu'il sera donné suite à ton courriel.

[T*****, adepte vivant auprès de Robert Spatz]

*NDRL : Maison de Robert Spatz en Espagne où il vivait avec des disciples

// Lettre N°3 : Robert Spatz (qui signe kundor) à Tenzang, nous préservons la mise en page originale. Le lecteur attentif notera que ce qui suit la signature «kundor», formaté différemment, semble avoir été ajouté à la réponse de l’auteur de la lettre… Libre au lecteur d’interpréter la ou les raisons de cet ajout.

 

Tenzang,

J'ai reçu ton courriel, je l'ai lu avec attention ainsi que Pema Wangyal Rinpoché. Je suis heureux de constater que mes quelques conseils donnés avant ton départ ont pu t'être de quelque utilité; et aussi que tu étudies au monastère à Bir.

Cependant le ton de ta lettre n'est pas celui d'un pratiquant du Dharma. Tu dis que tout ce que tu écris ne provient que de ton esprit malade et névrosé, que tu ne contrôles pas tes émotions. Effectivement, tous les êtres ont des névroses et sont soumis aux concepts et émotions, mais la pratique du Dharma est le remède.

Tu dis aussi que consciemment tu vas à l'encontre de la volonté de tes Maîtres, que tu ne respectes pas leurs paroles et conseils à ton égard, que la faim de clarté et de vérité te tyrannisent ; ces propos ne sont pas ceux d'un pratiquant du Dharma, ni même d'un étudiant du Dharma, encore moins d'un moine bouddhiste.

Or tu as la chance de vivre dans un monastère; donc, bien que tu aies de nombreuses activités et beaucoup d'heures d'études, ton emploi du temps prévoit sans aucun doute une large part à la pratique et tes Maîtres t'y encouragent sûrement.

Il est donc inutile de te torturer, suis ton chemin, approfondis-le avec ton coeur.

J'aurais voulu te répondre de façon circonstanciée mais Pema Wangyal Rinpoché m'a dit et expliqué qu'il est vain de le faire par écrit;  de plus mon état de santé ne me le permet pas.(je souffre d'une maladie handicapante; je ne sais pas ce que ''certains médecins'' qui ne m'ont pas vu depuis des années auraient pu te dire, mais il est vrai que l'affaire judiciaire, aussi brutale qu'imprévue, l'emprisonnement, les accusations infondées,l'inquiétude vis-à-vis de ma famille et de mes étudiants, alors que j'avais déjà une santé fragile en raison d'un grave accident dans ma jeunesse, tout cela m'a profondément affecté.)

Aussi Rinpoché propose de te recevoir lui-même, dès que possible, pour, comme tu dis,''clarifier'' ton mental et t'aider à dissiper tes doutes. Moi-même,quand tu reviendras en occident, je serais très content , si tu as des questions à poser, d'y donner suite de vive voix.

Je t'engage à contacter Rinpoché pour un rendez-vous,et j'attends que tu me contactes quand tu viens en Europe.

Meilleures pensées,

kundor

D'ici là, je tiens à te préciser que je n'ai jamais été le directeur temporel de la vie communautaire,

qui a été constituée sans mon intervention, mes conseils étant d'ordre spirituel ou agissant sur demande. On est en effet souvent venu me demander un avis,que chacun restait libre de suivre ou non.J'y ai cependant mis une partie importante de ma vie, de mon patrimoine et de mes revenus.

D'autres que moi pourront te donner plus de détails si tu le veux.

Saches en tout cas que si j'avais voulu faire fortune j'aurais fait bien autre chose.

La structure des sociétés communautaires a été décidée et organisée par les membres de la communauté afin d'assurer à chacun une couverture sociale adéquate. Je crois d'ailleurs pouvoir dire qu'il s'agit de la seule communauté religieuse qui offre un tel statut.

Tu me dis que le bouddhisme en Asie ne serait pas le même que le bouddhisme que j'enseigne. Il est certain que la vie dans Ogyen Kunzang Chöling en occident ne peut pas être celle que tu as vécue dans un monastère tibétain-(Quoique tu ne serais pas satisfait de l'organisation des monastères tibétains puisque tu en as critiqués)- Il s'agit d'une communauté non monastique devant en outre subvenir à ses besoins. Cela influence considérablement l'organisation et la manière de vivre. De plus, les membres sont occidentaux et non tibétains.

Il convient donc de ne pas confondre l'enseignement et la manière de le donner.

En l'espèce, il convient de distinguer l'enseignement et les nécessités de la vie communautaire en occident et puis de considérer les liens entre les deux,qui sont uniques.

La manière d'enseigner peut prendre de multiples formes. Il convient de faire la part entre le fond et la forme.

Chogyam Trungpa Rinpoché en s'installant en occident a dû développer de nouvelles méthodes qui n'étaient pas celles qui lui avaient été enseignées en Asie.

Sans vouloir me comparer à un grand maître, j'ai tenté pour ma part, bien plus modestement, de trouver dans nos traditions européennes certains aspects qui me semblaient utiles et intéressants, plus adaptés à des pratiquants européens, et aussi avec lesquels je me sentais plus en phase.

Il s'agit de tentatives dont j'assume la responsabilité. Je n'ai pas tenté de recopier ce qui se passe dans un monastère tibétain. La discipline monastique a certaines exigences,déjà très codifiée par une longue expérience.

#OKCinfo

Derrière la Porte Rouge... #OKCinfo #Témoignages

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 A nous tous qui avons vécu aux Château de Soleils…

derrière la porte rouge

contexte: Nyima-Dzong entre 1987-88 et 1991

Je me souviens…

De nos rires cristallins dans les montagnes,

Des bourrasques de vent dans les bannières

De nos joies partagées d’enfants devant si peu

Des caches-caches dans les hautes herbes à l’heure où sonne le gong

Des descentes en luges sur la neige

Des baignades sous le soleil

Du crépitement du feu qui nous réchauffe les mains

De notre appétit débordant pour un bout de pain frais

De toutes nos passions et déchirures, de l’intensité de cette vie loin dans nos souvenirs

Tous ces enfants, l’optimisme de la vie vissé au corps jouant au ballon « prisonnier » devant ce grand chêne immobile.

Alors :  « Sans balancer j’affirme… »

Prisonnier… oui, nous l’étions…tandis qu’il nous enseignait que c’était de notre égo que nous l’étions, nous découvrons que c’était bien du sien.

Mais je me souviens aussi…

« des cœurs brisés »

Dans les minibus qui nous ramenaient vers le soleil et son château, nous pleurions en silence, le visage écrasé sur les vitre regardant défilé les boutiques de la rue du bailli. 

Le cœur d’enfant meurtri par cette blessure ravivée  de nos séparations annuelles ; 

 Puis le chants sacré pour les protecteurs prenait le dessus sur nos pleurs, sur le vrombissement du moteur…nous devrons être purifié de l’influence samsarique dès notre arrivée sur la terre pure…

«  jeux d’enfants »

De ce visage si blanc, de cet enfant la main sur le bucher tenue de force à qui l’ont fait croire qu’on va la lui couper. Tout autour foule se presse, dans l’air il y a la hache suspendu et l’odeur des sapins du feu d’offrande tendu vers le haut.

 Les cœurs d’enfants battent… 

Nous avions, pour mériter ce théâtre, subtilisé un pot de miel 

Il nous avait servi pour préparer des gâteaux d’argile tartinés de nectar pour nos parents absents…

« La gourmandise »

Il y avait sur le domaine, entre quelques buissons, un arbre donnant de petites poires sauvages ;
Bravant les fourmis aux fesses rouges qui l’avaient colonisé, l’ami et moi-même avions rassasié nos 
petits ventres d’enfants de ces fruits aux gouts astringents

Damnation !  Nous avions alors, sans le savoir, au regard de prêtresse locale, désobéi !  De quoi je ne sais pas… Frère Karma à du s’en mêler car nous nous sommes tordus de douleurs tant nos ventres gargouillais. Et bêtise que nos regards appelant à l’aide, car nous avons fini la journée, l’un enfermé dans la cave à chaussure, l’autre par 108 tours de l’air sacré en courant nu pied dans les chardons.

La moral de cette histoire  pourrait-être toute trouvée, « la gourmandise est…. »

Mais je dirais plutôt  « fuyiez la bêtise » VITE !

« Le vain bavardage »

Après les chants tibétains, ou une mélodie de Paul Simon les soirs de grâce, il nous fallait dormir. 

Mais l’agitation du jour, pas encore dispersée malgré les efforts, nous poussait à bavarder, à chuchoter dans la pénombre du dortoir.

C’était sans savoir que notre vaillant responsable se tenait aux aguets…, il entrait brusquement, le silence était immédiat. Il lançait dans l’air une suite de prénoms à qui il promettait une punition.

Nous nous endormions dans l’angoisse…

5h30 du matin, en plein hiver, une main arrache la couverture, l’autre attrape ma jambe me tire du lit superposé, dégringolade…

Vêtu de notre slip de coton nous traversons le monastère dans la nuit vers les sanitaires, l’eau 
glaciale sur nos têtes provoquait des douleurs horribles, il nous retenait sous la douche en nous frappant avec la raclette de caoutchouc un après l’autre tandis que nos frères attendaient leurs tours dans l’angoisse et les pleurs.

« le froid revigore »

En ce mois de février, alors que le Lozar approchait, nous avions été pris dans la nuit par notre vaillant responsable ;  Nous étions sorti du dortoir nous balader et chahuter.

Même heure, même approche, même pleurs 5 enfants dans le givre du crépuscule. Pas de douche ce matin là, mais une longue promenade en slip de coton, nu pied à travers champs pour rejoindre les 108 bannières dans le bas du domaine. L’herbe se brisait sous nos pieds meurtris sous un son de feuilles mortes tant le givre était épais.

Du haut de son échelle, perché sur son mat de prière notre vaillant responsable ordonnait le ballet de prosternation que nous faisions sur le sol gelé. Lorsque le givre avait disparu sous nos corps : 

« décalez vous ». 

Je me souviens ce matin là d’accueillir les premiers rayons de soleil comme un réconfort absolu,

 je me souviens ses rayons éclairer peu à peu la plaine devant nous et venir sur nous…, l’ombre du brin d’herbe à côté de mes mains devenues insensibles…

« La souffrance ajoutée à la souffrance… »

Il semblait par moment, pleuvoir des punitions, tant les prétextes étaient multiples. 

Nos têtes folles d’enfants, de jeunes adolescents dans le vent, avec toute cette intensité de vie ne manquaient pas de donner à notre vaillant responsable sujet à punitions.

Souvent parce que nous dodelinions de la tête pendant la prière, bavardions pendant le repas, oublions la énième lettre de l’alphabet tibétain ou faisions preuve d’intolérance, bref tout était 

prétexte à recevoir un coup dans le dos, se faire tirer l’oreille dans laquelle on susurrait  avec un horrible accent : «  attends ce soir tu vas voir » 

Suprême stratégie que d’avertir l’enfant qu’il va en baver. Malgré notre enthousiasme de vie, nos sourires, nous ne pouvions nous empêcher de penser à ce qui nous attend là… nous étions 2 fois punis.

Là…c’était parfois chez lui parfois dans l’intendance, dans la nuit, pour ne pas être vu, son mouchoir humide dans la bouche pour ne pas être entendu, les coups sur le dos, la tête, la peur, la tristesse, les angoisses, le désespoir…

Et ce malgré le rodéo de nos ainés dehors criant « Hitler, laisse-le,… » Jetant même des pierres sur sa porte mais en vain…

Sans doute que vu par les « badauds » alentours  cela était un jeu, jeu d’enfant … sans doute…comment pourrait ‘il en être autrement ?

C’est loin et si proche, je vous embrasse tous.

 

 

#OKCinfo

Dites! et si vous oubliez vos peurs rien qu’un instant, pour considérer ce que nous avons à vous dire?!! #okcinfo

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enfants ND

Cette lettre s’adresse à tous ceux qui vivent ou ont vécu dans la communauté OKC.

A tous ceux qui considèrent Spatz comme étant un faux ou vrai Maître spirituel.

J’aimerais réagir et répondre à ce qui est écrit sur le site okc-net.org  site officiel nouvellement reconstruit avec stratégie à l’approche du procès.

Dans tous ces commentaires enthousiastes et pleins de vigueur, on voit une multitude de sentiments merveilleux, de lumière, de rayons de soleil, d’attitudes irréprochables et exemplaires, des ambiances sereines et chaleureuses,  extrêmement positives, de gens équilibrés, …

Il faut croire que nous n’avons pas tous la même vue sur la situation, ce qui est tout compte fait très rassurant. On lit beaucoup de : «  Oui je fréquente depuis x temps… » ou "J’y ai vécu quelques années etc... » Tout cela me semble déplacé, mais bon, à chacun ses expériences. Il est frappant de constater que bon nombre de ceux qui ont mis ces commentaires ne partagent  plus cette expérience pourtant si extraordinaire, semble-t-il, que serait cette communauté. Pourquoi l’avoir quittée alors ?! Ça me fait sourire quand ces quelques mêmes personnes sont principalement celles qui se sont enfuies juste après les perquisitions. Pas la peine de vous critiquer, chacun a ses consciences pour en discuter.

Il semblerait également que dans l’intimité de Spatz et dans ses  périodes expérimentales, c’est à dire avec les enfants dans les monastères et les méthodes tantriques pénétrantes, cet enthousiasme ne soit pas partagé.   

Le but est de, nous aussi, vous apporter quelques « lumières ».

En tout  premier, expliquer quelle est notre position dans tout cela.

Tout le monde doit le savoir, c’est fini les petits complots de mauvais village, le pouvoir de la manipulation aux mains de quelques dirigeants, conspirateurs intéressés, les versions édulcorées.

Je vous souhaite au moins de pouvoir ouvrir vos yeux et vos oreilles dans une direction différente, de vous tourner vers vos enfants.  En tant que personnes issues de la même famille, en tant que parents et surtout en tant que responsables.

Rappelez-vous qui nous sommes …  Que vous êtes aussi des pères et des mères .

L’amour, la responsabilité sont aussi des valeurs altruistes…

Vous êtes-vous demandé ce que ces enfants d’OKC, devenus des  adultes à présent, pensaient de tout cela ? Alors que nous n’avions même pas eu le choix, que nous avons du suivre le vôtre ? Que même une fois partis, on était encore là, de toute façon pour aller où ? Nous ne connaissions rien d’autres et n’avions rien à nous.

Qu’avons-nous dans nos cœurs ? Savez-vous réellement, et j’insiste sur ce mot, ce que nous avons réellement vécu pendant toutes ces années où vous travailliez intensément et pratiquiez ? Ces années où vous nous voyiez dans le meilleur des cas 3 fois par an, autrement 1 à 2 fois par an ( et encore, car certaines années vous ne pouviez nous rendre visite car le monastère était  parait-il en retraite, fermé à toute entrée venant de” l’extérieur!!”), allant même pour certains jusqu'à ne pas voir leurs enfants pendant plusieurs années?

Oui, peut- être aviez-vous fait vos choix et sans doute était-ce pour un bien infini, vous a-t-on dit…

Il est  vrai que pour vous, pauvres  parents et adultes de cette époque, il était déjà trop tard pour atteindre le précieux éveil dans cette incarnation !!! On  vous disait que vous transportiez votre EGO sur vos épaules, le chouchoutiez, que vous étiez pétris de « LA MAL  EDUCATION » fardeau génétique  pétri d’émotion et de concepts d’une longue lignée de géniteurs tout aussi abrutis que vous. On vous disait que le mieux qu’il vous restait à faire, c’était encore de pouvoir sauver vos enfants de tout ce samsara que vous trimbaliez et de nous offrir à nous, vases précieux et encore vierges à ce merveilleux Lama Kunzang , loin de toutes votre néfaste influence. Tout ça par amour pour nous.  Hummm pas mal !!!

C’est choquant ?! Pourtant c’est bien ce que  vous entendiez (nous entendions) lors de ces  enseignements donnés par Spatz lui-même.

Et nous alors ?!

Finalement, c’est quoi un enfant ?

Vous les pères et mères, vous  rappelez-vous la toute première fois que vous nous avez serrés dans vos bras, vagissant et recherchant votre chaleur ? C’est magique n’est-ce pas ? Il n’y a rien de comparable à ce que l’on ressent à ce moment là.  Et alors dans une spontanéité toute naturelle, dans un débordement d’amour infini, on fait le vœu de protéger son enfant envers et contre tout.  

De lui offrir le meilleur. On dit même qu’une femme peut devenir une vraie tigresse pour défendre son enfant : c’est à croire que Spatz est un si bon magicien qu’il peut transformer ces tigresses en lapins… pardon, en moutons.

De lui offrir le meilleurs, oui mais à quel prix ??!!!

Qu’est-ce qui fait que vous continuez à fermer vos yeux et vos oreilles ? À tel point que vous nous croyez pas, vous ne réagissez pas lorsque nous venons vous dire ce que nous avons enduré et ce dont nous souffrons encore.

Des punitions abusives, et là je peux vous en citer jusqu’à la fin de la page ! ( pas de souci, chaque chose en son temps), de la désinformation visant toutes sortes de buts mais surtout pas dans un but d'amour, ou alors un amour extrêmement intéressé et décalé : lire notre courrier ou ne pas nous le remettre, ne pas l’envoyer, nous conditionner au téléphone entouré par deux éducateurs nous forçant à dire ce qu’ils veulent et écoutant  tout ce que l’on avait à dire,  des tripotages sexuels  par des éducateurs, des responsables de monastères également  ou d’hommes frustrés ( on se demande pourquoi d’ailleurs, si ce monde était si merveilleux). Petite anecdote :  en me rendant chaque matin la première à mon  travail dit le« karmayoga », je subissais des attouchements d’un frère ( disons un père) membre de la communauté. Peu après c’était d’un autre. Après en avoir parlé ouvertement à quelqu’un, cette même personne m’a répondu : «  Mais tu sais chou, il faut les comprendre, ils ont tellement de frustration, ce n’est pas facile pour eux. Faut avoir de la compassion… »

Je me retiens de vous sortir quelque chose de désobligeant : encore une fois je vous laisse réfléchir…

Mais bon, il parait que tout ce qui ne tue pas rend plus fort… D'ailleurs quoi de plus naturel que toutes ces difficultés, après tout il fallait s’endurcir : nous étions les futurs sauveurs du monde ( ou alors  que tout cela n’était qu’une illusion etc…ha oui!! :)) Au plus on souffre dans cette vie-ci, au plus on brûle son mauvais karma, ou encore il faut aimer celui qui vous fait du mal ( et le remercier) car il vous permet de vous améliorer… blabla)

Nous étions une « élite », vous étiez les abrutis qui faisaient beaucoup d’efforts pour s’en sortir et deviez brûler votre mauvais karma, parait-il.

Lorsque vous veniez nous voir, ou plutôt pour les enseignements estivaux, on nous demandait de ne rien dire de tout ça, «  ils ne comprendraient pas, les pauvres ont déjà si dur ! Ne les faites pas souffrir d’avantage. » Et nous, dans un souci de pitié et de compassion Et de parce qu'on vous aimait tant, on vous épargnait nos " mésaventures". J’ose penser que si vous ne leviez pas le petit doigt c’est que l’on vous a extrêmement bien voilé la vérité.

Voilà, c’est nous : cette soixantaine d’enfants dans ces lieux magnifiques ( je parle de la nature…) tout habillés  de fringues des années 70 , la morve au nez et espérant gagner un supplément de la croûte du riz complet et de gomasio ;)) , jouant au moine et au lama dans le bac à sable, se faufilant dans les rochers magiques pour trouver les lutins,  fiers et orgueilleux ( nous croyions être des êtres purs, futurs bodhisattvas), stoïques, vous aimant désespérément...

Je ne parviens pas à comprendre que vous vous conduisiez comme si de rien n’était.  Quand j’entends le témoignage de mes frères et sœurs de ma génération sur ce qu’ils ont vécus, j’ai mon ventre qui hurle tant ça fait mal.  

Alors je vous pause la question: est-ce que vous trouvez normal que des enfants  se fassent battre en cachette dans des situations dégradantes avec un mouchoir plein de morve dans la bouche? Ligotés et menottés à un arbre parce que soi-disant on ne sait pas les gérer?!!  enfermés dans des pièces du château  pendant des jours, voire des semaines ( à 8, 9, 10 ans) ?

Est-ce que vous trouvez normal que des filles, des enfants, choisies pour ” leur énergie très spéciale” soient retirées  dans les appartements privés de Spatz et en ressortent perturbées, bousillées mentalement?

Et est-ce encore normal que dans toutes leur détresse, leurs attitudes désespérées, elles essaient de vous dire  qu’elles ont subi des attouchements, des pénétrations et bien d’autres choses encore, et que personne ne les écoute ni ne les croie? Ha oui pardon, peut-être n’ont elles pas été à la hauteur de l’initiation exceptionnelle que Spatz leur a offert…

 

Dites-moi... est-ce que votre confort communautaire et votre marche vers l’éveil sont tellement plus importants ? Votre dévotion et vos sacrifices sont- ils si grands que vous préfériez détourner la tête  et ne pas les croire? J’avais toujours gardé espoir qu’une mère choisirait son enfant… Mais bon, quelques belles promesses ou quelques visions futuristes  et apocalyptiques qui comme par hasard tombent à pic, ou encore un peu d’argent, ont l’air plus convaincants.

Et bien sûr quelques peurs aussi, des peurs  bien légitimes. Car oui c’est extrêmement déstabilisant, effrayant. Cependant ces peurs ne doivent nous tétaniser ni nous empêcher de comprendre toutes les réalités.

 

Alors cette lettre a pour but de vous informer  que nous  tenons à votre disposition toutes sortes d’informations et éléments très instructifsqui je pense mériteraient de s’y attarder quelque peu. Infos dites taboues, étouffées par le zèle extraordinaire d’une poignée de disciples visant à protéger le soi-disant bien communautaire et surtout son soi-disant Maître.

Après vous ferez comme bon vous semble.

Elle a pour but également de vous prévenir que nous ne voulons pas « shooter » dans  la communauté, que tout ceci n’est pas fait dans un esprit de haine ou de vengeance comme le sous-entendent certains, mais dans un esprit de réveil de vos consciences et de vos yeux sur un esprit Abominable, Manipulateur, et Malade.

Si vous saviez comme chacun de nous éprouve malgré tout de la tendresse pour la plupart d’entre vous… Vous êtes notre famille, nous avons grandi avec et parmi vous.  

Par contre il nous est impossible, et ça reste très clair, il nous est impossible de laisser un soi-disant père de famille abuser de ces soi-disant droits sur nos frères et sœurs !!

Je souhaite ardemment qu’avant de nous ranger du coté ”des gens médiocres”, des ” êtres malveillants” ,vous preniez le temps de nous écouter, que  vous  puissiez nous dire “Nous ne savions pas, ou n’osions pas nous avouer notre grave et terrible erreur, nous sommes désolés, nous vous aimons”, car en fait, tout ceci n’est qu’un cri de vérité et d’amour de nous, vos enfants, envers vous ! Je souhaite ardemment que nous ne formions pas une séparation mais une unité constructive basée sur un monde sain et positif tout en extrayant un cancer malsain trop nourri  à mon goût.

Ceci est mon message du cœur.





#OKCinfo

Critique d'un texte extrait du site d'OKC par une jeune femme ayant vécu à Château de Soleils #okcinfo

9 min read

En octobre 2015, Ogyen Kunzang Choling a mis en ligne un nouveau site internet et y a ajouté une page intitulée "Education des enfants"

Nous vous proposons ci-dessous une version de ce texte augmentée des commentaires d'une jeune femme ayant vécu son enfance à Château de Soleils :

 

Pendant une trentaine d’années, pour les parents de la communauté qui l’ont souhaité, l’éducation des enfants à partir de l’âge de cinq ou six ans a été prise en charge par la communauté à Nyima Dzong, dans un régime de pensionnat ouvert. Ce mode d’éducation, tout à fait traditionnel au Tibet, l’était encore il y a peu en Europe.  

De très nombreux aménagements y ont toutefois été apportés, tenant compte notamment des spécificités de l’apprentissage du bouddhisme, des développements de la pédagogie moderne et des possibilités offertes par le monde d’aujourd’hui. 

Dans un tel cadre, la vie quotidienne à Nyima Dzong s’est structurée autour des enfants : instruction scolaire, pratique et étude du bouddhisme et du tibétain, activités manuelles, culturelles, sportives et ludiques. Ils ont été entourés d’adultes dont les valeurs sont celles du bouddhisme, c’est à dire le développement de la compassion et de la sagesse. Ces adultes, qui étaient souvent leurs propres parents, les encadraient en tant qu’instructeurs, éducateurs et professeurs. 

Les enfants étaient en contact fréquent avec leurs parents qui, soit vivaient avec eux sur place

Pour ma part , ma mère était absente, ils avaient pour obligation si ils voulaient rester au sein de la communauté de mettre les enfants comme tout les autres parents , de nous envoyer là bas, j'avais 3 ans et demi , je pleurais parce que je voulais être avec mes copines qui avaient un an et demi de plus que moi du coup elle m'a envoyer là bas.  ce qui était le cas d’environ la moitié d’entre eux( il y avait dans les maximum une dizaine d'adultes , qui n'était pas tous parents et les autres parents dont ma mère n'avaient pas l'autorisation de nous voir , pour des raisons de « Détachement  des bien matériaux et physiques « on les voyaient une fois a deux fois par an, et certains enfants cela allait jusqu'à 4 à 6ans sans les voir , il y avait des ordres suivi à la règle et personne ou rare étaient les parents qui les enfreignaient, je me souviens d'avoir eu une année l'interdiction totale à tout parent de venir nous voir , on a du jeter dans un grand sac poubelle tout nos cadeaux qui nous connectait au monde extérieur et on a revu nos parents seulement après environ un an et demi ou deux ans. J'en ai pleuré beaucoup, on a presque oublié leur existence , seulement quelques enfants ayant des parents un peu plus riches et élites avait l'opportunité d'aller visiter la famille pour noël a cette époque.),

ou encore venaient les visiter régulièrement. Il était aussi habituel pendant les vacances scolaires que les enfants partent voir leurs parents ainsi que les autres membres de leur famille ne vivant pas dans la communauté.

Du point de vue scolaire, l’école primaire jouissait du statut d’école privée, octroyé après une enquête sociale approfondie. Le niveau secondaire s’inscrivait dans le cadre légal de l’instruction dans la famille. Les enfants étaient suivis par des enseignants qualifiés. Les méthodes d’enseignement étaient de type classique, comme dans n’importe quel établissement d’enseignement public. Les enfants en difficulté bénéficiaient d’une prise en charge personnelle, ce qui évitait les situations d’échec étude

Pour ma part , je n'avait pas droit à ce régime étant donné que le guru considérait que l'école était du lavage de cerveau du coup , à partir de 12ans la prise en charge personnelle était: on m'envoyait les cours des autres que je recopiais. Je n'ai pas d'échec mais aucune notion de cours à partir de cet age là . Je n'ai pas passé le baccalauréat.

Les situations de retard étaient rares et rattrapées rapidement. Les activités spécifiquement bouddhiques comprenaient l’apprentissage des bases du bouddhisme et de la langue tibétaine, l’étude de prières et de textes et la participation aux poujas (rituels collectifs au temple).

Depuis 2006, l’enseignement du tibétain et de la philosophie bouddhique était dispensé aux enfants comme aux adultes par Khenpo Tseten, maître d’études du monastère de Shétchen au Népal, que Rabjam Rinpotché, abbé du monastère, a envoyé à Nyima Dzong dans ce but.

Après une trentaine d’années d’expérience, on peut constater que l’apprentissage du bouddhisme a été un apport considérable dans le développement des enfants

Une sorte de dégout à devoir être forcé à rester assis pendant des journées entières assis, jeuner, traumatisé à devoir courir pieds nus dans la neige, devoir grimper la montagne avec des sacs a dos pleins de sucrerie qu'on ne pouvait pas manger pour les donner aux oiseaux, recevoir des punitions si on s'endormait au temple, être totalement défaitiste parce que de toute manière « l'impermanence « , que de toute manière tout ce qui t'arrive c'est ton karma et tu dois assumer sans broncher, je ne renie pas que j'ai appris beaucoup, je sais me débrouillée pour pleins de choses, mais ma santé en a payé, mon dos est cassé pour la vie, ma self estime aussi, et je ne serai pas où je suis maintenant pour vous dire ce que je pense si toutes les intentions qu'ils avaient ont été réalisées. Il y a eu beaucoup d' erreurs commises.

De plus, la vie du centre ayant été organisée autour d’eux, ils bénéficiaient d’une attention accrue sur tous les plans.La valeur de cette éducation se reflète dans le rapport d’enquête sociale qui avait été effectuée à l’occasion de la demande d’ouverture de l’école privée. Ce rapport souligne le niveau de scolarité, jugé au-dessus de la moyenne, les conditions de vie, considérées comme «privilégiées»

Waaaaao le grand mot, vous trouver ça normal qu'un enfant de 3 ans et demi ne voit pas sa mère tout les jours, qu'il fallait se battre pour avoir la croûte du gruau qu'on avait le matin qui parfois était truffé de crottes de souris ou de pierres étant des aliments considérés invendables en commerce, que quand on n'arrivait pas à manger notre assiette parce que la nourriture était trop infecte ou indigeste on devait la manger jusqu’à trois jours plus tard, qu'on recevait des coup de bâton ou des lattes sur les doigts,  si on avait le malheur de parler, etc.....

le grand degré d’épanouissement et de sérénité des enfants et leur ouverture vers le monde (plus d’informations sur notre page « Dossier »).

A préciser que le monde on nous le peignait comme mauvais toxique dangereux, il fallait être près à se battre contre lui, c'est sur qu'une fois avoir  réaliser que c'était des mensonges purs et que le monde n'était pas si terrible on a envie de le découvrir. Mais il y a des lacunes par rapport a l'éducation de comment se tenir en société.

Nous sommes très reconnaissants envers tous les maîtres tibétains qui nous ont visités et qui nous ont toujours encouragée dans cette voie.

Tout est impermanent,  cependant. Le temps est passé, les enfants ont grandi et ils sont progressivement partis vers d’autres lieux pour y continuer leurs études secondaires ou universitaires ou démarrer leur vie professionnelle

Il y a  des enfants totalement incapables de mettre un pied au château ou dans un des centres part dégoût et traumatisme de ce qu'ils on vécus , pour ma part les lieux je les aime mais je porte en moi beaucoup de douleurs que ce soit physiques, mentales ou émotionnelles : carence en affection, traumatisme à cause d'abus à 7ans  par un des responsables et a 13 ans part le guru en question, vertèbre cassée sans prise en charge, problèmes digestifs graves , et aucune base d'étude crédible donc difficulté pour gérer la vie administrative.

L’école de Nyima Dzong n’est pas née d’un projet, elle s’est construite progressivement pour répondre à un besoin. Ce besoin n’existant plus pour l’instant, les ressources que nous lui avions consacrées sont dirigées dorénavant à Nyima Dzong vers le développement des programmes d’étude et pratique du bouddhisme ouverts au public.