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#OKCinfo

[Témoignage] Pour l'enfant qui n'a d'autre repère que son présent, la violence du quotidien devient une normalité. (updated) #secte

22 min read

derrière la porte rouge Nyima-Dzong

En lançant cet espace de publications et de suivi du procès OKC je n’avais pas encore pris le temps de coucher par écrit une histoire qui m’a tourmenté de longue années, même après les faits, qui a aussi influencé ma perception sur “les adultes”, les éducateurs, les hommes, la société et ses dérives qu’elle soit sectaire ou familiale et mine de rien, quand j'ai pu finalement parler au tribunal lors de l'ouverture des audiences en Janvier 2016, j'ai planté un décors, j'ai décris un monde et ce faisant je n'ai finalement pas véritablement parlé de mon vécu. 

En tant qu’enfant pris dans un engrenage où il n’a aucune emprise mon histoire est juste une autre parmis plus de 60 histoires d’enfants entre 1979 et 2003.

J'avais 1 an en 1981 en arrivant à Nyima-Dzong, Châteaux de Soleils France et à partir de mes 5 ans (départ de ma mère) la liturgie et sa pratique faisait partie intégrante de nos vies d'enfants. 

C'était pas une activité adaptée aux enfants, c'était le coeur de la vie dans le monastère, dont les enfants/ados étaient une partie intégrante, suivi par l'école, la participation au tâches diverses, les travaux, bref une vie de campagne figée dans le siècle passé, un peu comme une bulle suspendue dans le temps seulement interrompue par la visite attendue d'un parents (ou pas pour tout les autres), de la camionnette, de cadeaux peut être, d'une nouveauté, peut être un pot de confiture ou des biscuits ? a cette époque, pas de radio, musique, dessein animé, bd's, plutôt la nature, les cabanes et explorer le domaine.

Entre mes 5 ans et mes 13 ans je suis passé par une dizaine de "responsable" homme et femme, aucun n'était pré disposé à assumer une telle fonction, chacun suivait le modèle du précédent en l'adaptant petit à petit à ses propres notions d'éducations inadaptées à des enfants séparer de force de leur parents. 

Voler pour manger c'est probablement le truc que j'ai le plus "pratiqué" vers mes 10-12, les punitions dans ces années la étaient plus comportementale, ne pas répondre, pas même avec le corp, se tenir droit au temple (bic dans le dos discrètement sous le zé ND), pas mettre les coudes sur la tables (manger avec des serviettes sous les coudes pour garder les coudes serrés ND), s'asseoir en lotus et droit au temple, ne pas s'endormir pendant les liturgies ou les pratiques (ou devoir les recommencer(Mu), tourner les pages du livre de prière, devoir aller au temps tous les jours, matin et soirs, toute l'année, tout le temps. (Nd,Mu 16 ans)

Puis il y avait  la "pratique personnelle", la mienne m'avait été "donné" par RS en 91, j'avais 11 ans, je devais faire la pratique de Tara à l'office le matin, à 6h du mat et puis rebelote en journée et puis l'office du soir et sa série de pratique en séquence, un vrai calvaire quand ça vient pas de soi, la "pratique" devient un exercice mental vers 8-9 ans c'était Punition par la pratique, pédagogie centré sur le temple, le comportement, l'abnégation de soi, le non-individu, le groupe, l’enfant noyé dans cette masse, crée du lien et tisse une société de relation, d’amis, et de “plus mon ami” comme tous les enfants du monde. 

On vivait dans un monde peuplé de divinités, de protecteur du Dharma, d’esprit et d’énergie, de relique précieuse et de l'omniprésence et l’omniscience de sieur Robert Spatz auto proclamé Lama Kunzang.

Enfant le monde des adultes nous inculquait que celui ci était un Maître, qu’il était à la fois le père, la mère, le Maître, le tout. bref le Bouddha.

Via le code de la Règle d’Or de Soleils RS avait instauré un régime sinistre, basé sur les strictes nécessités, insuflant dans l’endroit un esprit d’austérité, de manque, de cruauté même, ou le fait de souffrir était perçu comme une manière de “brûler du mauvais ” qui avait pour seul remède plus de pratique, plus de prosternations qui ne menait nulle part et qui apportait principalement un sentiment de culpabilité, de ne pas “être à la hauteur de la quête”, d’avoir des “mauvaises pensées” envers le Maître qui se transformait en encore plus de culpabilité et le tour est bouclé. 

Les adeptes adultes comme les jeunes adolescents n’avait qu’en tête de mieux faire, de se surpasser, de supporter encore plus et d’entraîner son esprit à réagir à ses préoccupations en excluant systématiquement les actes du Maître de l'équation de la réalité. 

Je ne vais pas me lancer dans une énumérations de toutes les punitions qui avait sur place, le procès a déjà entendus ces histoires, d’aucune sont dans la et .

Par contre je vais en écrire une, celle qui m’a le plus tourmenté, marqué, celle qui enfouit toute les autres sous les décombres et c’est uniquement grâce aux amis sur place, les autres enfants de différents groupe que tout ce raffut était supportable et c’est entre l’adversité la plus sombre (vécue en silence) et les jeux dans les arbres que nous avons créé des liens plus forts que toute les tempêtes à venir: 

D'ailleurs à propos de révolutions, déjà en 93 la bande de 25 des plus agés dont je fais partie va être déportée au Portugal, sans l'accord explicite de nos parents, Spatz à un projet, celui de nous avoir tous et toutes directement sous sa direction dans un autre monastère dans le sud du Portugal.

Mais ça c'est une autre histoire qui ne fait malheureusement pas partie de ce procès ci. 

Mais revenons en à 90-91, moment le plus forts de la folie de FM sur le groupe de quelques 11 à 17 enfants qu'il avait sous sa "responsabilité" :

Quelques motifs : 

  • “T’as pas été sage au Temple” - excuse favorite d’un des éducateurs avant son expulsion en 1991. 
  • Il y avait la variante privé de repas
  • Ou encore faire 108 tours de “l’air sacré” sorte d’anneau de pierre déposée à même le sol et qui formait un grand cercle, par temps de pluie ou de neige, courir dans le froids
  • “Va au mâts Nord” ça voulait dire rester dehors la nuit dans le froid pendant un temps indéterminé en chemise de nuit et pyjama et parfois en culotte, quand ça impliquait plusieurs d’entre nous on était envoyé à différents endroits dans le domaine pour éviter qu’on se parle.
  • Et voilà t’as punis, “dans ma chambre après le temple” disait FM. discrètement en me pinçant la peau du bras ou du dos. 

Quelques punitions : 

  • Courrir par tout les temps (30 min ou 1h) 
  • Coup de baton sur les fesses (10-20) 
  • Coup de baton avec une raclette sous la douche froide 
  • Se prosterner dans le gel du matin sur l'herbe torse nu et en caleçon. (1x 1h)
  • Répéter pendant des heures des mantras
  • Dormir dehors
  • Gifle, baffe, tirer les oreilles (fort)
  • Coup de bic dans le dos (avec la pointe sortie)

Bref toutes les semaines quelqu'un y passait pour une raison ou une autre, une fois l'heure et l'endroit de la punition annoncée, c'était inévitable. 

Alors tu savais qu’il allait falloir passer par la de toute façon avant de pouvoir aller dormir et rejoindre les autres au dortoirs. Le supplice d’une journée dans l’attente de se faire battre ou qu’un de tes amis se fasse taper dessus ou privé de X ou Y, d’une manière ou d’un autre constamment contrôlé par un éducateur en pleine névrose qui n’aurait jamais dû se retrouver à cet endroit la. Se savoir constamment sous le risque d’être puni arbitrairement est très certainement une forme de torture mentale et physique pour un enfant, surtout quand après la punition, les détails exactes sur celle ci était: secret.

“Hey, ceci reste un secret entre nous” et les raisons tout aussi obscure et arbitraire. 

Comment avoir un comportement de la sorte dans un "monastère" qui plus est, "Bouddhiste" ?

Il venait te chercher alors que le reste du groupe se préparait à aller dormir ou manger ou après l’école, il ya avait toujours un creux qui lui donnait le temps de faire sa besogne et de revenir avec l’enfant comme si de rien n’était ou de l’envoyer se coucher au dortoirs. Les gens sur place avait l’habitude de laisser faire (les adeptes étant susceptible) et le “responsable” avait quasiment tout pouvoir sur son groupe d’enfant, résultat chacun s’occupait du sien et c’était beaucoup trop pour une personne, mais c’est tout comme si ces enfants de la terre sacré n’était pas une ressources suffisamment importante que pour leur donner un minimum de dignité, d’amour, d’affection, d’attention.   

Il vient me chercher à l’heure du coucher, personne ne dit mot quand je sors mais dans le fond tout le monde sait, personne ne dit rien, dans le fond de l’esprit une certaine lucidité se demande si c’est ça la normalité, le karma, comment ça marche alors, j’ai rien fait, pourquoi autant de violence ? mais elle n’a aucun point de repère pour comparer, l’enfant accepte, c’est que c’est ainsi, c’est mon karma. 

Sortir de la chambre, se demander en mettant ses chaussures si seulement cette fois ci, ça sera juste une remontrance, une mise au point peut être ? Mais à 9 ans quand on a lu le chapitre sur la sagesse de “La Marche vers l'Éveil” de Shantideva (en cachette, il ne fallait pas le lire on risquait de tomber sur du bouddhisme originale), même si on comprend rien au monde qui nous entoure, de cette normalité si violente, rien n’indiquait qu’un bouddhisme saint se vit au monastère.

Aujourd’hui je peux articuler ma pensée, mais en tant qu’enfant, même si un frémissement d’un espoir d’autre chose devrait être en théorie possible, seul l’instant présent comptait véritablement et la dans ce présent-passé je suis entrain de le suivre dans le noir, jusqu'à sa petite maison à côté du petit temple:  

Rentrer dans sa chambre, passer la porte rouge, le coeur qui bat, tout est très rangé, les bâtons de différentes tailles sont derrière la porte, il y en a un dur, en frêne, un autre en buis souple et dur à la fois, mais il y a surtout qu’il m’ordonne de me coucher sur le ventre, je veux pas, je veux discuter, savoir pourquoi...

- "tu n’a pas été sage au temple” il me tord le bras, me force à me coucher, je crie alors il me met son mouchoir sâle dans la bouche, celui avec lequel il se mouche et qu’il replie soigneusement dans sa poche, il est dans ma bouche, et mes bras sont en clinche dans mon dos, je suis sur le ventre et il s’assied sur mes jambes de tout son poid, baisse mon froc, choisi un batons, parfois le frêne, parfois le buis et me roue de coup, quand j’essaye de me lever il m'en empêche, son autre bras me plaque au sol, il me demande si j’ai bien compris... je lui demande mais comprendre quoi ? 

  •  - Je vois que tu n’a pas compris, Non tu n’as pas compris!!
  •  - Mais si j’ai compriiiiiiiis !!!!!

Et c’est repartis pour une rouée de coup, pour finir je crie que j’ai compris, que je serais sage, je ne sais pas de quoi, mais je serais sage, tout pour que ça s’arrête, alors il se calme, j’ai mal aux fesses, au dos, je pleure et il se “radoucit”, c’est passé, et je dois obtempérer,  il me dit de prendre mon livret de notes de Tibétains et de réciter en lisant le plus vite possible toute les exceptions, les règles, les accents et leur logique d’utilisation, je lisais comme toute les autres jeunes très très bien le tibétains écris, même si j’en parlais pas un mots ou était même incapable de traduire quoi que ce soit, mais les punitions à cette époque, sous FM, ça se finissait ou par des récitations de notes et de règles théorique de tibétains ou par des mantras, faire X nombre avant d’aller dormir ou des prosternations.

Après la punitions physique venait la punition mentale: il laissait toujours un temps (pour se calmer et ne pas attirer l'attention) entre le moment ou je me faisait battre et le moment ou je pouvais sortir de chez lui et rejoindre les autres. 

Je suis donc obligé de me mettre tout contre le mur de pierre blanche peinte à la chaux, assis sur les genoux, mais pas sur mes fesses ça fait mal, l’étrangeté de toute la situation, le son de ma voix qui récite des règles grammaticales en tibétains, mon tortionnaire qui fait mine de ranger ou de se changer; parfois il fallait aller vider son pot de chambre pour faire diversion, alors en sortant de cette maison à la porte rouge, il m’attrapait le bras une dernière fois et discrètement me disait : “Hey ceci reste un secret entre nous” avec un terrible accent portugais qui fesait froid dans le dos. 

Alors pour rester sage et jamais plus m’endormir à 11-12 ans je dirigeais un office ou l’autre, j’aimais bien chanter dans le micro, savoir que du début à la fin je ne m’endormirais pas parce que le Umzé, celui qui ouvre la marche dans la récitations des pratiques, suivi par toute la Sanghas éparpillée dans le temple, c’était un peu le chef d’orchestre, ça devenait un brin intéressant, ah c’est sûr, les enfants trouvent toujours un moyens de passer outre et même parfois de vivre des gros problème en les acceptants avec une étonnante simplicité.   

Alors parce que malgré la folie des hommes les enfants gagneront toujours, heureusement il y avait ces moments suspendu dans le temps parfois ou pour un instant l’insouciance reprenait le dessus, la Lumière pour quelque jours, le temps de vacances s'installe pour mieux repartir lors des séparations toujours difficile entre parents et enfants, même si soigneusement caché pour certain. 

Heureusement il y avait la nature ou s'abriter du monde des adultes sur place, il y avait des jeux et des escapades à imaginer et des livres à lire, des courses à vélo, les vacances en été où nous étions plus des enfants que le reste de l'année, ou les dimanches ou on mangeait avec des couverts, ou les concerts de Mozart le Jeudi après-midi dans le petit temple, les balades dans la nature avec ou sans l'accord des adultes, et puis 11 ans c’est quand même l’âge des bisous (chuuut c’est interdit) mais ça aussi déjà à l’époque les jeunes ont montré le ton et ont fini par faire leur expériences malgré le contrôle et l’omniprésence (même si pas physique) mais tout autant absurde et déplacé que la personne de RS et son clergé mettait en place. 

En 1991 nous passon l’été au Portugal, nous le savons pas encore à ce moment là mais Robert Spatz a des plans pour nous, entre autre de nous déporter dans un centre OKC au Portugal, loin de nos parents, loins de tout contrôle par qui que ce soit, même dans la OKC aujourd’hui 20 ans après ces faits, 90% des gens n’ont aucune idée de ce que leur enfants ont vécu entre 1993 et 1997.

Cet année la, j’ai tout juste 11 ans et JL (le “responsable” du monastère en France) à entendu dire que des jeunes garçons se faisait battre, il vient donc faire sa petite enquête et me pose quelques questions : Il n’a lui même pas vraiment l’air honnête dans sa démarche, on dirait plutôt que sa seule considération est de vérifier si ces abus ne vont pas entacher la réputation de ND ou la sienne peut être en tant que “responsable” et puis je ne luis fais pas du tout confiance, il me connait depuis 13 ans, m’a vu grandir, mais la manière dont il vient me poser ces questions n’est pas du tout rassurant pour moi, en effet nous sommes en vacances dans un autre centre OKC, au Portugal, mais FM lui est bien sur place, si je parle je ne sais pas ce qu’il va se passer, j’ai pas mes parents sur place, ni personne à qui me confier, alors je minimise, j’en dis le moins possible, j’ai peur que ça se retourne contre moi si FM apprend qui à parlé. Je ne parlerais plus jamais de ces abus à qui que ce soit jusqu’au procès 2016. 

Fin 91 FM est viré du monastère en France, un peu après les vacances, je n’ai jamais su si JL y avait été pour quelque chose, en tout cas personne n’est venu me parler à ce propos, et puis surtout tout le monde est au courant dans le monastère que FM a été expulsé parce qu’il a ouvert les douches de 2 jeunes filles (16-17 ans max) qui prenait leur douche. (Oui c'est étrange, mais dans la "normalité" qui était la nôtre nous n'avions pas la moindre idée de l'anormalité de ces actes, il n'est jamais partis pour les abus affreux commis sur le groupe de garçon de mon âge, au moins est il partis, c'est déjà une révolution en soi !)

Celle ci vont se plaintre à M, femme de JL et après l’affaire Bernard, FM se fait virer, mais pas tout à fait, OKC a eu un facheuse habitude de conserver en son sein des hommes sérieusement malade dans le but d’éviter que leur départ provoque un scandale ou que le vérité se sache et impacte l’image de la OKC en Europe (Affaire Bernard : 6 cas confirmé de pédophilie entre 87 et 90 caché par Robert Spatz aux parents, tout comme aux autorités Française) FM continuera à travailler dans le secteur de la construction à OKC Bruxelles avant de revenir à ND quelques années plus tard. Pareil pour Bernard le pédophile : de retour à ND dès les années 2000 sans jamais avoir été inquiété a propos des ces actes. 

En fait en me connectant avec mes souvenirs d’enfance et “en les reconnaissants comme de simple phénomène” justement je constate à quel point depuis toujours, nous les enfants de jeunes parents qui cherchaient un idéal, une utopie praticable avec honnêteté et parfois trop peu de discernement, nous avons toujours fait notre possible pour nous dépasser malgré trop souvent le peu de bagage pour y arriver, voir par delà les artifices, acquérir l’esprit critique dans un milieux complètement biaisé par des années de coupures avec la société et toute une conception élitiste et sectaire du concept de communauté, un schéma pollué détourné en un folklore laico-bouddhiste-vajrayana-emaho en pleine dérive, un esprit qui nous a permis de nous extirper chacun à son rythme de l’emprise de toute une enfance polluée par une doctrine qui laisse encore des traces aujourd’hui, une méthode qu’aucun enfant ni aucun parents du monde ne devrait avoir à vivre contre son gré. 

Dans cette entreprise de résilience commencée il y a des années, déclenchée par les perquisitions en 97 pour beaucoup, puis les révélations en 2007 et 2010 pour d’autre et puis le procès en 2016 et son lot d’abus affreux que la plupart d’entre nous avait peine commencé à regarder en face et à apprivoiser pour en parler, pour la résilience, pour se reconstruire, le procès et l’ouverture de parole au 23 parties civiles ont été le clou dans l’engrenage d’une affaire qui si elle n’avait pas reçue notre intervention se serait soldée avec des amendes financières et encore moins que la peine de 4 ans avec sursis, en fin de compte, tous ces épisodes auront été les moments clefs d’une histoire qui n’a pas encore craché tous ses démons. 

Affaire à suivre.

signé Ben Kungyal 

 

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Secte OKC: nouvelle enquête en #France et suspicions en #Espagne #okcproces

5 min read

Après 18 ans d’enquête et 8 mois de procès, le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu jeudi son jugement dans l’affaire de la communauté bouddhiste OKC (Ogyen Kunzang Chöling) fondée en Belgique. Le gourou Robert Spatz (72 ans) est reconnu coupable pour la majeure partie des préventions : faits de mœurs, prise d’otages d’enfants avec la circonstance aggravante de torture, endoctrinement, faux et usage de faux, blanchiment et infractions aux lois sociales. Une condamnation pleine et entière qui a donné lieu rappelons-le à une peine de 4 ans de prison avec sursis, assortie d’une période d’épreuve de 5 ans. Elle s’accompagne d’une saisie d’un million d’euros sur ses biens, 4 millions en cas de récidive.

«  La reconnaissance du tribunal est importante pour nous, mais j’ai du mal à comprendre comment des abus sur mineures peuvent être si faiblement punis  », a commenté une des victimes lors du prononcé. Plusieurs d’entre elles suspectent Robert Spatz de continuer à mener des activités similaires en Espagne. A leur connaissance, aucun mineur n’est aujourd’hui sous son influence. Ils s’inquiètent cependant de l’incidence de son endoctrinement sur les jeunes femmes qui vivent dans sa maison personnelle et sur les adeptes qui fréquentent son centre communautaire implanté non loin de son domicile.

Une partie civile née dans la communauté avance avoir été récemment contactée par la police française en recherche de témoignages, dans le cadre d’une enquête rouverte en 2015. Elle cible des éducateurs pour des faits de maltraitance et des attouchements sur mineures au château de Soleils à Castellane (voir article du 16/12/2015). Pour rappel, faute de preuves et en défaut de plaignants, les poursuites antérieures en France liées à la nécessité d’assistance éducative, aux privations de soins sur mineurs ou à l’exploitation par le travail s’étaient soldées par des non-lieux (1999- 2001).

Appel en suspens à Bruxelles

Les parties civiles espéraient une peine de prison ferme à effet immédiat. Me Quentin Wauters visait l’acquittement de son client : «  C’est un peu un jugement à la Pyrrhus, pour satisfaire les parties civiles et éviter que le procureur ou Robert Spatz ne fasse appel.  » Absent au procès, Robert Spatz a 30 jours pour s’élever contre ce jugement que d’aucuns jugent favorable en dépit de la peine de prison prononcée. Si l’engorgement de la Cour d’appel peut faire gagner plusieurs années, c’est aussi risquer une condamnation plus lourde. Un pari à prendre.

Les victimes élevées par OKC recevront 2.500 euros par année de détention et les filles ayant dénoncé des abus sexuels dans les temps de l’instruction 12.000 euros. Unicité d’intention reconnue dans les rituels tantriques pratiqués, conditions d’éducation considérées comme relevant de la torture, travail dans les restaurants comparé à une forme d’esclavage, la justice belge ne s’est pas montrée avare. «  Je défendais une génération entière qui s’est fait voler son enfance et son adolescence et elle se voit enfin aujourd’hui reconnue comme victime  », se réjouit Me Dimitri de Beco. «  J’espère que cela ouvrira les yeux de ceux qui mettaient encore en doute les accusations  ».

Aux adeptes qui ne voulaient voir que gage de confiance dans la caution spirituelle de maîtres tibétains et du Dalaï-lama et volonté d’accabler leur communauté entière via «  l’épouvantail de la justice  », le juge a envoyé un message compatissant. Les parents et les prête-noms dans les associations connexes ont reçu des dédommagements de principe. Les préventions d’association de malfaiteurs et d’organisation criminelle ont été abandonnées. Parmi les administrateurs poursuivis, seuls la femme de Robert Spatz et son fils appelé à lui succéder ont hérité d’une simple déclaration de culpabilité pour faux et usage de faux, considérant entre autres l’aisance de vie découlant de leurs rétributions. La responsabilité de l’asbl OKC a uniquement été engagée dans la prévention de prise d’otages afin qu’elle participe au dédommagement des victimes. Robert Spatz est seul face à la justice.

Source LeSoir

Procès OKC Spatz

 

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Jugement mitigé pour la secte OKC | Condamné lourdement mais application des peines ridicules #okcproces

4 min read

C’était l’un des procès-fleuves du début d’année : il s’est achevé hier dans une ambiance douce-amère. Avec la condamnation quasiment sur toute la ligne de l’emblématique gourou Robert Spatz, mais à une peine bien éloignée de celle requise par le parquet : 4 ans avec sursis contre 13 ans ferme.

Robert Spatz n’était pas, hier lors du prononcé du jugement, à Bruxelles. Il n’a d’ailleurs jamais mis les pieds dans la salle d’audience : il a toujours prétendu être gravement malade et resté en Espagne pour se soigner. Il a finalement été reconnu coupable d’abus sexuels, de prise en otage d’enfants et de faits de blanchiment d’argent entre autres. L’ASBL OKC a également été reconnue coupable de plusieurs préventions. Mais l’existence d’une organisation criminelle n’a pas été reconnue, le tribunal estimant que seul Robert Spatz était le principal responsable. Celui-ci avait été si malin qu’il avait réussi à faire croire, souligne le tribunal, que rouler

en Porsche était compatible avec son statut de maître désintéressé. Il avait même convaincu les jeunes filles victimes de viols que l’acte sexuel avec le maître était recommandé par la religion bouddhiste…

Au total, le tribunal condamne OKC et Robert Spatz à des confiscations de plus 4,5 millions d’euros. Le tribunal a également attribué des indemnités à une trentaine de personnes constituées parties civiles dans ce procès. Il s’agit pour la plupart d’enfants qui avaient été élevés, dans les années 1980 jusqu’aux années 2000, à l’écart de leurs parents et dans de très mauvaises conditions d’hygiène, dans des monastères en France et au Portugal appartenant à l’OKC. Chaque victime va toucher 2.500 € par année passée au château de Soleils où séjournait la secte. Les victimes de viol toucheront 12.000 €.

Leur avocat, Me Dimitri De Beco, a confirmé ses sentiments mitigés, à l’issue de l’audience. “Toute la matinée, le tribunal a frappé sévèrement, on s’attendait à une peine plus sévère et c’est une petite déception. Mais nous ne partions pas rassurés, les faits étaient très anciens et les avocats de la défense très bien préparés. Mais la peine n’est pas l’essentiel et au final, nous sommes satisfaits” , indique le pénaliste, qui a été consulté en novembre pour un procès qui a débuté en janvier. Les victimes sont venues du monde entier et peuvent avoir aujourd’hui la satisfaction d’être reconnues en tant que telles.

Du côté de la défense, on marque son incompréhension. “C’est un jugement à la Pyrrhus pour contenter tout le monde et éviter les appels. La frustration des clients et des avocats est intellectuelle car le tribunal n’a pas répondu à tous nos arguments en droit. C’est difficile à comprendre et peut-être à accepter” , indique Me Quentin Wauters, avocat de Robert Spatz. Il ne sait pas encore si son client entend interjeter appel.

Source : La Dernière Heure papier par Ju. B.

Robert Spatz ne s’est jamais présenté à son propre procès, achevé hier à Bruxelles

Jugement mitigé pour la secte OKC | Condamné lourdement mais application des peines ridicules

 

#OKCinfo

Le gourou de la #secte OKC Robert Spatz condamné à 4 ans de prison avec sursis #pedophilie #ogyenkunzangcholing

6 min read

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, jeudi, Robert Spatz, le chef spirituel de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC), à une peine de 4 ans de prison avec sursis. L’homme, absent à son procès, a été reconnu coupable d’abus sexuels, de prise en otage d’enfants et de faits de blanchiment d’argent entre autres.

L’ASBL OKC elle-même a également été reconnue coupable de certaines préventions. Au total, le tribunal condamne l’OKC et Robert Spatz à des confiscations de plus 4 millions et demi d’euros.

Le tribunal a aussi attribué des indemnités à une trentaine de personnes constituées partie civile dans ce procès. Il s’agit pour la plupart d’enfants qui avaient été élevés, dans les années 1980 jusqu’aux années 2000, à l’écart de leurs parents et dans de très mauvaises conditions d’hygiène, dans des monastères en France et au Portugal appartenant à l’OKC.

Le tribunal a accordé à ces personnes des indemnités de 2.500 euros par année passée dans ces monastères, sans compter les intérêts compensatoires, qui tiendront compte du nombre d’années qui s’est écoulé depuis la commission des faits.

Il a également accordé des indemnités de 12.000 euros pour des personnes qui ont été victimes d’abus sexuels de la part de Robert Spatz, sans compter également les intérêts compensatoires.

Le tribunal a estimé que les enfants avaient été pris en otage et qu’ils avaient subi des tortures physiques et psychologiques dans les monastères où ils avaient été conduits, telle la privation de nourriture et le manque d’hygiène. Il a rappelé que, selon les règles au sein de l’OKC, les enfants des membres de cette communauté étaient envoyés dans ces monastères, en particulier au domaine Château-de-Soleils à Castellane en Provence, par les parents, sur conseil de Robert Spatz.

Plusieurs personnes constituées partie civile avaient rapporté que le « gourou », Robert Spatz, faisait croire aux parents qu’ils avaient une mauvaise influence sur leurs enfants et qu’ils les polluaient, a rappelé le tribunal, d’où la nécessité qu’ils soient tenus à l’écart d’eux, afin de devenir des élites qui survivraient aux violences et décadences du monde extérieur.

Certains enfants, âgés de 3 à 12 ans, n’avaient plus eu de contacts avec leurs parents pendant plusieurs années, a encore rappelé le tribunal. « Cette manière de vivre a privé les enfants d’une réelle ouverture sur le monde extérieur et leur a porté préjudice en terme d’affectivité et de développement de soi », a relevé le juge. « Si certains ont pu faire des études et bien évoluer dans la société par la suite, c’est grâce à leur propre persévérance et non à l’aide de l’OKC », a-t-il également précisé.

Concernant les faits de moeurs dont certains ont été victimes, le tribunal a précisé qu’ils avaient été commis sous couvert d’une autorité spirituelle et sous prétexte de supposées initiations bouddhistes. Le tribunal a également reconnu que certains parents avaient été forcés de travailler gratuitement dans des commerces exploités par l’OKC. « Ils ont fait l’objet d’un conditionnement continu pour qu’ils travaillent au maximum de leur force », a-t-il dit. Concernant ces personnes, le tribunal a réservé à statuer sur leurs demandes de partie civile. Une réouverture des débats, sur ce plan civil uniquement, a été fixée au 6 mars 2017.

Le tribunal a par ailleurs reconnu l’épouse et le fils de Robert S., qui avaient assumé des postes à responsabilité au sein de l’OKC, coupables de certaines préventions. Mais il n’a pas prononcé de peines à leur encontre étant donné le dépassement du délai raisonnable. Egalement, il a acquitté quatre autres anciens responsables et trois ASBL liées à l’OKC. Enfin, le tribunal n’a pas retenu les préventions d’extorsion à charge de Robert Spatz.

Dans cette affaire, onze personnes physiques et morales, liées à l’OKC, étaient poursuivies pour avoir escroqué de nombreuses personnes et pour avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

Selon l’enquête, certains membres avaient été poussés à faire des dons d’argent très importants à la communauté, et d’autres poussés à travailler gratuitement dans des commerces et restaurants appartenant indirectement à l’OKC. Le fondateur de cette communauté, Robert Spatz, s’était enrichi personnellement grâce à ces dons d’argent, selon le parquet. Cet homme, principal prévenu mais qui faisait défaut, était également poursuivi pour plusieurs faits d’abus sexuels commis au sein de l’OKC. Il était présenté par l’accusation comme un gourou charismatique, très manipulateur.

Enfin, les prévenus étaient soupçonnés d’avoir retenu des enfants en otage dans des monastères et des domaines appartenant à l’OKC, notamment à Castellane en Provence. Il s’agissait des enfants de membres de la communauté OKC qui étaient envoyés dans ces endroits pour y suivre, retirés du monde, un enseignement selon des préceptes bouddhistes.

Robert Spatz alias Lama Kunzang le pédophile

 

Source : (Belga)

   

#OKCinfo

Le chef de la secte OKC condamné à 4 ans de prison avec sursis - DH.be

Le chef spirituel de la communauté OKC, Robert Spatz, a été condamné à 4 ans de prison avec sursis pour délits financiers et faits de moeurs.

 

#OKCinfo

Le gourou de la secte OKC condamné à 4 ans de prison avec sursis | Belgique - lesoir.be

Robert Spatz a notamment été reconnu coupable d’abus sexuels, de prise en otage d’enfants et de faits de blanchiment d’argent.

#OKCinfo

Le gourou d’OKC condamné #okcproces #justice #belgique #pedophilie

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Même si le Lama Kunzang, comme il se fait appeler, a été officiellement exclu, cette année, de la secte Ogyen Kunzang Chöling (OKC) qu’il a fondée dans les années 70, il restera à jamais le personnage phare de ce mouvement international. Hier, le tribunal correctionnel de Bruxelles a donc condamné Robert Spatz, 72 ans, à 4 ans de prison avec un sursis quasi complet et à une amende de 72 000€.

L’enquête judiciaire sur cette secte, prétendument d’inspiration bouddhiste, a vraiment commencé voici 19 ans avec une impressionnante série de perquisitions opérées dans divers pays où Spatz avait étendu ses activités.

L’Ixellois, qui avait commencé sa carrière comme réparateur de téléviseurs, avait été placé sous mandat d’arrêt pendant quelques semaines en 1997, pour ses activités sectaires, pour ses magouilles financières

mais aussi et surtout pour des faits de mœurs. Hier, le juge Jean-Luc Vander Goten l’a déclaré coupable de viols et d’attentats à la pudeur sur trois jeunes femmes, ainsi que sur deux mineures.

Le président du tribunal a minutieusement décrit le fonctionnement interne d’OKC pour en conclure que des dizaines d’enfants ont été pris en otages, séquestrés dans le château de Castellane, en Provence et arrachés à leurs parents pour obtenir de ceux-ci qu’ils travaillent dans des conditions de semi-esclavagisme. À Castellane, dès l’âge de 2 ans et demi parfois, les gosses étaient endoctrinés par des éducateurs et des enseignants qui leur dispensaient des cours d’un très bon niveau, le lavage de cerveau en moins. En effet, un contrôle de l’Éducation nationale sur place avait notamment révélé la très bonne scolarité des élèves, déduction faite, répétons-le, des pratiques criminelles.

Car des témoins ont décrit les scènes d’horreur auxquelles ils ont assisté quand des enfants étaient tirés des bras de leurs parents, punis sévèrement, privés de chauffage et de nourriture, etc. D’autres ont détaillé les «raids» organisés par des parents pour récupérer leurs gosses par la force…

Quand Spatz est sorti de prison en 1997, il s’est installé clandestinement à Aiseau-Presles avec ses proches pour continuer à diriger la secte via ses cadres dispersés en Belgique, en France, au Portugal et en Espagne notamment. Selon l’accusation, il avait, à cette adresse, versé à nouveau dans la pédophilie. Cependant, les déclarations de la plaignante ont beaucoup varié, au point même qu’à la barre des témoins, elle avait sollicité l’acquittement du principal prévenu. Ce que, dans le doute, le tribunal a prononcé.

Enfin, le «Lama Kunzang» s’est édifié un empire financier à travers une chaîne de sociétés, certaines off-shore, pour exploiter ses victimes, mettre ses très nombreux immeubles en location, blanchir son trésor de guerre et s’octroyer des paradis terrestres aux quatre coins du monde.

Au final, la sanction du tribunal est surtout financière puisque Spatz et OKC devront, à titre provisionnel, débourser près de 4 millions d’euros pour payer les confiscations et indemniser les victimes dont le préjudice total n’est pas encore tout à fait arrêté.

Selon toute vraisemblance, le procès se poursuivra en appel, au moins pour débattre encore et encore des intérêts civils.

la Secte OKC condamné

Source : 

Article l'Avenir papier par Jean-Pierre DE STAERCKE

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Droit de réponse à @BelgaNewsAgency et @lavenir_net #okcproces

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Suite à la publication de cette brève Belga :

et suite à la publication de cet article dans le journal l'Avenir qui reprend la même fausse information.

OKCinfo tient à corriger un élément essentiel à cet brève Belga : 

 En effet, certaines parties civiles avaient raconté, dès l'entame du procès en janvier 2016, avoir subi des maltraitances mais aussi des abus sexuels, notamment de cet éducateur.

En aucun cas les parties civiles ont affirmés que des abus sexuels avait eu lieu en plus des maltraitances physiques par cette personne. Me Luc Godin se fera un plaisir de relire les audiences de Janvier et les déclarations actées dans le tribunal par le tribunal sur l'affaire FM que pour savoir avec 100% de certitude que cette affirmation est tout simplement un mensonge. 

Ou une incompréhension de l'agence Belga et donc de la presse qui en découle. 

Un courrier explicatif a été envoyé à la rédaction de ces deux médias pour obtenir un droit de réponse ou tout du moins un correctif de l'information en ligne. 

Nous déplorons a 100% que le suicide d'un individu soit utilisé dans un tribunal contre les parties civiles dans le but de les décridibiliser ou encore de faire passer des mensonges dans la presse. 

Tout ceci en fin de compte ne fait que démontrer une défense qui sur les derniers jours du procès n'a pas hésité à jouer tout les coups bas en sa possession pour essayer de changer l'avis du tribunal sans jamais, même pas une seule fois se défendre et s'expliquer sur le fond : les abus sexuels aux nombres de 11.

Si nous avons parlé d'un décor, d'un système, si nous avons décris d'horrible situation que ni nos parents ni personne n'a vu, mais qui sont coroborés par nos vécus c'est uniquement dans l'intention de donner au tribunal un aperçu de notre vécu à Château de Soleils par delà les dérives qui sont uniquement imputable à Robert Spatz et lui seul. 

Quand un être se suicide dans une communauté Bouddhiste, peut être celle ci devrait se demander pourquoi, encore une fois, n'a t'elle pas été à la hauteur, pourquoi n'a t'elle pas su aider ou apporter de l'aide adéquate à cette personne fragile, mais en auucn cas prévenu ou accusé dans ce procès. FM ne risquait rien. absolument rien. Et si cette information lui était parvenue aujourd'hui il serait peut être encore entrain de vivre. 

Qu'il repose en paix !

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Secte OKC : le gourou plaide l’acquittement #OKCinfo #okcproces

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Après plusieurs semaines de pause, le procès des membres de la secte OKC a repris avec la plaidoirie de Me Quentin Wauters, l’avocat du gourou Robert Spatz, absent depuis le début des débats, pour raisons de santé, selon lui.

Le pénaliste, qui avait triomphé dans le dossier de la Scientologie, a prononcé une charge importante en direction des parties civiles. Et notamment contre l’apparition de 33 personnes, pendant le procès, faisant de celui-ci un véritable événement imprévisible. “Le tribunal correctionnel, en acceptant d’auditionner les nouvelles parties civiles, se présente comme une étude de notaire, sans chercher à les contredire et sans permettre à la défense d’interroger ces personnes. Elles ont fait état de faits en dehors des périodes pour lesquelles le tribunal est compétent. Tout cela a contaminé et pollué ce dossier” , a lancé Me Wauters qui a également sous-entendu que l’une des parties civiles avait fédéré les anciens membres de la secte OKC, cherchant selon lui “à les manipuler” après avoir publié le dossier répressif sur Internet.

“Attention à ne pas créer une secte dans la secte” , a osé Me Wauters, sous le regard courroucé des parties civiles présentes. À ce titre, il demande l’irrecevabilité des poursuites.

L’avocat a également plaidé l’acquittement de Robert Spatz, pour toutes les dizaines de préventions qui pèsent contre lui, en se basant “sur les éléments du dossier” et une “analyse factuelle” . Ainsi, sur l’un des faits de viol qui est reproché au gourou, son avocat s’appuie sur les déclarations de la victime qui avait affirmé ne pas avoir offert de résistance à Spatz.

La défense , mise au supplice durant des semaines, après une série de révélations fracassantes, a fait front. Il reste que l’image donnée de Robert Spatz, décrit par le procureur du Roi comme un “manipulateur machiavélique” , et les quantités de faits mis au jour ne peuvent être oubliés ainsi.

En février, le ministère public avait requis 13 ans et 10 mois de prison contre Robert Spatz. La défense devrait terminer de plaider au plus tard jeudi prochain. Les répliques débuteront le 2 mai. Le procès – qui aura duré cinq mois – devrait s’achever début mai.

Julien Balboni

 

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Plaidoyer pour le gourou planqué #OKCinfo #okcproces #Bruxelles

Trois audiences complètes pour tenter de laver Robert Spatz, le «Lama Kunzang» poursuivi pour plus de 100 crimes et délits, dont des viols de mineures.

 

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Secte OKC à #Bruxelles: la défense estime le procès non fondé #okcinfo #okcproces

Le procès a débuté en janvier devant le tribunal correctionnel après 18 ans d'instruction. Le fondateur et gourou de cette secte, Robert Spatz, est absent. C'est son avocat qui est à la barre pour contester de bout en bout les reproches du parquet et remettre en question les idées de lavage de cerveau et de séquestration affirmées par certaines victimes.

Parmi elles, des adultes d'une trentaine d'années qui ont vécu au sein de la secte alors qu'ils étaient enfants.

 

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Enfants maltraités et abusés: deux ex-membres de la secte OKC témoignent. #okcproces

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Les enfants perdus.

Début janvier a commencé à Bruxelles au tribunal correctionnel le procès contre le belge Robert Spatz, leader de la secte OKC. Depuis 1972 le gourou auto-proclamé a attiré des centaines de disciples dans sa communauté reposant sur des règles de vie vaguement bouddhiste.

Trois générations plus tard les ravages humains sont énormes. Deux ex-membres témoignent d’un système d’endoctrinement, de manipulation et d’abus. “Le fil rouge de son enseignement était l’élimination de notre égo.” Le prévenu principal, Robert Spatz (71) doit répondre de plus de 170 chefs d'accusations , qui vont de la fraude sociale au faux en écriture en passant par la torture, l’enfermement et les abus sexuels sur mineurs.

L’ enquête de justice , qui a trainée 19 ans, met à nu le parcours égocentrique déconcertant d’un maître en manipulation.

Après un séjour en Inde, le réparateur de télévision a fondé la branche bruxelloise de Ogyen Kunzang Chöling (OKC), littéralement “le Domaine de la Claire Lumière”. Suivant les statuts c’était un centre d’études et d’expériences Nyingmapa, la plus ancienne de 4 traditions bouddhistes tibétaines les plus importantes. Au centre de la doctrine sont la quête de la pureté intérieure et le rejet du matérialisme. Spatz, qui se fait appeler Lama Kunzang, n'a pas suivi de très près ses propres principes éclairés.

OKC était plutôt 'un réseau d'entreprises commerciales à Bruxelles: un centre de yoga et de séminaires, un magasin de produits bio Le Paradoxe à la chaussée d’Ixelles et un restaurant végétarien la Tsampa à la rue de Livourne. Ses disciples y travaillaient jour et nuit, en échange de la nourriture et du logement. Les bénéfices servait à l’achat personnel de yacht, des voitures et des villas en Espagne, au Portugal, Tahiti et la Côte d'Azur. Pour la communauté, il a acheté en France “Chateau de Soleils”, un château délabré à Castellane, Alpes-de-Haute-Provence.

C’est là que commence l'histoire de Sophie Peten (38) et Ben Borges (35), qui y ont passé la majeure partie de leur enfance.

Peten: Mes parents étaient de fidèles visiteurs des séminaires à Bruxelles. Ils trouvaient en Spatz un enseignants charismatique avec une vision différente sur la vie et la société. Peu à peu, il a commencé à les enjouer. Il a proposé à ma mère un emploi à la Tsampa. Lorsque cela a été moins bien dans leur mariage, il a conseillé mon père de se ressourcer pendant quelques mois en Inde. Peu de temps après son départ ma mère, mon frère et moi avons déménagé de notre maison à Tervuren vers un petit appartement dans le centre OKC au-dessus du restaurant. Ma mère travaillait constamment. Elle a mis mon éducation dans les mains des autres adultes, mais ils n’étaient pas les personnalités les plus stables.

En janvier 1985 Spatz a organisé un séminaire à Château de Soleils. Ce fut une révélation. D’un appartement dans les Bruxelles gris, pleins d'adultes hystériques vers un petit paradis dans les montagnes! Spatz ainsi que les enfants déjà sur place m'ont conseillé de rester. Bien sûr, j’ai dis oui. Quelques jours plus tard, ma mère est retourné à Bruxelles, sans moi. Il est absurde qu'un enfant de sept ans peut faire de tels choix. Je me souviens de courir derrière sa voiture, parce que je me suis soudain rendu compte de l’étendue de ma décision. Un an plus tard mon petit frère de 5 ans venait dans les mêmes circonstances.

Durant l'été 1979, la jeune fille portugaise Catarina de 16 ans a atterri à Castellane. La fille enfuie de sa maison à un jeune âge, a été immédiatement séduit par l'utopie d'une communauté bouddhiste. Elle a fait la connaissance d'un jeune Portugais et a déménagé à Bruxelles pour y travailler dans le réseau OKC. Quelques mois plus tard, elle était enceinte.

Borges: ma naissance a créé des tensions au sein de la petite communauté. Spatz nous a renvoyé en France. Comme j’était un enfant craintif ma mère a reçue l’autorisation exceptionnelle de pouvoir rester avec moi. Cela n’a vraiment pas été apprécié par les autres qui étaient obligés de se défaire de leurs enfants. A la fin elle n’a pas résisté à la pression du groupe et en 1986 elle est repartie à Bruxelles.

Vos parents ne pouvaient venir vous visiter qu’une fois par an. Pourquoi deviez vous vivre séparément?

Borges: Spatz considérait les parents comme des être imparfaits par nature. Il croyait qu’ils empoisonneraient leurs enfants au niveau génétique. Il fallait donc créer une distance physique et mentale pour nous “désintoxiquer”. Il les humiliaient en notre présence tandis qu’il nous encensaient. Il disait que nous faisions partie d’une élite. Nous étions destinés à un avenir exceptionnel. Je me sentait en tant qu’enfant supérieur par rapport à ces pauvres gens imparfaits. A 8 ans j’ai remplacé ma mère par celle d’un autre. J’ai oublié à quoi elle ressemblait.

Peten: J’ai longtemps eu honte de la mienne. Je ne la voulait plus. Elle ne correspondait pas à l’image idéale que j’avais d’un adulte: une personne pure et sur-intelligente. Je me demandait même si je ne pouvait pas avoir une autre mère.

Est ce que la vie dans un château en France était aussi idyllique que cela puisse paraitre?

Peten: Le château était tout à fait inadapté pour y héberger des enfants. Il n’y avait pas de chaises ou de tables, nous vivions pratiquement sur le sol. Nous avions peu de vêtements. Les premières années il n’y avait pas de chauffage ni d’eau chaude. En hiver la température descendait à -17. Il était interdit de mettre ses mains dans ses poches ou de mettre des gants. Nous avions des engelures aux pieds. Nous vivions des cultures de notre potager. En hiver, nous devions nous contenter de la farine d'avoine moisie ou de la soupe avec un bout de pain. Ou nous avions les excédents des magasins à Bruxelles, mais ils étaient souvent périmés. Les plus petits recevaient sur place l’éducation de base d’une institutrice diplômée, membre de la communauté.

L’enseignement secondaire se faisait par le CNED, un système français d’enseignement à distance. “Mais uniquement parce que c’était obligatoire,” explique Borges, “Spatz considérait l’éducation classique comme une absurdité. Il trouvait les travaux manuels plus utiles, peindre, cuire du pain, couper du bois, faire de la construction. Il y avait 4 éducateurs adultes mais en fait c´était les enfants qui s’occupaient de l’entretien de ce château en ruines.”

Peten: Nous nous levions tous les jours à 5 heures pour prier et apprendre par cœur des centaines de pages de textes sacrés tibétains. Nous étions éduqués du matin au soir, 7 jours sur 7, pendant toute l’année. Dans son règlement interne “La Règle d’Or de Soleils” Spatz définissait toutes les facettes de la vie journalière. Tous les disciples devaient la signer. Le fil rouge du Spatsizme était la destruction de l’égo. La souffrance y prenait une grande place. C’était un moyen de bruler du mauvais karma. 

Borges: Les éducateurs nous élevaient avec des punitions. Ceux qui questionnaient leur autorité ou émettaient un avis étaient punis. C’était d’ailleurs très égoïste de développer une personnalité.

Peten: Tous les jours nous devions 108 fois tomber de tout notre long sur notre ventre et nous relever devant Spatz ou devant sa photo s’il était absent. Qui allait trop lentement ne recevait pas à manger le soir. Souvent on ne nous disait même pas pourquoi nous étions punis. Nous devions rester pieds nus dans la neige pendant une heure, nous recevions des coups de battons sur nos cuisses nues avec un chiffon dans la bouche dans la chambre de l’éducateur ou nous étions enfermés dans un sombre local à chaussures dans le château.

Parfois c’était tout le groupe qui était puni. Alors nous devions tous nous jeter au sol 108 fois au même rythme, à la moindre erreur notre groupe devait recommencer.

Borges: A mes 10 ans on m’a envoyé tout seul avec un sac de couchage dans la forêt à des kilomètres. Il y avait des sangliers sauvages. En hauteur. J’ai grimpé à un arbre et j’ai passé la nuit sur une branche.

Peten: Ou ils obligeaient un petit groupe de garçons à se lever pendant des mois à 4 heures du matin pour aller se laver dans une cascade dans la vallée. Même en hiver. Devenirs purs et durs, c’était la devise.

Une des 170 inculpations contre Roberts Spatz est l’abus sexuel.

Des 11 cas confirmés entre 1979 et 2016, 10 étaient sur mineurs. Une victime qui avait à l’époque 11 ans témoigne au tribunal comment Spatz commençait d’abord par lui partager des secrets ridicules pour tester si elle savait se taire. Dans une phase suivante elle déménageait avec sa mère dans son appartement privé dans le château pour cuisiner pour lui et faire son ménage. Spatz, hypocondriaque, qui souffre d’une peur extrême des maladies , les mettaient en confiance en leur parlant de ses vies passées et futures. Il prenait le contrôle physique et mental total, jusqu’au point de leur demander d'accomplir des actes sexuels sous le couvert de rituels religieux.

Borges: Il considérait le sexe comme un échange d'énergie. Par le contact physique, il pensait pouvoir prendre l'énergie de la jeune fille pour lui. La pénétration n’était pas nécessaire pour cela. Sa peur de la contamination était si présente qu’elle lui empêchait d’aller beaucoup plus loin. Il utilisait un Ðorđje (petit sceptre tibétain, ndlr), des petits fouets ou un instrument qui donnait des petits chocs électriques. Ceci est cohérent avec la théorie sadomasochiste de la souffrance. En transformant le plaisir sexuel en souffrance de l’énergie se libérait. Énergie qu’il prenait à sa victime.

Peten: Une des prévenues du procès était présente à quelques attouchements et y a même participé. Des témoins déclarent aussi qu’il y avait un inconnu qui observait d’un coin obscur dans une chambre.

Sophie, à un certain moment tu as aussi été choisie , mais un rhume t’as sauvée?

Peten: A un certain moment Spatz allait s’occuper de moi spécifiquement. J’avais à ce moment beaucoup de crises d’angoisses. Il voulait s’en occuper avec moi. Lors d’un voyage en groupe vers la Dordogne il m’a appelée à sa caravane. J’était justement grippée ce jour là. Apparemment son état hypocondriaque a fait que mon traitement spécial s’est arrêté là.

Comment avez vous découvert en tant adolescents votre propre sexualité dans u environnement si rude et fermé?

Peten: Nous étions incroyablement prudes. Une robe ne pouvait pas descendre 5 cm plus pas que les clavicules et une jupe pas plus haute que les chevilles. Les filles ne pouvaient pas dénouer leur cheveux . Nous nous épilions secrètement avec la flamme d'une bougie.

Borges: Il n’y avait pas de place pour l’amour ce qui est bizarre pour une communauté bouddhiste. Nous ne recevions jamais de bisous ou de câlins. Il n’y avait pas de contacts physiques ou de tendresse.

Peten: Nous apprenions l’amour dans les livres. Quand nous étions plus vieux nous pouvions aller en vacances à Bruxelles pour voir nos parents . C’est là que nous voyions pour la première fois un film ou que nous lisions des livres qui nous étaient interdits en France. La Bicyclette Blue (roman historique de Régine Deforges, où une jeune fille découvre l’amour pendant l’occupation en France, ndlr.) m’a ouvert les yeux. Q«Ainsi que “Au bonheur des dames” d’Emile Zola, à 14 ans je lisait sur des sentiments dont je n’avait jamais entendu parler.

L'une des caractéristiques d'une secte est l'omniprésence du chef spirituel. Était-ce le cas Robert Spatz?

Borges: Absolument! Nous croyions qu’il était omniprésent et omniscient. C’était vraiment ainsi puisque tout le monde venait tout lui raconter. Il était en fait un excellent acteur et manipulateur. Du haut de son trône il nous regardait littéralement de haut. Il jurait pouvoir lire nos pensées. Il nous inculquait que de terribles choses qui se passerait si nous osions remettre en question son autorité. De cette façon, nous avons développé une docilité incroyable. J'étais toujours paranoïaque. Après une mauvaise idée, je craignais d'être puni.

Peten: Sa photo était partout: dans toutes les chambres, dans la cuisine, même dans les salles de bains. Nous étions obligés de penser à lui immédiatement au réveil. Il pervertit les rituels bouddhistes en les reliant à son culte de la personnalité. Selon le profil du FBI un chef de secte est un pervers narcissique, il se considère comme exceptionnel ou d'une autre planète, il a la sagesse pour résoudre les problèmes mondiaux et il exige une loyauté totale de ses adeptes. Quand vous alliez quelque part avec lui vous ne pouviez jamais marcher à sa hauteur, mais toujours derrière lui en biais. Nous ne pouvions pas projeter notre ombre sur lui ni marcher sur son ombre. Nous ne pouvions jamais le regarder dans les yeux. Si nous lui donnions quelque chose il fallait le tenir au dessus de nos têtes afin de ne pas le contaminer avec nos microbes. Nous ne pouvions lui adresser la parole qu’avec la main ou un tissus devant la bouche.

En 1993 un groupe de 25 enfants, dont Ben, Sophie et sont frère, ont été déplacés du Château de Soleils vers le monastère de OKC à Mû, au Portugal. Les enfants y travaillaient journalièrement au restaurant, au temple et au centre de yoga. En même temps ils y étaient éduqués pour la fin du monde, qui d’après Spatz, était imminente.

“Nous n’avions pas de télévision, ni de radio , ni d’ordinateur et ne savions rien du monde extérieur,” dit Peten. “Il était notre seule source d’information et contrôlait tout cela. Il mélangeait toutes sortes de nouvelles avec ses propres fantaisies maladives. L’humanité allait périr du sida et les survivants allaient s’entre tuer.”

Borges: Spatz avait créé au Portugal une ambiance très violente. Les enfants s’y sont fait beaucoup de mal les uns aux autres, de toutes les manières possibles. Nous y étions éduqués dans une culture injuste, sexiste, machiste et misogyne.

Peten: Il nous apprenait a nous défendre avec un couteau et comment couper la langue ou le nez à quelqu’un. Il prenait les filles à part et nous racontait une vision ou nous serions toutes violées. Il insistait tout le temps que nous devions rester vierges, au cas contraire nous devrions quitter la communauté.Nous étions poussés à bout mentalement. A l'époque, nous étions dans un mode de survie très agressif. Quand des années plus tard je me suis inscrit dans un club d’arts martiaux à Bruxelles je faisais peur aux hommes. “Es-tu folle?” criaient ils. “Tu veux tuer quelqu’un? On n’est pas en guerre!” Je n’y comprenait rien.

Borges: Chaque enfant a reçu une formation en karaté. Nous avons pratiqué dans la neige, la pluie et le soleil. A chacun de nos anniversaires nous avions droit à la “moulinette” et on devait se battre tout à tour avec les 24 autres. Selon Spatz nous devions nous défendre contre le monde extérieur. Il mettait tous les soirs quelqu'un pour faire la garde avec un pistolet à air comprimé.

Le monastère Mu ressemblait à un camp d'entraînement militaire. Plutôt que de travailler tous ensemble contre lui, nous avons été manipulés et mis les uns contre les autres.

Peten: Quand les tensions étaient trop élevés, il organisait une fête avec des flots d'alcool pour détendre l'atmosphère. Tous les enfants entre 12 et 24 ans recevaient une grande coupe avec du Jack Daniels ou de la vodka. Chaque fois que Spatz criait “à la familia, a la nostra " nous devions boire cul sec.

Cela durait toute la nuit. Le matin les adultes mettaient les enfants ivres morts dans un tracteur et les ont transportaient au dortoir.

Personne ne s’est jamais révolté?

Peten: C’était impensable. Tout le monde était libre de partir, mais pour aller où? La distance avec le monde réel été tout simplement trop grande.

Borges: C’est comme si tu étais né sur Mars et que quelqu’un te dit: “Voilà la planète terre. Tu peux aller y habiter.” En 1997 la première bombe a explosé. Pendant l’opération Soleil 130 agents belges et 300 agents français ont perquisitionnés dans les diverses communautés OKC. Robert Spatz et certains de ses acolytes ont passé six mois en prison.

Peten: Ce fut un choc énorme. En même temps, nous étions prêts parce Spatz nous avait toujours prédit que le monde extérieur ne nous attaquer.

Borges: La police pensait trouver de la drogues et des armes, mais ils ont étés accueillis avec du thé. Lors des interrogatoires ils ont reçus des dizaines de fois la même réponse: nous sommes heureux, OKC est un endroit agréable.

Plus tard une commission d’enquête en France a établi que OKC était une institution louable. Mais les conclusions de l’inspection au Château de Soleils étaient basées sur les déclarations des enfants endoctrinés. J’ai relu tous les témoignages de cette époque.Tout le monde déclarait exactement la même chose!

Quand avez vous soupçonné que quelque chose clochait dans OKC?

Peten: Après l'opération Soleil je suis allé travailler à Bruxelles. L'organisation y avait été durement touchée. Le nombre d'adeptes avait considérablement diminué, mais les entreprises ont dû continuer à fonctionner. Pendant huit ans, je travaillais 16 heures par jour pour 125 euros par mois. En même temps je découvrait la vie nocturne de Bruxelles. La confrontation entre ces deux mondes extrêmes m'a chamboulée. Tous les principes qui m’avaient été inculqués dès mon âge précoce, semblaient sans valeurs. Je n'avais aucune personnalité et devait toujours agir dans l'intérêt de l'autre. Je ne savais pas comment me comporter en public, comment marcher dans la rue, où regarder. Naïve et inconsciente des dangers dans le monde normal, j’était une proie facile pour toutes sortes de profiteurs.

Borges: J'ai vécu quelques mois avec ma grand-mère à Lisbonne, ai ouvert un restaurant végétarien en l'Algarve pour OKC et finalement je suis retourné à Bruxelles pour connaître ma mère, que je n'avais plus vu depuis huit ans. Les difficultés sociales étaient énormes: J’était incapable de parler avec personne de sujets comme la musique, la politique ou le sport. Prendre les transports en commun, acheter un billet ou d'ouvrir un compte bancaire: je ne savais pas faire ces choses là. Grâce à mon premier ordinateur et ma connexion Internet j’ai appris à connaître le monde réel.

Je commençais à m’intéresser beaucoup aux droits de l'homme et de l'activisme social. Je me suis aperçu que je ne pouvais continuer ma vie, que quand j’aurais fermé le chapitre OKC . J’ai cherché un avocat et j’ai contacté les anciens membres comme Sophie pour nous organiser contre Spatz. La réponse a été énorme. Des ex-disciples de tous les coins d'Europe étaient disposés à coopérer. L’état Belge se concentrait principalement sur la partie financière de l'enquête. Nous avons ajouté un dossier moeurs considérable, et avons réunis 21 parties civiles.

Robert Spatz suit le procès de l’Espagne suite à des problèmes de santé. Comment pensez-vous qu’il vive cette période?

Peten: Il se sent toujours intouchable. Un de ses trente disciples restants nous a dit qu'il est en bonne santé et donne encore des séminaires. Le procureur a indiqué lors de sa plaidoirie le grand risque que, aujourd'hui, il peut abuser des enfants en Espagne.

Borges: Il essaie de manipuler le procès, comme d’habitude. Il fait payer ses avocats couteux par ses victimes, c’est à dire la communauté OKC. Je peux juste espérer que justice soit faite. Il faut stopper Robert Spatz.

Une interview signé TVS

Source NL


#OKCinfo

Mishandelde en misbruikte kinderen: twee ontsnapte ex-leden van de OKC-sekte getuigen #okcproces

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sekte

 

'Leider Robert Spatz zag seks met hem als een uitwisseling van energie'

 

Robert Spatz (71), een Brusselaar die in Zuid-Spanje verblijft, moet zich verantwoorden voor meer dan 170 klachten, gaande van sociale fraude en valsheid in geschrifte tot marteling, opsluiting en seksueel misbruik van minderjarigen. Het gerechtelijk onderzoek, dat liefst achttien jaar heeft aangesleept, legt de verbijsterende egotrip van een meester-manipulator bloot.

Na een reis door India richtte Spatz, een televisiehersteller van opleiding, in 1972 de Brusselse afdeling van Ogyen Kunzang Chöling (OKC) op, letterlijk Domein van Klaar Licht. Volgens de statuten was het een studie- en belevingscentrum van nyingma, de oudste van de vijf Tibetaanse boeddhistische tradities. Centraal in de leer staan het streven naar innerlijke zuiverheid en de verwerping van het materialisme. Maar Spatz, die zich als Lama Kunzang liet aanspreken, nam het niet al te nauw met zijn eigen verlichte principes. OKC was meer een netwerk van commerciële ondernemingen in Brussel: het omvatte een centrum voor yoga en seminaries, biowinkel Le Paradox langs de Elsensesteenweg en vegetarisch restaurant La Tsampa in de Livornostraat. Zijn volgelingen werkten er dag en nacht, in ruil voor kost en inwoon. De inkomsten dienden voor de aankoop van plezierjachten, wagens en villa’s in Spanje, Portugal, Tahiti en aan de Côte d’Azur. De opvallendste aankoop was Château de Soleils, een bouwvallig kasteel in het Franse Castellane, in het departement Alpes-de-Haute-Provence. Daar begint ook het verhaal van Sophie Peten (38) en Ben Borges (35), die er het grootste deel van hun jeugd hebben doorgebracht.

Sophie Peten «Mijn ouders waren trouwe bezoekers van de seminaries in Brussel. Ze zagen in Spatz een charismatische verteller met een aparte visie op leven en maatschappij. Gaandeweg begon hij hen te bewerken. Hij bood mijn moeder een job in La Tsampa aan. Toen het wat minder ging in hun huwelijk, raadde hij mijn vader aan om enkele maanden te herbronnen in India. Kort na zijn vertrek verhuisden mijn moeder, mijn broertje en ik van ons huis in Tervuren naar een klein appartement in het OKC-centrum boven het restaurant. Mijn moeder werkte dag in, dag uit. Ze liet mijn opvoeding over aan andere volwassenen, maar dat waren niet de meest stabiele persoonlijkheden.

»In januari 1985 organiseerde Spatz een seminarie in het Château de Soleils. Dat was een openbaring. Van een appartement in het grijze Brussel vol hysterische volwassenen naar een klein paradijs in de bergen! Zowel Spatz als de al aanwezige kinderen drongen erop aan dat ik zou blijven. Natuurlijk zei ik ja. Enkele dagen later keerde mijn moeder terug naar Brussel, zonder mij.

»Het is absurd dat een kind van 7 jaar zulke keuzes mag maken. Ik weet nog dat ik achter haar auto aanrende, omdat ik plots besefte wat mijn beslissing inhield. Een jaar later kwam mijn 5-jarige broertje ook naar het château, in dezelfde omstandigheden.»

'Robert Spatz beantwoordt aan het klassieke FBI-profiel van een sekteleider: een perverse narcist die zichzelf buitenaards vindt en alle mondiale problemen kan oplossen'

Kind kwijt

In de zomer van 1979 belandde de 16-jarige Portugese Catarina in Castellane. Het meisje was van huis weggelopen en raakte meteen gecharmeerd door de utopie van een boeddhistische commune. Ze leerde er een jonge Belg kennen en verhuisde naar Brussel om er in de OKC-gemeenschap te werken. Enkele maanden later was ze zwanger.

Ben Borges «Mijn geboorte zorgde voor spanningen in die kleine groep, daarom stuurde Spatz ons terug naar Frankrijk. Omdat ik angstig van aard was, kreeg mijn moeder de uitzonderlijke toestemming om bij mij te blijven. Dat werd niet echt geapprecieerd door de anderen, die hun kind wél hadden moeten afstaan. Uiteindelijk kon ze de groepsdruk niet langer aan, en in 1986 keerde ze terug naar Brussel.»

HUMO Jullie ouders mochten slechts één keer per jaar op bezoek komen. Waarom moesten jullie gescheiden leven?

Borges «Spatz vond dat ouders van nature gebrekkige wezens zijn. Hij geloofde dat ze hun kinderen op genetisch niveau vergiftigen. Er moest dus een fysieke en mentale afstand gecreëerd worden om ons te ontgiften. Hij vernederde hen in ons bijzijn en tegelijk hemelde hij ons op. Wij maakten deel uit van een elite, zei hij, we waren voorbestemd voor een uitzonderlijke toekomst. Ik voelde me als kind dan ook superieur tegenover die arme, gebrekkige mensen. Toen ik 8 jaar was, hield ik zelfs de moeder van iemand anders voor de mijne. Ik was gewoon vergeten hoe ze eruitzag.»

Peten «Ik heb me heel lang geschaamd voor mijn moeder. Ik wilde haar niet meer. Ze beantwoordde niet aan het ideaalbeeld dat ik van een volwassene had: iemand die zuiver en bovengemiddeld intelligent is. Ik vroeg me zelfs af of ik geen andere moeder kon krijgen.»

HUMO Was het leven in een Frans kasteel in de bergen zo idyllisch als het klinkt?

Peten «Het château was totaal ongeschikt om kinderen in te huisvesten. Er waren geen stoelen of tafels, we leefden eigenlijk op de grond. De eerste jaren was er ook geen verwarming of warm water. In de winter daalde de temperatuur er makkelijk tot min 17 graden. We hadden bovendien weinig kleren, en het was verboden om de handen in de zakken te steken of om handschoenen te dragen. In geen tijd hadden we blauwe, etterende wintervoeten.

»We leefden van gewassen uit de omgeving. In de winter moesten we het stellen met beschimmelde havermout of soep met een stukje brood. Of we kregen de overschotten van de winkels in Brussel, maar die waren vaak over datum.»

Ego moet dood

De kleinste kinderen kregen ter plaatse les van een gediplomeerde onderwijzeres, die ook lid van de commune was. Voor het voortgezet onderwijs deed de sekte een beroep op het Centre National d’Enseignement à Distance (CNED), een Frans systeem van afstandsonderwijs. ‘Maar dat was enkel vanwege de schoolplicht,’ zegt Borges. ‘Spatz beschouwde het klassieke onderwijs als onzinnig. Hij vond handenarbeid veel nuttiger, zoals brood bakken, hout hakken, schilderen en metselen. Er waren vier volwassen begeleiders, maar feitelijk stonden de kinderen in voor het onderhoud van dat kasteel.’

Peten «Tegelijk stonden we elke dag om vijf uur op om te bidden en honderden pagina’s heilige Tibetaanse teksten uit het hoofd te leren. Van ’s ochtends tot ’s avonds werden we gedrild, zeven dagen per week, jaar in, jaar uit. In zijn interne reglement, La Règle d’Or de Soleils, legde Spatz alle facetten van het dagelijkse leven vast, en alle leden moesten dat ondertekenen. De rode draad in het spatzisme was de vernietiging van het ego. Het lijden nam een belangrijke plaats in: het was een middel om het slechte karma te verbranden. Een goede daad die het eigenbelang diende, moest bestraft worden.»

 

'Toen ik 8 was, hield ik iemand anders voor mijn moeder: ik was gewoon vergeten hoe ze eruitzag'

 

Borges «De begeleiders voedden ons op door middel van bestraffing. Wie hun autoriteit ter discussie stelde of een mening uitte, werd gestraft. Het was immers heel egoïstisch om een persoonlijkheid te ontwikkelen.»

Peten «Elke dag moesten we 108 keer languit op de buik vallen en weer opstaan voor Spatz. Of voor zijn foto, als hij afwezig was. Wie het te traag deed, kreeg ’s avonds geen eten. Maar vaak wísten we niet eens waarom we straf kregen.

»Die straffen konden allerlei vormen aannemen: we moesten een uur op onze blote voeten in de sneeuw staan, bijvoorbeeld. Of we kregen in de kamer van de begeleider een prop in de mond, waarna hij met een stok op onze blote billen sloeg. Of we werden opgesloten in een donkere kamer in het kasteel. Soms werd de hele groep gestraft: dan moesten we ons 108 keer in hetzelfde ritme op de grond gooien, en bij de minste fout moesten we alle vijftig opnieuw beginnen.»

Borges «Toen ik 10 jaar was, stuurden ze mij eens ’s nachts met een slaapzak een bos in, kilometers verderop. Er zaten wilde everzwijnen, dus klom ik in een boom en bracht ik de nacht door op een tak, hoog boven de grond.»

Peten «Of ze verplichtten een groepje jongens om zich maandenlang om vier uur ’s ochtends in een beek in het dal te wassen. Ook in de winter. Hard en zuiver worden, dat was het levensmotto.»

Uitspatzingen

Op het proces dat nu in Brussel loopt, wordt Robert Spatz ook beschuldigd van seksueel misbruik. Van de elf bevestigde gevallen tussen 1979 en 2015 waren er tien slachtoffers minderjarig. Een meisje dat op het moment van de feiten 11 jaar was, getuigde in de rechtbank hoe Spatz begon met het vertellen van onnozele geheimpjes om te testen of ze kon zwijgen. In een volgende fase verhuisde ze met haar moeder naar zijn privéappartement in het kasteel om voor hem te koken en te wassen. Spatz, een hypochonder die lijdt aan extreme smetvrees, nam hen in vertrouwen door over zijn vorige en zijn toekomstige levens te vertellen. Hij nam de volledige fysieke en mentale controle over, tot op het punt dat hij hen vroeg om seksuele handelingen uit te voeren onder het mom van religieuze rituelen.

 

'Wie een mening uitte, werd gestraft. Het was heel egoïstisch om een persoonlijkheid te ontwikkelen'

 

Borges «Hij zag seks als een uitwisseling van energie. Door fysiek contact kon hij de energie van het meisje overnemen. Penetratie hoorde daar niet noodzakelijk bij. Zijn smetvrees was zo groot dat hij nooit veel verder ging. Hij gebruikte wel een dordje(kleine Tibetaanse scepter, red.), zweepjes of een instrument dat elektrische schokjes gaf. Dat sluit aan bij zijn sadomasochistische theorie over het lijden. Door van seksueel plezier lijden te maken, kwam er energie vrij. Die nam hij over van zijn slachtoffer.»

Peten «Eén van de medebeklaagden op het proces was bij enkele aanrandingen aanwezig en nam er zelfs aan deel. Getuigen verklaarden ook dat er een onbekende toekeek vanuit een verduisterde hoek in de kamer.»

HUMO Sophie, ook jij was uitverkoren, maar een verkoudheid heeft je gered?

Peten «Op een bepaald moment ging Spatz zich met mij bezighouden. Ik had in die periode veel angstaanvallen, en hij wilde er samen met mij aan werken. Tijdens een groepsuitstap in de Dordogne riep hij me naar zijn caravan. Net die dag had ik griep. Blijkbaar moet dat de hypochonder in hem afgeschrikt hebben, want dat was het einde van mijn speciale behandeling.»

 

'Elk kind was getraind in karate. We oefenden zelfs in de regen of de sneeuw. Volgens Spatz moesten we ons kunnen beschermen tegen de buitenwereld'

 

HUMO Hoe ontdekten jullie als tieners je eigen seksualiteit in zo’n gesloten omgeving?

Peten «Het ging er ongelofelijk preuts aan toe. Meisjes mochten het haar niet los dragen, en een rok mocht niet hoger dan de kuit komen. We epileerden stiekem het haar op onze benen met de vlam van een kaars.»

Borges «Er was geen plaats voor liefde, wat eigenaardig is in een boeddhistische commune. We kregen nooit een kus of een aai, er was geen enkel liefdevol fysiek contact.»

Peten «We leerden over liefde in boeken. Op latere leeftijd mochten we op vakantie naar Brussel om onze ouders te bezoeken. Daar zagen we voor het eerst films of lazen we boeken die we in Frankrijk niet mochten lezen. ‘La bicyclette bleue’ (historische roman van Régine Deforges, waarin een meisje in bezet Frankrijk de liefde ontdekt, red.) heeft mij de ogen geopend. Ook in ‘Au bonheur des dames’ vanEmile Zola las ik als 14-jarige over gevoelens waarover ik nog nooit had gehoord.»

HUMO Eén van de karakteristieken van een sekte is de alomtegenwoordigheid van de spirituele leider. Was dat ook bij Robert Spatz het geval?

Borges «Absoluut. We geloofden dat hij omnipresent en alleswetend was. Dat was ook zo, want iedereen kwam hem de hele tijd alles vertellen. Hij was een uitstekend acteur en manipulator. Vanop zijn troon in de tempel keek hij letterlijk op ons neer. Hij beweerde dat hij onze gedachten kon lezen, en hij prentte ons in dat ons vreselijke dingen zouden overkomen als we aan zijn gezag durfden te twijfelen. Op die manier ontwikkelden we een ongelofelijke volgzaamheid. Ik was zelfs paranoïde: na elke slechte gedachte was ik bang dat ik ervoor gestraft zou worden.»

Peten «Zijn foto hing overal: in alle kamers, in de keuken, zelfs in de badkamers. We werden verplicht om bij het ontwaken meteen aan hem te denken. Hij perverteerde de boeddhistische rituelen door ze te linken aan zijn personencultus.»

HUMO Volgens het FBI-profiel is een sekteleider pervers narcistisch, beschouwt hij zichzelf als uitzonderlijk of afkomstig van een andere planeet, beschikt hij over de wijsheid om mondiale problemen op te lossen en eist hij totale loyauteit van zijn volgelingen.

 

Peten «Klopt helemaal. Wanneer je met hem ergens naartoe ging, mocht je nooit naast hem lopen. Je moest altijd schuin achter hem blijven, want je mocht geen schaduw op hem werpen of in zijn schaduw stappen. We mochten hem evenmin in de ogen kijken. Als we hem iets aanreikten, dan moesten we het boven ons hoofd houden, zodat we het niet met onze microben konden besmetten. En je mocht alleen tegen hem praten met een hand of een doek voor je mond.»

'Het domein Château de Soleils in Frankrijk' 

Tong en neus eraf

In 1993 werd een groep van 25 kinderen, onder wie Ben, Sophie en haar broer, van Château de Soleils overgeplaatst naar een klooster in Portugal. De kinderen werkten er elke dag in het restaurant, de tempel en het yogacentrum. Ze werden er tegelijk voorbereid op het einde van de wereld, dat volgens Spatz zeer nabij was. ‘Wij hadden geen televisie, radio of computer en wisten niets over het leven in de buitenwereld,’ zegt Peten. ‘Hij controleerde alle informatie die binnenkwam en vermengde allerlei nieuwsfeiten met zijn ziekelijke fantasieën. De mensheid zou ten onder gaan aan aids, of anders zouden ze elkaar wel uitmoorden.’

Borges «Spatz creëerde in Portugal een heel gewelddadige sfeer in de groep. De kinderen hebben er elkaar veel pijn gedaan, op alle mogelijke manieren. We werden er grootgebracht in een onrechtvaardige, seksistische, vrouwonvriendelijke machismocultuur.»

Peten «Hij leerde ons hoe we ons met een mes konden verdedigen en hoe we iemand de tong of de neus moesten afsnijden. Hij nam de meisjes apart en vertelde ons over een visioen dat hij had gehad, waarin we allemaal verkracht werden. Hij drong er voortdurend op aan dat we maagd moesten blijven, anders zouden we uit de commune verwijderd worden. Mentaal werden we tot het uiterste gedreven. Op den duur zaten we in een heel agressieve overlevingsmodus. Toen ik me jaren later in een vechtsportclub in Brussel inschreef, joeg ik er de mannen schrik aan. ‘Ben je gek?’ riepen ze. ‘Wil je iemand vermoorden? Het is geen oorlog, hè!’ Ik begreep er niets van.»

 

'Het stond iedereen vrij om te vertrekken, maar waar moest je dan naartoe? Alsof je geboren bent op Mars en iemand zegt: 'Daar is de aarde. Je mag daar gaan wonen''

Borges «Elk kind was getraind in karate. We oefenden zelfs in de regen of de sneeuw. Elke verjaardag werd gevierd met een moulinette, waarbij de jarige het in een gevecht diende op te nemen tegen de 24 anderen. Volgens Spatz moesten we ons beschermen tegen de buitenwereld. Hij zette elke nacht iemand op wacht met een luchtdrukpistool. Het klooster deed denken aan een militair trainingskamp: in plaats van allemaal samen te werken, werden we gemanipuleerd en tegen elkaar opgezet.»

Peten «Wanneer de spanningen te hoog opliepen, organiseerde hij een feest met sloten alcohol. Alle kinderen tussen 12 en 24 jaar kregen dan een grote beker met whisky of wodka erin, en telkens als Spatz ‘A la familia, a la nostra!’ riep, dronken we ad fundum. Dat ging zo de hele nacht door. ’s Ochtends legden de volwassenen de stomdronken kinderen in een tractor en brachten ze hen naar de slaapzaal.»

HUMO Is er nooit iemand in opstand gekomen?

Peten «Dat was ondenkbaar. Het stond iedereen vrij om te vertrekken, maar waar moest je dan naartoe? De afstand naar de gewone wereld was simpelweg te groot.»

Borges «Het is alsof je geboren bent op Mars en iemand zegt: ‘Daar is de planeet aarde. Je mag daar gaan wonen.’»

Ten prooi aan profiteurs

In 1997 barstte een eerste bom. Tijdens Operatie Soleil voerden 130 Belgische en 300 Franse agenten een hele reeks huiszoekingen uit in de diverse centra en kloosters van Ogyen Kunzang Chöling. Robert Spatz en enkele trawanten brachten zes maanden in de gevangenis door.

Peten «Dat was een enorme schok. Tegelijk waren we voorbereid, want Spatz had ons voorspeld dat de buitenwereld ons zou aanvallen.»

Borges «De politie dacht wapens en drugs bij ons aan te treffen, maar ze werd ontvangen met thee. Bij de ondervragingen kreeg ze tientallen soortgelijke antwoorden te horen: ‘We zijn gelukkig, OKC is een fijne plaats.’ In Frankrijk stelde een onderzoekscommissie later zelfs vast dat OKC een lovenswaardige beweging was. Maar ze had de conclusies van haar inspectie in Château de Soleils gebaseerd op de verhoren van geïndoctrineerde kinderen. Ik heb alle getuigenissen uit die periode gelezen: iedereen diste exact hetzelfde verhaaltje op!»

HUMO Wanneer begon het jullie te dagen dat er iets niet klopte aan OKC?

Peten «Na Operatie Soleil ging ik in Brussel werken. De organisatie was hard getroffen: het aantal volgelingen was flink gedaald, maar de ondernemingen moesten blijven draaien. Acht jaar lang werkte ik er 16 uur per dag voor 125 euro per maand. Tegelijk ontdekte ik het Brusselse nachtleven. De confrontatie tussen die twee werelden haalde me helemaal onderuit. Alle principes die mij van jongs af waren ingelepeld, bleken waardeloos. Ik had geen persoonlijkheid, ik wist niet hoe ik me in gezelschap of in het openbaar moest gedragen. Ik was naïef en me niet bewust van de gevaren in de normale wereld, kortom: een gemakkelijke prooi voor allerlei profiteurs.»

Borges «Ik heb een tijdje bij mijn grootmoeder in Lissabon gewoond. Ik heb voor OKC zelfs nog een vegetarisch restaurant geopend in de Algarve, maar uiteindelijk ben ik toch teruggekeerd naar Brussel. Daar wilde ik mijn moeder, die ik al acht jaar niet meer had gezien, beter leren kennen. Maar ik was vreselijk sociaal gehandicapt: ik kon met niemand meepraten over muziek, politiek of sport. Het openbaar vervoer nemen, een krant kopen of een bankrekening openen: dat kon ik allemaal niet. Dankzij het internet leerde ik de echte wereld kennen. Ik begon me erg te interesseren voor mensenrechten en sociaal activisme, en ik besefte dat ik pas verder kon met mijn leven als ik het OKC-hoofdstuk afsloot. Ik zocht een advocaat en nam contact op met ex-leden zoals Sophie om ons te organiseren tegen Spatz. De respons was enorm. Vanuit alle hoeken van de wereld toonden ex-volgelingen zich bereid om mee te werken. De Belgische staat concentreerde zich vooral op het financiële deel van het onderzoek. Wij voegden er een aanzienlijk zedendossier aan toe en brachten 21 burgerlijke partijen samen.»

HUMO Robert Spatz volgt het proces omwille van gezondheidsredenen vanuit Spanje. Enig idee hoe het met hem gaat?

 

Peten «Hij voelt zich nog altijd onaantastbaar. Eén van zijn dertig overgebleven volgelingen vertelde ons dat hij in goede gezondheid is en nog steeds seminaries geeft. De procureur wees tijdens zijn pleidooi op het risico dat Spatz vandaag in Spanje nog steeds kinderen misbruikt.»

Borges «Hij probeert het proces te manipuleren, zoals gewoonlijk. Hij laat zijn dure advocaten zelfs betalen door zijn slachtoffers, zijnde de OKC-gemeenschap. Ik kan alleen maar hopen dat rechtvaardigheid geschiedt. Robert Spatz moet gestopt worden.»

Geschreven door TVS

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#OKCinfo

TC Bruxelles - La partie civile réclame 5.000 euros pour prise en otage d'enfants à l'OKC #OKCproces

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Me Dimitri de Béco et Me Caroline Heymans, qui représentent une trentaine de personnes s'étant constituées partie civile contre l'OKC, ont réclamé des montants de 5.000 euros par année passée là-bas pour leurs clients qui ont vécu, enfants, au domaine Château de Soleils.

Une dizaine de personnes physiques et morales liées à la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC) sont prévenues devant le tribunal entre autres d'escroqueries, de faux, de prise d'otages, d'association de malfaiteurs et d'organisation criminelle.

Le fondateur de l'OKC, Robert S., doit aussi répondre de faits de viol. Les avocats de la partie civile ont réclamé des montants de 5.000 euros pour certains de leurs clients qui ont vécu, enfants, au domaine Château de Soleils, coupés de leurs parents.

Et ce montant est réclamé par année passée là-bas par ces personnes. L'enquête dans ce dossier avait en effet révélé que de nombreux enfants de membres de la communauté OKC étaient envoyés dans cet endroit, une importante bâtisse isolée, située en Provence et appartenant à l'OKC.

Les enfants y suivaient des cours spécifiques, en retrait de la vie extérieure et en ayant peu de contacts avec leurs familles. De nombreuses personnes qui ont grandi là-bas se sont aujourd'hui constituées partie civile contre les prévenus. Elles ont témoigné entre autres que les conditions d'hygiène y étaient déplorables, qu'elles y étaient mal ou peu nourries mais aussi qu'elles y étaient battues et pour certaines, abusées sexuellement.

Les avocats de la partie civile ont réclamé des montants plus importants, de l'ordre de 25.000 euros, concernant leurs clients qui ont subi des actes d'abus sexuels au sein du Château de Soleils, en plus d'actes de maltraitance.

Me de Béco et Me Heymans ont aussi réclamé le remboursement des salaires de ceux qui, parmi leurs clients, ont travaillé gratuitement pendant de nombreuses années dans les restaurants et les magasins de l'OKC à Bruxelles.

Dans cette affaire, onze personnes physiques et morales liées à l'OKC sont soupçonnées d'avoir escroqué de nombreuses personnes et d'avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

Selon l'enquête, Robert S. aurait poussé certains membres à faire des dons importants à la communauté, des dons qui auraient surtout servi à son enrichissement personnel, et poussé d'autres à travailler gratuitement dans des commerces appartenant à l'OKC.

Le dossier compte cent-dix-sept préventions telles que faux, usage de faux, fraude fiscale, escroqueries, extorsions, blanchiment, abus de confiance, infraction aux lois sociales, port public de faux nom, prise d'otages, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Robert S., présenté par l'accusation comme le gourou de l'OKC, doit également répondre de faits de viol. Les plaidoiries de la partie civile se poursuivront jeudi.

Source : Belga

#OKCinfo

OKC : 13 ans requis contre le “manipulateur machiavélique” #OKCproces

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Les victimes attendaient cela depuis bien longtemps. Certaines étaient encore en culottes courtes au moment des premiers procès-verbaux.

Hier matin, le substitut du procureur du Roi Thibaut Radar, qui porte le dossier depuis 2004, a enfin prononcé ses réquisitions lors du procès de la secte OKC (Ogyen Kunzang Choling), à Bruxelles.

Le magistrat a requis une peine de 13 ans et 10 mois de prison contre Robert Spatz, le gourou de la secte, si la prévention de prise d’otage devait tenir.

Et une peine de 9 ans et un mois, si jamais c’était la prévention de traite d’êtres humains qui devait être retenue par le tribunal. Ces peines tiennent compte du dépassement de 26 mois du délai raisonnable. Thibaut Radar a également requis des peines allant de 16 mois à quatre ans contre les lieutenants du gourou, notamment son fils Perceval et sa compagne Jeanne B, des “gens froids à la servilité aveugle.” Il a, en outre, demandé la dissolution des ASBL, ainsi que l’acquittement d’un des “soldats” de la secte.

Le substitut a fait le choix de peu s’étendre sur les faits à proprement parler, au long d’un réquisitoire de quatre heures. Bien insuffisant pour résumer les 19 années d’enquête autour de ces dizaines de jeunes belges retenus au sein de la secte.

Sans compter la dizaine de faits de mœurs, notamment sur des adolescents. “Il y a un monde, celui d’OKC, qui a été trompé durant 40 ans. L’heure de vérité à sonné”, a-t-il scandé. Viré il y a peu par sa propre secte, Robert Spatz, ce “gourou qui roule en Porsche” , est ainsi accusé d’avoir créé une “bulle” autour de lui. Il a été jugé “très petit” dans ses dénégations, traitant l’une de ses victimes présumées de “nymphomane” qui “désire se venger par jalousie.”

Le magistrat a fait la liste des circonstances aggravantes qui l’ont poussé à requérir cette lourde peine. “La période infractionnelle énorme, l’attitude de Spatz, un manipulateur machiavélique, le nombre incommensurable de victimes, la menace persistante sur les adeptes et les enfants ”, décrit le substitut Radar qui résume ainsi : “Ici, imaginer des faits plus graves, est-ce que c’est possible ?” Qu’il en a fallu du temps pour que ce dossier accouche! Il semblait bien enterré il y a peu.

Ce n’est que quelques semaines avant le procès que les enfants des adeptes sont parvenus à s’unir. C’est ainsi que 33 parties civiles ont été constituées. “À l’époque, on nous disait qu’il n’y avait pas de victimes. Les choses ont bien changé : aujourd’hui, il y en a plein. Ce réveil est proportionnel à l’ampleur des délits”, sourit le magistrat.

Le magistrat a aussi sévèrement attaqué la défense du gourou. “En 2009, on affirmait encore que les examens gynécologiques effectués sur les mineurs de la Castellane, s’ils n’avaient pas été effectués sur ordre de la justice, pouvaient passer pour des viols par autorité. Vous vous rendez compte ?” Il poursuit en sous-entendant fortement que la lettre d’une victime a été envoyée à la justice de manière télécommandée afin de disculper Spatz.

Thibaut Radar continue en indiquant qu’il a été accusé par la défense d’avoir violé le secret de l’enquête. “En quoi ? Il y a une extrême tension dans cette salle d’audience depuis des mois et j’ai le sentiment que l’on voulait que le procureur du Roi se taise. C’est du jamais vu.”

Les parties civiles auront la parole lundi, avec la plaidoirie très attendue de Me Dimitri De Beco, avocat d’une trentaine de victimes récemment sorties du bois. Ce procès-fleuve durera jusqu’en avril. L’avocat de Robert Spatz, Me Quentin Wauters, doit plaider le 11 avril.

Source : LaDH - Julien Balboni

Robert Spatz alias Lama Kunzang

#OKCinfo

Jusqu’à 13 ans requis pour le présumé gourou de l’OKC #okcproces #begov

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prison pour Robert Spatz OKC

Le procureur Thibault Radar a requis une peine de neuf à treize ans de prison à l’encontre de Robert S., suspecté d’avoir été un gourou au sein de la communauté bouddhiste Ogyen Kunzang Choling (OKC).

Une dizaine de personnes physiques et morales liées à l’OKC sont prévenues devant le tribunal, entre autres, d’escroqueries, de faux, de prise d’otages, d’association de malfaiteurs et d’organisation criminelle.

Le procureur a requis une peine de neuf à treize ans de prison à l’encontre de Robert S. notamment pour viol et pour prise d’enfants en otage, parmi les préventions les plus graves mises à charge de cet homme.

Le représentant du ministère public a également requis la dissolution des quatre ASBL liées à l’OKC qui sont prévenues dans ce dossier, y compris l’ASBL OKC elle-même.

Il a également requis des peines de six mois à quatre ans de prison avec sursis pour quatre des six autres personnes physiques prévenues, d’anciens responsables de l’OKC.

Onze personnes physiques et morales liées à l’OKC sont soupçonnées d’avoir escroqué de nombreuses personnes et d’avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

 

Selon l’enquête, Robert S. aurait poussé certains membres à faire des dons importants à la communauté, des dons qui auraient surtout servi à son enrichissement personnel. Cet homme, présenté par l’accusation comme le gourou de l’OKC, doit également répondre de certains faits de viol.

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TC Bruxelles - Les dirigeants d'OKC contestent avoir fait partie d'une organisation criminelle

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Les prévenus ont eu la parole en dernier lieu, lundi, dans le procès de la communauté bouddhiste Ogyen Kunzang Choling (OKC) qui se déroule devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Ceux-ci ont contesté les préventions mises à leur charge, en particulier celle d'avoir fait partie d'une organisation criminelle. Une dizaine de personnes physiques et morales liées à l'OKC sont prévenues devant le tribunal entre autres d'escroqueries, de faux, de prise d'otages, d'association de malfaiteurs et d'organisation criminelle.

"On charge, on charge... Tout le monde se rebelle, on ne dit que le négatif... Je pense qu'il faut attendre que cette petite énergie négative soit passée", a déclaré l'une des prévenues, l'épouse de Robert S., celui que l'accusation qualifie de "gourou" de l'OKC, en parlant des témoignages des nombreuses personnes qui se sont constituées partie civile contre son mari et contre l'OKC.

De nombreux anciens adeptes ont en effet vivement dénoncé certaines pratiques au sein de cette communauté, et notamment des abus sexuels sur mineurs, dont la plupart ne font néanmoins pas partie des préventions visées.

Robert S., fondateur de l'OKC en Belgique, aurait été l'un des auteurs de ces abus, selon plusieurs personnes de la partie civile.

"Je n'avais jamais entendu jusqu'à ce procès de rumeurs d'abus sexuels au sein de notre communauté", a encore déclaré lundi l'un des anciens dirigeants de l'ASBL OKC.

"Concernant les comptes, tout était transparent", a dit un autre ancien responsable. "La comptabilité était disponible en tout temps et ce, depuis le début. L'OKC n'est pas une organisation criminelle. On va trop loin! ", a-t-il dit.

"A propos des dons, c'est vrai que certaines personnes ont été particulièrement généreuses. Et alors? Par ailleurs, tous les membres ont profité de ces dons, pas seulement Robert S.", a-t-il encore ajouté.

Dans cette affaire, onze personnes physiques et morales liées à l'OKC sont soupçonnées d'avoir escroqué de nombreuses personnes et d'avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

Selon l'enquête, Robert S. entre autres, aurait poussé certains membres à faire des dons importants à la communauté, des dons qui auraient surtout servi à son enrichissement personnel.

Le dossier compte 117 préventions telles que faux, usage de faux, fraude fiscale, escroqueries, extorsions, blanchiment, abus de confiance, infraction aux lois sociales, port public de faux nom, prise d'otages, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Robert S., qui fait défaut, devra également répondre de certains faits de viol.

De nombreux autres faits d'abus sexuels ont été révélés, parfois pour la première fois, au cours de l'instruction d'audience de ce procès, par d'anciens membres de l'OKC qui se sont constitués partie civile. Mais ces dénonciations-là ne font pas l'objet des préventions et le tribunal n'en est donc pas saisi.

"Il appartiendra au ministère public d'effectuer de nouveaux devoirs", a simplement déclaré le président, lundi soir, à l'issue de son instruction d'audience.

Mais les avocats de la défense ont montré leur mécontentement à cet égard. Ils ont fortement critiqué le fait que le tribunal ait laissé les personnes constituées partie civile s'exprimer sur ces faits dont le tribunal n'aura pas à trancher.

Le procès se poursuivra vendredi avec le réquisitoire et lundi avec les plaidoiries de la partie civile.

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Les prévenus contestent les rémunérations fictives dans les sociétés de l'OKC

Le président de la 89e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a commencé, jeudi, à interroger les prévenus sur les préventions auxquelles ils doivent répondre concernant les activités illicites supposées de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC). Deux anciens dirigeants d'une société dénommée Tara, qui gérait des magasins et des restaurants, proche de l'OKC, ont démenti avoir commis des faux de manière à faire croire que les associés de celle-ci étaient rémunérés alors qu'ils ne l'étaient pas.

Le juge a interrogé certains prévenus, jeudi, concernant la prévention de faux. Il est reproché à certains anciens gestionnaires d'une société dénommée Tara, proche de l'OKC, d'avoir commis des faux dans des actes de société, des faux dans des contrats et des faux en écriture comptable. Il est particulièrement reproché à deux prévenus, Paulo C. et Guillaume V., d'avoir déclaré des rémunérations dans le cadre des activités de cette société, gestionnaire de magasins et de restaurants à Bruxelles, sans avoir versé ces rémunérations. Les deux concernés ont contesté.

Dans cette affaire, onze personnes physiques et morales liées à l'OKC sont soupçonnées d'avoir escroqué des dizaines de personnes et d'avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

Le dossier compte cent-dix-sept préventions telles que faux, usage de faux, fraude fiscale, escroqueries, extorsions, blanchiment, abus de confiance, infraction aux lois sociales, port public de faux nom, prise d'otages, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Le fondateur de l'OKC, Robert S., devra également répondre de faits de viol.

Belga

 

#OKCinfo

OKC : le gourou viré de sa propre secte #okcproces #okcinfo #robertspatz #lamakunzang

Les articles de presse et les actions des 33 personnes constituées partie civile ont fini par secouer le cocotier : on a appris hier matin, à l’audience du procès de la secte belge OKC, que le gourou Robert Spatz avait été démissionné de son poste au conseil d’administration de l’ASBL.

Robert Spatz, son fils Perceval, Olga S. et Jeanne B., son dernier quarteron de soutiens au sein de la secte ont été ainsi écartés du conseil d’administration il y a deux semaines. Les faits ont notamment été révélés à l’audience d’hier par Rui O., l’actuel secrétaire général de la secte.

Ces décisions récentes de la part du conseil d’administration illustrent les remous au sein de ce qu’il reste d’OKC, soit une trentaine de membres. Les révélations successives sur les abus sexuels commis au sein de l’organisation, durant des décennies, semblent avoir profondément marqué ses membres. Ce sont ainsi des parents d’enfants abusés qui ont demandé à ce que Robert Spatz soit écarté de la secte qu’il a lui-même créée dans les années 1970.

Le gourou (71 ans) est absent de son propre procès où il est jugé pour des dizaines de préventions, dont plusieurs pour viol. Il se trouve toujours en Espagne, après avoir renoncé à assister à son procès, pour raisons médicales, selon lui.

Les victimes n’ont eu de cesse de se réunir pour faire porter leur voix. Hier, leur nombre a grimpé jusqu’à atteindre 33. Selon nos informations, une 34e personne devrait se constituer partie civile et déposer à l’audience jeudi.

Le procès-fleuve de la secte bouddhiste OKC (Ogyen Kunzang Choling) a débuté en janvier et devrait s’achever en avril. Des dizaines d’enfants ont été élevés en son sein, sans jamais rien connaître d’autre jusqu’à ce qu’ils atteignent une vingtaine d’années.

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Dans la “prison invisible” des victimes du gourou #okcproces #okcinfo

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Le procès de la secte OKC (Ogyen Kunzang Chöling) a été le théâtre, hier, d’un témoignage dévastateur pour la défense. Julie (prénom d’emprunt, NdlR.) a longuement raconté sa vie sous la houlette du “lama”, entourée des enfants perdus de la secte.

Née de parents membres d’OKC, cette trentenaire avait toujours vécu dans le vase clos du Château de Soleils, la résidence de la communauté, dans le Sud de la France. La première fois que Julie a rencontré Spatz, celui-ci lui a donné son nom bouddhiste : Yangshen, “comme s’il m’avait toujours connu.”

Après douze années à vivre en France, elle déménage avec d’autres adolescents de son âge au monastère de Mu, au Portugal, dans les années 1990. “C’était un camp d’entraînement où l’on se préparait à la fin du monde bouddhiste.” Vers ses 13 ans, les adolescents ont été rejoints par Spatz “et sa bande de gitans, dont mes parents faisaient partie. C’est là qu’ont commencé les premières fêtes où l’on nous servait de l’eau-de-vie. Spatz décidait de la cadence avec laquelle on ingurgitait la boisson. Il fallait vider son verre à chaque fois qu’il utilisait le mot “familia.”

Les orgies se succèdent jusqu’au jour où une certaine Jeanne, “probablement la maîtresse de Spatz” , fait signe à Julie de rejoindre le “lama” dans ses appartements privés. Il sentait Habit Rouge de Guerlain, son parfum fétiche. “Il m’a demandé si je savais garder un secret. Je n’avais pas envie de le décevoir. Il m’a demandé de rester pure, de ne pas flirter avec des garçons. Si j’ébruitais nos discussions, je n’atteindrai pas l’illumination.”

La voix de Julie se fait plus tremblante. Elle appréhende les détails qu’elle va révéler devant le tribunal. “Je n’en ai jamais parlé avant le mois de décembre 2015. J’ai dit que j’ai été victime d’attouchements mais sans jamais aller jusque dans les détails sordides. Ce dont je me souviens, c’est qu’il a touché mes parties génitales et mes seins, pour “faire circuler l’énergie”. Plus précisément, lors de leurs têtes-à-têtes, le gourou, dont le sexe était sorti de ses vêtements, lui a demandé “de le branler en lui faisant mal, en respiration et en prière. Je vivais chez lui, toutes les fois où il m’appelait, je venais. J’étais à sa disposition” , lâche Julie. Elle évoque également des caresses avec “un objet qui faisait des décharges électriques.”

Quinze ans après les faits, Julie est toujours en reconstruction. “J’étais émotionnellement isolée. Je ne pouvais partager mon secret avec personne. C’était une prison invisible. Ne pas pouvoir en parler, c’est ce qui m’a fait le plus de mal” , souffle-t-elle d’une voix manquant de craquer.

Puis vient 1997, année des perquisitions et de l’incarcération de Spatz. “Quelqu’un a dit que Robert Spatz avait commis des abus sexuels. Je me souviens avoir pensé : “qui peut en vouloir à notre lama ?” Je me suis dit que ces faits pourraient me concerner mais j’ai vite chassé ces pensées ‘négatives.”

Malgré ses ennuis judiciaires, Spatz continue son travail de sape. À la fin des années 1990, il vit à Bruxelles. Julie le rejoint. Elle loge chez lui, prépare la cuisine de son gourou et des participants aux retraites bouddhistes. “J’ai travaillé à son service durant des mois. De ces années, je me souviens de sa langue dans ma bouche avec sa salive froide.” Finalement, Julie a pu rompre le lien. Elle a repris des études, avec difficultés, tant scolaires que relationnelles. Mais elle a progressé. “Il y a un an et demi, j’ai eu un enfant. C’est aussi pour lui que je suis là aujourd’hui.”

un article la DH signé Ju. B.

Dans la prison invisible des victimes de Robert Spatz alias Lama Kunzang