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#OKCinfo

Le gourou de la #secte OKC sera fixé en septembre #culte #secte #abussexuels #endoctrinement

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Source : le Soir 

Ven. 04 Mai 2018, Page 10

Après trois mois d’audience et une impression de sérénité tranchant avec la tension du premier procès, la cour d’appel a clos les débats dans la tentaculaire affaire de la secte OKC. Décision en septembre pour le gourou Robert Spatz, qui pourrait se faire confisquer des millions d’euros.

On en était resté à un premier procès de bruit et de fureur, théâtre d’un affrontement terrible entre parties civiles nouvellement constituées et avocats de la défense décidés à ne céder aucun pouce de terrain. Et l’on quitte le procès en appel avec un sentiment diffus de paix et, osons-le, de réconciliation. Ce jeudi matin s’est achevé le procès en appel de la secte bouddhiste OKC (Ogyen Kunzang Chöling) et de son gourou Robert Spatz, 74 ans. Et chacun, au palais de justice, savait que l’on marchait sur des braises lors de ce procès tenu devant une chambre spéciale de la cour. C’est Luc Maes, le premier président de la cour d’appel de Bruxelles, qui avait souhaité assurer la direction des débats, secondé par une présidente de cour d’assises et une présidente de cour du travail : pas des débutants.

La semaine dernière, l’avocat général Jean-François Godbille a requis une peine « d’au moins » quatre ans de prison à l’encontre de Robert Spatz, soit la confirmation de la peine infligée lors du premier procès, très inférieure aux réquisitions d’alors (treize ans ferme). Spatz est poursuivi pour viols, escroquerie et blanchiment. Le ministère public a également requis la confiscation de tous les biens immobiliers de l’ASBL OKC et de Robert Spatz, estimant qu’ils ont été acquis à la suite d’infractions financières.

Jeudi matin, M e Inès Wouters, avocate de l’ASBL OKC, a demandé l’acquittement pur et simple de sa cliente . « Nous sommes face à une

organisation qui poursuit un authentique but spirituel et qui n’avait pas l’objectif de commettre des infractions » , a-t-elle pointé, effectuant le parallèle avec le dossier de l’église belge de la Scientologie, victime d’un spectaculaire crash judiciaire en mars 2016 à Bruxelles.

La veille et l’avant-veille, son confrère M e Quentin Wauters, avocat d’un Robert Spatz absent sur certificat médical durant tout le procès, avait assuré une plaidoirie marathon longue de treize heures. Le pénaliste a insisté sur le fait que son client était un authentique lama dont le maître fut celui du dalaï-lama en personne. Il a également fustigé le rôle de parties civiles qui auraient cherché à décrédibiliser la communauté, mais aussi nié tout « lavage de cerveau » orchestré par Spatz, le gourou de l’OKC. Les faits de viol sont également niés, l’avocat évoquant des rituels tantriques acceptés par une femme adulte et consentante.

 

Témoignages sidérants

Une version complètement rejetée par les parties civiles, représentées par M e Dimitri de Béco et à l’origine du retentissement autour de ce procès. En effet, c’est sous l’impulsion d’une des victimes que des dizaines d’autres, venues de plusieurs continents, se sont rendues à Bruxelles afin de se constituer partie civile à l’audience et de déposer des témoignages pour certains complètement sidérants, racontant à quel point l’OKC fut la proie d’une dérive sectaire gravissime, sous l’autorité d’un gourou qui utilisait, selon eux et les premiers juges, son emprise pour assouvir ses appétits sexuels en dépit des règles de droit. Certaines victimes présumées ont vécu toute leur vie au sein de la secte.

L’OKC a été créée par Spatz en 1972 et a fait vivre des dizaines de familles dans des communautés réduites, au Portugal et dans le sud de la France (château de Soleils, à la Castellane). A un moment, tous les enfants nés au sein des communautés vivaient en complète autarcie tandis que leurs parents travaillaient au noir dans les restaurants de la secte, à Bruxelles. Aujourd’hui encore, un magasin de la rue de Stassart, à Ixelles, vend les produits « bios » issus des travaux des derniers membres de l’OKC.

Après des centaines d’heures d’auditions, de plaidoiries et de réquisitoire, ainsi que plus de mille pages de conclusions d’avocats, la cour d’appel aura fort à faire durant tout l’été avant de rendre sa décision, le 18 septembre.

 

OCTAVE MOREL

robert Spatz aka Lama kunzang