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Secte OKC: nouvelle enquête en #France et suspicions en #Espagne #okcproces

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Après 18 ans d’enquête et 8 mois de procès, le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu jeudi son jugement dans l’affaire de la communauté bouddhiste OKC (Ogyen Kunzang Chöling) fondée en Belgique. Le gourou Robert Spatz (72 ans) est reconnu coupable pour la majeure partie des préventions : faits de mœurs, prise d’otages d’enfants avec la circonstance aggravante de torture, endoctrinement, faux et usage de faux, blanchiment et infractions aux lois sociales. Une condamnation pleine et entière qui a donné lieu rappelons-le à une peine de 4 ans de prison avec sursis, assortie d’une période d’épreuve de 5 ans. Elle s’accompagne d’une saisie d’un million d’euros sur ses biens, 4 millions en cas de récidive.

«  La reconnaissance du tribunal est importante pour nous, mais j’ai du mal à comprendre comment des abus sur mineures peuvent être si faiblement punis  », a commenté une des victimes lors du prononcé. Plusieurs d’entre elles suspectent Robert Spatz de continuer à mener des activités similaires en Espagne. A leur connaissance, aucun mineur n’est aujourd’hui sous son influence. Ils s’inquiètent cependant de l’incidence de son endoctrinement sur les jeunes femmes qui vivent dans sa maison personnelle et sur les adeptes qui fréquentent son centre communautaire implanté non loin de son domicile.

Une partie civile née dans la communauté avance avoir été récemment contactée par la police française en recherche de témoignages, dans le cadre d’une enquête rouverte en 2015. Elle cible des éducateurs pour des faits de maltraitance et des attouchements sur mineures au château de Soleils à Castellane (voir article du 16/12/2015). Pour rappel, faute de preuves et en défaut de plaignants, les poursuites antérieures en France liées à la nécessité d’assistance éducative, aux privations de soins sur mineurs ou à l’exploitation par le travail s’étaient soldées par des non-lieux (1999- 2001).

Appel en suspens à Bruxelles

Les parties civiles espéraient une peine de prison ferme à effet immédiat. Me Quentin Wauters visait l’acquittement de son client : «  C’est un peu un jugement à la Pyrrhus, pour satisfaire les parties civiles et éviter que le procureur ou Robert Spatz ne fasse appel.  » Absent au procès, Robert Spatz a 30 jours pour s’élever contre ce jugement que d’aucuns jugent favorable en dépit de la peine de prison prononcée. Si l’engorgement de la Cour d’appel peut faire gagner plusieurs années, c’est aussi risquer une condamnation plus lourde. Un pari à prendre.

Les victimes élevées par OKC recevront 2.500 euros par année de détention et les filles ayant dénoncé des abus sexuels dans les temps de l’instruction 12.000 euros. Unicité d’intention reconnue dans les rituels tantriques pratiqués, conditions d’éducation considérées comme relevant de la torture, travail dans les restaurants comparé à une forme d’esclavage, la justice belge ne s’est pas montrée avare. «  Je défendais une génération entière qui s’est fait voler son enfance et son adolescence et elle se voit enfin aujourd’hui reconnue comme victime  », se réjouit Me Dimitri de Beco. «  J’espère que cela ouvrira les yeux de ceux qui mettaient encore en doute les accusations  ».

Aux adeptes qui ne voulaient voir que gage de confiance dans la caution spirituelle de maîtres tibétains et du Dalaï-lama et volonté d’accabler leur communauté entière via «  l’épouvantail de la justice  », le juge a envoyé un message compatissant. Les parents et les prête-noms dans les associations connexes ont reçu des dédommagements de principe. Les préventions d’association de malfaiteurs et d’organisation criminelle ont été abandonnées. Parmi les administrateurs poursuivis, seuls la femme de Robert Spatz et son fils appelé à lui succéder ont hérité d’une simple déclaration de culpabilité pour faux et usage de faux, considérant entre autres l’aisance de vie découlant de leurs rétributions. La responsabilité de l’asbl OKC a uniquement été engagée dans la prévention de prise d’otages afin qu’elle participe au dédommagement des victimes. Robert Spatz est seul face à la justice.

Source LeSoir

Procès OKC Spatz